Ressources en psychocriminologie et criminologie
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Paula Smith & Myrinda Schweitzer (2006) The Therapeutic Prison

Résumé
Depuis la fondation des institutions pénitentiaires, l’espoir persiste que l’incarcération pourrait servir des objectifs de réhabilitation. Cette intention de créer une prison vraiment transformatrice n’est pas un rêve utopique. Une approche théoriquement éclairée et fondée sur des données probantes pour la conception d’un établissement correctionnel qui offre des interventions efficaces est maintenant disponible : l’Inventaire d’évaluation des programmes correctionnels (Correctionnal Program Assessment Inventory – CPAI) ). Dans ce contexte, cet article met en lumière comment le CPAI peut être utilisé pour guider le développement d’une prison dont les objectifs et les pratiques favorisent la réadaptation des délinquants.

Extrait:

« CCP : Core Correctionnal Pratices

Ce domaine du CPAI-2000 détaille les compétences cliniques essentielles liées à la prise en charge, ce que l’on appelle communément les pratiques fondamentales de suivi (Andrews & Bonta, 2010; Gendreau et al., 2010).
Il est important de souligner que les CCP ne se référent pas à l’application de programmes ou techniques particuliers mais plutôt à des compétences et attitudes que les professionnels des services correctionnels doivent présenter chaque fois qu’ils interagissent avec les personnes suivies (Andrews et Bonta, 2010).

Avant tout, le professionnel des services correctionnels devrait servir de modèle pour les délinquants en adoptant des comportements prosociaux et en renforçant positivement les personnes lorsque elles font la même chose chose.
Cela exige que les membres du personnel de première ligne soient capables de distinguer les expressions procriminelles des expressions prosociales (Andrews et Bonta, 2010).

En outre,la modélisation efficace implique l’utilisation d’un modèle d’adaptation (coping) dans lequel les professionnels manifestent le comportement prosocial de manière concrète et vivante et modélisent auprès des personnes une stratégie auto-corrective.

En outre, le professionnel des services correctionnels devrait veiller à inclure des verbalisations sur les auto-instructions (ou des cognitions et des pensées) qui sont utilisées pour soutenir l’engagement dans les comportements souhaités. Les membres du personnel de première ligne doivent régulièrement renforcer les personnes pour qu’elles manifestent les comportements souhaités et devraient servir de source générale de renforcement pour le client plutôt que d’être toujours punitifs ou négatifs.

Deuxièmement, les professionnels correctionnels les plus efficaces sont capables d’utiliser des renforcements positifs de hauts niveaux pour encourager les comportements prosociaux tout comme utiliser des renforcements négatifs efficaces (désapprobations) pour décourager les expressions antisociales.

Les renforcements efficaces comprennent les 3 éléments suivants :

  • (a) des déclarations d’approbation immédiates et un soutien pour ce que le délinquant a dit ou fait
  • b) une élaboration des raisons pour lesquelles ce comportement est souhaitable;
  • et c) la prise en compte des avantages à court et à long terme associés à la poursuite de l’utilisation du comportement prosocial.

En revanche, une désapprobation efficace doit être utilisée lorsque le membre du personnel de première ligne a l’intention de communiquer sa désapprobation pour un comportement spécifique. Elle comprend les quatre éléments suivants:

  • a) des déclarations de désapprobation immédiates pour ce que le délinquant a dit ou fait;
  • b) une élaboration des raisons pour lesquelles ce comportement est indésirable;
  • c) une prise en compte des coûts à court et à long terme associés l’utilisation de ce comportement;
  • et (d) une démonstration claire d’un comportement prosocial alternatif.

Une fois le comportement indésirable corrigé et le comportement prosocial proposé ou modélisé, il est important pour le membre du personnel d’immédiatement terminer la désapprobation et fournir un renforcement social en direction du changement.

La plupart des professionnels des services correctionnels sont en position de force par rapport au délinquant et doivent dés lors donc faire attention à utiliser efficacement l’autorité pour guider respectueusement le délinquant vers une alliance de travail. À ce titre, les membres du personnel sont encouragés à focaliser leurs message sur le comportement exposé (et non sur la personne qui l’exécute), à être directs et spécifiques concernant leurs demandes,  à  préciser les choix du délinquant et leurs conséquences dans une situation donnée.
Une autre pratique correctionnelle essentielle consiste en des procédures d’apprentissage structurées pour le renforcement des habiletés . Goldstein (1986) a identifié cinq composantes principales de ce processus:

  • a) définir la compétence à apprendre en la décrivant en étapes concrètes;
  • b) modéliser ou manifester la compétence auprès de la personne ;
  • (c) que la personne pratique la nouvelle compétence par jeu de rôle avec de la rétroaction corrective (feedback);
  • d) utiliser les « devoirs » pour élargir les possibilités d’apprentissage
  • e) faire pratiquer l’habileté dans des situations de plus en plus difficiles avec de la rétroaction constante.

Il convient de noter que des recherches antérieures ont souligné l’importance de la résolution de problèmes en tant que compétence sociale spécifique qui devrait être enseignée aux délinquants, applicable à une grande variété de situations à haut risque (Trotter, 1999, 2006).

Au sein de la prison, les membres du personnel devraient recevoir une formation approfondie en restructuration cognitive. Plus précisément, les membres du personnel devraient pouvoir enseigner aux personnes suivies comment décrire objectivement les situations problématiques ainsi que leurs pensées et sentiments. Les professionnels devraient alors aider les délinquants à identifier les pensées à risque à mettre en œuvre des solutions alternatives plus prosociales.
De nombreux programmes correctionnels utilisent les « rapports de pensée » ou tableaux des pensée » (voir Bush, Bilodeau et Kornick, 1995) pour aider les clients à identifier les pensées et sentiments à risques et comment ceux-ci affectent leur comportement.
Enfin, pour assurer le développement d’une alliance de travail entre le personnel et la population pénale, le personnel devraient posséder plusieurs compétences relationnelles importantes. Les membres du personnel doivent être ouverts, chaleureux et manifester une communication respectueuse. Les membres du personnel devraient également être non jugeants, empathiques, souples, enthousiastes et stimulants.
En outre, les professionnels les plus efficaces utilisent l’humour, expriment leur optimisme, sont structurés et directifs, et sont centrés sur les solutions (plutôt que sur les problèmes).
Plus encore, ces professionnels évitent les arguments et les luttes de pouvoir avec les personnes suivies, ils travaillent à développer la motivation intrinsèque et renforcent le sentiment d’efficacité personnelle des personnes. »

source et article complet: The therapeutic prison (english only)

Questionnaire sur l’Absence d’Aveu en contexte d’interrogatoire (Deslauriers-Varin – 2006)

Afin de déterminer les facteurs et motivations liés à la non-confession en contexte d’interrogatoire policier, un questionnaire a été élaboré par Deslauriers-Varin (2006) sur l’absence d’aveu (QAA) . L’échelle a été développé afin de questionner les non-confesseurs sur les motivations derrière leur décision de ne pas avouer.

Le QAA était inspiré du questionnaire sur les motivations sous-jacentes à l’aveu de Gudjonsson (GCQ-R), incluant les obstacles à la confession étudiés par ce chercheur, de même que de la littérature sur le sujet.

Les analyses factorielles effectuées avec les items du QAA ont permis d’illustrer la présence des cinq facteurs principaux jouant un rôle dans la décision de ne pas avouer:

  • Le premier facteur identifié représente les items liés aux conséquences personnelles que l’individu peut vivre suite aux accusations criminelles, telles que l’atteinte à la réputation.

  • Le deuxième facteur englobe les pressions internes du suspect et réfère à son état mental ou son état d’intoxication.

  • Le troisième facteur identifié par les analyses factorielles de Deslauriers-Varin concerne la qualité de la preuve. Ce facteur renvoie aux items qui concernent la perception que le suspect avait de la preuve que les policiers détenaient contre lui.

  • Le quatrième facteur concernait les items liés au sentiment de culpabilité du suspect face au crime reproché. Le dernier facteur renvoi aux conséquences réelles vécues par l’accusé, telles que la peur des sanctions légales ou encore la peur de perdre un être cher suite aux accusations.

Ces facteurs, représentant une grande partie de la littérature sur les variables liées à la non-confession, étaient similaires à ceux rencontrés par Gudjonsson dans son questionnaire sur la confession. (voir source: Andréanne bergeron)

QAA

URICA ( University of Rhode Island Change Assessment Scale)  (McConnaughy, DiClemente, Prochaska et coll., 1989)

Type d’outil: questionnaire auto-administrés de 32 questions.

Compétences requises: Ne requière qu’un minimum de connaissances académiques, puisqu’il a été conçu pour un large éventail de participants.

Temps de passation: entre 5 et 15 minutes

L’URICA, le « University of Rhode Island Change Assessment Scale » (McConnaughy, DiClemente, Prochaska et coll., 1989) permet de mesurer les étapes de changement des participants définis selon le modèle transthéorique de Prochaska, Norcross et DiClemente (Juneau, 2006). Il s’agit d’une échelle composée d’un questionnaire de 32 énoncés permettant de couvrir quatre sous-échelles qui renvoient aux étapes de changement de Prochaska, Norcross et DiClemente, soit l’étape de la « precontemplation », de la « contemplation », de l’action et du maintien.

D’après plusieurs auteurs, le University of Rhode Island Change Assessment Scale (URICA) permet d’obtenir des résultats satisfaisants pour les quatre étapes de changement mentionnés ci-dessus et possède de bonnes qualités psychométriques (McConnaughy et coll., 1989 ; DiClemente et Hugues, 1990 et Prochaska et DiClemente, 1992). Des études de validation ont été menées auprès de plusieurs échantillons différents, dont un groupe de fumeurs, une population en clinique externe et un groupe de participants inscrits dans un programme de traitement externe pour alcoolisme afin de valider le questionnaire. Les résultats obtenus auprès des trois groupes se sont avérés similaires et ont reproduit : «essentiellement les quatre composantes initiales» soit l’étape de la « precontemplation », l’étape de la « contemplation », l’étape de l’action et celle du maintien (Juneau, 2006 : 80). Les coefficients alpha de Cronbach obtenus lors de ces études sur les qualités psychométriques de l’URICA variaient entre 0,70 et 0,82 (McConnaughy et coll., 1989 ; DiClemente et Hugues, 1990 et Prochaska et DiClemente, 1992).

 

Chaque sous-échelle est mesurée à l’aide de huit questions précises, cotées sur une échelle de Likert en cinq points allant de fortement en accord à fortement en désaccord. En d’autres termes, les participants doivent indiquer leur accord ou leur désaccord pour chaque item présenté. Un item faisant référence à l’étape de « precontemplation » peut être formulé comme suit : «Je préfèrerais m’accommoder de mes défauts plutôt que d’essayer de les changer», tandis qu’un item qui fait référence à l’étape de l’action est : «N’importe qui peut parler de changer ; moi je fais vraiment quelque chose à ce sujet».

Cotation :
Elle consiste à déterminer l’étape de changement de chaque participant. Chaque sous-échelle est mesurée à l’aide de huit questions exclusives à chacune des étapes de changement établies par Prochaska, Norcross et DiClemente (1994). Le score est calculé de façon cumulative et il varie de huit à quarante pour chacune des sous-échelles. Concernant le calcul des scores pondérés, il n’existe pas, à ce jour, de consensus. La méthode proposée par DiClemente, Schlundt et Gemmell (2004) est dans un premier temps additionner les items de chaque sous-échelle et diviser par sept le score de chaque sous-échelle afin d’obtenir une moyenne. Ensuite, il s’agit d’additionner les moyennes des sous-échelles de « contemplation », d’action et de maintien et d’y soustraire la moyenne de la sous-échelle « precontemplation ». Les participants qui obtiennent un score de 8 et moins sont classés à l’étape de la « precontemplation », ceux qui obtiennent un score entre 8 et 11 sont classés à l’étape de la « contemplation », ceux qui ont entre 12 et 14 sont considérés comme étant à l’étape de l’action et ceux qui obtiennent un score de plus de 14 se retrouvent à l’étape du maintien (DiClemente, Schlundt et Gemmell, 2004).

Il est à noter que le score obtenu à chaque sous-échelle représente des attitudes et des comportements faisant référence aux étapes du changement et non un état de changement précis (DiClemente, Schlundt et Gemmell, 2004). Il faut donc interpréter les résultats obtenus avec vigilance.(source: Madern Perrine )

Stades de changement

scores

precontemplation

0>8

contemplation

9>11

détermination

12>14

Action

15+

 

URICA

 

COLLOQUE Psychiatrie en prison Organisé par Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris en partenariat avec l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP) le 25 juin, au Palais du Luxembourg

Première table ronde :

  •   Ouverture du colloque

 Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris et directrice d’études à l’EPHE (Sorbonne)

  • Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL)

« L’accès aux soins psychiatriques en milieu carcéral »

  • Sébastien Saetta, sociologue, auteur d’une thèse sur les experts psychiatres dans les affaires criminelles et membre du conseil d’administration de l’ « OIP »

« Entre pénalisation et médicalisation »

  • Dr Thomas Bosetti, médecin psychiatre à l’Habitat Alternatif Social de Marseille, coordinateur chez « Médecins du monde »

« Proposition de recherche interventionnelle d’alternative à l’incarcération des personnes vivant avec des troubles psychiatriques, sans domicile et déférées en comparution immédiate »

  • Eric Pechillon, professeur de droit public à l’Université Bretagne-Sud

« Le droit peut-il être un instrument utile pour améliorer la qualité du soin en détention? »

  • Juliane Pinsard, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature

« Coopération interprofessionnelle durant l’incarcération et après la sortie »

Deuxième table ronde :

  • Dr Michel David: président de l’ « Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (ASPMP) » et psychiatre à la maison d’arrêt de Coutances

« La psychiatrie en milieu pénitentiaire : maintenir le cap sanitaire »

  • Dr Emeline Chaigne, présidente du Syndicat des praticiens exerçant en prison, praticienne hospitalière, responsable de l’unité sanitaire du centre de détention de Bédenac

« La prise en charge sanitaire globale des personnes détenues  et des profils sanitaires spécifiques et particuliers »

  • Dr Fadi Meroueh, praticien hospitalier, chef de service de l’unité sanitaire de la maison d’arrêt de Villeneuve -les- Maguelone

« État des lieux et problématique en évolution au sein des UCSA »

  • Dr David Touitou, psychiatre intervenant au Pôle SMPR-UHSA à la prison de Fresnes

« Soins spécifiques en UHSA »

  • Jean-Marie Delarue, ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)

« L’effet des soins psychiatriques en détention »

  • Conclusion

 

Toutes les infos sur: https://estherbenbassa.eelv.fr/videos-du-colloque-psychiatrie-en-prison-qui-a-eu-lieu-le-25-juin-au-senat/

MARTINE HERZOG-EVANS (mai 2018) Probation : ne pas oublier les obligations!

Retrouvez cet excellent et précieux article de MHE, concernant la place des obligations dans un suivi RBR, sur son site: http://herzog-evans.com/probation-ne-pas-oublier-les-obligations/

« Les méthodes de traitement criminologique efficaces (evidence-based practices – EBP) ont le vent en poupe dans les SPIP et l’adoption du Référentiel des Pratiques Professionnelles (RPO1) en est l’heureux témoin.

Beaucoup de travail et sans doute beaucoup d’années devront toutefois être consacrés avant que cela se traduise par un changement approfondi des pratiques. Cela est naturel et inévitable. Les recherches portant sur la diffusion de l’innovation, notamment en médecine, montrent qu’il faut une vingtaine d’années avant que l’innovation soit réellement mise en œuvre.

Dans l’attente, bien des confusions et simplifications risquent de prévaloir et il sera essentiel d’y être vigilant.

Une telle confusion-simplification consiste à déduire de la recherche qui montre effectivement qu’axer le suivi uniquement sur le respect formel des obligations ne marche pas, qu’il faudrait laisser tomber le respect des obligations.

Une telle conclusion est inexacte et dangereuse à plusieurs égards.

Elle est inexacte, tout d’abord car bien au contraire, les deux grands modèles de traitement (d’ailleurs liés) qui existent, mettent l’accent sur le respect de la loi et du mandat judiciaire :

1)      Le modèle RBR en ce qu’il est lié à une forme de Core Correctional Practice (CPP) (Andrews & Kiessling, 1980) qui inclut la bonne pose de l’autorité. Celle-ci n’a naturellement aucun sens si l’autorité en question ne puise pas sa légitimité de l’autorité du cadre légal et sa mise en oeuvre

2)      Le modèle CCP de Chris Trotter (soit un mixe de travail social EBP, de CCP-RBR, et de traitement cognitif et comportemental) en ce qu’il vise :

la modélisation pro-sociale laquelle suppose que le praticien opère comme un modèle (modélisation) qu’il ne peut raisonnablement incarner s’il se présente d’emblée comme tirant son autorité de… lui-même et s’il ne donne pas à voir ostensiblement à l’intéressé que lui-même respecte la loi, ses limites (not. le fait que l’on ne peut dans un État démocratique imposer des obligations sans cadre légal ni sans décision de justice) et qu’il n’a pas de choix à cet égard, s’il ne donne pas à voir que lui-même ne peut aller au-delà ou en deçà de ces limites

– la clarification des rôles : dans celle-ci Trotter dit clairement qu’il convient de rendre clair ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas. Il dit tout aussi clairement que ce qui ne l’est pas est justement le mandat judiciaire, lequel inclut précisément les obligations.

Elle est donc dangereuse en ce qu’elle ne place pas clairement l’action de la probation dans un cadre légal et juridictionnel ( : la décision et ses obligations), mais semble suggérer que l’agent de probation fait ce qu’il veut ; soit peut se comporter lui aussi de manière antisociale.

Elle est dangereuse en ce qu’elle ne place pas au centre de l’action des agents de probation, le fait qu’ils sont des agents au service de la justice et de la loi (soit des modèles prosociaux).

Donc oui, le rôle des agents de probation est aussi de traiter ; traiter un phénomène délinquant et ses conséquences. Il est donc bien d’aider la personne à devenir prosociale et à s’insérer.

Cette aide n’est toutefois pas offerte dans le cadre volontaire d’une consultation chez le psychologue pour un dépressif ou d’une personne sollicitant de l’aide sociale auprès d’une assistante sociale de secteur ou une association.

Elle est offerte dans le cadre d’un suivi imposé, tel que le prévoit la loi (et notamment au travers des articles 132-44 et 132-45 du code pénal) et mandaté judiciairement.

Les agents de probation doivent donc être clair vis-à-vis d’eux-mêmes et cela doit l’être institutionnellement, sur le fait que, comme le dit bien Trotter, ils ont un rôle double :

–          Aider, accompagner, « suivre » – mais aussi traiter

–          Vérifier, cadrer, contrôler même et parfois déclencher une sanction, en saisissant le JAP.

Cette dualité doit être rendue très claire pour les usagers ; elle ne peut l’être que si elle est intégrée par les CPIP.

Retrouvez l’intégralité de l’article sur http://herzog-evans.com/probation-ne-pas-oublier-les-obligations/

FRANCE CULTURE (2018) cycle d’émissions « A voix nues », consacrées à l’expert Daniel ZAGURY (Fevrier 2018)

Daniel Zagury (1/5) : Un avenir à Chevilly-Larue

Pour comprendre ce qui pousse certains hommes à commettre des actes monstrueux, la justice fait appel à l’expert psychiatre Daniel Zagury, ainsi amené à écouter et décrypter de nombreux tueurs en série comme Guy Georges, Patrice Alègre ou Michel Fourniret, et plus récemment des terroristes.

C’est poussé par son appréhension du corps en souffrance et par la peur de la mort que Daniel Zagury s’intéressera à la psychiatrie pendant ses études de médecine.

En associant très tôt ses impressions littéraires avec cette discipline, il se passionne pour la clinique et rejette l’intellect dépourvu d’affect.

Attentif à ce qu’il va transmettre, il pense qu’il est possible d’apaiser la souffrance de l’autre.

Liens

Publications de Daniel Zagury (cairn.info)

Daniel Zagury, passion psy, article de Flore Thomasset (la-croix.com)

Docteur Daniel Zagury : «Chez les terroristes islamistes, il y a très peu de malades mentaux avérés» – Propos recueillis par Eric Favereau (liberation.fr)

Daniel Zagury (2/5) : La psychiatrie ordinaire

Depuis 1997 Daniel Zagury est chef de service du centre psychiatrique du Bois de Bondy en Seine Saint-Denis. Tout au long de son parcours à l’hôpital ou en prison, il a exploré et analysé les actes médicaux légaux des malades mentaux psychotiques, et ceux présentant des troubles graves de la personnalité.

Daniel Zagury (3/5) : L’expertise de l’horreur

Psychiatre des hôpitaux, spécialiste de psychopathologie et de psychiatrie légale mais aussi expert auprès de la Cour d’appel de Paris, Daniel Zagury cherche à mieux saisir le fonctionnement de certains hommes qui commettent des actes atroces « ce qui l’amène à côtoyer le plus effroyable de l’humanité ». 

Daniel Zagury (4/5) : Le procès pénal

Expert auprès des tribunaux Daniel Zagury a régulièrement témoigné dans d’importantes affaires criminelles mettant en cause des tueurs en série.

Retour sur une expertise qui consiste à mettre en lumière les caractéristiques, les aspects particuliers de la personnalité du tueur, les circonstances et les mobiles affectifs qui déclenchent une telle conduite.

Tout l’enjeu est de regarder le mal en face en entrant en relation avec l’autre sans aucune fascination.

Daniel Zagury (5/5) : La banalité du mal

Auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles consacrés au parricide, au crime passionnel et aux tueurs en série, Daniel Zagury oblige la société à admettre que l’horreur absolue n’est pas étrangère à l’homme ordinaire.

En allant au delà des acquis psychiatriques, il tente de comprendre comment sont fabriqués de tels êtres humains.

FRANCE CULTURE (juin 2018) Emission Entendez-vous l’éco ? , « Économiser et punir »: Semaine consacrée aux prisons

Prison : économiser et punir (1/4) : Rentabiliser le système carcéral

Sur fond de surpopulation carcérale et restriction budgétaire, le système de gestion se transforme peu à peu. Quel est l’impact de l’externalisation sur la politique carcérale ? Comment le monde pénitentiaire s’adapte et se structure-t-il pour consentir aux contraintes budgétaires ?

« 78 % des gens libérés en 2014 ont passé moins d’un an en prison. D’où la  question posée depuis un moment : est-ce que ça vaut le coup de  construire des nouvelles prisons pour des gens qui y restent si peu de  temps ? » (Christian Mouhanna)

Premier jour de notre série sur les prisons intitulée « économiser et punir ». Des prisons surpeuplées, à la ceinture budgétaire trop serrée, desquelles émane une souffrance générale du personnel et de ses occupants. Si la violence institutionnelle mise en évidence par Michel Foucault est toujours le cœur du débat, on voit pointer, au sein du système pénitentiaire, des formes de « violences économiques ».

Prison : économiser et punir (2/4) : Le travail en prison

La volonté de réformation morale des prisonniers s’accompagne du façonnement d’un sujet économique : l’organisation économique interne des prisons s’inscrit au cœur d’une tension entre rationalité pénitentiaire et rationalité économique, qui fait écho à l’organisation du marché capitaliste national.

Deuxième jour de notre série sur les prisons intitulée « économiser et punir ». Hier, nous avons parlé de la privatisation de certaines missions du secteur pénitentiaire et des conséquences de celle-ci sur les décisions politiques. Aujourd’hui, c’est le marché du travail, celui-ci qui s’infiltre dans la prison et la relie à l’industrie du dehors, que nous examinons à la loupe. Si l’idée d’un travail expiatoire est présente dès les origines de la prison moderne, on constate qu’à cette vertu – soit disant moralisatrice – s’ajoute une dimension productive non négligeable. Ainsi, les prisonniers-travailleurs sont-ils soumis à une sélection, dont les critères semblent aussi flous que le droit qui encadre leur condition. Une situation faisant de cette main d’oeuvre une variable d’ajustement, tant pour l’administration pénitentiaire que pour les entreprises profitant de leurs services. Un régime d’exception interrogeant la suprématie de l’économie sur le droit du travail.

Prison : économiser et punir (3/4) : Fictions carcérales

Du film « Le Trou » de Jacques Becker à « Un prophète » de Jacques Audiard, et, côté séries, d' »Oz » à « Orange Is the New Black », la fiction cinématographie et télévisuelle s’empare très tôt de la prison comme objet de représentation. Mais que disent ces images sur la réalité sociologique des prisons ?

Troisième jour de notre série sur les prisons intitulée « économiser et punir ». Après avoir traité hier de la zone de flou qui entoure le travail en prison, nous prenons, aujourd’hui le biais de la fiction pour évoquer le quotidien en milieu carcéral. On le sait, la prison est, depuis son invention, un motif artistique – littéraire et cinématographique – qui oscille entre témoignage et dénonciation. Si l’enfermement, la promiscuité des corps, la violence incitent aux récits, la recherche esthétique n’en reste pas moins au service d’une réflexion socioéconomique fondamentale. Ainsi, les représentations de l’expérience pénitentiaire que nous livrent le cinéma – mais aussi désormais les séries – sont autant d’occasions de s’interroger sur les capacités de l’institution à remplir à sa mission.

Prison : économiser et punir (4/4) : Les fonctions de l’enfermement

Quelles sont les origines, la fonction et les usages de la prison ? Peut-elle être réformée, alors qu’empirent les causes d’un dispositif qui permet à l’Etat de tourner la tête face à son incapacité d’assumer ses responsabilités économiques et sociales ?

« Économiser et punir » ! Cette semaine, nous avons examiné les rouages économiques propres au monde carcéral : ceux de l’institution et ceux à l’oeuvre dans l’enceinte-même, à l’abri des regards. Un système condamné à une double peine : d’un côté l’augmentation du nombre de détenus et de l’autre des politiques budgétaires particulièrement restrictives. D’où la privatisation progressive de certaines missions. Des privatisations largement critiquées et parfois même condamnées, tout comme les conditions de vie et de détention. Au cœur du débat éthique et économique : l’absence de droit du travail en milieu carcéral et la mise à disposition d’une main d’oeuvre – pour les entreprises – défiant toute concurrence. Ainsi, loin de rester à la porte des prisons, l’économique et le politique – visiteurs privilégiés – éclairent le rapport qu’entretient la société avec ses marges. Si depuis plus de deux siècles, la prison est devenue la forme de punition dominante, tout incite pourtant à réfléchir aux fonctions – avouées ou non – de l’enfermement…