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FRANCE INTER (29/12/2020) Emission grand bien vous fasse; « Pourquoi transgresse-t-on les règles ? »

Vous aussi, vous avez précisément envie de faire ce que l’on vous interdit de faire ? Enfants comme adultes, la tentation de la transgression est universelle. Mais pourquoi diable ?

Qui n’a pas une fois dans sa vie transgressé les règles établies ? Dépasser un peu la vitesse autorisée ? Mentir pour défendre ses intérêts ou, en ces temps de confinement, ne pas vraiment respecter le kilomètre de sortie réglementaire autour du domicile.  Car oui : il y a toujours un degré de fraude qu’on juge acceptable, pour un motif personnel.

Tout  le monde triche/un peu, s’arrange… et vous ? Quel est votre degré acceptable ? Quelles sont les règles que vous avez déjà transgressées ? Dîtes-nous tout au 0145247000 ou sur l’appli de France Inter !

On s’intéresse ce matin à ces petites transgressions du quotidien, mais aussi à celles beaucoup plus puissantes, ces lames de fond qui changent le monde, celles qui ont poussées par exemple Rosa Parks à ne pas céder sa place dans un bus…

Avec :

  • Caroline Péneau, chef de service environnement; psychologie au magazine Ca m’intéresse
  • Daniel Marcelli, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, président de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et des professions associées, auteur de Moi je!, de l’éducation à l’individualisme Ed. Albin Michel
  • Yves-Alexandre Thalmann, psychologue suisse, auteur de Faire changer les autres sans les manipuler Ed. Jouvence

 

European Network for the Work with Perpetrators of Domestic Violence

 

Lignes directrices pour l’élaboration de normes en matière de programmes de prise en charge des auteurs de violence conjugales

lignes directrices pour les programmes de prevention de la violence conjugale

La violence masculine envers les femmes se produit dans tous les pays européens et constitue un problème grave et répandu. La violence à l’égard des femmes est une manifestation des relations de pouvoir historiquement inégales entre les hommes et les femmes, qui ont conduit à la domination et à la discrimination des hommes à l’égard des femmes et à l’empêchement de la pleine promotion des femmes, et représente une violation généralisée des droits de l’homme et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité des sexes [1].

Les États membres d’organisations internationales telles que les Nations unies et le Conseil de l’Europe, ainsi que les pays de l’UE, sont tenus par le droit international et national d’exercer une diligence raisonnable pour prévenir, enquêter sur et punir les actes de violence, que ces actes soient perpétrés par l’État ou par des personnes privées, et d’assurer la protection des victimes [2].

La violence domestique à l’égard des femmes est un comportement de contrôle de la part du partenaire intime ou de l’ex-partenaire, qui comprend, sans s’y limiter, la violence physique et sexuelle, la violence psychologique, l’isolement, l’abus économique, les menaces, l’intimidation et le harcèlement [3]. La violence contre les femmes au sein de la famille affecte également les enfants qui ont également le droit d’être protégés et de recevoir un soutien.

Les organismes qui gèrent les programmes de prise en charge des auteurs de violences portent une grande responsabilité pour toutes les personnes concernées. Le travail avec les hommes auteurs de violence domestique vise à mettre fin à la violence et à renforcer la sécurité des victimes de la violence domestique (femmes et enfants), mais il doit également être considéré comme s’inscrivant dans un processus plus large de changement culturel et politique visant à abolir les hiérarchies entre les sexes, la violence sexiste et la discrimination sexuelle ainsi que d’autres formes de violence et de discrimination personnelles et structurelles.

Des normes sont nécessaires pour assurer la qualité du travail et surtout pour garantir que la sécurité des victimes est une priorité et que le travail ne met pas en danger les partenaires ou les enfants des participants.

Références

[1] See United Nations Declaration on Violence against women 1993.

[2] See Recommendation Rec(2002)5 of the Committee of Ministers to member States on the protection of women against violence adopted on 30 April 2002.

[3] See Respect Statement of Principles and Minimum Standards of Practice 2004.

Lignes directrices 2018

Des lignes directrices pour établir des normes sont nécessaires pour assurer la qualité d’un travail efficace et sûr avec les auteurs de violence domestique. La sécurité des victimes est une priorité et les interventions doivent garantir que le travail ne met pas en danger les femmes ou les enfants.

Les programmes dans les pays européens sont différents en ce qui concerne le groupe cible, le financement, la base juridique et de nombreux autres aspects et conditions de travail. C’est pourquoi les présentes lignes directrices n’ont pas pour but de donner des instructions détaillées. Elles visent plutôt à offrir aux programmes destinés aux auteurs de délits un cadre permettant de développer des normes spécifiques pour un travail responsable et responsable.

Des mises à jour sont continuellement nécessaires pour intégrer les nouveaux résultats de la recherche et les meilleures pratiques. En tant que tel, le présent document est conçu pour être un document vivant et dynamique, soumis à un processus continu de consultation et de révision.

lignes directrices pour les programmes de prevention de la violence conjugale

version originale

Comment faire naître des idées saines chez le détenu ?

(Leçon pénitentiaire sur la « rééducation des détenus », 1949, dispensée alors à l’école nationale supérieure de l’administration pénitentiaire, précurseur de l’ENAP. On y découvre notamment la philosophie d’intervention et la conception de la fonction de l’éducateur pénitentiaire de l’époque.  )

Pierre Cannat 1903-1998

Pierre Cannat 1903-1998

« La rééducation morale doit se faire par des contacts de sympathie entre le détenu et une personne chargée de lui apporter ce qui lui manque. Il faut énormément parler aux détenus. Jamais on ne consacrera : assez de temps, assez d’efforts assez bonnes volontés diverses à cette tâche qui est au centre même de toute transformation morale.

« Tout contact entre deux personnes a une portée éducative positive ou négative, parfois insignifiante il est vrai, rarement négligeable pour qui sait analyser les mystérieux facteurs d’influence qui, se combinant ou s’opposant, s’entrecroisent dans l’infinie variété des rapports sociaux.  Je le rencontre… Je vais parler… Il va parler… Je vais prendre une attitude… il prendra une attitude… et pas là inévitablement lorsque nous nous séparerons il y aura quelque chose de changé dans l’absolu de nos personnes. Effrayante responsabilité de chacun envers chacun pour qui a le cœur d’y songer. » (HENRY, article 1947 sur la portée éducative de l’action du JE)

Non seulement il faut se garder d’abandonner le détenu à ses pensées, mais il importe de lui suggérer des idées, de lui apporter des sujets de réflexion. Lucas disait encore : « il faut préparer leur esprit à l’ordre d’idées vers lequel on veut appeler et concentrer l’activité de leur réflexion ». Ce qui a manqué à ces délinquants, quand ils étaient dans la vie libre, c’est souvent l’influence éducative, bienfaisante, d’un ami bien choisi, d’une personne de bonne moralité capable de prendre sur eux l’ascendant.    

Dans les maisons centrales, chaque détenu doit être pris en charge au point de vue moral par une sorte de guide dont le rôle consiste à lui rendre fréquemment visite, à le suivre tout le long de sa peine pour orienter ses pensées, à gagner sa confiance, à le soutenir dans ses chutes, à l’exalter dans ses efforts, à lui parler de sa libération et de ses projets au-delà de la prison. Cet éducateur doit devenir son confident et son ami.

Il faut pour cela disposer d’un certain nombre de fonctionnaires spécialisés entre lesquels sont répartis les détenus dès leur arrivée dans l’établissement et leur mise à l’isolement cellulaire. Libéré de tout autre souci, il doit concentrer toute son activité sur les détenus dont il a la responsabilité, préparer soigneusement à l’avance les conversations qu’il aura, dans les cellules, avec chacun d’eux, demeurer longuement avec ses détenus et par un roulement régulier apporter de cellule en cellule l’apaisement de son contact.

Dégagé de tout rôle disciplinaire, uniquement préoccupé de capter par des moyens honorables la sympathie de ses détenus — on ne saurait tolérer de lui ni connivence ni démagogie – il doit être pour les délinquants que leur crime n’a pas encore entièrement noyés, la bouée de sauvetage dans le naufrage. »

 P_CANNAT_L14_reeducation_des_detenus_1949.pdf

Les 7 commandements de la probation

décembre 16th, 2020 | Publié par crisostome dans CCP | DESISTANCE | PROBATION - (0 Commentaire)

WEBINAR correct-tech: Les 7 commandements de la probation

Le site Correcttech a publié un très intéressant « webinar »  sur les ‘7 commandements de la probation’ (vost) . 

Découvrir l’article sur les « 7 commandements de la probation » : ici 

Si le lien est brisé: CorrectTech-7commandments-3

L’excellent site correcttech propose un limpide descriptif simplifié de la démarche EBP (Evidence Bases Principle) dans le domaine de la probation. 

Introduction aux principes basés sur les preuves (EBP, Evidence Bases Principle).

Compte tenu de l’importance accordée aux principes fondés sur des données probantes, il semble utile de définir les différents éléments en jeu.  En d’autres termes, qu’est-ce que l’EBP exactement ?

Preuve : ce qui tend à prouver ou à réfuter quelque chose ; motif de croyance, probant. 

En d’autres termes, il n’est plus acceptable de se contenter d' »improviser » et de baser les interventions auprès des délinquants sur « mon expérience personnelle » ou « ce qui semble avoir le plus de sens ».  Heureusement, il y a un groupe croissant d’experts de l’EBP qui publie régulièrement des conclusions et des explications.  La quantité de preuves s’accroît !

Basé : un principe fondamental ou un travail de fond ; fondement ; base.

Lorsque des interventions éprouvées (c’est-à-dire des preuves) font partie du fondement d’un programme de traitement, il est impossible d’identifier où commence et où finit le traitement.  Le traitement n’est pas un événement, ni même une série d’événements.  Le traitement est fondamental.  Chaque activité, chaque décision et chaque moment fait partie du processus de traitement.

Principe : une base de conduite ou de gestion.

De larges segments des services correctionnels communautaires ont depuis longtemps approuvé les idées de l’EBP.  Tout cela a du sens, et à mesure que la dynamique politique s’intensifie, cela prend de plus en plus de sens.  Il est important d’apprendre le langage de l’EBP, mais malheureusement, c’est là que de nombreux organismes s’arrêtent.  Ils ont maintenu leurs pratiques actuelles, mais utilisent désormais le langage EBP pour se référer à diverses composantes.

Cela ne fonctionne pas ainsi !  En fin de compte, l’EBP ne consiste pas seulement à croire, à utiliser le jargon ou à prêcher.

Il s’agit d’un principe directeur de conduite, et non de croyance.

Inhérent à l’idée de l’EBP, mais pas nécessairement incarné dans ses initiales, est le concept que le l’objectif des services correctionnels communautaires est de réduire la récidive des délinquants.  Ce n’est pas une mince affaire, car il pourrait y avoir des principes fondés sur des preuves qui reposent uniquement sur l’idée que tout le champ pénal concerne la neutralisation ou la rétribution.  L’auteur accepte l’idée que le but de la communauté est de réduire les futurs comportements criminels et écrit sur l’EBP avec cet objectif en tête.

Dans « Mise en œuvre des principes fondés sur des données probantes dans les établissements pénitentiaires communautaires : Les principes de l’intervention efficace », l’auteur principal, Brad Bogue, et ses co-auteurs ont fait un travail remarquable de définition des principes nécessaires à un programme de traitement efficace. Selon l’auteur, il s’agit de l’article correctionnel le plus influent depuis l’infâme article de Robert Martinson « Rien ne marche » de 1974.  Intitulé en fait « Qu’est-ce qui marche ?  Questions et réponses sur la réforme de la prison ».  Les interprétations des diverses tendances des données ont inauguré des décennies de réforme correctionnelle qui niait explicitement la valeur de tout effort de réhabilitation.  Alors que de nombreux auteurs ont publié de nombreux questionnement et recherches allant à l’encontre du concept « Rien ne marche », M. Bogue et ses collègues a fourni un résumé de la recherche sur la réhabilitation des délinquants d’une manière qui permettait aux praticiens, aux décideurs politiques et aux autres chercheurs à adhérer à ses conclusions et à aller de l’avant ensemble.  En fait, à moins que vous n’ayez vécu sous un rocher, vous avez sans doute vu le graphique correspondant ci-dessous.

Une approche simplifiée et appliquée. 

Nous avons tenté ci-dessous de donner une vue « simplifiée » et « appliquée » des huit principes originaux, plus trois concepts supplémentaires d’intervention efficace que nous avons ajoutés pour les souligner.

Pour être clairs, nous ne sommes en désaccord avec rien dans l’article original. Notre point de vue est tout à fait conforme aux huit principes originaux, mais nous mettons l’accent sur les endroits où l’expérience clinique ou de formation suggère que le travail original a laissé des questions ou des concepts sous silence qui, selon nous, doivent être explicitement abordés. En d’autres termes, nous essayons de simplifier les concepts pour le personnel de première ligne et de fournir une perspective appliquée pour les opérations quotidiennes sur le terrain (Bogue et al. 2004).

L’intégralité de l’article est à retrouver ici: EBP_correcttech_fr

l’article original en anglais est à retrouver ici

Article US si le lien est brisé: CorrectTech-EBP-Simplified_(NEW)

 

Journal fédéral de la probation (sept 2008) Le questionnaire de réponse des agents :  Une procédure pour mesurer l’écoute réflective dans le cadre de la formation à l’EM en probation  

 

Nous avons commencé par identifier les situations auxquelles les agents pourraient être confrontés dans leurs interactions quotidiennes avec les personnes en probation. Ces scénarios ont été compilés par deux des auteurs (MA et SW) qui avaient une grande expérience de la formation des agents de probation et avec les commentaires des agents de probation dans un service de probation urbain. Les cinq scénarios décrivent des situations relativement courantes en probation : consommation de substances, comportement agressif, dépistage de drogues et emploi (voir tableau 1).

Tableau 1. Réponses des agents aux questions du questionnaire

Les déclarations suivantes sont des choses qu’un probationnaire peut dire lors d’une interaction avec un agent de probation. Pensez à chaque déclaration comme si vous étiez réellement dans la situation, avec cette personne qui vous parle.

Pour chaque déclaration, écrivez la prochaine chose que vous diriez si vous vouliez faire savoir à la personne que vous écoutiez. N’écrivez qu’une ou deux phrases pour chaque affirmation.

Item 1 : Un homme de 22 ans vous raconte : « Je veux rester clean et sobre, mais je ne peux pas trouver de travail à cause de cette histoire de tribunal, et je dois donc vivre avec mon frère qui boit tout le temps. »

 

 

 

Item2 : Une femme de 30 ans vous dit : « Je veux rester sobre, mais je ne peux pas trouver de travail à cause de cette histoire de tribunal : « J’aime fumer de l’herbe. Dans ma façon de voir, je n’ai jamais fait de mal à personne, alors les gens devraient me laisser tranquille. Je resterai clean pendant ma période de probation, mais après, je ferai ce que je veux ».

 

 

 

Item 3 : Un homme de 41 ans vous le dit : « Les flics prennent toujours le parti des femmes. Bien sûr, nous nous sommes disputés et je lui ai crié dessus, mais c’est elle qui a pris le couteau. Qu’est-ce que je suis censé faire ? C’est tellement typique. C’est toujours la faute de l’homme. »

 

 

 

Item 4 : Un homme de 24 ans vous dit : « Je sais que j’étais censé m’occuper de mon analyse d’urine. J’ai essayé d’y aller, mais ma voiture était au garage. J’ai attendu le bus, mais pour une raison quelconque, tous les horaires de bus avaient changé ».

 

 

Item 5 : Une femme de 24 ans vous raconte : « J’ai cherché du travail, mais il est impossible pour une personne en probation de trouver un bon emploi. »

 

 

Chaque réponse des agents a été évaluée en fonction de la profondeur des reflets et de la capacité à éviter les impasses relationelles (Gordon, 2003). Nous avons conservé l’échelle de notation ordinale à 5 points mise au point par Miller, Hendrick et Orlofsky (1991), mais nous y avons apporté des modifications importantes pour tenir compte de certaines des tâches uniques de l’agent. Tout d’abord, nous avons séparé les questions fermées des questions ouvertes et avons tronqué les trois niveaux de réflexion du HRQ en deux niveaux de base – simple et complexe. Nous n’avons pas non plus pénalisé les agents qui posent des questions en parallèle à des reflets, à condition qu’elles ne comportent pas d’obstacle à la communication. Nous avons fait ces adaptations parce que, par rapport aux interactions de conseil, les interactions des agents de probation ont tendance à être plus brèves, plus ciblées et à contenir plus de questions pour évaluer les progrès de la probation et le risque pour la communauté. Nous avons retenu la catégorie barrage de communication du HRQ comme le score le plus bas. Ainsi, une réponse reçoit un score de 1 si elle contient une impasse relationnelle tel qu’un ordre, un désaccord ou un conseil sans autorisation. Une réponse reçoit un score de 2 si elle contient une question fermée, une affirmation, une offre d’aide ou toute autre réponse non réflective. Une réponse reçoit un score de 3 si elle contient une question ouverte. Une réponse est notée 4 si elle contient un reflet « simple » qui reprend le contenu de base de la déclaration originale. Une réponse est notée 5 si elle paraphrase ou infère une signification plus profonde de l’énoncé original. Si une réponse contient plusieurs éléments (par exemple, une question ouverte et une réflexion simple), elle reçoit la note des éléments les plus élevés (4 pour la réflexion simple), sauf si elle contient une impasse, auquel cas elle reçoit une note de 1.

L’article complet (fr):

Evaluation des competences EM des agents en formation_

l’article original (en anglais):

https://www.uscourts.gov/sites/default/files/72_2_10_0.pdf

Journal fédéral de la probation (septembre 2008) Formation à l’Entretien Motivationnel dans le domaine de la justice pénale : Élaboration d’un plan type

Comment implanter l’EM dans les services? Quelle formation? quelle évaluation de la montée en compétence des agents formés? Cet article propose plusieurs pistes intéressantes pour les institutions qui voudraient implanter durablement l’EM dans leurs services.

Bien que l’EM bénéficie d’un bon soutien dans de nombreux domaines du changement de comportement, il y a eu relativement peu de recherches sur l’utilisation de l’EM dans les milieux de la justice pénale, et encore moins d’études spécifiques aux milieux de la probation. Une étude récente portant spécifiquement sur l’EM dans la justice pénale (McMurran, sous presse) a identifié 19 études dans lesquelles l’EM a été utilisée pour cibler les délinquants toxicomanes (N=10), les délinquants coupables de violence domestique (N=3), les délinquants pour CEA (N=5) et la délinquance générale (N=1). L’examen a conclu que l’EM améliorait la rétention générale dans le traitement, renforçait la motivation au changement et réduisait la délinquance, bien qu’il y ait eu des variations entre les études. À titre d’exemple, Ginsburg et ses collaborateurs (2000) ont randomisé les détenus en fonction de l’utilisation de l’EM ou des conditions de contrôle. Par rapport aux participants du groupe témoin, ceux qui ont reçu un entretien motivationnel ont montré une reconnaissance accrue de leur comportement de consommation d’alcool comme un problème. Dans une autre étude, les contrevenants pour conduite en état d’ébriété pour la première fois ayant une peine d’emprisonnement de 28 jours ont été randomisés pour recevoir ou non un programme de traitement intégrant les principes de l’EM (Woodall et al., 2007). À 6, 12 et 24 mois après la sortie de prison, les personnes ayant suivi le programme ont fait état d’une réduction plus importante de leur consommation d’alcool et d’une diminution de l’alcool au volant, par rapport aux participants qui n’avaient été qu’incarcérés. En outre, parmi les participants qui répondaient aux critères du trouble de la personnalité antisociale (antisocial personality disorder ou ASPD), le programme a permis des gains plus importants que ceux des participants ASPD qui n’ont pas reçu de traitement. Enfin, dans le cadre d’une probation, Harper et Hardy (2000) ont fait état d’effets positifs plus importants sur la reconnaissance des problèmes des probationnaires qui ont été confiés à un agent formé à l’EM, par rapport aux probationnaires confiés à un agent non formé à l’EM. Cependant, il n’est pas certain que l’étude ait utilisé l’assignation aléatoire, et le groupe de contrôle a également montré certains progrès au cours de l’étude.

En plus de ces preuves directes, il y a au moins trois raisons pratiques de croire que l’EM pourrait être applicable dans un cadre de justice pénale, et dans un cadre correctionnel communautaire en particulier. Tout d’abord, l’EM a fait ses preuves dans des domaines qui peuvent être pertinents pour les services correctionnels communautaires, tels que la préparation des clients à s’engager dans des programmes de traitement de l’alcoolisme et de la toxicomanie (Baker et al., 2002 ; Daley, Salloum, Zuckoff, Kirisci, & Thase, 1998 ; Miller, Meyers, & Tonigan, 1999). En outre, l’EM s’est avéré efficace dans d’autres contextes où les interactions entre le professionnel et le client peuvent être brèves et multidimensionnelles, comme lors des consultations médicales (Heather, Rollnick, Bell et Richmond, 1996). Enfin, de grandes études sur le traitement des dépendances, telles que le projet MATCH (Project MATCH Research Group, 1998), ont fait état d’effets similaires de l’EM chez les clients délinquants et non délinquants. Sur la base de ce raisonnement, un récent manuel publié par le National Institute on Corrections (Walters, Clark, Gingerich, & Meltzer, 2007) présente des stratégies pour adapter l’EM au milieu de la probation et de la libération conditionnelle. En particulier, le manuel traite des moyens d’intégrer le style de l’EM à certaines des caractéristiques techniques des services correctionnels communautaires, comme le double rôle de l’agent, l’accent mis sur les comportements multiples et les contraintes de temps. Cet effort est cohérent avec les efforts passés pour adapter l’EM aux soins de santé et autres environnements brefs, tout en conservant le style général de l’approche (Resnicow, DiIorio et al., 2002 ; Rollnick & Heather, 1992).

Formation_EM_justice_penale (fr)

version originale en anglais