Ressources en psychocriminologie et criminologie
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FRANCE CULTURE; Emission la méthode scientifique  (05/12/2018) 22 v’là la police prédictive !

A quand remonte la mise en place d’algorithmes prédictifs concernant la criminalité ? Aux USA, comment a été mis en place cette police prédictive ? Avec quels types d’algorithme ?

Est-il possible d’arrêter un futur criminel avant qu’il ne passe à l’acte ? De prévoir le crime, pour empêcher qu’il ne se réalise ?  C’est ce qu’avait imaginé l’écrivain Philip K. Dick dans sa nouvelle Minority Report, publiée en 1956. Le film qu’en a tiré Spielberg, bien des années plus tard, a donné une renommée mondiale à cette police prompte à dégainer la boule de cristal. Aujourd’hui, les logiciels de prédiction de la criminalité sont devenus une réalité, particulièrement aux Etats-Unis. Mais cela ne va pas sans poser d’épineuses questions éthiques, juridiques et technologiques.

22, v’là la police prédictive : c’est le sujet, faussement futuriste, que La Méthode scientifique dans l’heure qui vient.

Le reportage du jour

Rencontre avec le colonel Laurent Collorig de la gendarmerie nationale. Comment le logiciel d’aide à la décision Paved, testé par la gendarmerie nationale, permet-il de mieux anticiper les cambriolages et les atteintes liées aux véhicules ? Par Antoine Beauchamp :

LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE – Reportage Antoine Beauchamp : Paved, le logiciel d’aide à la décision de la gendarmerie

  • Sociologue, maître de conférences à l’Université Paris Est Marne la Vallée, au Laboratoire Interdisciplinaire Science Innovation Société.
  • Maître de conférences à la faculté de droit de l’université Jean Moulin Lyon 3, directrice de l’Institut d’études judiciaires de Lyon, directrice du M2 “Sécurité intérieure”, et avocate.
  • Professeur à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Toulouse au Département de Génie Mathématique et Modélisation.

 


 
 

FRANCE CULTURE, émission les chemins de la philosophie  (09/05/2019) Algorithmes : Serons-nous bientôt jugés par des ordinateurs ?

Quels effets les algorithmes ont-ils sur la justice ? Comment le numérique a-t-il révolutionné notre langage et notre écriture, les liens qui structurent notre société ? Et qu’est-ce que cette nouvelle forme d’intelligence engendre de nouveau d’un point de vue juridique et philosophique ?

L’invité du jour :

Jean Lassègue, philosophe et épistémologue, chargé de recherche CNRS et chercheur associé à l’IHEJ, l’Institut des Hautes Etudes sur la Justice

Texte lu par Hélène Lausseur :

  • Extrait de l’ouvrage de Paul Ricoeur, Le Juste IL’acte de juger, éditions Esprit, 1995

Sons diffusés :

  • Extrait du film Imitation Game, de Morten Tyldum, 2014
  • Extrait du film Minority Report, de Steven Spielberg, 2002
  • Extrait d’un journal de France Culture en mai 2015 (des policiers de Paris testent des logiciels prédictifs)
  • Extrait de la fiction France Culture Le Maladie imaginaire, de Verell Ferguson, oeuvre radiophonique de 1973
  • Chanson de fin : Alexandre London, Jury, Judge, Executioner

 

Tous les jours, plus de 130 personnes meurent d’une overdose d’opioïdes aux États-Unis. Prescrites à haute dose et sans encadrement, ces substances sont à l’origine de la grave crise sanitaire que traverse actuellement le pays. Que nous apprend cette «épidémie» sur le système de santé états-unien ? ( France Culture-17 04 19).

https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/des-epidemies-et-des-hommes-34-crise-des-opioides-lamerique-en-overdose?xtor=EPR-3

France 2 (émission Infrarouge 30/04/2019) « Détenus, victimes : une rencontre »

José a été condamné à 17 années de prison pour homicide ; Stéphanie a été traumatisée par l’assassinat du père de son enfant. Des drames qui ont précipité des familles dans le deuil et la douleur. Qu’ils soient du « bon ou du mauvais côté de l’histoire », les deux camps sont profondément marqués et doivent assimiler la perte d’un être cher. Seule la réconciliation pourra les aider. Nous allons découvrir avec eux les Rencontres Détenus-Victimes, une expérience inédite : trois victimes viennent en prison rencontrer trois détenus en longue peine. Ils ne se connaissent pas mais sont concernés par le même type de crime. Ils se rencontrent à la maison centrale de Poissy, pour six séances, pendant trois mois. En groupe et avec deux animateurs qui mènent les échanges, José, Stéphanie, Pascale, Christophe et les autres vont se retrouver face à face, essayer de dialoguer, de comprendre… Ils vont se révéler à eux-mêmes et aux autres. Une épreuve qui demande à chacun d’eux d’affronter son passé et d’apprendre à faire confiance à la parole de l’autre.

Le programme PETRAAS (Programme d’Évaluation, de Traitement et de Recherche pour les Auteurs d’Agression Sexuelle)

Le Programme d’évaluation, de traitement et de recherche pour les auteurs d’agression sexuelle (PETRAAS) est en place depuis mai 2010 à l’Établissement de détention de Percé (EDP). Le PETRAAS est court, intensif, suivi sur une base volontaire et orienté sur l’acquisition d’habiletés et de compétences afin de réduire le risque de récidive. Il vise à améliorer la qualité de la vie personnelle et sociale du détenu.

D’une durée de 6 mois, ce programme s’adresse à des hommes qui purgent, dans l’un des 18 établissements de détention provinciaux, une peine de moins de 2 ans pour avoir commis un ou des délits de nature sexuelle. À l’issue du programme, le participant retourne dans son établissement de détention d’origine afin de poursuivre sa démarche de réinsertion sociale.

Le PETRAAS est une initiative unique au Québec, née d’une collaboration entre le ministère de la Sécurité publique et le ministère de la Santé et des Services sociaux. L’application du programme relève du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie. Il s’inscrit dans le mandat de l’EDP, soit d’assurer la garde et l’encadrement des détenus dans le respect de la Loi sur le système correctionnel du Québec.

Mission
« Élaborer et offrir les services spécialisés d’évaluation et de traitement aux délinquants sexuels par l’entremise d’une équipe multidisciplinaire » (Ministère de la Sécurité publique, 2011)

Information‐ sensibilisation

  • Approche basée sur la non‐ confrontation et basée sur le participant
  • Le contenu: facteurs de protection et exploration des besoins non‐ comblés en constituent la toile de fond
  • La forme est inspirée des techniques de l’entretien motivationnel

Les besoins communs

  • Patterns de fonctionnement sexuel inadéquats
  • Attitudes et les croyances supportant l’agression
  • Déficits relationnels
  • Les lacunes dans l’auto‐ régulation

Caractéristiques: 

  • Durée de 6 mois
  • Approche cognitivo-comportementale
  • Objectifs Diminuer le risque de récidive
  • Améliorer la qualité de vie
  • Six modalités thérapeutiques
  • Information-sensibilisation, Conscientisation, Responsabilisation, Habiletés sociales, Art-thérapie, Traitement en laboratoire de pléthysmographie

Plan des séances

Première rencontre

  • Affirmation de l’espace de confidentialité
  • Les règles du groupe
  • Attentes et priorités des participants
  • Devoir : « Des personnes que j’ai connues qui avaient besoin d’aide »

Deuxième rencontre

  • Présentation du cycle de changement
  • La philosophie de traitement
  • Les critères d’admission et d’exclusion
  • Éléments d’information relatifs au traitement
  • Devoir : « Les problèmes, les besoins dans ma vie et les priorités de changement »

Troisième rencontre

  • Les facteurs de protection
  • Devoir : « Les facteurs de protection »

Quatrième rencontre

  • Les sphères de vie
  • Devoir : « Inventaire des objectifs personnels et motivations »

Cinquième rencontre

  • Échange sur la problématique sexuelle
  • Balance décisionnelle
  • Devoir : « Inventaire des objectifs personnels et motivations »

Sixième rencontre

  • Obstacles à s’engager dans un traitement
  • Les sources de motivation
  • Les objectifs de traitement
  • Devoir : « Les attentes thérapeutiques »

Septième rencontre

  • Présentation des activités thérapeutiques par les animateurs
  • Devoirs : « URICA » et « Bilan du groupe sensibilisation »

Huitième rencontre

  • Bilan qualitatif et évaluation

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PETRAAS Elaboration et expérimentation d’un outil visant à mesurer la généralisation des acquis des stratégies apprises au cours du programme

URICA: Échelle d’évaluation de la motivation au changement

URICA

Christian Joyal, chercheur à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal, a présenté en décembre 2018 une conférence sur les fantasmes sexuels : Qu’est-ce qu’un fantasme sexuel anormal ?

Selon le DSM-5 la déviance sexuelle intègre la notion de fantasmes atypiques sans toutefois décrire ce que ça représente concrètement.

Christian Joyal estime que « ces études serviront surtout à ceux qui croient ne pas avoir de problème, mais que la science considère qu’ils en ont. »

Les recherches de Christian Joyal se poursuivront avec l’étude des fantasmes chez les délinquants sexuels, notamment à l’Institut Pinel, mais aussi si possible, auprès des populations carcérales au Canada.

«Cliniquement, on sait bien ce qu’est un fantasme sexuel pathologique : il implique des partenaires non consentants, il induit une souffrance ou encore il est absolument nécessaire pour obtenir satisfaction. Mais à part cela, qu’est-ce qu’un fantasme anormal ou atypique au juste? Pour le savoir, nous avons demandé à des gens de la population générale, aussi simple que ça», affirme Christian Joyal, auteur principal de l’étude et professeur au Département de psychologie de l’UQTR. «Notre principal objectif était de spécifier la norme en matière de fantasmes sexuels, étape essentielle aux définitions de pathologie», rapporte le professeur Joyal. «Et comme on le soupçonnait, il y a beaucoup plus de fantasmes communs que de fantasmes atypiques. On retrouve donc une bonne part de jugement de valeurs dans le DSM-5.»

La majorité des études sur les fantasmes ayant été réalisées auprès d’étudiants universitaires, cette recherche nécessitait donc de trouver un échantillon d’adultes qui accepteraient de décrire leurs fantasmes. Ainsi, 1517 adultes québécois (799 hommes et 718 femmes; âge moyen de 30 ans) ont répondu à un questionnaire décrivant leurs propres fantasmes sexuels, en plus de décrire en détail leur fantasme favori (devis de recherche hybride quantitatif et qualitatif). Les résultats sont plus qu’intéressants.

Résultats

  • La nature des fantasmes sexuels est variée parmi la population générale. Très peu de fantasmes peuvent être considérés comme statistiquement rares, inhabituels ou typiques (voir lexique).
  • Néanmoins, sans surprise, cette étude confirme que les hommes ont plus de fantasmes et les rapportent avec une plus grande intensité que les femmes. Cette recherche nous apprend également qu’une proportion importante de femmes (30% à 60%) évoque des thèmes associés à la soumission (ex. être attachée, être tapée sur les fesses, être forcée à avoir une relation sexuelle, etc.).
  • Fait important, contrairement aux hommes, les femmes, en général, distinguent bien les fantasmes des souhaits. Ainsi, plusieurs d’entre elles qui expriment des fantasmes de soumission plus extrêmes (ex. : se faire prendre par un inconnu dominant) spécifient ne jamais vouloir qu’ils se réalisent. Tandis que les hommes, en majorité, voudraient bien réaliser leur fantasme (ex. : triolisme).
  • Tel qu’attendu, la présence du partenaire amoureux est significativement plus grande au sein des fantasmes féminins que masculins. De façon générale, les hommes en couple fantasment beaucoup plus à propos de relations extraconjugales que les femmes en couple.

«Un des résultats les plus intrigants concerne le nombre non négligeable de fantasmes masculins particuliers, concernant par exemple les shemales, le sexe anal chez les hétérosexuels et l’idée de regarder sa partenaire avoir une relation sexuelle avec un autre homme. Les théories biologiques évolutionnistes expliquent mal ces fantasmes qui, chez l’homme, sont habituellement des souhaits », explique Christian Joyal.

«Globalement, ces résultats nous permettent d’élucider quelques phénomènes sociaux, tels que la popularité sans précédent du livre 50 Shades of Grey auprès des femmes», affirme le professeur Joyal. «Le sujet est passionnant! Nous sommes en train de mener des analyses statistiques avec les mêmes données afin de démontrer l’existence de sous-groupes homogènes de personnes en fonction de combinaisons de fantasmes. Par exemple, les gens qui ont des fantasmes de soumission rapportent souvent aussi des fantasmes de domination. Ces deux thèmes ne sont donc pas exclusifs, bien au contraire. Ils semblent aussi associés à un niveau plus élevé de satisfaction générale.» 

L’un des résultats les plus étonnants de ces recherches démontre que les hommes et les femmes âgés de 18 à 77 ans au Québec ont en majorité des fantasmes atypiques (domination/soumission, triolisme, voyeurisme) sans pour autant vouloir vivre une telle expérience.

« Une caractéristique que l’on observe chez les hommes, mais avec une plus grande prévalence chez les femmes »selon le professeur Joyal.

Les femmes, contrairement aux hommes, n’associent pas nécessairement leurs fantasmes à leurs souhaits.Christian Joyal, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières

Les résultats de ces trois questionnaires viennent contredire la bible de la psychiatrie, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) lorsqu’il est question des fantasmes.

Conférence AFC du 7 décembre 2018 sur le thème : « Radicalités et radicalisation : recherches, politiques et pratiques de terrain  » tenue sous la présidence de Madame le docteur Sophie BARON-LAFORET, présidente de l’AFC au centre médico-psychologique du Nord.

Laurent BONELLI (maître de conférence à l’université Paris-Nanterre) est intervenu sur le thème de « la fabrique de la radicalité ».
Discutant : Alain BLANC (magistrat honoraire, président d’une commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté et vice-président de l’AFC).

 

La Fabrique de la radicalité
Une sociologie des jeunes djihadistes français

Co-auteur :Laurent Bonelli

Co-auteur :Fabien Carrié

L’inquiétude produite par les attentats récents et par le départ de centaines de jeunes vers la Syrie a suscité un déferlement d’analyses, dont le caractère foisonnant masque l’absence quasi complète de données à grande échelle sur ceux qui épousent la cause djihadiste.
C’est cette lacune que vient combler cette enquête, la plus fouillée à ce jour sur le sujet. Fondée sur l’étude systématique de 133 dossiers judiciaires de mineurs poursuivis pour des affaires de terrorisme ou signalés pour « radicalisation », elle permet d’appréhender la manière dont les situations familiales, les relations avec les institutions, les cursus scolaires ou la socialisation entre pairs façonnent les appropriations de l’idéologie djihadiste.
L’enquête révèle ainsi des types de radicalité différents, de la rébellion contre les familles ou les institutions à un engagement pour faire advenir une nouvelle utopie politique et religieuse. À rebours des clichés sur les « délinquants terroristes », cet engagement peut aussi concerner des jeunes issus de familles stables, doués à l’école et sans passé judiciaire. De façon troublante, c’est aussi le rôle que les réponses institutionnelles peuvent parfois jouer dans les passages à l’acte que ce travail capital met au jour.