Experiences in Close Relationships – Revised, ECR-R
(version abrégée française – 24 items et version 16 items)
Fraley, Waller & Brennan, 2000
(adaptation de Brennan, Clark & Shaver, 1998)
PRÉSENTATION DE L’ÉCHELLE
L’Échelle des expériences dans les relations proches – version révisée (Experiences in Close Relationships – Revised, ECR-R) est aujourd’hui considérée comme l’un des instruments de référence pour l’évaluation dimensionnelle de l’attachement adulte dans les relations amoureuses.
Elle s’inscrit dans le prolongement des travaux de John Bowlby sur la théorie de l’attachement et de son application aux relations amoureuses adultes proposée par Cindy Hazan et Phillip Shaver (1987).
Alors que les premiers instruments d’attachement adulte reposaient principalement sur une approche catégorielle distinguant trois styles (sécure, anxieux/ambivalent, évitant), les recherches contemporaines considèrent majoritairement l’attachement comme un ensemble de dimensions continues.
L’ECR-R évalue deux dimensions fondamentales :
- l’anxiété d’attachement (attachment anxiety) ;
- l’évitement de l’attachement (attachment avoidance).
Ces deux dimensions permettent de décrire les modèles internes de fonctionnement relationnel d’une personne sans supposer l’existence de catégories fixes.
La traduction française est celle de Lafontaine & Lussier (2003) & Favez & Cairo (2011)
A nter également l’existence de l’ECR-R-16F, 16 items (Valentine Rattaz, Nicolas Favez , Nilo Puglisi , Sarah Cairo Notari , Hervé Tissot 2025, Validation de l’ECR-R-16F : version française courte de l’Experience in Close Relationships Revised )
HISTORIQUE ET DÉVELOPPEMENT
L’ECR original (Experiences in Close Relationships) a été développé par Brennan, Clark et Shaver en 1998.
Les auteurs ont analysé un ensemble de plus de 300 items issus des principaux questionnaires d’attachement adulte existants afin d’identifier les dimensions communes aux différents modèles.
L’analyse factorielle a fait apparaître deux facteurs majeurs :
- Anxiété d’attachement
- Évitement de l’attachement
Ces deux dimensions expliquaient une part importante de la variance des mesures existantes.
En 2000, Fraley, Waller et Brennan ont proposé une version révisée, l’ECR-R, en utilisant notamment des analyses issues de la théorie de la réponse à l’item (Item Response Theory).
Cette révision avait pour objectif :
- d’améliorer la précision psychométrique des items ;
- de mieux couvrir l’ensemble du continuum de chaque dimension ;
- de réduire certaines limites de formulation présentes dans l’ECR initial.
La version finale et complete comporte 36 items (vs 24 pour version abrégée), répartis en deux sous-échelles de 18 items.
FONDEMENTS THÉORIQUES
Selon le modèle contemporain de l’attachement adulte, les différences individuelles peuvent être représentées selon deux axes indépendants.
1. Anxiété d’attachement (Attachment Anxiety)
Cette dimension correspond au degré d’inquiétude concernant :
- la disponibilité du partenaire ;
- la stabilité de la relation ;
- le risque d’abandon ;
- la valeur personnelle aux yeux du partenaire.
Les personnes ayant un score élevé peuvent :
- rechercher davantage de réassurance ;
- être hypersensibles aux signes de rejet ;
- interpréter plus facilement les comportements du partenaire comme une menace relationnelle.
2. Évitement de l’attachement (Attachment Avoidance)
Cette dimension correspond au degré d’inconfort face :
- à l’intimité émotionnelle ;
- à la dépendance affective ;
- à la proximité relationnelle ;
- au fait de compter sur autrui.
Les personnes ayant un score élevé peuvent :
- privilégier l’autonomie ;
- limiter l’expression émotionnelle ;
- éprouver des difficultés à faire confiance ;
- maintenir une distance relationnelle.
TRADUCTION FRANÇAISE DE L’ÉCHELLE
Consignes
Les affirmations suivantes concernent la manière dont vous vivez généralement vos relations amoureuses. Nous souhaitons connaître vos sentiments concernant les relations proches. Pour chaque affirmation, indiquez dans quelle mesure celle-ci correspond à ce que vous ressentez généralement. Répondez en pensant à vos relations amoureuses actuelles ou passées.
Échelle de réponse :
| Score | Réponse |
|---|---|
| 1 | Fortement en désaccord |
| 2 | En désaccord |
| 3 | Plutôt en désaccord |
| 4 | Ni d’accord ni en désaccord |
| 5 | Plutôt d’accord |
| 6 | D’accord |
| 7 | Fortement d’accord |
ITEMS
Items
-
J’ai peur de perdre l’amour de mon/mà partenaire.
-
Mon/mà partenaire me comprend vraiment bien et comprend ce dont j’ai besoin.
-
Je suis souvent inquiet(e) à l’idée que mon partenaire ne veuille pas rester avec moi.
-
Je suis à l’aise pour montrer de l’affection à mon/mà partenaire.
-
Je suis souvent inquiet(e) à l’idée que mon partenaire ne m’aime pas vraiment.
-
Il est facile pour moi de compter sur mes partenaires amoureux(ses).
-
Je m’inquiète à l’idée que mes partenaires amoureux ne vont pas s’occuper de moi autant que je m’occupe d’eux.
-
Ça ne me gêne pas d’avoir besoin de mon/mà partenaire.
-
Il m’arrive souvent de souhaiter que les sentiments de mon/mà partenaire pour moi soient aussi forts que mes sentiments pour lui/elle.
-
Je discute de tout avec mon/mà partenaire.
-
Je m’inquiète beaucoup au sujet de mes relations.
-
Je dis à peu près tout à mon/mà partenaire.
-
Quand mon partenaire est loin de moi, j’ai peur qu’il/elle s’intéresse à quelqu’un d’autre.
-
Quand je montre mes sentiments à un partenaire, j’ai peur qu’il/elle n’éprouve pas les mêmes sentiments envers moi.
-
J’ai rarement la crainte que mon partenaire me quitte.
-
Mon/mà partenaire amoureux(se) me fait douter de moi.
-
Il ne m’arrive pas souvent de m’inquiéter d’être abandonné(e).
-
Je trouve que mes partenaires ne veulent pas se rapprocher de moi autant que je le voudrais.
-
Cela m’aide de me tourner vers mon/mà partenaire quand j’en ai besoin.
-
Il arrive quelquefois que des partenaires amoureux(ses) changent leurs sentiments envers moi sans raison apparente.
-
Il m’est relativement facile de me rapprocher de mon/mà partenaire.
-
Mon désir d’être très près des gens les fait fuir parfois.
-
Ce n’est pas difficile pour moi de me rapprocher de mon/mà partenaire.
-
J’ai peur que lorsqu’un/une partenaire va me connaître mieux, il/elle n’apprécie pas qui je suis vraiment.
COTATION
Attribution aux sous-échelles
La version française de l’ECR-R présentée ici comporte 24 items répartis en deux dimensions :
| Dimension | Items |
|---|---|
| Évitement (Avoidance) | 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24 |
| Anxiété (Anxiety) | 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23 |
Procédure de calcul
-
Inversion des items : Pour les items suivants, inverser la cotation selon la formule :
score inversé = 8 - score original(1→7, 2→6, 3→5, 4→4, 5→3, 6→2, 7→1). -
Calcul des scores par dimension : Pour chaque dimension, faire la moyenne des scores (après inversion le cas échéant) des items qui la composent. Les scores par dimension varient donc de 1 à 7.
Récapitulatif des items inversés
| Dimension | Items inversés |
|---|---|
| Évitement | 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24 |
| Anxiété | 9, 15, 17 |
INTERPRÉTATION
Principe général
L’interprétation de l’ECR-R repose sur les scores obtenus sur les deux dimensions. Un score élevé (proche de 7) sur une dimension indique une plus grande présence de la caractéristique correspondante. Un score faible (proche de 1) reflète une moindre présence.
Des données normatives issues de la validation de la version française (N = 600, âgés de 25 à 45 ans) indiquent les valeurs moyennes suivantes :
| Dimension | Moyenne | Écart-type |
|---|---|---|
| Évitement | 2,93 | 1,15 |
| Anxiété | 3,46 | 1,10 |
Interprétation par dimension
1. Évitement de l’attachement (Avoidance) — items 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24
Un score élevé (> 4) indique un inconfort marqué à l’égard de la proximité et de l’intimité. La personne préfère maintenir une distance émotionnelle, se montre réticente à dépendre d’autrui et tend à minimiser l’importance des relations amoureuses. Elle peut éprouver des difficultés à faire confiance et à s’engager pleinement. À l’inverse, un score faible (< 2,5) reflète un confort dans la proximité, une facilité à s’ouvrir aux autres et une acceptation de la dépendance mutuelle.
2. Anxiété d’attachement (Anxiety) — items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23
Un score élevé (> 4) témoigne d’une préoccupation anxieuse concernant l’abandon, le rejet et la réciprocité des sentiments. La personne craint que son partenaire ne l’aime pas vraiment, doute de la solidité de la relation et peut manifester un besoin excessif de réassurance. À l’inverse, un score faible (< 2,5) reflète une relative sérénité à l’égard de la relation et une moindre crainte de l’abandon.
Profils d’attachement
La combinaison des deux scores dimensionnels permet de situer le répondant par rapport aux quatre styles d’attachement décrits par Bartholomew (1990) :
| Profil | Anxiété | Évitement | Modèle de soi | Modèle d’autrui |
|---|---|---|---|---|
| Sécure | Faible | Faible | Positif | Positif |
| Préoccupé | Élevée | Faible | Négatif | Positif |
| Évitant-distant | Faible | Élevé | Positif | Négatif |
| Craintif-évitant | Élevée | Élevé | Négatif | Négatif |
- Attachement sécure : La personne est à l’aise avec la proximité et ne craint pas l’abandon. Elle entretient des relations satisfaisantes et équilibrées.
- Attachement préoccupé (anxiété élevée, évitement faible) : La personne aspire à la fusion et à l’intimité, mais doute de la réciprocité des sentiments. Elle craint constamment l’abandon et peut manifester une dépendance émotionnelle marquée.
- Attachement évitant-distant (anxiété faible, évitement élevé) : La personne valorise l’autonomie et l’indépendance, minimise l’importance des relations et se montre réticente à l’engagement.
- Attachement craintif-évitant (anxiété élevée, évitement élevé) : La personne craint à la fois l’abandon et l’intimité. Elle entretient un double mouvement d’approche et d’évitement dans ses relations.
INTERPRÉTATION
Principe général
L’ECR-R ne produit pas un diagnostic ni une catégorie d’attachement.
Il mesure deux tendances dimensionnelles :
- anxiété relationnelle ;
- évitement relationnel.
Plus un score est élevé, plus la dimension correspondante est présente.
1. Anxiété d’attachement
Score élevé
La personne peut présenter :
- une forte sensibilité au rejet ;
- une peur de perdre l’autre ;
- un besoin important de validation ;
- une tendance à rechercher fréquemment des signes d’amour.
Dans les relations, cela peut favoriser :
- la rumination ;
- la jalousie ;
- l’hypervigilance relationnelle.
Score faible
La personne manifeste généralement :
- une confiance plus importante dans la stabilité du lien ;
- une meilleure régulation des inquiétudes relationnelles ;
- une moindre peur de l’abandon.
2. Évitement de l’attachement
Score élevé
La personne peut présenter :
- une gêne face à l’intimité ;
- une difficulté à exprimer ses besoins émotionnels ;
- une préférence pour l’indépendance ;
- une difficulté à compter sur autrui.
Score faible
La personne manifeste généralement :
- une capacité confortable à être proche ;
- une ouverture émotionnelle ;
- une plus grande confiance envers le partenaire.
PROFILS D’ATTACHEMENT (REPRÉSENTATION DESCRIPTIVE)
La combinaison des deux dimensions permet d’illustrer quatre configurations théoriques :
| Évitement faible | Évitement élevé | |
|---|---|---|
| Anxiété faible | Attachement sécure | Attachement détaché |
| Anxiété élevée | Attachement préoccupé | Attachement craintif |
Attachement sécure
Faible anxiété + faible évitement.
Caractéristiques :
- confiance relationnelle ;
- confort avec l’intimité ;
- capacité à dépendre et être dépendant.
Attachement préoccupé
Forte anxiété + faible évitement.
Caractéristiques :
- besoin important de proximité ;
- peur du rejet ;
- recherche fréquente de réassurance.
Attachement détaché
Faible anxiété + fort évitement.
Caractéristiques :
- valorisation de l’autonomie ;
- distance émotionnelle ;
- minimisation des besoins relationnels.
Attachement craintif
Forte anxiété + fort évitement.
Caractéristiques :
- désir de proximité associé à une peur de l’intimité ;
- difficulté à faire confiance ;
- ambivalence relationnelle.
QUALITÉS PSYCHOMÉTRIQUES
L’ECR-R présente d’excellentes propriétés psychométriques.
Les études rapportent généralement :
- cohérence interne élevée :
- Anxiété : α souvent > .90
- Évitement : α souvent > .90
- bonne stabilité temporelle ;
- validité convergente avec :
- satisfaction conjugale ;
- qualité relationnelle ;
- régulation émotionnelle ;
- fonctionnement interpersonnel.
L’ECR-R a été traduit et validé dans de nombreuses langues.
LIMITES ET PRÉCAUTIONS D’INTERPRÉTATION
- L’ECR-R n’est pas un outil diagnostique.
- Il ne permet pas de déterminer un « type d’attachement » fixe.
- Les scores peuvent varier selon :
- la relation évaluée ;
- l’histoire relationnelle ;
- le contexte émotionnel au moment de la passation.
- Les seuils cliniques ne sont pas établis.
Il est recommandé d’interpréter les résultats comme une description de tendances relationnelles plutôt que comme une classification de personnalité.
APPLICATIONS
L’ECR-R est utilisé dans :
- la recherche sur les relations de couple ;
- la psychologie clinique ;
- l’étude de la régulation émotionnelle ;
- les recherches sur la psychopathologie relationnelle ;
- les interventions thérapeutiques centrées sur l’attachement.
RÉFÉRENCES
- Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998).
Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview.
In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment Theory and Close Relationships. Guilford Press. - Fraley, R. C., Waller, N. G., & Brennan, K. A. (2000).
An item response theory analysis of self-report measures of adult attachment.
Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 350–365. - Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2007).
Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change.
Guilford Press.
ECR-R-16F – Questionnaire
Consignes: Les énoncés suivants se rapportent à la manière dont vous vous sentez à l’intérieur de vos relations amoureuses. Nous nous intéressons à la manière dont vous vivez généralement ces relations et non seulement à ce que vous vivez dans votre relation actuelle. Répondez à chaque énoncé en entourant le chiffre correspondant à votre degré d’accord. Si vous n’êtes pas en couple, référez-vous à votre dernière relation.
- Mon/ma partenaire me comprend vraiment bien et comprend ce dont j’ai besoin
- Je suis à l’aise pour montrer de l’affection à mon/ma partenaire
- Je suis souvent inquiet·ète à l’idée que mon/ma partenaire ne m’aime pas vraiment
- Ça ne me gêne pas d’avoir besoin de mon/ma partenaire
- Il m’arrive souvent de souhaiter que les sentiments de mon/ma partenaire pour moi soient aussi forts que mes sentiments pour lui/elle
- Je m’inquiète beaucoup au sujet de mes relations
- J’ai rarement la crainte que mon/ma partenaire me quitte
- Mon/ma partenaire amoureux·se me fait douter de moi
- Cela m’aide de me tourner vers mon/ma partenaire quand j’en ai besoin
- Il arrive quelquefois que des partenaires amoureux·ses changent leurs sentiments envers moi sans raison apparente
- Il m’est relativement facile de me rapprocher de mon/ma partenaire
- Mon désir d’être très près des gens les fait fuir parfois
- J’ai peur que lorsque un/une partenaire va me connaitre mieux, il/elle n’apprécie pas qui je suis vraiment
- Je me permets difficilement de compter sur mon/ma partenaire amoureux·se
- Je me sens à l’aise de partager mes pensées intimes et mes sentiments avec mon/ma partenaire
- Je deviens mal à l’aise lorsque mon/ma partenaire amoureux·se veut être très près de moi
Calcul des scores
- Echelle allant de 1 (fortement en désaccord) à 7 (fortement en accord)
- Echelle d’anxiété : items 3, 5, 6, 7, 8, 10, 12, 13.
- Échelle d’évitement : items 1, 2, 4, 9, 11, 14, 15, 16
- Pour obtenir des scores pour chaque échelle : faire la moyenne des items.
- Les scores des items 1, 2, 4, 7, 9, 11, 15 doivent être inversés pour le calcul de la moyenne

Depuis le début des années 1970, les États-Unis ont entrepris une expérience d’incarcération de masse sans précédent dans l’histoire des démocraties occidentales. Entre 1972 et 2007, le taux d’incarcération américain a connu une augmentation de près de 600 %
Dans le domaine des sciences comportementales et de l’analyse des techniques d’entretien visant le changement, la validité des outils d’évaluation est une préoccupation méthodologique centrale.