Ressources en psychocriminologie et criminologie
Header

Échelle d’empathie pour les victimes de viol (RVES) et échelle d’empathie pour les auteurs de viol (RPES)

“Examining Rape Empathy from the Perspective of the Victim and the Assailant” by C. A. Smith and I. H. Frieze, 2003, Journal of Applied Social Psychology, 33

Ces dernières années, les chercheurs ont commencé à examiner les facteurs qui influencent l’empathie pour les auteurs et les victimes de viol (Feldman, Ullman, & Denkel-Schetter, 1998 ; Jimenez & Abreu, 2003 ; Osman, 2011). L’empathie à l’égard du viol est définie comme la capacité de comprendre la victime et/ou l’auteur d’un viol en réfléchissant sur son expérience, ses émotions et ses actions au moment du viol (Deitz, Blackwell, Daley, & Bentley, 1982 ; Osman, 2011 ; Smith & Frieze, 2003). Une étude a révélé que les participants qui partageaient des caractéristiques similaires avec une victime de viol décrite dans un article de journal, comme le fait qu’ils étaient tous les deux étudiants, avaient plus d’empathie envers la victime que ceux qui n’avaient pas de caractéristiques communes (Feldman et al., 1998). De même, les participants ayant des antécédents de victimisation sexuelle étaient plus empathiques envers la victime de viol que l’agresseur (Miller, Amacker et King, 2011 ; Osman, 2011). Il est intéressant de noter que les participants de sexe masculin ayant des antécédents de victimisation sexuelle n’ont montré aucune différence dans les niveaux d’empathie envers les victimes de sexe masculin ou féminin (Osman, 2011). En ce qui concerne l’empathie des agresseurs, les hommes ont tendance à être beaucoup plus empathiques envers les agresseurs de viol qu’envers les victimes de viol (Osman, 2011 ; Sinclair et Bourne, 1998). La plupart des études analysant l’empathie à l’égard du viol ont utilisé l’échelle Rape Empathy Scale (Deitz et 1982 ; Deitz, Littman et Bentley, 1984 ; Jimenez et Abreu, 2003 ; O’Donohue, Yeater, et Fanetti, 2003). Des études utilisant cette échelle ont révélé que les participantes ont plus d’empathie envers les victimes de viol que les hommes (Jimenez et Abreu, 2003 ; Sinclair et Bourne, 1998). En outre, les participants qui ont peu d’empathie pour les victimes de viol considèrent les victimes de viol peu attrayantes comme étant plus responsables du viol et sont plus susceptibles de les blâmer que les victimes attrayantes (Deitz, et al., 1984). Bien que l’échelle d’empathie à l’égard du viol ait fourni des données utiles, les critiques ont souligné qu’un problème majeur de cette échelle est qu’elle est unilatérale et qu’elle exige donc de ne s’identifier qu’à la victime ou à l’auteur (Osman, 2011 ; Smith et Frieze, 2003). Un autre problème est que certains éléments de l’échelle décrivent des mythes sur le viol, tels que  » je pense qu’il est (impossible) possible pour un homme de violer une femme contre sa volonté  » (Smith & Frieze, 2003, p. 477). Comme les mythes sur le viol reflètent les préjugés des participants, il est possible que ces éléments de l’échelle ne mesurent pas réellement l’empathie et pourraient donc fausser les résultats de l’échelle. Afin de résoudre ces problèmes, Smith et Frieze (2003) ont créé l’échelle d’empathie pour les victimes de viol et l’échelle d’empathie pour les auteurs de viol. Ces échelles permettent aux participants de juger de l’empathie envers la victime et l’agresseur indépendamment l’un de l’autre. Ainsi, les participants peuvent exprimer de l’empathie envers la victime, l’agresseur ou les deux. Les résultats obtenus à l’aide de cette échelle ont donné des résultats similaires à ceux d’autres études sur l’empathie à l’égard du viol, les hommes faisant preuve d’une plus grande empathie envers l’agresseur et les femmes d’une plus grande empathie envers la victime (Osman, 2011 ; Smith et Frieze, 2003).

L’empathie de la victime de viol et l’empathie de l’auteur du viol ne sont pas corrélées, donc mesurées avec des échelles différentes : la Rape Victim Empathy Scale (RVES) & la Rape Perpetrator Empathy Scale (RPES).

Ces échelles ont été développées par Smith & Frieze en 2003 pour comprendre la nature empathique de l’observateur envers la victime de viol et l’auteur du viol respectivement.

RVES: Il s’agit d’un total de 18 items cotés sur l’échelle de Linkert à 7 points allant de  » fortement en désaccord  » à  » fortement en accord « [Fig 2.4]. Certains items utilisés ont été tirés de RES (Rape Empathy Scale, Dietz et al.,1982) . Il mesure l’empathie pendant (la sous-échelle) et après (la sous-échelle) le viol, de sorte que des scores d’empathie élevés signifient une grande empathie pour la victime. L’échelle est conçue de manière à être neutre sur le plan du genre, de sorte que nous puissions mesurer l’empathie des hommes et des femmes victimes et auteurs de violence.

RPES: Elle reflète les aspects émotionnels et cognitifs concernant l’auteur du viol pour mesurer l’empathie pendant (la sous-échelle) et après (la sous-échelle) le viol. Il se compose de 18 éléments cotés sur l’échelle de Likert en 7 points allant de  » fortement en désaccord  » à  » fortement d’accord « . Chaque élément utilisé ici est parallèle aux éléments utilisés dans l’échelle d’empathie des victimes de viol et est également neutre du point de vue du genre. Ici, une empathie plus faible signifie la nature empathique envers l’agresseur ou nous pouvons également inverser l’échelle où un score plus élevé se rapporte à une plus grande empathie envers l’agresseur.

(source : Mary Dorene Bell (2013) thèse de psychologie, « PERCEPTIONS OF AN ACQUANTANCE RAPE: THE RAMIFICATIONS OF VICTIM’S WEIGHT, SEXUAL HISTORY AND CLOTHING « , Department of Psychology California State University, Sacramento)

Échelle d’empathie pour les victimes de viol (RVES)

1

Je trouve facile de prendre le point de vue d’une victime de viol.

1 2 3 4 5 6 7

2

Je peux imaginer ce que ressent une victime pendant un viol.

1 2 3 4 5 6 7

3

Je m’implique vraiment dans les sentiments d’une victime de viol dans un film.

1 2 3 4 5 6 7

4

Je peux comprendre à quel point une victime de viol peut se sentir impuissante.

1 2 3 4 5 6 7

5

Je peux sentir l’humiliation d’une personne d’être forcée d’avoir des rapports sexuels contre sa volonté.

1 2 3 4 5 6 7

6

Entendre parler de quelqu’un qui a été violé me fait sentir combien cette personne est bouleversée.

1 2 3 4 5 6 7

7

Il n’est pas difficile de comprendre les sentiments d’une personne qui est forcée d’avoir des relations sexuelles.

1 2 3 4 5 6 7

8

Je peux comprendre la honte et l’humiliation qu’une victime de viol ressent lors d’un procès pour prouver son viol.

1 2 3 4 5 6 7

9

Je sais que si je parlais à quelqu’un qui a été violé, je serais bouversé.

1 2 3 4 5 6 7

10

J’imagine le traumatisme émotionnel qu’une victime de viol pourrait ressentir si le procès du viol était rendu public dans la presse.

1 2 3 4 5 6 7

11

J’imagine le courage qu’il faut pour accuser une personne de viol devant un tribunal.

1 2 3 4 5 6 7

12

Je peux comprendre pourquoi une victime de viol se sent mal pendant longtemps.

1 2 3 4 5 6 7

13

J’imagine la colère qu’une personne ressent après avoir été violée.

1 2 3 4 5 6 7

14

J’ai du mal à savoir ce qui se passe dans la tête d’une victime de viol.

1 2 3 4 5 6 7

15

Je ne comprends pas comment une personne violée peut être bouleversée.

1 2 3 4 5 6 7

16

Je ne comprends pas comment quelqu’un qui a été violé peut blâmer son partenaire et ne pas prendre une partie de la responsabilité.

1 2 3 4 5 6 7

17

Je peux voir comment quelqu’un qui a été violé serait bouleversé lors de son procès pour viol

1 2 3 4 5 6 7

18

Je peux sentir le tourment émotionnel qu’une victime de viol subit lorsqu’elle a affaire avec la police.

1 2 3 4 5 6 7

Échelle d’empathie pour les auteurs de viol (RPEM)

1

Je trouve facile de prendre le point de vue d’une personne qui viole.

1 2 3 4 5 6 7

2

Je peux imaginer ce que peut ressentir une personne qui viole lors d’un viol réel.

1 2 3 4 5 6 7

3

Je m’implique vraiment dans les sentiments d’un violeur dans un film.

1 2 3 4 5 6 7

4

Je peux comprendre à quel point un violeur peut se sentir puissant.

1 2 3 4 5 6 7

5

En entendant parler d’un viol, je peux imaginer les sentiments du violeur.

1 2 3 4 5 6 7

6

Il n’est pas difficile de comprendre les sentiments qui poussent quelqu’un à forcer une autre personne à avoir des rapports sexuels.

1 2 3 4 5 6 7

7

Je sais que si je parlais à quelqu’un accusé de viol, je serais en colère contre lui

1 2 3 4 5 6 7

8

Je ressens l’humiliation d’être accusé d’avoir forcé quelqu’un à avoir des rapports sexuels.

1 2 3 4 5 6 7

9

Je peux comprendre la honte et l’humiliation qu’un violeur accusé ressent lors d’un procès pour viol.

1 2 3 4 5 6 7

10

J’imagine la colère qu’une personne éprouverait en étant accusée.

1 2 3 4 5 6 7

11

Je ressens le traumatisme émotionnel qu’une personne accusée de viol pourrait ressentir si le procès pour viol était rendu public dans la presse.

1 2 3 4 5 6 7

12

J’imagine le courage qu’il faut pour se défendre devant un tribunal contre l’accusation de viol.

1 2 3 4 5 6 7

13

Je peux comprendre les sentiments d’un violeur après un viol.

1 2 3 4 5 6 7

14

J’ai du mal à savoir ce qui se passe dans la tête d’un violeur.

1 2 3 4 5 6 7

15

Je ne vois pas comment une personne accusée de viol pourrait être bouleversée.

1 2 3 4 5 6 7

16

Je ne comprends pas comment quelqu’un accusé de viol peut blâmer sa victime.

1 2 3 4 5 6 7

17

Je peux voir comment une personne accusée de viol serait bouleversée lors de son procès pour viol.

1 2 3 4 5 6 7

18

Je peux sentir le tourment émotionnel qu’une personne accusée de viol subit lorsqu’elle a affaire avec la police.

1 2 3 4 5 6 7

Échelle d’empathie pour les victimes de viol (RVES)

IBWB, (Saunders et al., 1987) Inventaire des croyances sur la violence conjugale

L’Inventaire des croyances sur la violence conjugale (Saunders, Lynch, Grayson, & Linz, 1987) est une échelle d’auto-évaluation en 31 items conçue pour évaluer les croyances des participants quant à la pertinence de la violence des maris envers leur femme. A partir d’un échantillon d’étudiants universitaires, Saunders et coll. (1987) ont identifié cinq facteurs distincts au moyen d’une analyse factorielle exploratoire. Ces cinq comprennent les cinq sous-échelles de la mesure. Les sous-échelles de l’échelle sont :

  • La sous-échelle WJ Wife beating is Justified » :Le fait de battre sa femme est justifié ; 12 items) contient des items qui reflètent l’attitude que le fait de battre sa femme est généralement justifié.

  • La sous-échelle WG (Wives Gain from beatings ; 7 items) est liée aux croyances qui blâment les femmes battues pour leur comportement provocateur ou même masochiste.

  • La sous-échelle HGHelp should be Given » : de l’aide devrait être donnée, 5 items) fait référence à la volonté pour les témoins de violences conjugales de prendre des mesures personnelles pour les faire stopper.

  • La sous-échelle OP (« Offender should be Punished » : Le contrevenant devrait être puni ; 5 items) comprend des items qui incitent à la séparation immédiate du couple, par le biais du départ de l’épouse ou par l’emprisonnement de l’agresseur.

  • Enfin, la sous-échelle OROffender is Responsible » : le délinquant est responsable ; 4 éléments) évalue l’attribution générale de l’intentionnalité de l’agresseur et l’attitude à l’égard de l’emprisonnement des auteurs de violence conjugale.

Saunders et coll. rapportent que l’alpha de Cronbach pour l’échelle varie de 0,61 à 0,87 selon la sous-échelle (le fait de battre sa femme est justifié = 0,86, les femmes cherchent à être battues= 0,78, aider les femme = 0,73, punir le contrevenant = 0,61, et le contrevenant est responsable = 0,62).

L’Inventaire des croyances sur le fait de battre sa femme (IBWB) s’est avéré être un mesure valide. Saunders et ses collaborateurs (1987) ont examiné la validité conceptuelle de l’IBWB. Lorsqu’ils étaient utilisés avec des étudiants de l’unversité, les scores des sous-échelles de l’IBWB étaient significativement corrélés aux scores de l’échelle de Burt (1980) Rape Myth Acceptance Scale (p < .001). De plus, les scores des sous-échelles de l’IBWB étaient significativement corrélés avec l’échelle de Burt (1980) Sex-Role Stereotyping Scale. Les auteurs ont constaté que les participantes qui avaient des attitudes traditionnelles à l’égard des rôles sexuels avaient tendance à appuyer la violence conjugale. De plus, les sous-échelles de l’IBWB étaient en corrélation positive significative avec l’échelle de l’hostilité envers les femmes (Check & Malamuth, 1983) et l’échelle des croyances envers les femmes (Spence, Helmreich, & Stapp, 1973).

Saunders et ses collaborateurs (1987) ont également comparé les résultats obtenus par les étudiants de l’unversité, les hommes reconnus coupables de violences conjugales et les défenseurs des victimes de violence familiale. Les trois groupes ont réagi différemment à l’échelle. Les scores du groupe des hommes violents et du groupe de défense des droits des victimes ont obtenus des résultats tout à fait opposés. Les réponses des étidiants se situaient entre ces deux groupes. Ces résultats démontrent la validité conceptuelle de l’IBWB (Saunders et al., 1987). Berkel, Vandiver et Bahner (2004) ont utilisé l’IBWB et une mesure des attitudes à l’égard des rôles sexospécifiques pour explorer les attitudes des étudiants face à la violence familiale.
Ils ont constaté que les étudiants de sexe masculin étaient plus susceptibles que les étudiantes d’avoir des attitudes plus négatives à l’égard de la victime de violence familiale et de blâmer la femme victime.

1

Les organismes sociaux devraient faire davantage pour aider les femmes battues. 1 2 3 4 5 6 7

2

Il n’y a aucune excuse pour qu’un homme batte sa femme. 1 2 3 4 5 6 7

3

Les femmes essaient de se faire battre par leur mari pour obtenir la sympathie des autres. 1 2 3 4 5 6 7

4

Une femme qui refuse constamment d’avoir des rapports sexuels avec son mari demande à se faire battre. 1 2 3 4 5 6 7

5

Les femmes pourraient éviter d’être battues par leur mari si elles savaient quand s’arrêter de parler. 1 2 3 4 5 6 7

6

Les épisodes où un homme en arrive à battre sa femme sont la faute de la femme. 1 2 3 4 5 6 7

7

Même quand les femmes mentent à leur mari, elles ne méritent pas d’être battues. 1 2 3 4 5 6 7

8

Les femmes devraient être protégées par la loi si leur mari les bat. 1 2 3 4 5 6 7

9

Les institutions devrait accorder une priorité élevée à la violence conjugale en tant que problème social. 1 2 3 4 5 6 7

10

Ce n’est pas un problème que , parfois, un homme batte sa femme. 1 2 3 4 5 6 7

11

Les femmes ressentent de la douleur et aucun plaisir lorsqu’elles sont battues par leur mari. 1 2 3 4 5 6 7

12

Une femme infidèle mérite d’être battue. 1 2 3 4 5 6 7

13

Les causes de la violence conjugale sont la faute du mari. 1 2 3 4 5 6 7

14

Les femmes battues essaient de se faire battre par leur partenaire pour attirer l’attention de leur part. 1 2 3 4 5 6 7

15

Les maris qui battent devraient être tenus pour responsables de l’abus parce qu’ils auraient dû prévoir que cela se produirait. 1 2 3 4 5 6 7

16

Si j’entendais une femme se faire attaquer par son mari, il vaudrait mieux que je ne fasse rien. 1 2 3 4 5 6 7

17

Les femmes battues sont responsables de la violence qu’elles ont subie parce qu’elle ont cherché que ça arrive. 1 2 3 4 5 6 7

18

Si une femme est battue par son mari, elle doit divorcer immédiatement. 1 2 3 4 5 6 7

19

Les maris qui frappent sont responsables de l’abus parce qu’ils ont cherché à qu’ils ont fait. 1 2 3 4 5 6 7

20

La meilleure façon de faire face à la violence conjugale est faire arréter le mari par la police. 1 2 3 4 5 6 7

21

Même quand le comportement d’une femme remet en question la virilité de son mari, il n’a aucune justification pour la battre. 1 2 3 4 5 6 7

22

Combien de temps un homme qui a battu sa femme doit-il rester en prison? (Encerclez une réponse) :

*Pour la question 22, veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord avec l’énoncé en choisissant le chiffre de l’échelle d’évaluation qui correspond le mieux à votre opinion Veuillez utiliser l’échelle d’évaluation suivante

1=0 Jours

2=1 Mois

3=1 an

4=3 ans

5=5 ans

6=10 ans

7=Ne sait pas

1 2 3 4 5 6 7

23

Quand une femme est battue, c’est à cause de son comportement dans les semaines qui précèdent l’agression. 1 2 3 4 5 6 7

24

Une femme devrait quitter la maison si son mari la bat. 1 2 3 4 5 6 7

25

Les femmes qui sont battues sont responsables de cette violence, parce qu’elles auraient dû voir que ça allait arriver. 1 2 3 4 5 6 7

26

Un mari n’a pas le droit de battre sa femme même si elle rompt les accords qu’elle avait conclu avec lui. 1 2 3 4 5 6 7

27

La violence occasionnelle d’un mari envers sa femme peut aider à maintenir le mariage 1 2 3 4 5 6 7

28

Une femme ne mérite pas d’être battue, même si elle ne cesse de rappeler à son mari tous ses défauts. 1 2 3 4 5 6 7

29

La plupart des femmes désirent secrètement être battues par leur mari. 1 2 3 4 5 6 7

30

Si j’entendais une femme se faire attaquer par son mari, j’appellerais la police. 1 2 3 4 5 6 7

31

Ça ferait du bien à certaines femmes d’être battues par leur mari. 1 2 3 4 5 6 7

 

IBWB Inventaire des croyances sur la violence conjugale

Intimate Partner Violence Responsibility Attribution Scale (IPVRAS)

Marisol Lila, Amparo Oliverb, Alba Catalá-Miñanaa, Laura Galiana, Enrique Gracia (2014) The Intimate Partner Violence Responsibility Attribution Scale (IPVRAS) , The European Journal of Psychology Applied to Legal Context, January 2014

L’échelle présentée ici pourrait être utile pour identifier les domaines d’intervention prioritaires chez les hommes condamnés pour violence conjugale envers les femmes. L’IPVRAS peut permettre aux chercheurs et aux professionnels d’identifier les principales justifications et attributions de responsabilité du délinquant et de planifier et mettre en œuvre des stratégies pour accroître l’efficacité de l’intervention.

Cotation : trois sources possibles de causalité :

  • L’attribution de la responsabilité au système juridique (L) ,

  • l’attribution de la responsabilité à la victime (V)

  • et l’attribution de la responsabilité au contexte personnel du délinquant (D).

Discussion

Une caractéristique fréquemment partagée par les auteurs d’actes de violence entre partenaires intimes à l’égard des femmes est leur manque de prise de responsabilité (Heckert et Gondolf, 2000 ; Henning et Holdford, 2006 ; Henning, Jones et Holdford, 2005). Les attributions de responsabilité caractérisées par le déni de responsabilité personnelle, le blâme de la victime ou d’autres attributions externes sont courantes chez les auteurs de violences domestiques (Barnett, Martínez et Bluestein, 1995 ; Eckhardt et Dye, 2000 ; Holtworth-Munroe et Hutchinson, 1993 ; Lila, Gracia et Herrero, 2012 ; Scott et Strauss, 2007). Ils utilisent souvent des stratégies pour minimiser et justifier leur comportement (Heckert et Gondolf, 2000). Ces stratégies comprennent généralement des attributions externes telles que blâmer la personnalité ou le comportement de leur partenaire, argumenter l' »autodéfense » ou justifier leurs actes en raison de difficultés économiques et professionnelles (Dutton, 1986 ; Hamberger, 1997).

La recherche a établi un lien entre les styles d’attribution de la responsabilité des délinquants et un certain nombre de comportements de violence domestique. Par exemple, un certain nombre d’études montrent que ces auteurs ont tendance à considérer leurs partenaires comme critiques et malveillantes, qu’ils sont plus susceptibles d’accepter une violence de bas niveau dans leurs relations et d’en minimiser les conséquences, et qu’ils sont plus susceptibles de blâmer leurs partenaires pour tout problème ou conflit (Cauffman, Feldman, Jensen et Arnett, 2000 ; Dutton et Starzomski, 1997 ; Eckhart, Barbour et Davison, 1998 ; Ehrensaft et Vivian, 1999 ; Schweinle, Ickes et Bernstein, 2002 ; Scott et Straus, 2007 ; Tonizzo, Howells, Day, Reidpath et Froyland, 2000.)

Compte tenu de ses implications pratiques potentielles, il est particulièrement important de faire le lien entre les attributions de responsabilité des auteurs de violence conjugales caractérisées par le déni de responsabilité personnelle, le blâme des victimes et le risque de récidive (Henning et al., 2005). De nombreux programmes d’intervention auprès des agresseurs présument que les délinquants qui nient leur responsabilité auront une forte probabilité de continuer à abuser de leur partenaire (Healey, Smith et O’Sullivan, 1998 ; Kropp, Hart, Webster et Eaves, 1995 ; Pence et Paymar, 1993). Toutefois, les recherches limitées sur la relation entre la récidive et la prise en charge de la responsabilité des délinquants donnent des résultats mitigés et incohérents (Grann et Wedin, 2002 ; Hanson et Wallace-Capretta, 2000 ; Henning et Holdford, 2006 ; Kropp et al., 1995). De toute évidence, des recherches plus approfondies sont nécessaires pour fournir des preuves plus concluantes sur cette relation.

Item Contenu de l’item

1 – 2 – 3 – 4 – 5

1 Je suis ici à cause d’une injustice

1 – 2 – 3 – 4 – 5

2 Le comportement de mon partenaire et sa façon de me traiter sont les principales raisons qui font que je suis dans cette situation

1 – 2 – 3 – 4 – 5

3 Un système légal déloyal (lois, juges,etc) est la raison pour laquelle je suis dans cette situation

1 – 2 – 3 – 4 – 5

4 Je suis dans cette situation à cause de ma jalousie

1 – 2 – 3 – 4 – 5

5 L’alcool ou l’usage de drogues est la raison pour laquelle je suis dans cette situation

1 – 2 – 3 – 4 – 5

6 Les problèmes financiers ou d’emploi sont les raisons pour lesquelles je suis dans cette situation

1 – 2 – 3 – 4 – 5

7 La raison pour laquelle je suis ici est que les lois se mêlent des affaires privées

1 – 2 – 3 – 4 – 5

8 Le caractère agressif, le manque de contrôle, la nervosité ou les problèmes psychologiques de mon (ma) partenaire sont la raison pour laquelle je suis dans cette situation

1 – 2 – 3 – 4 – 5

9 Je suis ici parce que de nos jours la « violence conjugale » est une étiquette qu’on met sur des choses banales

1 – 2 – 3 – 4 – 5

10 Mon caractère (agressivité, impulsivité, manque de contrôle, nervosité, problèmes psychologiques, etc) est la raison pour laquelle je suis dans cette situation

1 – 2 – 3 – 4 – 5

11 Je suis ici parce que je me suis défendu des agressions de mon (ma) partenaire

1 – 2 – 3 – 4 – 5

12 Je suis ici à cause des mensonges et exagérations de mon (ma) partenaire

1 – 2 – 3 – 4 – 5

IPVRAS Intimate Partner Violence Responsibility Attribution Scale

FRANCE CULTURE, Emission « La conversation scientifique » (28/09/19) Qu’est-ce que l’esprit critique ?

Le « fou de livres » (Bëchernarr) dans une édition strasbourgeoise de 1510

Penser, n’est-ce pas être capable de dire à sa propre pensée, dans une sorte d’étonnement, sinon qu’elle se trompe, du moins qu’elle mérite d’être reprise, modifiée, réadaptée en certains points trop bien fixés ?

Penser, n’est-ce pas être capable de dire à sa propre pensée, dans une sorte d’étonnement, sinon qu’elle se trompe, du moins qu’elle mérite d’être reprise, modifiée, réadaptée en certains points trop bien fixés ? C’est en tout cas ce qu’expliquait le philosophe Alain : 

Penser, c’est dire non. Le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire, le réveil secoue la tête et dit « non ». Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien[1].

L’esprit critique serait donc le moteur de la pensée même. Mais comment le définir ? Par quoi le caractériser ? Et surtout, comment l’enseigner, le faire vivre, voire le critiquer en vertu de lui-même ?

Invité : Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot, auteur de « Déchéance de rationalité ».

[1]Alain, Propos sur les pouvoirs, « L’homme devant l’apparence », 19 janvier 1924, n° 139 ou Propos sur la religion, LXI.  

ht

http://psychocriminologie.free.fr/wp-content/uploads/audio/Qu%E2%80%99est-ce%20que%20l%E2%80%99esprit%20critique%20.mp3

Thomas Legrand profite de cette semaine de Grenelle contre les violences faites aux femmes pour faire entendre un son provenant des archives de l’INA. Cela vient d’un reportage télévisé par France 3 Nancy, réalisé en 1975. On y voit des hommes évoquer la question des viols.

Journaliste : Est-ce que vous avez déjà eu envie de violer une femme ?
– Oui, d’une certaine façon

Journaliste : Vous avez déjà violé une femme ?
– Non, je serais incapable de le faire
– Parce que cela ne m’est pas venu à l’idée
– Sa femme, c’est marrant…
– La violer, non pas la violer, avoir des pensées, de faire des choses

Journaliste : Qui sont les violeurs d’après vous ?
– Je ne pense pas que quelqu’un d’équilibré pense à violer une femme
– Des types en manque

Journaliste : Vous avez déjà violé des femmes ?
– Oui

Oui, dit-il à la caméra. On entend beaucoup aujourd’hui les jérémiades des déclinistes et des tenants du « c’était mieux avant » ou du « on ne peut plus rien dire ». Mais écoutons ce que l’on pouvait dire au temps béni des années 1970 :

Journaliste : Qui sont les femmes qui se font violer ?
– Celles qui sont imprudentes, les aguicheuses…
– Ça dépend de leurs tenues je crois, vestimentaires
– Les pauvres filles qui se sont laissées avoir
– Une femme majeure, elle ne peut pas être violée vu qu’elle a été mariée ou elle est avec un homme déjà

Journaliste : Est-ce que les femmes qui sont violées l’ont provoqué d’après vous ?
– Je ne pense pas
Journaliste : Mais vous disiez qu’elles sont consentantes ?
– Mais à un moment donné, elles sont consentantes
– Il faut qu’une femme soit consentante pour être violée
– On ne doit pas pouvoir les violer
Journaliste : On ne doit pas pouvoir les violer ?
– Je pourrais vous dire la technique pour les violer, on n’a qu’à les renverser
– C’est difficile de violer une femme quand elle veut pas
– Ce sont des femmes qui en ont envie de toute façon

Journaliste : Quand une femme dit qu’elle s’est fait violer, est-ce que vous la croyez ?
– Pas toujours, il y a toujours quelqu’un qui est consentant
– Pas vraiment toujours mais la réaction qui consiste à douter systématiquement n’est pas fondée non plus car le vrai viol existe
– Le viol à proprement parler, ça n’existe pas
– On dit qu’une femme s’est trouvée seule et par conséquent elle l’a cherché, comme s’il n’était pas naturel qu’une femme puisse se retrouver seule quelque part et qu’automatiquement comme ça, elle soit obligée de risquer un viol, non ?

Journaliste : Est-ce que toutes les femmes ont envie de se faire violer ?
– Je pense oui, sincèrement oui.

si le lien est brisé:

http://psychocriminologie.free.fr/wp-content/uploads/audio/FI2019-cultureduviol.mp3

Voir aussi: culture_du_viol

Psychiatrie et psychologie fondées sur les preuves

http://colpsypreuves.sciencesconf.org/

Toutes les vidéos du colloque : cliquez sur le bandeau ci-dessus.

Voir en particulier l’intervention de Franck Ramus : cliquez sur l’image ci-dessous.

18’50 » : « Ces critères méthodologiques [mesures objectives, analyse de groupes (n>>1) plutôt qu’étude de cas, groupe contrôle, etc.] n’ont rien d’arbitraires, ce n’est pas une espèce de dogme qu’on impose à chaque chercheur clinicien.
35’32 » :Chaque critère méthodologique est motivé par l’absolue nécessité de contrôler des hypothèses alternatives. »

Blog personnel de Franck Ramus.
Site Professionnel de Franck Ramus.
Intervention de Simon Lambrey et Jérôme Sackur :

Jean Cottraux :

Bernadette Rogé :

Jacques Van Rillaer :

Extrait du colloque organisé par l’institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) sur « l’équilibre des peines : de la prison à la probation ».

Ce colloque a interrogé l’efficacité et l’efficience des leviers proposés par la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme de la justice ainsi que les évolutions des pratiques de l’administration pénitentiaire. Quels nouveaux outils offre cette loi pour que l’exécution de la peine gagne en efficacité ?

Dans cet extrait, Yann MAURIN, formateur et associé de recherche à l’école nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP), illustre dans son intervention « mise en pratique: méthodes de l’adminitration pénitentiaire en matière de prévention de la récidive »,  les méthodes évaluées comme efficaces pour soutenir la sortie de la délinquance à partir de situations réelles (vignettes cliniques).

yann-maurin-desistance-et-methodes-dintervention-en-probation.mp3

https://www.youtube.com/watch?v=a2GVlvhsHNs&feature=youtu.be