Ressources en psychocriminologie et criminologie
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Gilles Bertin, une vie en sursis (1/2)

Les années punk, drogue and Brink’s

Eté 1981, trois jeunes bordelais créent un groupe de musique qui rivalise avec Noir Désir. Gilles Bertin est le chanteur et parolier du groupe, son parcours ne sera pas que musical.

Nantes, Barcelone… Gilles Bertin multiplie les braquages pour fuir la drogue mais garder son adrénaline. Jusqu’au coup ultime : l’attaque du dépôt de la Brink’s de Toulouse le 27 avril 1988.

https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-05.01.2019-ITEMA_21941926-2.mp3

Gilles Bertin, une vie en sursis (2/2)

La cavale de Didier Ballet

L’incroyable cavale du braqueur punk. Une cavale ouverte le 27 avril 1988, où le chanteur emporta une partie du butin estimé à près de deux millions d’euros.

2nd épisode : Brink’s not dead…

Le 16 novembre 2016, Gilles Bertin traverse à pied la frontière franco-espagnole pour se rendre à Toulouse, vingt-huit ans après l’attaque de la Brink’s de Toulouse. Seul son avocat Christian Etelin est au courant de sa reddition. Après avoir monté un magasin de disques au Portugal, tenu un bar à Barcelone et survécu au Sida, l’ex-punk, fatigué de se cacher sous l’identité de Didier Ballet, ne veut plus vivre dans le mensonge et remet son destin, à 57 ans, entre les mains de la justice française…

https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16408-06.01.2019-ITEMA_21942730-0.mp3

« La justice aux mains des machines ? » – Antoine Garapon à la MSH-ULB

Dans le cadre de son cycle « Aux frontières de l’humain », la Maison des Sciences Humaines de l’ULB recevait Antoine Garapon pour une intervention intitulée : « La justice aux mains des machines ? Algorithmes, intelligences artificielles et justice prédictive ».

Antoine Garapon est Secrétaire général de l’Institut des Hautes Etudes sur la Justice (France) et professeur invité à la Maison des Sciences Humaines de l’ULB. Enregistré le lundi 19 mars 2018.

FRANCE CULTURE (29/11/2018) La grande table:  Comment rendre une justice « humaine » ?

Peut-on défendre tout le monde? Quels représentations derrière le mot « monstre », qui nous sert à qualifier les pires criminels? Et pourquoi ne pas les défendre? Avec Thierry Illouz, avocat, romancier, dramaturge, auteur de « Même les monstres » (Iconoclaste, 2018)

Réflexion sur les figures du bien et du mal, sur les principes de justice, et d’injustice, avec l’avocat pénaliste, Me Thierry Illouz, qui publie Même les Monstres (L’Iconoclaste, 2018).

Quand « défendre, c’est épuiser l’idée du mal », chercher le pourquoi de l’acte, se mettre à hauteur d’homme, faire montre d’empathie. Car l’avocat, et c’est là ce qu’on  lui reproche souvent, prend parti pour celui qu’il défend. Alors, pour qui prend-t-il parti lorsqu’il défend un criminel, un « monstre », déjà étiqueté et condamné par l’opinion avant même de comparaître?

Je pense qu’un acte seul n’existe pas. Il est toujours dans un système de corrélation avec l’histoire des gens. J’essaye d’apporter des visages, de dévoiler, de démasquer.
(Thierry Illouz)

Car, pour Thierry Illouz, l’indulgence n’est pas une faiblesse, et le mot monstre, terme « élastique » dont on ne sait pas où il commence ni où il finit, ne saurait se justifier. Défendre des criminels et non des crimes, ne pas oublier que, parfois, avant d’être bourreau, ils ont pu être victime.

[Le mot « monstre » permet de dire :] « quelle que soit ma vie, je ne suis pas ça ». Nous sommes aussi cela, nous contenons cette possibilité.
(Thierry Illouz)

Thierry Illouz porte une analyse mêlée d’expérience personnelle, entre psychanalyse de la robe et dénonciation, en appelant aux outils du droit et de la littérature. Auteur de romans, dont La nuit commencera (Buchet Chastel, 2014), prix Simenon, en 2015, et de pièces de théâtre, dont A ma troisième robe, joué en 2012 au Théâtre du Rond-Point à Paris avec François Morel, il distingue bien les deux genres, les planches et le prétoire, rejette la justice-spectacle et continue de plaider pour la défense des monstres.

J’ai un parcours, une histoire, comme tout le monde. Elle communique avec mon travail d’avocat.
(Thierry Illouz)

Extraits sonores : 

  • Pascale Robert Diard : « On ne peut plus qualifier quelqu’un de monstrueux » (L’humeur vagabonde, 26/10/2006)
  • Eric Dupond-Moretti à la Matinale de France Inter (03/11/18)
  • Sur la fin du procès de Michel Fourniret (Journal de France Inter, 28/05/2008)

 

Le légalisation du cannabis au Canada

décembre 22nd, 2018 | Publié par EL dans ADDICTIONS | INTERNATIONAL - (0 Commentaire)

Quels sont les enjeux politiques, économiques et sociaux de la légalisation du cannabis au Canada, dans certains états américains et en Europe?

Drapeau canadien orné d'une feuille de marijuana, à la place de l'emblématique feuille d'érable

William Lowenstein, médecin interniste spécialisé en addictologie, fondateur et président de SOS Addictions. Il a publié Ces dépendances qui nous gouvernent(Calmann-Lévy, 2007) et plus récemment avec  Laurent Karila, Tous addicts, et après ? : changer de regard sur les dépendances, chez Flammarion en 2017.

Ivanna Obradovic, Directrice adjointe de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), Chercheure associée au Centre de recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP). Elle a publié «_Vers la fin de la prohibition ? Convergences et disparités des initiatives de régulation du cannabis aux États-Unis », Politique américaine,vol. 30, no. 2, 2017 et elle a co-publié en 2013, avec Jean Costentin, Alain Rigaud et Laurent Appel Faut-il dépénaliser le cannabis ?_aux editions le Muscadier.

Guillermo Aureano, chercheur, il enseigne à l’université de Montréal, Consultant pour l’UNESCO et le ministère des Affaires étrangères, il est membre du Centre d’études sur la paix et la sécurité internationale.

Brendan Hughes, chercheur principal sur la législation sur les drogues à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction – EMCDDA). L’OEDT fournit à l’UE et à ses États membres des informations factuelles, objectives, fiables et comparables au niveau européen sur les drogues et la toxicomanie et leurs conséquences. Il a pour objectif de fournir des données qui serviront à l’élaboration des politiques et orienteront les initiatives destinées à lutter contre la drogue.

https://www.franceculture.fr/emissions/affaires-etrangeres/la-legalisation-du-cannabis-au-canada

L’expérience Stanford : anatomie d’un mensonge

En 1971 – aux Etats-Unis – un professeur de psychologie réalise une expérience de recherche spectaculaire. Son but : étudier les effets de l’enfermement en milieu carcéral en recréant les conditions d’une véritable prison au sein même de la prestigieuse université Stanford. Invité Thibaut le Texier.

Au terme de 6 jours d’expérimentation, les étudiants gardiens se sont transformés en bourreaux. Et la conclusion qu’en tire le chercheur est terrifiante, je cite : « Un individu ordinaire – placé dans un certain contexte propice aux violences – peut devenir à son tour le pire des tortionnaires ! »

Pourtant entachée de graves problèmes éthiques, l’expérience Stanford – c’est son nom – s’impose vite comme une référence dans le domaine de la psychologie sociale… Avec elle, son expérimentateur le Professeur Philip Zimbardo, devient une figure respectée dans les milieux universitaires. On l’invite sur les plateaux télévisés et on s’arrache ses livres dans le monde entier !

Problème : comme le démontre le chercheur en sciences sociales Thibault le Texier, l’expérience Stanford était en réalité plus proche du cinéma que de la science… En effet : ses conclusions avaient été écrites à l’avance comme l’aurait été le script d’un scénario hollywoodien… Et tout au long de l’étude de graves irrégularités remettent en cause sa rigueur scientifique…

Invité Thibaut le Texier

Au terme de plusieurs années de recherche, Thibaut le Texier est l’auteur d’une enquête de référence sur cette affaire. Intitulé Histoire d’un mensonge : enquête sur l’expérience de Stanford, son livre est paru aux éditions La Découverte en avril dernier. Thibault le Texier est chercheur en sciences sociales, associé au groupe de recherche en économie et gestion à l’université de Nice Sophia Antipolis.

Autre ressource :

voir aussi sur ce sujet l’article paru dans les inrocks : https://www.lesinrocks.com

ou encore l’article de Virginie Althaus : « Thibault Le Texier, Histoire d’un mensonge. Enquête sur l’expérience de Stanford »: https://journals.openedition.org/lectures/25127

 

En France, la justice est-elle à deux vitesses, favorise-t-elle les puissants ? « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » écrivait La Fontaine dans Les Animaux malades de la peste. Quatre siècles plus tard, la justice reste-t-elle plus clémente avec les puissants qu’avec les plus pauvres ?

https://www.franceculture.fr/droit-justice/la-justice-est-elle-moins-severe-pour-les-puissants

 

Les Idées Claires : y a-t-il une justice à deux vitesses ?

FRANCE INTER (2018) Montluc à Lyon, les mémoires d’une prison

Le bref séjour de Klaus Barbie, en 1983, dans le lieu où il avait enfermé Jean Moulin fut un moment d’exception dans l’ultime période de Montluc. La prison avait fini par acquérir une réputation de calme et elle était promise à une fermeture proche.

La prison de Montluc lors du procès de Klaus Barbie en 1987

La prison de Montluc lors du procès de Klaus Barbie en 1987 © Getty / Raphaël Gaillarde

Le bref séjour de Klaus Barbie, en 1983, dans le lieu où il avait  enfermé Jean Moulin fut un moment d’exception dans l’ultime période de Montluc. La prison avait fini par acquérir une réputation de calme et elle était promise à une fermeture proche. Celle-ci intervint pour l’aile des hommes en 1997 et pour le secteur des femmes en 2009.

S’est posée alors la question du destin du site. France Domaine aurait voulu le valoriser – entendez : le vendre. L’université Lyon III, qui a fini par s’appeler Jean Moulin, l’utiliser pour ses étudiants. Le préfet de l’époque préféra tendre l’oreille à l’association des rescapés qui rappelait ce qui s’était passé ici en 1943-1944. La prison était sous le contrôle des Allemands; plus de 9000 personnes y furent enfermées; deux seulement purent s’en évader- ce sont les personnages  du film de Bresson, « Un condamné à mort »; les autres, à commencer par les juifs, n’avaient pas d’autre perspective que l’exécution ou la déportation.

Intervint finalement le classement de Montluc et, dès 2010,  le début de son ouverture au public. Mais la sédimentation des histoires en cet endroit est telle qu’il est impossible de polariser exclusivement l’attention sur la seule période 43-44. Depuis l’ouverture en 1921, ont séjourné ici, outre les victimes de la Section spéciale de Vichy et des nazis, des collaborateurs entre 1945 et 1954, des détenus de droit commun, hommes et femmes, et aussi des insoumis envoyés par les tribunaux militaires, et enfin 75 condamnés à mort algériens entre 1958  et 1971 dont onze furent exécutés. On a même vu arriver une équipe de télévision chinoise qui venait enquêter sur le passage,  dès 1921 de Zhou en Laï  qui faisait partie des étudiants-ouvriers chinois amenés en France pour les besoins de la Première Guerre et devenus récalcitrants.

Il n’y a guère en France, parmi les lieux pénitentiaires, que l’abbaye-prison de Clairvaux qui nécessite une telle variété de points de vue pour être visitée et un peu comprise.

Dans le film de Bresson, le personnage principal voit surgir dans sa cellule un petit bonhomme informe qui a mené jusque-là une vie aveugle. « Est-ce que je savais ? », lui dit le petit bonhomme. Le personnage principal répond : « Il fallait savoir ». C’est l’intention de l’exposition « Traces » ouverte actuellement au Mémorial Prison de Montluc : « Il faut savoir ».

Mémorial national de la prison de Montluc.