Ressources en psychocriminologie, psychologie forensique et criminologie
Header

« Rockers Vs Mods »

Dans le domaine de la criminologie, les travaux de Stanley Cohen, notamment son ouvrage Folk Devils and Moral Panics (1972), restent une référence incontournable pour comprendre la construction sociale de la déviance.

Dans les années 1960, les Mods et les Rockers étaient deux sous-cultures juvéniles distinctes au Royaume-Uni. Les Mods, amateurs de scooters, de costumes élégants et de musique soul, s’opposaient aux Rockers, adeptes de motos, de cuir et de rock’n’roll. Ces groupes ont attiré l’attention des médias à la suite d’affrontements violents lors de week-ends fériés à des stations balnéaires comme Brighton ou Margate. Ces incidents, bien que relativement mineurs, ont été amplifiés par les médias, déclenchant ce que Cohen a qualifié de « panique morale ».

La théorie de la panique morale

Stanley Cohen

Cohen définit la panique morale comme une réaction sociale disproportionnée face à un groupe ou un comportement perçu comme une menace pour les valeurs ou l’ordre social. Dans le cas des Mods et des Rockers, les médias ont exagéré la gravité des événements, dépeignant ces jeunes comme des « folk devils » (diables populaires), c’est-à-dire des boucs émissaires incarnant les peurs collectives de la société. Selon Cohen, ce processus suit plusieurs étapes :

  1. Identification d’une menace : Les médias désignent un groupe ou un comportement comme dangereux (les affrontements entre Mods et Rockers).
  2. Amplification : Les faits sont exagérés par des récits sensationnalistes, des titres alarmistes et des généralisations (par exemple, tous les jeunes des sous-cultures sont dépeints comme violents).
  3. Réaction sociale : Le public, influencé par les médias, exige des mesures répressives, ce qui conduit à une intervention accrue des autorités (policiers, juges).
  4. Institutionnalisation de la panique : La menace devient un problème social durable, justifiant des politiques de contrôle social.

Ce cadre théorique met en lumière comment les perceptions de la déviance sont construites socialement, souvent indépendamment de la réalité des comportements.

 

La déviance amplifiée

Un concept clé de Cohen est celui de l’amplification de la déviance. Les réactions sociales, notamment médiatiques et institutionnelles, ne se contentent pas de répondre à la déviance ; elles l’intensifient. Dans le cas des Mods et Rockers, l’attention médiatique a encouragé davantage de jeunes à adopter ces identités sous-culturelles, parfois pour défier l’autorité ou gagner en visibilité. Ce phénomène a créé un cercle vicieux : plus les médias rapportaient les incidents, plus les comportements déviants se renforçaient, alimentant ainsi la panique morale.I

Les théories de Cohen offrent plusieurs leçons en criminologie :

  1. Analyse critique des médias : Les criminologues doivent examiner comment les médias façonnent les perceptions de la criminalité. Une couverture médiatique biaisée peut exacerber les tensions sociales et orienter les politiques publiques vers des réponses répressives plutôt que préventives.
  2. Comprendre les sous-cultures : Les Mods et les Rockers illustrent comment les identités juvéniles peuvent être perçues comme déviantes, même lorsque leurs comportements sont relativement inoffensifs. Les professionnels doivent distinguer entre les actes réellement criminels et les comportements qui défient simplement les normes sociales.
  3. Politiques de contrôle social : Les paniques morales peuvent conduire à des politiques disproportionnées, comme une surcriminalisation des jeunes. Cohen invite à réfléchir à des approches équilibrées, privilégiant la compréhension des causes profondes (comme les inégalités sociales ou les tensions générationnelles) plutôt que la répression.
  4. Applications contemporaines : Les concepts de Cohen restent pertinents pour analyser des phénomènes actuels, comme la stigmatisation des jeunes dans les banlieues, les mouvements de protestation ou les paniques liées à des technologies émergentes (par exemple, les réseaux sociaux). 

Comment devient-on délinquant ? Si Edwin Sutherland, avec sa théorie de l’association différentielle (1947), a révolutionné la criminologie en insistant sur l’apprentissage social, Ronald Akers a franchi une étape décisive en intégrant les principes du conditionnement opérant. Collaborant avec Robert Burgess dans les années 1960, Akers reformule les propositions de Sutherland à travers le prisme béhavioriste de B.F. Skinner, donnant naissance à la théorie du renforcement différentiel . Cette fusion sociopsychologique explique non seulement pourquoi on apprend la déviance, mais comment cet apprentissage se maintient ou s’éteint via ses conséquences.

Les quatre piliers de la théorie sociale de l’apprentissage (Social Learning Theory – SLT)

Akers et Burgess condensent la théorie de Sutherland en sept propositions, structurées autour de quatre mécanismes interdépendants :

1. L’association différentielle :

L’exposition à des normes pro-criminelles au sein des groupes primaires (famille, pairs) est le premier moteur. L’influence dépend de l’intensité, la fréquence, la durée, et la priorité des interactions. Exemple : Un adolescent dont le meilleur ami consomme de la drogue depuis l’enfance (priorité) et passe avec lui plusieurs heures par jour (durée/fréquence) sera plus vulnérable à l’adoption de ce comportement.

2. Les définitions :

Ce sont les rationalisations personnelles qui légitiment ou interdisent un acte. Elles peuvent être :

  • Générales (ex : « Voler est immoral »)
  • Spécifiques (ex : « Voler pour nourrir sa famille est compréhensible »)
  • Neutralisantes (ex : « Cette grande entreprise ne ressentira pas ma petite fraude ») 914.

3. Le renforcement différentiel  (cœur de la théorie) :

Le comportement criminel persiste si ses conséquences sont perçues comme positivement renforçantes (gain matériel, statut social) ou négativement renforçantes (évitement d’une punition). Akers insiste sur deux dimensions :

    • Sociale : Approbation des pairs, respect acquis.
    • Non-sociale : Plaisir physiologique (ex : effets de la drogue) .
Type Mécanisme Exemple délinquant
Renforcement positif Ajout d’un stimulus plaisant Vol réussi → Argent
Punition positive Ajout d’un stimulus aversif Arrestation → Prison
Renforcement négatif Suppression d’un stimulus aversif Frauder l’impôt → Évite la pauvreté
Punition négative Suppression d’un stimulus plaisant Confiscation du permis → Perte de liberté

4. L’imitation :

L’observation et la reproduction de modèles (réels ou médiatiques), surtout si le modèle est perçu comme prestigieux ou si le comportement observé a eu des conséquences positives .

Preuves empiriques : De la cyberdélinquance aux addictions

Ronald Akers

La robustesse de la SLT réside dans son vérifiabilité empirique. Plusieurs études majeures l’étayent :

  • Étude sur la cybercriminalité étudiante (Skinner & Fream, 1997)  :
    Sur 950 étudiants, ceux piratant des logiciels ou accédant à des comptes illégalement étaient peu dissuadés par la menace de punition. Le renforcement positif (accès gratuit, prestige entre pairs) l’emportait sur la peur d’une sanction perçue comme improbable.

  • Tabagisme juvénile (Akers & Lee, 1996)  :
    Une étude longitudinale montre que la consommation de cigarettes chez les adolescents est fortement corrélée à :

    • L’exposition à des pairs fumeurs (association différentielle)
    • La perception que fumer rend « cool » (définition positive)
    • Le plaisir physique (renforcement non-social).
  • Délinquance en col blanc :
    La théorie explique des crimes complexes où le gain (renforcement) est financier ou symbolique (promotion), et où les techniques sont apprises via le milieu professionnel (association/imitation).

Une méta-analyse de 2009  confirme l’efficacité des interventions basées sur le Differential Reinforcement of Alternative Behavior (DRA), utilisé pour réduire des comportements problématiques (ex : automutilation) en récompensant systématiquement une alternative prosociale. Bien qu’appliqué en psychologie clinique, ce principe valide le noyau opérant de la SLT.

Limites

Malgré son influence, la SLT est contestée sur plusieurs fronts :

  1. Négligence des facteurs structurels :
    Comment expliquer que des individus exposés à des associations et renforcements similaires ne deviennent pas tous délinquants ? Akers répondra plus tard avec son modèle SSSL (Social Structure and Social Learning) , où l’organisation sociale (classe, race, contexte géographique) modère indirectement les variables d’apprentissage.

  2. Indifférence aux différences individuelles :
    Le rôle de la génétique, des traits de personnalité (ex : impulsivité) ou des troubles mentaux est peu théorisé 2.

  3. Le « problème du premier criminel » :
    Si le crime s’apprend par imitation, qui a enseigné le premier comportement déviant ? La théorie peine à expliquer l’émergence ex nihilo de nouvelles formes de criminalité (ex : cyberattaques dans les années 1980).

  4. Circularité potentielle :
    Certains critiques soulignent que le renforcement (ex : plaisir du vol) est parfois inféré à partir du comportement qu’il est censé expliquer .

Prévention et réhabilitation

La SLT inspire des stratégies concrètes :

  • Interventions par pairs : Réduire l’exposition aux associations différentielles négatives (ex : programmes Gang Resistance Education).
  • Cognitions : Travailler sur les définitions neutralisantes via une thérapie cognitive (ex : « Ce n’est pas vraiment grave de frauder »).
  • Renforcement alternatif : Offrir des récompenses prosociales compétitives (ex : emploi, reconnaissance) pour les comportements non-criminels .
  • Justice réparatrice : Transformer la punition (peu efficace si improbable) en restoration du lien social (renforcement positif de la conformité).

Cas concret : En milieu carcéral, un programme récompensant par des privilèges l’apprentissage de métiers légaux (renforcement positif) et l’évitement des conflits (renforcement négatif) montre une baisse de 40% des récidives vs groupes témoins.

Plus qu’une simple actualisation de Sutherland, la théorie d’Akers offre un modèle intégratif où le crime émerge d’un calcul coût-bénéfice socialisé, et la criminalité procéde d’un comportement appris – et donc désapprenable.

Albert K. Cohen (1918‑2014), sociologue et criminologue américain, est principalement connu pour son ouvrage Delinquent Boys: The Culture of the Gang (1955) . Son œuvre se distingue par la fusion de la « strain theory » de Merton (anomie/tension structurelle) et de la differential association theory de Sutherland, permettant d’expliquer pourquoi certains jeunes adoptent des comportements déviants collectivement plutôt qu’individuellement .

Frustration de statut et formation de sous-cultures

Cohen développe le concept de frustration de statut (“status frustration”) : les jeunes issus des classes populaires, faiblement armés selon les normes scolaires dominées par la classe moyenne, se sentent jugés et exclus . Pour répondre à cette marginalisation, ils forment des sous-cultures délinquantes, collectives, inversant les valeurs dominantes pour valoriser des comportements traditionnellement condamnés .

Caractéristiques des sous-cultures délinquantes

Cohen précise que ces sous-cultures sont caractérisées par :

  • Non‑utilitarisme : comportements déviants non liés à un gain matériel,
  • Négativisme et malveillance : expressions symboliques de refus de l’autorité,
  • Hédonisme immédiat : gratification à court terme,
  • Souplesse comportementale : absence de spécialisation,
  • Loyauté au groupe : seul le statut au sein de la sous-culture compte .

Exemples: Le rejet des normes scolaires (deferment of gratification, ambition, maîtrise de soi) déclenche la formation de la sous-culture; Les actes de vandalisme ou la défiance qui sont moins des moyens de gain que des affirmations identitaires symboliques.

Albert K. Cohen

Une réponse collective plutôt qu’individuelle

Contrairement à Merton, qui envisage une adaptation individuelle à la tension sociale, Cohen introduit la réaction collective (“reaction formation”), où les jeunes créent une culture alternative pour retrouver dignité et reconnaissance.

L’innovation majeure d’Albert Cohen réside dans sa mise en lumière du caractère collectif de la déviance juvénile via la formation de sous-cultures, nées de la frustration de statut et de l’incapacité à accéder aux voies légitimes de reconnaissance.

Son cadre analytique ouvre des pistes essentielles pour comprendre les logiques internes du comportement déviant au sein de groupes.

Ici une video de Merton interviewé par Albert K. Cohen: une rencontre au sommet autour de la sociologie de la déviance!

Les grands auteurs de la criminologie

Pour comprendre les raisons pour lesquelles les individus commettent des crimes ou s’engagent dans des activités délinquantes, de nombreux auteurs ont proposé différentes explications. L’une des plus intéressantes et des plus pratiques est venue de deux sociologues, Richard Cloward et Lloyd Ohlin. Leur théorie, appelée théorie des opportunités différentielles offre une nouvelle façon d’appréhender la criminalité, notamment chez les jeunes issus de quartiers défavorisés.

Dans Delinquency and Opportunity: A Theory of Delinquent Gangs (1960), Cloward et Ohlin développent la théorie des opportunités différentielles (Differential Opportunity Theory), qui vient enrichir la strain theory de Merton et la differential association theory de Sutherland .

Ils soutiennent que la déviance ne résulte pas seulement d’un blocage des voies légitimes (comme l’ont souligné auparavant Merton et Cohen), mais aussi de l’accessibilité variable aux voies illégitimes. En clair, pour que la criminalité émerge, il faut non seulement de fortes aspirations et un accès limité aux moyens légitimes, mais aussi la présence d’un accès effectif aux opportunités criminelles

Typologie des sous-cultures déviantes

Cloward et Ohlin identifient trois types de subcultures délinquantes, chacune associée à un type d’accès aux opportunités illégitimes :

Subculture Description principale
Criminale Structure illégitime organisée (ex. vol, trafic) avec apprentissage des moyens délinquants.
Conflictuelle Peu d’accès aux voies légales ou illégales organisées ; recours à la violence et aux conflits pour obtenir respect ou statut.
Retraitiste Échec à exploiter les moyens légitimes ou illégitimes ; repli, consommation de drogues, comportements autodestructeurs

Au passage une critique de la strain theory de Merton…

Cloward et Ohlin ne se contentent pas d’étoffer la théorie de Merton : ils la remettent en question en soulignant que la seule tension structurelle (strain) n’explique ni la forme ni la direction de la déviance. Il faut considérer l’offre effective d’opportunités criminelles pour expliquer pourquoi certains se tournent vers la criminalité et d’autres non.

Comme l’affirment Cullen (1988) et d’autres critiques, la théorie des opportunités de Cloward et Ohlin permet d’expliquer :

« It is the illegitimate opportunity structure, not strain, that regulates the content and form of deviant adaptations. » (« C’est la structure d’opportunité illégitime, et non la contrainte, qui régit le contenu et la forme des adaptations déviantes. ») Cloward et Ohlin

Implications pour la politique criminelle

  • La théorie incite à une action préventive et contextuelle plutôt qu’uniquement répressive :
  • Investir dans l’accès aux opportunités légitimes (éducation, emploi, services sociaux), afin de réduire la tension initiale.
  • Réduire ou contrôler les structures illégitimes accessibles, par des politiques de développement communautaire, prévention situationnelle et désorganisation des réseaux criminels.

L’innovation majeure de Cloward & Ohlin réside dans leur approche structurée et contextuelle de la délinquance. Ils ont su dépasser la simple tension sociale en introduisant la notion essentielle d’offre criminelle différenciée. Leur théorie des opportunités différentielles représente une avancée majeure, ancrée dans le réel des contextes sociaux, et d’une pertinence toujours actuelle pour les politiques criminologiques.

Les grands auteurs de la criminologie

Robert K. Merton

Le sociologue Robert K. Merton introduit en 1938 la notion de strain (tension ou pression sociale) pour expliquer les comportements déviants comme réponse à un déséquilibre entre des objectifs culturels valorisés et les moyens institutionnels légitimement accessibles pour les atteindre ). Il reprend le concept d’anomie, hérité de Durkheim, mais le redéfinit : ce n’est plus un état de désintégration des normes, mais une situation où les normes sont trop fortes, générant une tension entre les buts imposés et les moyens disponibles.

Robert K. Merton (1938) « Social Structure and Anomie. »

Typologie des modes d’adaptation individuelle

Merton propose cinq modes d’adaptation aux tensions structurelles, selon que les individus acceptent ou rejettent les buts et les moyens légitimes  :

Mode d’adaptation Buts Moyens Description
Conformisme Acceptés Acceptés Chemin conventionnel, majoritairement suivi, assurant la stabilité sociale.
Innovation Acceptés Rejetés Recherche de réussite par des moyens illégitimes (ex. vol, fraudes).
Ritualisme Rejetés Acceptés Respect des moyens sans encourager les ambitions culturelles (routine désabusée).
Retrait (évasion) Rejetés Rejetés Abandon tant des buts que des moyens (ex. marginalisés, mendiants, reclus).
Rébellion Rejetés (et substitution) Rejetés (et substitution) Remplacement des buts et moyens par une autre légitimité (contre-culture, révolution).

« The culture makes incompatible demands… In this setting, a cardinal American virtue – “ambition” – promotes a cardinal American vice – “deviant behaviour” ». Robert. K. Merton

(« « La culture impose des exigences incompatibles… Dans ce contexte, une vertu américaine fondamentale – « l’ambition » – favorise un vice américain fondamental – « le comportement déviant » ». »)

L’innovation de Merton a été de proposer une rupture majeure : il ne considérait plus la déviance comme le simple résultat de pathologies individuelles, mais comme le produit de l’organisation sociale elle-même. Plus précisément, il a mis en lumière la tension entre les objectifs culturels élevés (comme la réussite matérielle) et les moyens institutionnels inégalement distribués pour les atteindre. Cette approche structurelle a replacé la déviance dans un contexte systémique, ce qui était inédit à l’époque.

Merton réinterprète le concept d’anomie hérité de Durkheim. Pour Durkheim, l’anomie est un affaiblissement des normes. Merton, au contraire, l’envisage comme une discordance entre les normes d’action et les capacités réelles à les atteindre, créant ainsi une tension propice à la déviance.

L’anomie comme réponse « normale » à une structure inégalitaire

Merton est allé plus loin : il présente la déviance non pas comme un phénomène aberrant, mais comme une réponse prévisible et normalisée face aux contraintes structurelles de la société. Cette vision sociologique a profondément marqué la criminologie moderne.deflem.blogspot.comcrimpsy.com

Une base solide pour faire évoluer les théories ultérieures

Le travail de Merton a aussi fourni un socle conceptuel pour d’autres théories – comme la General Strain Theory de Robert Agnew (1992), qui étend le modèle aux dimensions émotionnelles, ou encore la théorie de l’anomie institutionnelle, qui explore les défaillances des institutions sociales dans les sociétés capitalistes modernes.

L’innovation majeure de Merton en criminologie réside dans cette approche pionnière :

  • Il replace la déviance dans le cadre des structures sociales et de l’inégalité d’accès aux moyens légitimes.
  • Il développe une typologie claire des réponses individuelles à la pression sociale.
  • Il conçoit la déviance comme une réponse structurellement induite, normalisée, plutôt qu’une défaillance morale ou psychologique individuelle.

La théorie de Merton constitue une pierre angulaire de la criminologie critique, en soulignant combien la déviance peut être la réponse logique à des structures sociales imparfaites. Son apport est central, tant pour la théorie que pour l’interprétation des comportements déviants, même s’il est nécessaire de la compléter (e.g., par la General Strain Theory d’Agnew) pour en assurer une application pratique plus complète dans la compréhension du crime moderne.

Les grands auteurs de la criminologie