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Evidence‑Based Policing: qu’est-ce que le modèle ATLAS

août 4th, 2025 | Publié par crisostome dans EVIDENCE BASED POLICING | POLICE

L’Evidence‑Based Policing (EBP) est une approche de prise de décision fondée sur des données empiriques solides. Inspirée de l’EBM (Evidence-Based Medicine), elle s’inscrit dans une culture de la recherche appliquée au terrain policier. Chaque décision, chaque programme, chaque politique est soumis à un questionnement rigoureux ; il s’agit :

  1. d’identifier un problème (« what works ? »),
  2. d’expérimenter (pilotage, essais),
  3. de mesurer l’impact,
  4. et d’ajuster selon les résultats.

Pour guider ce cycle, le College of Policing a adopté le modèle mnémotechnique ATLAS, destiné à structurer toute démarche EBP .

Les cinq phases d’ATLAS

Acronyme Étape Description académique
A-sk (Ask) Formuler les questions Interroger les hypothèses implicites. Par exemple : « les patrouilles statiques diminuent-elles les vols dans ce quartier ? »
T- est  (Test) Piloter l’intervention Faire des hypothèses et mettre en place un essai contrôlé (quasi‑expérimental/RCT), ou une comparaison raisonnée entre groupes‑contrôle.
L-earn  (Learn) Évaluer Mesurer les effets (statistiques, qualitatifs). Collecter des indicateurs : taux de crime, plainte, confiance publique, coût.
A‑ dapt  (Adapt) Ajuster la pratique Revoir le protocole (horaires, ressources, communication), relier la théorie à la réalité.
S‑ hare (Share) Diffuser les conclusions Capitaliser les leçons, écrire un rapport, former d’autres services ou forces.

ATLAS mis en œuvre : un exemple concret

Une illustration citée dans les modules d’EBP du London Metropolitan University met en avant le Greater Manchester Police (GMP) :

  • Ask : les cambriolages augmentent-ils sur un secteur identifié?
  • Test : essais comparatifs entre zones avec/sans patrouilles ciblées.
  • Learn : mesure de l’évolution du taux de victimisation.
  • Adapt : modification de la visibilité humaine, changement des plages horaires, communication publique.
  • Share : présentation aux commissions locales, partage inter‑forces .

Cet usage bottom‑up du cycle renforce localement le professionnalisme policier et alimente la boîte à outils nationale.

Intégration à d’autres modèles et outils d’évaluation

  • SARA / OSARA (Scanning, Analysis, Response, Assessment – + Objectives en OSARA) : ATLAS s’imbrique idéalement à ces cadres, ajoutant la dimension de testabilité et de partage à la boucle traditionnelle de résolution de problèmes.
  • Matrice EMMIE / Policing Evidence Matrix / Evidence Gap Map (CoP) : le format Ask/Test/Learn/Adapt/Share fournit une structure pragmatique pour enrichir ces matrices avec des données de terrain contextualisées .
  • Des initiatives comme l’Evidence Champions Network encouragent la pérennisation du cycle ATLAS dans les forces.

→Le modèle ATLAS incarne une version formalisée du cycle de l’Evidence‑Based Policing : il transforme un questionnement critique en une boucle expérimentale, mesurée et partagée. Pour les professionnels et chercheurs en criminologie appliquée, ATLAS représente plus qu’un cadre : c’est un véritable moteur de professionnalisation, capable de connecter innovations locales et politiques publiques fondées sur l’évidence.

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