Les recherches sur les jumeaux, en particulier les jumeaux monozygotes (MZ) et dizygotes (DZ), occupent une place centrale en criminologie biosociale pour évaluer l’influence des facteurs génétiques et environnementaux sur les comportements criminels.Semblables à 100%? Vraiment?
L’étude des jumeaux repose sur l’idée d’unesimilarité parfaite, une étude islandaise de 2021 sur 387 paires de jumeaux a identifié des mutations précoces qui permettent de différencier les MZ, ouvrant par exemple la voie à des applications en criminologie judiciaire pour identifier un suspect parmi des jumeaux (Par exemple, dans l’affaire des frères Gomis (2013, Marseille), l’impossibilité de différencier l’ADN des jumeaux MZ a compliqué l’enquête jusqu’à ce qu’un aveu clarifie la situation. Ces avancées pourraient réduire les risques de « crime parfait » en identifiant le jumeau coupable), mais aussi vient nuancer ce principe de similarité à 100%.
Par ailleurs les études de jumeaux supposent que les MZ et les DZ partagent des environnements équivalents, ce qui permet d’attribuer les différences de concordance aux gènes. Cependant, des recherches montrent que les MZ sont souvent traités plus similairement (mêmes amis, même éducation) que les DZ, ce qui peut fausser les estimations de l’héritabilité. Callie Burt et Ronald Simons (2014) ont critiqué ce postulat, arguant qu’il surestime l’influence génétique au détriment des facteurs sociaux.
Les études
Les cas rares de MZ séparés à la naissance, étudiés notamment par l’Université du Minnesota, montrent que les similitudes dans les comportements criminels persistent même en l’absence d’un environnement commun, renforçant l’idée d’une prédisposition génétique.
« Depuis 1979, une étude continue sur des jumeaux monozygotes et dizygotes, séparés dès leur plus jeune âge et élevés séparément, a soumis plus de 100 paires de jumeaux ou triplés élevés séparément à une semaine d’évaluation psychologique et physiologique intensive. Comme dans les études précédentes, plus modestes, sur des jumeaux monozygotes élevés séparément, environ 70 % de la variance du QI s’est avérée être associée à la variation génétique. Sur plusieurs mesures de la personnalité et du tempérament, des intérêts professionnels et de loisirs, et des attitudes sociales, les jumeaux monozygotes élevés séparément sont à peu près aussi similaires que les jumeaux monozygotes élevés ensemble. Ces résultats prolongent et corroborent ceux de nombreuses autres études sur les jumeaux, les familles et l’adoption. Il est plausible de supposer que les différences génétiques influencent les différences psychologiques de manière largement indirecte, en influençant l’environnement effectif de l’enfant en développement. Cette preuve de la forte héritabilité de la plupart des traits psychologiques, interprétée de manière raisonnable, ne diminue en rien la valeur ou l’importance de l’éducation parentale, de l’éducation scolaire et d’autres interventions propédeutiques ».
Les résultats semblent donc confirmer que des traits comme l’impulsivité ou la recherche de sensations fortes, partiellement héréditaires, peuvent prédisposer aux comportements délinquants, en particulier lorsque ces traits interagissent avec des environnements défavorables. Par exemple, un jumeau MZ élevé dans un milieu socio-économique difficile pourrait exprimer ces traits par des actes de vol, tandis que son jumeau dans un environnement stable pourrait canaliser ces mêmes traits dans des activités non criminelles (comme le sport extrême).

Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.