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FRANCE CULTURE, Emission « Sur les docks »  (07/01/2015) Collection Enquêtes: Drogués au long cours

Ils ont goûté, dans leur jeunesse, différents produits illicites. De nos jours, ils sont convenablement insérés socialement, avec une situation professionnelle stable, une famille et des amis, tout en continuant à faire usage de stupéfiants.

Anne fume du cannabis depuis bientôt trente ans. Elle vit à la campagne et plante chaque année une douzaine de graines de Cannabis sativa var. indica dans son jardin, qui produiront largement assez pour assurer sa consommation quotidienne. Le coût est minime, la marijuana obtenue est de bonne qualité et Anne ne fréquente ainsi aucun dealer. Le surplus, quand il y en a, est offert aux copains, ce qui constitue d’ailleurs le délit de trafic de stupéfiants, même sans profit pécuniaire.

François a longtemps fumé son joint, le soir, dans l’atelier qui jouxte sa maison, de façon à ne pas éveiller l’attention de sa fille, qui s’en est aperçue tout de même, et s’en est alarmée. Du coup, François a rompu avec sa vieille habitude. Marc a eu une expérience similaire, mais a décidé de continuer à fumer, après avoir expliqué tant bien que mal à sa progéniture que c’était bien moins dangereux qu’on ne le disait à l’école ou dans le journal.

Rémy s’est un peu lassé de l’héroïne, après s’en être injecté pendant huit ans, et s’est tourné vers la cocaïne. Il exerce un métier très prenant et à forte responsabilité. Ivan, lui, peut être considéré comme un rescapé : après quarante ans d’héroïne quotidienne, il est depuis peu “substitué” à la méthadone. Il est toujours allé au travail le matin ; ses collègues n’ont jamais rien su de sa toxicomanie, sa fille non plus.

Les vieux drogués savent pertinemment que leur comportement enfreint la morale et la loi, mais le font parce qu’ils aiment le produit et parce qu’ils n’ont jamais véritablement remarqué que leur addiction pourrait avoir une incidence néfaste sur leur vie sociale ou sur leur liberté. Ils n’ignorent pas non plus ce paradoxe selon lequel l’État français est prohibitionniste à l’égard des stupéfiants, mais exerce son pouvoir sur un territoire où la consommation de drogues atteint des records. Ils connaissent les risques pénaux qu’ils encourent, suivent les aménagements législatifs susceptibles de les concerner, pour éviter l’incarcération, et se droguent, « en conscience ».

Avec :
Anne, François, Ivan, Louise, Marc, Rémy, consommateurs
Jean Dugarin, psychiatre, toxicologue, addictologue

Intervenir efficacement sur le besoin criminogène des loisirs et des activités récréatives chez les toxicomanes judiciarisés; Essai sous la supervision de Madame Chantal Fredette, présenté dans le cadre de la Maîtrise en intervention en toxicomanie

RÉSUMÉ:

Les loisirs s’avèrent contributifs à la criminalité, s’inscrivant dans une dynamique d’oisiveté chez le délinquant. S’appuyant sur les principes du modèle Risque-BesoinsRéceptivité développé par Andrews et Bonta (2010), cet essai avait pour but de développer une intervention ciblant le besoin criminogène des loisirs et des activités récréatives, dédiée aux personnes délinquantes placées sous la responsabilité du CRC Arc-en-Soi des régions du Bas St-Laurent et de la Gaspésie. Pour ce faire, des entrevues semi-directives ont été réalisées auprès de quatre professionnels reconnus pour leur expertise dans les domaines visés. Les données recueillies dans le cadre de ces entretiens ont principalement permis d’explorer la pertinence d’une telle intervention et d’en déterminer les principales composantes. Une telle intervention est jugée essentielle dans le cadre de programmes de réadaptation et de réinsertion sociale visant la réduction des risques de récidive criminelle, et ce, tant du point de vue des répondants que des travaux recensés dans la littérature. Elle doit favoriser la pratique de loisirs chez les contrevenants, tout en leur permettant de déterminer et de surmonter les obstacles liés à cette pratique. Elle doit également viser l’enseignement des bienfaits du loisir. Cet essai se conclut par la proposition d’une intervention. MOTS CLÉS : loisirs et activités récréatives, besoin criminogène, intervention correctionnelle

Intervenir efficacement sur le besoin criminogène des loisirs et des activités récréatives chez les toxicomanes judiciarisés

Pr Bastien Quirion, directeur du  departement de criminologie (Université d’Ottawa): Modalités et enjeux du traitement sous contrainte

Cette conférence a été présentée dans du cadre du Séminaire du RISQ (Recherche et intervention sur les substances psychoactives – Québec) sur la toxicomanie et le traitement sous contrainte qui a eu lieu le jeudi 21 février 2013 à Montréal.

Pr Natacha Brunelle, Dept de psychoéducation (Ottawa):  L’intégration des services pour les personnes judiciarisées ayant des problème de toxicomanie : la parole aux clients.

Cette conférence a été présentée dans du cadre du Séminaire du RISQ (Recherche et intervention sur les substances psychoactives – Québec) sur la toxicomanie et le traitement sous contrainte qui a eu lieu le jeudi 21 février 2013 à Montréal.