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La psychologie légale est souvent réduite à l’image du psychologue à la barre, livrant un diagnostic sur la dangerosité ou la santé mentale d’un prévenu. Cette vision, bien que réelle, est terriblement réductrice. L’ouvrage qui a dejà 20ans, dirigé par Alan M. Goldstein, Forensic Psychology: Emerging Topics and Expanding Roles (Wiley, 2006), nous offre un tout autre panorama. Il révèle une discipline en pleine effervescence, qui ne cesse d’étendre son champ d’action et d’affiner ses méthodes.

L’émergence d’un standard de soins en psychologie légale

DAlan M. Goldstein pose une question fondamentale : existe-t-il une « bonne manière » de conduire une évaluation psychologique en contexte judiciaire ? La réponse est nuancée mais optimiste : un standard de soins est en train d’émerger, fruit de décennies de recherche, de jurisprudence et de réflexion éthique.

Ce standard repose sur plusieurs piliers :

  • L’expertise éthique et déontologique : L’expert doit non seulement maîtriser le Code de déontologie de l’APA (2002), mais aussi les Specialty Guidelines for Forensic Psychologists (1991). Ces textes rappellent que l’expert n’est pas un thérapeute déguisé. Il doit éviter les conflits d’intérêts, les rôles doubles (thérapeute/expert) et les dérives partisanes. Comme le souligne Paul Lipsitt (chapitre 7), la confidentialité en évaluation légale est très différente de celle en thérapie : elle est limitée, et l’expert doit en informer clairement la personne évaluée dès le début de la relation.
  • La maîtrise du cadre juridique : Un expert légiste doit connaître les lois, les précédents jurisprudentiels et les règles de preuve de sa juridiction. John Petrila (chapitre 9) et Michael Perlin (chapitre 13) analysent les évolutions récentes du droit civil et pénal, montrant comment des arrêts comme Atkins v. Virginia (2002) ou Sell v. United States (2003) redéfinissent le rôle de l’expert.
  • La méthodologie rigoureuse : L’expert doit croiser les sources d’information (entretiens, tests, données collatérales) et évaluer systématiquement le style de réponse (malingering, exagération, minimisation). Kirk Heilbrun et ses collègues (chapitre 2) proposent 29 principes directeurs pour structurer l’évaluation, depuis la préparation jusqu’à la communication des résultats. Ils insistent sur l’importance de la scientific reasoning et de l’utilisation de données à la fois idiographiques et nomothétiques.
  • Une communication claire et impartiale : Les rapports et les témoignages doivent être compréhensibles par des non-spécialistes (juges, jurés) tout en restant scientifiquement fondés. Steven Bank et Ira Packer (chapitre 16) proposent un modèle de communication en trois composantes (l’orateur, le message, l’auditoire) pour maximiser la crédibilité de l’expert.

L’essentiel : l’expert légiste n’est pas un avocat. Il doit rester impartial, documenter ses démarches et être prêt à voir ses conclusions contestées lors d’un contre-interrogatoire. La qualité de son travail se mesure à sa capacité à résister à l’épreuve du contradictoire.

La boîte à outils de l’expert : évaluer avec méthode

L’évaluation psychologique légale ne s’improvise pas. L’ouvrage consacre plusieurs chapitres aux instruments les plus utilisés, avec un regard critique sur leurs forces et leurs limites.

Les tests de personnalité : des alliés à manier avec précaution

  • Le MMPI-2 : Véritable « gold standard » des inventaires de personnalité, il est toutefois vulnérable aux stratégies de dissimulation. Roger Greene (chapitre 3) rappelle que les normes disponibles ne représentent pas toujours les populations judiciaires (jeunes, issus de minorités, moins éduqués). Il insiste sur l’importance des échelles de validité (F, L, K, VRIN, TRIN) pour détecter les réponses exagérées ou minimisées. Il met également en garde contre l’interprétation des profils en dehors de leur contexte (expertise pénale vs civile) et souligne la nécessité de vérifier la stabilité des profils dans le temps.
  • Le Personality Assessment Inventory (PAI) : Plus récent (1991), il bénéficie d’un niveau de lecture abaissé (4e année) et d’échelles de validité intégrées (NIM, PIM, RDF, MAL). Leslie Morey, Megan Warner et Christopher Hopwood (chapitre 4) montrent son utilité dans l’évaluation du risque suicidaire (SUI, SPI), de la dangerosité (AGG, VPI) et de la crédibilité des plaintes pour stress post-traumatique. Ils soulignent sa capacité à discriminer les simulateurs des vrais patients, notamment grâce à la Rogers Discriminant Function (RDF).
  • Le Rorschach : Malgré les controverses sur sa fiabilité, qui entre temps se sont enormemement developpées depuis 2006, Irving Weiner  défend son usage en appui de données empiriques (système intégré de Exner). Il précise que ses indices (DEPI, PTI, WSum6, HVI) peuvent aider à objectiver un trouble de la pensée, une dépression ou une hypervigilance, à condition de les interpréter en contexte et de manière structurée. Il propose des stratégies pour présenter les résultats Rorschach à la barre (utilisation de données structurales, formulation nomothétique, recours à des qualificatifs).

La neuropsychologie : un allié de poids

L’expert légiste est souvent confronté à des cas où un trouble neurologique sous-jacent peut altérer la responsabilité ou la compétence. Wilfred van Gorp (chapitre 6) souligne l’importance de recourir à un neuropsychologue spécialisé pour des évaluations approfondies. Il propose une grille de dépistage cognitif (WAIS-III, Trail Making Test, Stroop) permettant au psychologue généraliste d’identifier les signaux d’alerte. Il insiste sur la nécessité d’utiliser des données normatives actualisées et adaptées à la population évaluée, et sur l’importance d’évaluer la motivation du sujet (test of memory malingeringvalidity indicator profile).

En pratique : tout expert qui soupçonne un trouble neurocognitif doit orienter vers un confrère compétent. Témoigner sur un domaine qui dépasse ses compétences expose à des critiques dévastatrices et à des plaintes pour exercice illégal de la médecine.

Les nouveaux champs d’investigation de la psychologie légale

L’une des forces de l’ouvrage est d’explorer des thématiques longtemps négligées, illustrant l’élargissement du périmètre d’intervention.

La psychologie civile : bien au-delà de la garde d’enfants

  • La maltraitance des personnes âgées : Beth Rom-Rymer (chapitre 24) détaille les spécificités de l’évaluation des séquelles psychologiques chez les sujets âgés, en tenant compte des troubles cognitifs préexistants, des lourdeurs médicamenteuses et de la difficulté à établir un lien de causalité. Elle propose une méthodologie en plusieurs étapes : examen des antécédents médicaux, analyse des dossiers de la maison de retraite, entretiens avec la famille et le personnel, et évaluation neuropsychologique et psychologique (WAIS-III, WMS-III, MMPI-2, MCMI-III, tests de simulation). Elle présente un cas clinique illustrant les défis de l’expertise dans ce domaine.
  • La capacité à consentir aux soins : Jennifer Moye, Michele Karel et Jorge Armesto (chapitre 11) proposent une grille d’analyse en cinq volets (compréhension, appréciation, raisonnement, expression d’un choix et valeurs personnelles). Ils présentent des outils comme le MacCAT-T, le HCAT ou l’Aid to Capacity Evaluation, et soulignent l’importance d’évaluer l’impact de la dépression et des troubles cognitifs sur le jugement. Ils abordent également la question des directives anticipées et des procurations.
  • La fin de vie : Barry Rosenfeld et Colleen Jacobson (chapitre 25) abordent les dilemmes liés au suicide assisté (légal dans l’Oregon), aux directives anticipées et aux refus de soins. Ils analysent les arrêts fondateurs (CruzanGlucksbergQuill) et les critères de l’Oregon Death with Dignity Act. Ils insistent sur l’évaluation fine de la dépression (qui peut altérer le jugement sans rendre incompétent) et des troubles cognitifs.

La psychologie criminelle : de la condamnation à la réinsertion

  • Les sentences fédérales : Daniel Krauss et Alan Goldstein (chapitre 14) analysent l’impact des Federal Sentencing Guidelines et de l’arrêt Booker v. United States (2005). Ils montrent comment l’expert peut désormais intervenir en atténuation, notamment via des départs pour capacité diminuée (§5K2.13), comportement aberrant (§5K2.20) ou contrainte (§5K2.12). Ils présentent des cas cliniques illustrant ces possibilités.
  • L’évaluation post-condamnation : Eric Drogin (chapitre 15) explore les recours juridiques (habeas corpus, ineffective assistance of counsel) où le psychologue peut être amené à réexaminer l’expertise initiale, à évaluer la compétence du prévenu au moment des faits ou à estimer sa dangerosité pour une libération conditionnelle. Il aborde les questions éthiques liées à ce type d’expertise (confidentialité, partis pris, obligations de signalement).

Des populations spécifiques

  • Les mineurs délinquants : Randy Borum et Thomas Grisso (chapitre 21) intègrent les apports de la psychopathologie développementale pour évaluer la compétence et la culpabilité des adolescents. Ils soulignent que l’immaturité psychosociale (contrôle des impulsions, résistance à la pression des pairs, anticipation des conséquences, prise de perspective) doit être prise en compte comme un facteur atténuant. Ils discutent des implications de l’arrêt Roper v. Simmons (2005) qui interdit la peine de mort pour les mineurs.
  • Les survivants d’abus sexuels par des clercs ou des enseignants : William Foote (chapitre 22) dresse un panorama des enjeux juridiques (responsabilité vicariante, prescription) et cliniques (traumatisme complexe, faux souvenirs, séquelles à long terme) de ces affaires très médiatisées. Il analyse les données de la conférence des évêques américains (2004) et les études sur l’impact des abus par des figures d’autorité.
  • La psychologie en milieu carcéral : Joel Dvoskin, Erin Spiers et Stanley Brodsky (chapitre 23) décrivent le rôle du psychologue en prison (évaluation à l’entrée, prévention du suicide, gestion des troubles mentaux graves, consultation auprès des équipes de sécurité). Ils abordent les questions juridiques (8e amendement, Estelle v. GambleRuiz v. Estelle) et éthiques (conflit entre sécurité et soins, double loyauté) spécifiques à ce contexte.

L’expert à la barre : entre science et rhétorique

Témoigner en justice est un art subtil. L’ouvrage consacre plusieurs chapitres à la préparation du psychologue à cette épreuve.

Les clés d’un témoignage efficace

  • La communication : Steven Bank et Ira Packer (chapitre 16) proposent un modèle de communication en trois composantes (l’orateur, le message, l’auditoire). L’expert doit soigner sa crédibilité (qualifications, impartialité, style), structurer son discours (appels logiques et émotionnels) et anticiper les objections.
  • La défense de la méthodologie : L’expert doit être prêt à justifier ses méthodes à la lumière des critères Daubert (1993) et Frye (1923). Il doit expliquer le fondement scientifique de ses tests, leur taux d’erreur, leur validation par les pairs et leur acceptation dans la communauté scientifique.
  • La gestion du contre-interrogatoire : Les stratégies d’affaiblissement de la crédibilité (manque de compétence, méthodologie discutable, antécédents de témoignages partisans, rémunération) sont passées en revue, avec des conseils pour y répondre sans perdre son sang-froid. L’expert doit notamment distinguer son opinion personnelle des données objectives des tests.

Les risques juridiques de l’expertise

  • La responsabilité professionnelle : Stuart Greenberg et ses coauteurs (chapitre 17) analysent la jurisprudence relative à la responsabilité civile des experts (immunité, négligence). Ils rappellent que si l’expert bénéficie d’une immunité relative pour ses déclarations à la barre, il peut être poursuivi pour des actes extrajudiciaires (destruction de preuves, diagnostic négligent, dépassement de compétence). Ils soulignent les différences fondamentales entre le rôle thérapeutique et le rôle forensique (objectifs, sources d’information, relation au client).
  • Le consultant hors tribunal : Eric Drogin et Curtis Barrett (chapitre 18) distinguent le rôle du témoin expert de celui du consultant. Ce dernier, non appelé à témoigner, peut assister l’avocat dans la préparation du dossier, la sélection des experts adverses, l’élaboration des stratégies de contre-interrogatoire, et la préparation des témoins.

Une discipline en mouvement perpétuel

Forensic Psychology: Emerging Topics and Expanding Roles est bien plus qu’un manuel. C’est un manifeste pour une psychologie légale qui s’affranchit des frontières disciplinaires et s’empare des questions de société les plus brûlantes : la fin de vie, les violences institutionnelles, la vulnérabilité des mineurs, la santé mentale en prison.

Pour le criminologue, cet ouvrage est une mine d’informations. Il permet de comprendre comment la justice intègre, parfois difficilement, les apports de la psychologie. Il éclaire les tensions entre la quête de vérité scientifique et les impératifs du procès pénal. Il souligne enfin le rôle crucial de la formation continue et de la veille jurisprudentielle pour tout expert souhaitant exercer avec rigueur et éthique.

En définitive, cet ouvrage nous rappelle que la psychologie légale n’est pas une science figée. Elle est un chantier permanent, où chaque affaire, chaque loi, chaque décision de justice contribue à redessiner les contours du métier. Un métier qui, comme le montre ce livre, n’a jamais été aussi exigeant et aussi passionnant.


Référence principale :
Goldstein, A. M. (Ed.). (2006). Forensic Psychology: Emerging Topics and Expanding Roles. Hoboken, NJ: Wiley.

Autres ressources utiles :

  • Committee on Ethical Guidelines for Forensic Psychologists. (1991). Specialty guidelines for forensic psychologists. Law and Human Behavior, 15, 655-665.

  • Heilbrun, K. (2001). Principles of Forensic Mental Health Assessment. New York: Kluwer Academic/Plenum Press.

  • Melton, G. B., Petrila, J., Poythress, N. G., & Slobogin, C. (1997). Psychological evaluations for the courts (2nd ed.). New York: Guilford Press.

Quand la criminologie rencontre la psychiatrie légale

Dans le domaine de la psychiatrie judiciaire, l’une des décisions les plus complexes et éthiquement chargées concerne la libération de patients détenus en hôpital de sécurité. Comment déterminer objectivement si un patient trouvé non-coupable pour raison de démence ou inapte à subir son procès est prêt à rejoindre la communauté ? C’est précisément dans ce contexte que l’outil DUNDRUM-3  (DANGEROUSNESS UNDERSTANDING, RECOVERY and URGENCY MANUAL (THE DUNDRUM QUARTET) (2013) Four Structured Professional Judgement Instruments for Admission Triage, Urgency, Treatment Completion and Recovery Assessments) a été développé à l’Hôpital Central Mental de Dundrum en Irlande

Le DUNDRUM-3 ne mesure pas directement le risque de violence comme le fait l’HCR-20, mais évalue quelque chose de tout aussi crucial : la complétion des programmes thérapeutiques et la réadaptation du patient. Cette approche structure le jugement professionnel pour rendre les décisions de libération plus transparentes, reproductibles et justes.

L’esprit du DUNDRUM Toolkit

DUNDRUM est une suite d’outils complémentaires développés à Dundrum:

  • DUNDRUM-1 & 2 : Évaluent le besoin de sécurité thérapeutique à l’admission
  • DUNDRUM-3 : Programme Completion – évalue l’achèvement des traitements
  • DUNDRUM-4 : Recovery – mesure la récupération globale
  • DUNDRUM-5 : Auto-évaluation par le patient (en développement)
Cette suite reflète une philosophie : les décisions en psychiatrie judiciaire ne reposent pas uniquement sur le risque, mais sur un équilibre complexe entre sécurité, droits du patient, et progrès thérapeutique.
Population cible : Patients en milieu médicolégal, détenus sous autorité légale, patients spéciaux, patients en réadaptation psychiatrique sécurisée.

FORMATION REQUISE

  • Durée : 2,5 heures initiales
  • Contenu : Manuel, études de cas, cotation conjointe de vignettes
  • Rafraîchissement : Tous les 6 mois recommandé
  • Professionnels concernés : Psychiatres, infirmiers, psychologues, travailleurs sociaux, ergothérapeutes

dangerousness-understanding-recovery-and-urgency-manual (ENG)

Boîte à outils Dundrum (FR)

Description des Items :

ÉCHELLE 1: DUNDRUM-1 –TRIAGE SECURITY

Code Item Description
TS1 Violence grave (Serious violence) Histoire de violence grave ou potentiel de violence sévère nécessitant environnement sécurisé
TS2 Automutilation grave (Serious self-harm) Risque élevé d’automutilation ou de suicide nécessitant surveillance intensive
TS3 Imminence de la violence (Immediacy of violence) Proximité temporelle du risque de violence
TS4 Imminence de l’automutilation (Immediacy of self-harm) Proximité temporelle du risque d’automutilation
TS5 Besoins spécifiques médicolégaux (Special forensic need) Besoins particuliers liés au contexte médicolégal (expertise, évaluation)
TS6 Risque de fugue/évasion (Absconding) Potentiel de quitter l’établissement sans autorisation
TS7 Prévention de l’accès (Preventing access) Nécessité de contrôler l’accès au patient pour sa sécurité et celle des autres
TS8 Enjeux liés aux victimes (Victim issues) Sensibilité des victimes, enjeux de confiance publique
TS9 Risque de violence général (Risk of violence) Évaluation globale du risque de violence
TS10 Comportement institutionnel (Institutional behaviour) Comportement dans l’environnement institutionnel
Score total : 0-44
Interprétation : Plus le score est élevé, plus le besoin de sécurité thérapeutique est important.

ÉCHELLE 2 : DUNDRUM-2 – TRIAGE URGENCY ITEMS

6 items – Évaluation de l’urgence d’admission
Échelle dynamique sensible aux changements, utilisée pour prioriser les patients sur liste d’attente. Chaque item est coté de 0 à 4 :
  • 4 : Admission immédiate requise
  • 0 : Aucun besoin actuel d’admission
Code Item Description
TU1 Situation actuelle (Location) Évalue l’urgence selon le lieu actuel :
– Prison (détenus en attente de jugement)
– Prison (condamnés)
– Hôpital moins sécurisé
– Communauté
– Autre
TU2 Santé mentale (Mental health) Détresse psychiatrique actuelle, symptômes, besoin de traitement intensif
TU3 Prévention du suicide/automutilation (Suicide prevention) Risque immédiat de suicide ou d’automutilation nécessitant intervention urgente
TU4 Considérations humanitaires/droits humains (Humanitarian) Respect de la dignité, conditions de détention, obligations humanitaires
TU5 Facteurs systémiques (Systemic issues) Pressions du système, disponibilité de lits, attentes organisationnelles
TU6 Urgence légale (Legal urgency) Délais légaux, obligations judiciaires, statut légal
Score total : 0-24
Interprétation : Score ≥ 15 indique urgence élevée. Score moyen chez les patients admis : 15,9 (SD 4,7).

ÉCHELLE 3 : DUNDRUM-3 – PROGRAMME COMPLETION ITEMS

7 items principaux (+ 1 item culturel non coté) – Évaluation de la progression thérapeutique
Les « 7 piliers des soins et du traitement » (7 Pillars of Care and Treatment). Chaque item est coté de 0 à 4 :
  • 4 : Pas prêt pour un transfert vers un niveau de sécurité inférieure
  • 3 : Peut-être prêt pour un transfert
  • 2 : Prêt pour un niveau de sécurité faible
  • 1 : Prêt pour un placement communautaire
  • 0 : Prêt pour une sortie absolue
Code Item Description
P1 Santé physique (Physical Health) État de santé général, soins médicaux, suivi physique
P2 Santé mentale (Mental Health) Maîtrise des symptômes psychiatriques, stabilité émotionnelle
P3 Toxicomanie et alcool (Drugs and Alcohol Recovery) Abstinence, gestion des addictions, programme de désintoxication
P4 Comportements problématiques (Problem Behaviours) Comportements liés aux infractions, gestion de la colère, contrôle des impulsions
P5 Autonomie et activités de la vie quotidienne (Self Care and ADL) Capacités d’auto-soins, hygiène, gestion du budget, cuisine, etc.
P6 Éducation, occupation et créativité (Education, Occupation, Creativity) Engagement dans l’éducation, activités professionnelles, occupations structurées
P7 Famille et relations intimes (Family and Intimate Relationships) Relations familiales, compétences sociales, soutien social
P8 Culture (Cultural) Item non coté mais considéré comme intégral au rétablissement de nombreux patients
Score total : 0-28 (pour les 7 items cotés)
Objectif : Plan de rétablissement complet (Health Care Recovery Plan – HCRP) développé dans les 6 semaines suivant l’admission, puis mis à jour tous les 6 mois.

ÉCHELLE 4 : DUNDRUM-4 – RECOVERY ITEMS

7 items – Évaluation du rétablissement
Mesure les progrès vers le rétablissement clinique et personnel. Chaque item est coté de 0 à 4 avec la même échelle de référence que DUNDRUM-3.
Code Item Description
R1 Stabilité (Stability) Stabilité symptomatologique, adhésion au traitement, gestion des crises
R2 Insight (Insight) Conscience de la maladie, compréhension des problèmes, acceptation
R3 Alliance thérapeutique (Therapeutic rapport) Relation avec l’équipe soignante, capacité à travailler en collaboration
R4 Permissions de sortie (Leave) Niveau de permissions accordées (non accompagné, accompagné, aucune)
R5 Risques dynamiques (Dynamic Risk Items) Facteurs de risque dynamiques évalués via HCR-20 (hostilité, gestion des problèmes, etc.)
R6 Sensibilité aux victimes (Victim Sensitivity Items) Prise de conscience de l’impact sur les victimes, responsabilisation
R7 Espoir (Hope) Sentiment d’espoir pour l’avenir, motivation pour le changement
Score total : 0-28
Validation : Excellentes propriétés psychométriques. Prédit les transferts entre niveaux de sécurité et les sorties conditionnelles (AUC = 0,844-0,961).

UTILISATION CLINIQUE

Gradation des scores : Une échelle de progression

L’interprétation des scores est pragmatique et liée à l’action :
  • Principalement des 4 : Le patient n’est pas prêt pour un transfert vers moins de sécurité
  • Principalement des 3 : Prêt pour un transfert de haute à moyenne sécurité
  • Principalement des 2 : Prêt pour un transfert de moyenne à basse sécurité
  • Principalement des 1 : Prêt pour un placement en milieu ouvert
  • Principalement des 0 : Prêt pour une libération absolue
Cette échelle permet aux cliniciens de visualiser la trajectoire de réadaptation et de communiquer clairement où se situe le patient dans son parcours.

Validation scientifique : Des propriétés psychométriques solides

DUNDRUM-1 Triage Security Items

Une étude prospective de 56 patients éligibles à la libération a démontré les performances du DUNDRUM-3:

  • Aire sous la courbe (AUC) de 0,902 pour prédire les libérations (p < 0,001)
  • Cohérence interne élevée (alpha de Cronbach de 0,87 dans une autre étude)
  • Fiabilité inter-juges satisfaisante quand utilisé par des psychiatres formés
HCR-20 vs Dundrum: L’achèvement du programme thérapeutique est un meilleur prédicteur de la décision de libération que le risque de violence lui-même.

Au-delà du risque : Une approche holistique

Le DUNDRUM-3 capture des dimensions absentes des outils d’évaluation du risque traditionnels:
  • Théorie de la motivation : L’engagement du patient dans son traitement
  • Cycle du changement : Où se situe-t-il dans les stades de précontemplation à l’action ?
  • Alliance thérapeutique : La qualité de la relation patient-soignant
  • Rétablissement : La progression vers l’autonomie
Ces éléments sont essentiels car les il ne s’agit pas d’évaluer uniquement le risque – mais d’apprécier également la capacité du patient à gérer ce risque en milieu communautaire.

Application pratique : De la théorie à la décision

Le DUNDRUM-3 se distingue des outils actuariels par son fonctionnement :
  1. Jugement professionnel structuré : Ce n’est pas un simple score qui décide, mais un cadre guidant la réflexion clinique
  2. Transparence : Chaque item est défini opérationnellement, rendant les décisions explicables
  3. Communication : Fournit un langage commun entre cliniciens, avocats et juges
  4. Reproductibilité : Des cliniciens différents arrivent à des évaluations similaires quand formés
Dans l’étude irlandaise, les patients libérés avaient des scores significativement meilleurs sur TOUS les items du DUNDRUM-3, démontrant que chaque domaine contribue à la décision finale.

Implications pour la pratique criminologique

Pour les criminologues et praticiens, le DUNDRUM-3 offre plusieurs leçons :
  1.  La libération n’est pas juste l’absence de risque: C’est la présence de capacités de gestion du risque. Un patient peut présenter un risque modéré mais des capacités de réadaptation élevées, rendant la libération justifiée.
  2.  La transparence judiciaire: Les décisions basées sur un jugement clinique non structuré sont difficiles à reviewer. Le DUNDRUM-3 crée une trail documentaire expliquant pourquoi une libération est ou non recommandée.
  3.  L’équité procédurale: En standardisant l’évaluation, l’outil réduit les biais implicites et assure que tous les patients sont évalués sur les mêmes critères pertinents.
  4.  La recherche évaluative: L’outil permet de mesurer les résultats non seulement en termes de récidive, mais de parité avec les décisions de libération, ouvrant la voie à l’audit clinique.
Le DUNDRUM-3 représente une avancée majeure en psychiatrie judiciaire : il structure l’intuition clinique sans la remplacer, il quantifie le progrès sans ignorer la complexité humaine, et il guide la justice sans déshumaniser le patient.
Pour les criminologues, il illustre un principe fondamental : l’évaluation de la dangerosité ne suffit pas. La justice pénale moderne exige des outils qui capturent la capacité de réinsertion, la motivation pour le changement, et la maturation thérapeutique. Le DUNDRUM-3 offre précisément ce cadre manquant.
Dans un monde où la transparence et la responsabilité sont de plus en plus exigées des tribunaux et des cliniciens, ce type d’outil n’est pas seulement utile – il est essentiel pour concilier sécurité publique, droits des victimes, et dignité du patient dans les décisions les plus difficiles du système de santé mentale judiciaire.
Références:

La triade de MacDonald postule que la cruauté envers les animaux, les incendies et l’énurésie dans l’enfance sont révélateurs d’un comportement agressif et violent à l’âge adulte.
La triade de MacDonald ( John M. Macdonald (1963) The Threat to Kill, American Journal of Psychiatry) fait référence à l’idée que ces trois signes peuvent indiquer si quelqu’un deviendra un tueur en série ou un autre type de délinquant violent :

1. être cruel ou violent envers les animaux, en particulier les animaux de compagnie (animal = une « pratique » pour tuer des gens)
2. mettre le feu à des objets ou commettre des actes mineurs d’incendie criminel (la pyromanie est souvent une activité sexuellement stimulante pour les futurs tueurs).
3. Faire pipi au lit, persister après l’âge de cinq ans

La triade de Mc Donald: Mythe ou réalité ? Un peu des deux…

Charlotte Hannah ParfittEmma Alleyne (2018) Not the Sum of Its Parts: A Critical Review of the MacDonald Triad

« La triade MacDonald postule que la cruauté envers les animaux, les incendies et l’énurésie dans l’enfance sont des indicateurs d’un comportement agressif et violent ultérieur chez l’adulte. Les chercheurs considèrent ce phénomène comme un précurseur de comportements antisociaux ultérieurs, notamment les meurtres en série et les meurtres sexuels, tandis que les praticiens citent la triade dans leurs formulations cliniques et leurs évaluations des risques. Cependant, il n’y a pas encore eu d’examen critique et de consolidation de la littérature permettant d’établir s’il existe un soutien empirique. Cet article étudie la validité de la triade. Nous avons procédé à une analyse narrative des études pertinentes portant sur la triade de MacDonald et ses composantes individuelles. Il existe des preuves que n’importe lequel des comportements de la triade peut prédire une future infraction violente, mais il est très rare de trouver les trois comportements ensemble en tant que prédicteurs. Ainsi, la recherche empirique sur la triade MacDonald ne corrobore pas entièrement son postulat. Il semblerait plutôt que la triade, ou ses composantes individuelles, soit mieux utilisée comme indicateur d’environnements familiaux dysfonctionnels ou de mauvaises capacités d’adaptation chez les enfants. Les recherches futures devront s’appuyer sur des méthodologies solides et rigoureuses (par exemple, des groupes de contrôle adéquats, des modèles longitudinaux) afin d’établir pleinement la validité de la triade de MacDonald. Enfin, il convient d’examiner plus avant si les comportements de la triade sont plus révélateurs d’autres résultats problématiques (par exemple, l’adaptation inadaptée aux facteurs de stress de la vie). »

L’absence de preuves empiriques n’empêche pas l’omniprésence de la triade de Mc Donald

Ramisa Haque (revue the spectator , Numéro 7, Volume 113)  interroge le fait que l’absence de preuves empiriques de cette triade n’a néanmoins pas permis de réduire son omniprésence dans les médias et même dans les milieux universitaires.

« En 1963, le psychiatre judiciaire John M. Macdonald a présenté cette théorie dans un article intitulé « The Threat to Kill », publié dans l’American Journal of Psychiatry. Tout en reconnaissant l’influence des traumatismes subis dans l’enfance sur le développement de la psychopathie, il a constaté que trois facteurs de l’enfance – les départs de feu, la cruauté envers les animaux et l’énurésie – étaient couramment observés chez les enfants qui se montraient plus tard violents. Macdonald a noté cette idée dans un rapport sur 100 patients de l’hôpital psychopathique du Colorado. Les patients étaient de sexe différent, âgés de 11 à 83 ans, et près de la moitié d’entre eux étaient considérés comme psychotiques. Le rapport de Macdonald se fonde uniquement sur le fait que tous ces patients ont été admis après avoir menacé de tuer. Bien que Macdonald ait reconnu que la cruauté envers les animaux, les incendies et l’énurésie constituaient des comportements infantiles importants pour la plupart des patients, il n’a fourni aucun fondement quantitatif à ce point commun, estimant qu’il s’agissait d’une simple généralisation. Cependant, ses collègues chercheurs ont pris ses conclusions comme une déclaration selon laquelle les comportements susmentionnés étaient de bons indicateurs de tendances homicides, une idée qu’ils ont alors inventée sous le nom de triade de Macdonald, ou triade homicide.

Peu après, en 1966, les psychologues Daniel S. Hellman et Nathan Blackman ont établi une corrélation entre la triade et la violence dans une étude portant sur 84 prisonniers, dont les résultats n’ont pas pu être reproduits par d’autres chercheurs. En conséquence, MacDonald réaffirme son hésitation à revendiquer la validité de la théorie dans son livre Homicidal Threats. Malgré l’absence de corroboration dans les études de recherche, l’unité d’analyse comportementale du FBI a adopté la théorie pour faciliter ses enquêtes dans les années 1970. Les émissions de télévision, les films et les livres s’inspirant fréquemment de cette période, les mentions de la triade homicide non vérifiable sont inévitables. L’absence de preuves empiriques du phénomène n’a pas permis d’atténuer son omniprésence dans les médias et les milieux universitaires.

Parallèlement, d’autres chercheurs ont adopté une approche différente en réponse à la recherche de MacDonald, en l’utilisant comme preuve préliminaire de l’étendue des manifestations de la maltraitance dans l’enfance. Les études confirment que la cruauté envers les animaux, les incendies et l’énurésie sont tous des produits de la maltraitance parentale psychologique et physique. Les enfants soumis à des expériences traumatisantes ont besoin d’exutoires où ils peuvent conserver un sentiment d’autonomie et de contrôle. Ils peuvent non seulement exercer leur pouvoir en infligeant des souffrances aux animaux, mais aussi exprimer leur colère et soulager leur stress en allumant des feux. L’énurésie, bien qu’involontaire, est également une réponse directe aux abus, en particulier aux agressions sexuelles. Les comportements de la triade sont de pures réactions aux abus subis pendant l’enfance, tandis que leur effet primordial est le développement de la psychopathie. En termes clairs, les relations parentales toxiques inculquent aux enfants victimes le désir de recréer des situations d’abus. Cela favorise les comportements violents à différents niveaux, allant jusqu’à l’homicide, et parfois même le dépassant. Par conséquent, la corrélation entre les trois comportements et les tendances homicides n’est qu’un sous-produit de la relation de cause à effet entre les enfances abusives et les tendances psychopathiques. Ces nuances sont rarement représentées dans les séries policières qui servent à divertir plutôt qu’à enseigner. »

Transparence

Jeremy F. mills, Daryl G. kroner, Robert D. morgan (2011) CliniCian’s Guide to Violence Risk Assessment, ed Guilford press

« L’approche adoptée lors de l’évaluation des risques de violence doit être transparente. Cela signifie qu’un utilisateur de votre rapport doit pouvoir déterminer exactement les étapes que vous avez suivies, les informations que vous avez jugées essentielles, les instruments que vous avez utilisés et la manière dont vous êtes parvenu à vos conclusions.
Cette approche rend l’évaluation plus défendable, en particulier si beaucoup de temps s’est écoulé depuis  l’évaluation.
Selon votre domaine d’activité, il se peut que vous rédigiez des évaluations qui sont couramment examinées par un juge ou un tribunal dans un cadre judiciaire ou quasi-judiciaire, et il se peut que vous ne soyez pas souvent, voire jamais, appelé à défendre ces évaluations. Cependant, nous vous encourageons à faire en sorte que chaque évaluation que vous rédigez soit une évaluation que vous êtes sûr de pouvoir défendre lors d’un contre-interrogatoire. Nous connaissons des collègues qui ont été appelés à défendre des évaluations 10 ans après les avoir rédigées. Une approche qui utilise le principe de transparence vous permettra de vous rappeler, d’expliquer et de défendre le rapport beaucoup plus facilement.
Une partie de la transparence devrait inclure un processus documenté pour conduire les évaluations de risques. Vous pouvez utiliser une liste de contrôle pour vous assurer que les éléments du processus ne sont pas négligés (Voir plus bas l’exemple de liste de contrôle ).
Une liste de contrôle sera d’autant plus importante si plus d’une ou deux personnes sont impliquées dans le processus d’évaluation. Nous préconisons une normalisation du processus et une justification a priori de la sélection des instruments d’évaluation des risques dans diverses situations d’évaluation des risques.
Une approche standardisée permet d’utiliser la même mesure pour évaluer différents cas. L’utilisation de ces mesures vous rendra plus compétent et vous fera gagner du temps.
En outre, une fois que vous aurez choisi un processus rationnel et défendable, vous serez en mesure de le défendre grâce à votre connaissance de la littérature scientifique. Une approche standardisée permettra également d’accroître la fiabilité des mesures et de réduire les erreurs et la possibilité de manquer des informations vitales. Enfin, une approche standardisée vous permet de répondre facilement aux questions concernant le processus que vous utilisez dans vos évaluations du risque de violence. Elle vous permet d’affirmer en toute confiance que votre approche consiste en certaines procédures spécifiées (meilleures pratiques) et vous permettra de répondre plus facilement aux questions de procédure, ce qui est particulièrement important lorsque vous témoignez devant un tribunal au sujet de vos conclusions et de vos opinions.
Une fois que vous avez établi une approche standardisée, vous devez vous en tenir aux données (résultats centraux). En accord avec Heltzel (2007), gardez à l’esprit que votre objectif est de fournir une évaluation qui soit objective, valide, fiable et reflète la neutralité de l’expert. En pratique, vous y parviendrez en défendant les données qui émergent du processus d’évaluation que vous utilisez. Laissez de côté les jugements subjectifs et concentrez-vous sur les données. Restez proche des données. C’est un bon ami.
Non seulement il s’agit d’une bonne pratique psychologique, mais les tribunaux font pression sur les experts pour qu’ils se concentrent sur les données plutôt que sur une « opinion d’expert » (Hunter et al., 2005).Heilbrun et al. (2007) vont plus loin et suggèrent que lorsque le clinicien détermine qu’il existe des obstacles importants à son impartialité (c’est-à-dire qu’il ressent le désir de défendre les intérêts de la personne évaluée), il doit refuser l’évaluation qui lui est proposée.

Liste de contrôle evaluation

Liste de contrôle pour le processus d’évaluation des risques

Conditions de l’évaluation

Pour qui ? Qui a demandé l’évaluation ? ?
Qui est la personne à évaluer ?
Pour quel(s) comportement(s) violent(s) l’évaluation est-elle demandée ?
Pour quelle décision/procédure cette évaluation est-elle demandée ?
 

Consentement

Compétence déterminée : comment et quand ?
Informé, volontaire, limites à la confidentialité
Date du consentement écrit
Date du consentement verbal (confirmation clinique)
 

Sources d’information

Entretien(s) avec le client (avec entretien structuré)
Entretien(s) collatéral(aux)
Documentation officielle
tests psychométriques
Instruments d’évaluation des risques
Limites liées aux sources d’information
 

Contenu du rapport

Contexte de l’évaluation

Description de la source et de la raison de la référence
Description du processus d’évaluation
Description de la procédure de consentement
Impressions de l’entretien
 

Histoire psychosociale

Famille d’origine, enfance, adolescence
relations conjugales et intimes
éducation, emploi et finances
Loisirs
Consommation/abus de substances
Attitudes (modes de pensée), fréquentations et attributions
Fonctionnement de la santé psychologique/mentale
Développement et comportement psychosexuels (pour les violences sexuelles)
 

Antécédents de violence et de comportement délinquant

antécédents d’infraction
Délit actuel
comportement en institution (en cas d’incarcération)
comportement avant la libération (le cas échéant)
 

Évaluation et gestion du risque

facteurs de risque
estimations actuarielles du risque
plans de libération
recommandations pour la gestion des risques
 

Distribution du rapport

Date à laquelle le rapport a été communiqué à la personne évaluée, possibilité donnée pour obtenir des d’explication
Date des corrections/révisions
Date de distribution du rapport final

Exemple de rapport d’évaluation du risque

 

[Cet échantillon de rapport est basé sur l’évaluation d’un délinquant incarcéré dont la libération conditionnelle sera bientôt envisagée par une commission de libération conditionnelle. L’évaluation du risque fait partie du processus de prise de décision lorsqu’il s’agit d’envisager la libération d’un individu qui a des antécédents de délinquance violente].

Nom : John D. Client

Date de naissance : 1er septembre 1969

Institution : Établissement correctionnel fictif

Date du début de la peine : 1er octobre 2006

Date du rapport : 4 septembre 2009

 

Contexte de l’évaluation

Renvoi

  1. Client est un délinquant de 40 ans condamné à une peine fédérale qui purge une peine de 4 ans et 6 mois pour des délits de vol qualifié et défaut de comparution. M. Client a déjà été condamné pour comportement violent. M. Client va bientôt faire l’objet d’un examen en vue d’une libération conditionnelle, et la commission de libération conditionnelle envisagera une éventuelle mise en liberté surveillée dans la communauté. Conformément à la politique de la politique de la commission des libérations conditionnelles, en raison de son comportement violent, une évaluation du risque de violence a été demandée par son agent de probation, M. Smith, de l’établissement pénitentiaire fictif. L’objectif de cette évaluation est de déterminer les facteurs de risque de récidive générale et violente, de fournir une estimation de la probabilité de récidive et d’identifier des stratégies de gestion de ce risque.

Processus d’évaluation

Cette évaluation est basée sur un entretien de 2 heures avec M. Client au département de psychologie de l’établissement correctionnel fictif le 1er septembre 2009. En outre, M. Client a passé un certain nombre de tests psychométriques le 26 août 2009, qui sont détaillés ci-dessous. Les dossiers de gestion de cas, de discipline, de psychologie et les dossiers médicaux ont été mis à ma disposition et les documents particulièrement pertinents sont détaillés ci-dessous. Les instruments d’évaluation du risque utilisés dans cette évaluation sont les suivants : Level of Service Inventory-Revised (Andrews & Bonta, 1995) , et les indicateurs de gestion des risques du Two-Tiered Violence Risk Estimates (Mills & Kroner, 2005).

Tests psychométriques

  • Compétences académiques fondamentales de Wechsler
  • Inventaire d’évaluation de la personnalité (Morey, 2007)
  • Mesures des attitudes antisociales et des frequentations (Mills, Kroner, & Forth, 2002)
  • Inventaire des attributions criminelles (Kroner & Mills, 2002)

Informations consultées au dossier

  • Rapport de planification de la mise en liberté I. Smith 3 juillet 2009
  • Évaluation de la communauté F. Banks 24 mai 2009
  • Rapport sur les progrès correctionnels, G. Thomas 10 novembre 2008
  • Évaluation du traitement concernant les Abus de substances, D. Jones 2 mai 2008
  • Rapport disciplinaire, K. McIntyre 23 juin 2007
  • Plan correctionnel, C. Bell 14 février 2007
  • Évaluation de l’accueil arrivant, B. Miles 12 décembre 2006
  • Motif du juge pour la condamnation
  • Rapports de police

Consentement

Avant de commencer à passer les tests psychométriques, M. Client a eu l’occasion de lire et de signer volontairement un formulaire de consentement décrivant l’objectif, la nature et le processus de l’évaluation, la partie pour laquelle l’évaluation était réalisée, les limites de la confidentialité, mes exigences en matière de rapport et son droit de se retirer à tout moment.

J’ai examiné avec M. Client le contenu du formulaire, et il a alors montré qu’il comprenait les questions et a indiqué son consentement en signant le formulaire. J’ai déterminé, d’après la discussion que nous avons eue à ce moment-là, que M. Client comprenait clairement le processus et les implications et qu’il était capable de donner un consentement éclairé.

Impressions lors de l’entretien

Les réponses de M. le client aux questions étaient appropriées, aussi descriptives et brèves que la question l’exigeait. M. Client s’est présenté de manière ouverte et a fourni des informations positives et négatives sur lui-même. Il n’a pas tenté d’éluder les questions et a été direct dans ses réponses. Ses réponses aux questions sur les violations antérieures montrent qu’il a su gérer son impression. Sa version de son casier judiciaire avait tendance à différer des versions officielles, il a dénié l’infraction actuelle ou se présentait comme beaucoup moins coupable que ne l’indiquaient les conclusions du tribunal.  Sa description des événements qui ont entouré le délit pour lequel il a été condamné est conforme aux documents officiels. Il n’y a pas eu de contradictions dans son auto-déclaration. L’affect qui l’accompagne est approprié au contenu de l’entretien. L’apparence est soignée. Il n’y avait pas de symptômes psychiatriques manifestes. Sa mémoire semble intacte et il n’a montré aucune difficulté à situer les événements dans l’ordre chronologique et se souvient des dates et heures pertinentes. M. Client était bien orienté par rapport à la personne, au temps et au lieu, et n’a pas exprimé de pensées perturbées, de délires ou d’idées suicidaires/ homicidaires.

 

Toile de fond psycho-sociale

 

Famille d’origine, enfance et adolescence

M.Client est né à Montréal, au Québec, et a été élevé dans une famille biologique intacte. Il s’est rapidement identifié comme la « brebis galeuse » de la famille. Il a déclaré que ses parents sont restés mariés jusqu’au décès de son père, il y a deux ans. Ses trois frères et sœurs sont tous indépendants et vivent dans leur propre famille. Il a indiqué qu’il maintenait des contacts réguliers avec sa mère et sa jeune sœur par le biais de lettres et d’appels téléphoniques occasionnels. Il a déclaré que son frère et sa sœur plus âgés n’ont pas grand-chose à faire avec lui car ils le considèrent comme une « gêne » pour la famille. M.Client a surtout de bons souvenirs de son enfance. Avec le recul, il reconnaît que ses parents ont travaillé dur pour subvenir aux besoins de la famille. Il a déclaré qu’ils n’avaient pas beaucoup de biens matériels dans les premières années, mais ils n’ont jamais manqué de nourriture ou de vêtements. M. Client a rappelé qu’il a commencé à présenter des problèmes de comportement à l’approche de l’adolescence.

M. Client se souvient que ses deux parents ont travaillé pour subvenir aux besoins de la famille après avoir émigré du Royaume-Uni. En raison des difficultés économiques auxquelles la famille était confrontée, ils ont d’abord habité dans un quartier défavorisé, qu’il décrit comme un « mauvais quartier ». Il se souvient que les drogues étaient facilement accessibles dans son école et les confrontations physiques entre élèves étaient fréquentes. La situation économique de la famille s’étant améliorée, ses parents ont finalement déménagé dans un quartier de classe moyenne lorsqu’il avait 14 ans. Il a décrit la difficulté à s’adapter à ce déménagement, et il a gardé des contacts réguliers avec ses amis de l’ancien quartier.

Malgré un environnement familial positif, sans violence verbale, émotionnelle, physique, sexuelle ou de négligence, il a commencé à avoir des problèmes avec ses parents après que lui et ses amis aient été pris en flagrant délit de vol à l’étalage à l’âge de 11 ans.  Il a reconnu qu’il semblait graviter dans de « mauvaises fréquentations » à l’âge de 12ans.

Il a également raconté qu’il défiait ses parents et se faufilait hors de la maison lorsqu’il était puni. Malgré le changement de quartier, M. Client retournerait régulièrement voir ses amis dans son ancien quartier.

À l’âge de 14 ans, M. Client séchait l’école, fumait régulièrement du cannabis et entrait en conflit avec la police pour des vols à l’étalage, possessions de stupéfiants et délits mineurs.

 

Formation, emploi et antécédents financiers

M. Client a déclaré avoir terminé ses études à l’âge de 16 ans. Il a fait état de nombreuses périodes d’absentéisme scolaire avant de quitter l’école, qu’il attribue au temps passé avec ses amis. Il se souvient avoir été suspendu une fois pour s’être battu et une autre fois pour avoir apporté de l’alcool à l’école. Il a déclaré avoir été expulsé avant d’avoir terminé la 10ème année après avoir jeté un livre sur un professeur. M. Client a déclaré avoir informé ses parents un jour qu’il ne retournerait pas à l’école., et les parents n’ont pas insisté.

Les résultats du test Wechsler, administrés dans le cadre de cette évaluation, ont placé M. Client en lecture au niveau de la huitième année, son orthographe au niveau de la 5e année et ses compétences arithmétique au niveau de la 6e année.

Après avoir quitté l’école, M. Client est resté au domicile de ses parents pendant deux ans. Il a déclaré que ses parents insistaient pour qu’il ait un emploi, il a donc trouvé un travail à temps partiel. Ces emplois duraient rarement plus de quelques mois avant qu’il ne démissionne ou qu’il ne soit licencié. Il s’est souvenu qu’au cours de son adolescence, il avait perdu deux emplois parce qu’il avait été incarcéré pendant de brèves périodes. À l’âge adulte, M. Client ne se souvient pas avoir conservé un emploi à temps pendant une période d’un an. Il a énuméré un certain nombre d’emplois qu’il a occupés, mais aucun n’a duré plus de 9 mois. Il a principalement subvenu à ses besoins grâce à l’aide sociale qui a été augmentée par la criminalité (biens volés, vente de marijuana) ; parfois, il a compté sur le soutien de ses partenaires intimes.

 

Relations conjugales et intimes

M. Client a déclaré que sa première expérience sexuelle a eu lieu à l’âge de 15 ans avec une personne du même âge. Il a indiqué qu’il avait eu plusieurs petites amies pendant son adolescence, mais aucune de ces relations n’a duré plus de quelques mois, jusqu’à ce qu’il rencontre la femme qu’il allait épouser. M. Client a déclaré qu’il a toujours été fidèle aux femmes avec lesquelles il a eu des relations, bien qu’il ait indiqué avoir eu un certain nombre de relations sexuelles occasionnelles. Il m’a informé que ses relations sexuelles étaient toutes consenties avec des partenaires féminines d’âge approprié.

Aucun élément du dossier n’indique que M. Client s’est engagé dans un comportement sexuel inapproprié.

M.Client a déclaré avoir été marié deux fois et, plus récemment, avoir vécu une union de fait pendant les quatre dernières années.

Il s’est marié une première fois à l’âge de 20 ans avec une jeune femme qui avait 17 ans à l’époque.

Il a déclaré qu’ils s’étaient mariés après qu’elle soit tombée enceinte de leur enfant. Le mariage a duré environ trois ans et a donné naissance à deux enfants, un garçon aujourd’hui âgé de 20 ans et une fille aujourd’hui âgée de 18 ans. M. Client a déclaré que la relation s’est terminée à cause de son abus d’alcool. Rétrospectivement, il pense que sa femme s’est lassée d’attendre qu’il « grandisse » et qu’elle a mis fin à la relation lorsqu’elle a découvert qu’il était infidèle.

Son deuxième mariage a eu lieu alors qu’il avait 25 ans et a duré moins d’un an. Une fois de plus, il a invoqué l’abus d’alcool pour expliquer la fin de la relation. Il a déclaré qu’il était capable de contrôler sa consommation d’alcool pendant un certain temps, mais qu’il finissait par se remettre à boire tous les jours, ce qui mettait ses relations à rude épreuve. M. Client a déclaré qu’il avait eu un certain nombre d’unions de fait au cours des années, mais aucune n’a duré plus de trois ans. Il a deux autres enfants, un garçon de 12 ans et une fille de 8 ans, chacun avec une femme différente. Il a déclaré que sa relation la plus stable a été celle qu’il a actuellement avec une femme de deux ans sa cadette.

Elle a deux enfants d’une relation précédente, deux filles, l’une de 12 ans et l’autre de 15 ans.

M.Client a déclaré que ses relations commençaient par être amicales, mais qu’elles se détérioraient souvent en disputes et en conflits lorsque sa consommation d’alcool augmentait ou lorsque des problèmes financiers survenaient. Il a précisé que ces disputes ne devenaient jamais physiques, car il quittait le domicile avant que « les choses ne dégénèrent ».

 

Consommation d’alcool et de drogues

M.Client a déclaré avoir commencé à boire à l’âge de 11 ans, lorsque certains de ses amis volaient de l’alcool à la maison. Il buvait surtout avec ses amis, mais en grandissant, il a commencé à boire seul. Il se souvient qu’au cours de son adolescence, il passait la plupart de ses week-ends à une « fête » où il consommait de l’alcool jusqu’à l’ivresse. Ce n’est que lorsqu’il a atteint la vingtaine qu’il a augmenté sa consommation d’alcool en jours de la semaine, puis tous les jours. Il a déclaré avoir consommé de l’alcool de façon quotidienne, sauf lorsqu’elle était interrompue par l’incarcération.

M. Client a déclaré avoir commencé à fumer de la marijuana à l’âge de 14 ans. Il a décrit sa consommation de marijuana à l’adolescence comme étant « récréative » lors de fêtes. Il a déclaré avoir fumé de la marijuana au moins une fois par semaine pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte. Il se souvient qu’il fiançait sa consommation de drogue en vendant de la marijuana à ses amis à « petite échelle ». Il a nié avoir jamais vendu de grandes quantités de drogue.M.Client a déclaré qu’il avait cessé de consommer de l’alcool il y a environ 4 ans lorsqu’il a rencontré sa partenaire actuelle. Selon M. Client, sa partenaire est une ancienne alcoolique qui a clairement fait savoir qu’elle n’aurait rien à voir avec l’alcool et qu’elle n’aurait rien à faire avec lui s’il buvait.

Il a déclaré qu’il était resté sobre d’alcool pendant 4 ans, bien qu’il ait fumé de la marijuana avec des amis quand « c’était disponible », mais jamais en présence de sa partenaire.

M. Client a déclaré avoir consommé de la cocaïne pour la première fois environ trois mois avant son arrestation pour les faits pour lesquels il est actuellement condamné. Il a déclaré que sa partenaire était absente de la maison pour rendre visite à ses parents. Il a alors passé du temps avec un ami et ils ont fumé de la marijuana. M. Client a raconté que son ami l’avait initié à la cocaïne à cette époque., et sa consommation de drogue est rapidement devenue quasi quotidienne au cours du mois suivant.

M. Client a déclaré que sa vie tournait autour de la consommation de cocaïne. M. Client a déclaré que lui et son coaccusé avaient consommé de la cocaïne de manière très intensive pendant trois jours jusqu’à ce qu’ils se sont retrouvés à court d’argent et de drogue. Il s’est souvenu que le jour de l’infraction, ils avaient volé une bijouterie de manière tout à fait spontanée.M. Client a également indiqué qu’avant l’infraction, il dépensait des centaines de dollars chaque jour et vendait de la marijuana pour financer sa consommation de cocaïne.

 

Attitudes, associés et attributions

Client a déclaré qu’il a eu des pairs délinquants pendant la majeure partie de sa vie. À un niveau superficiel, il comprend qu’ils n’ont pas été utiles, mais il ne saisit pas l’influence qu’ils exercent sur lui au fil des ans. M. Client n’a pas exprimé d’attitudes antisociales directes, bien qu’il ait eu recours à des rationalisations et, dans une moindre mesure, à des justifications pour expliquer pourquoi il continuait à consommer de l’alcool et des drogues et pourquoi il restait impliqué dans la sous-culture délinquante. Les réponses de M. Client à l’échelle des mesures des attitudes criminelles et des associés sont assez semblables à celles d’autres délinquants. Ses attitudes quant à s’arroger des droits (entitlement), ses attitudes à l’égard de la violence et des autres délinquants, et l’expression d’intentions antisociales se situaient toutes dans la fourchette normative par rapport à d’autres délinquants incarcérés dans un établissement fédéral.

Il a indiqué que deux des personnes avec lesquelles il passe le plus de temps ont été impliquées dans des activités criminelles. M. client a également rempli le Criminal Attributions Inventory (Inventaire des attributions criminelles), et ses réponses indiquent qu’il a tendance à blâmer l’abus de substances et la psychopathologie pour le comportement délinquant, et moins les attributs personnels, les victimes et la société. Il a également approuvé les items qui affirmaient que la délinquance est causée par des événements aléatoires ou le hasard. Compte tenu du contenu de l’entretien, M. Client a donné l’impression qu’il avait tendance à rationaliser ou à excuser les actes délinquants comme étant quelque peu hors de son contrôle.

En ce qui concerne sa peine, M. Client estime qu’elle est relativement juste, bien qu’« un peu sévère », et ne semble pas avoir une vision négative du système de justice pénale. Il accepte la responsabilité de son délit, avec la tendance susmentionnée à atténuer son comportement.

 

Loisirs

M. Client a déclaré qu’avant ses trois mois de consommation de cocaïne, il passait son temps libre avec sa compagne et ses deux enfants. Il rencontrait parfois des amis dans un centre commercial local, car il essayait de se tenir à l’écart des bars et des relais routiers. Il a déclaré qu’avant sa relation actuelle, il avait tendance à passer plus de temps avec ses amis, principalement d’autres délinquants ou des alcooliques, dans des lieux généralement oisifs et non productives. Il n’a pas d’intérêts récréatifs ou de loisirs. Il rendait régulièrement visite à sa mère et à sa jeune sœur, bien qu’il évite les réunions de famille en raison des frictions entre lui et ses frères et sœurs plus âgés.

 

Santé psychologique/mentale

M. Client a déclaré qu’il n’avait jamais été suivi par un professionnel de la santé. Il a indiqué que peu de temps après son incarcération pour cette affaire, il a ressenti des symptômes de dépression et s’est vu prescrire des médicaments. Il ne se souvient pas si un diagnostic a été posé et il n’y a aucune trace de diagnostic dans son dossier.

Au bout de six mois, il a cessé de prendre les médicaments, estimant qu’il n’en avait plus besoin. Il ne se souvenait d’aucune période au cours de laquelle il avait souffert de troubles de l’humeur importants.

Il n’a fourni aucune information suggérant la présence d’une maladie mentale, passée ou présente.

Il a indiqué qu’il avait eu des pensées passives de suicide peu de temps après son arrestation, mais ces idées n’ont pas duré une fois qu’il s’est désintoxiqué de la cocaïne.

Il n’y avait pas d’autres indicateurs de risque d’automutilation au cours de notre entretien.

Les résultats de l’inventaire d’évaluation de la personnalité indiquent que M. Client a abordé le test avec une tendance à se présenter sous un jour favorable. Les autres indices de validité se situaient dans les limites normales. Il n’y a pas eu d’élévation significative entre les échelles cliniques, ce qui est cohérent avec une absence de maladie mentale grave. Les réponses de M. Client suggèrent une mesure de l’impulsivité et de l’égocentrisme. Son dossier correspond à quelqu’un qui a été en conflit avec la loi. Une élévation modérée dans le domaine de l’agression verbale est notée et correspond à quelqu’un qui manifesterait volontiers sa colère et ne reculerait pas devant la confrontation. M.

Le client signale que les drogues ont posé un problème important dans sa vie. Dans l’ensemble, les réponses de M. Client sont assez cohérentes avec sa présentation lors de l’entretien et les informations informations glanées dans le dossier.

 

Antécédents de violence et de comportement délinquant

Antécédents judiciaires :

Casier judiciaire en tant que mineur: Vol (4 mars 1984), possession de biens volés (15 juin 1984), méfait (17 septembre 1984), vol à main armée (15 juin 1984), méfait (17 septembre 1984), possession de stupéfiants (16 janvier 1985).

Condamnations en tant qu’adulte : Conduite avec plus de 80 mg d’alcool (3 septembre 1989) ; défaut de comparution (x2) (17 septembre 1989), agression causant des lésions corporelles (17 mars 1990), vol de voiture, conduite dangereuse (10 août 1995), vol de voiture, méfait public (7 octobre 1998), vol de voiture, refus d’obtempérer (3 janvier 2000), profération de menaces (3 janvier 2000), vol de voiture, refus d’obtempérer (3 janvier 2000), menaces (x4), agression avec arme, agression (9 mai 2001), vol qualifié, défaut de comparaître (1er octobre 2006), agression avec arme, agression, défaut de comparaître. (9 mai 2001), vol qualifié, défaut de comparution (1er octobre 2006).

M.Client a déclaré que l’agression causant des lésions corporelles en 1990 était liée à une bagarre qu’il avait eue avec un client dans son rôle de videur de pub. Il a déclaré que le client l’avait frappé lorsqu’il lui avait refusé l’entrée parce qu’il ne respectait pas le code vestimentaire. M. Client a déclaré avoir poursuivi le client à l’extérieur de l’établissement et l’avoir frappé.

En ce qui concerne les menaces proférées en 2001, M. Client a admis qu’il avait menacé de frapper quelqu’un qui avait tenu des propos malveillants à son égard au sein de la communauté. Cependant, les rapports de police indiquent une tendance à proférer des menaces violentes à l’encontre de diverses personnes de la communauté avec lesquelles M. Client s’était disputé, et qu’il s’agissait de menaces de mort.

M.Client a déclaré que les agressions commises en 2001 étaient liées à la même période et aux mêmes problèmes. Il a déclaré que l’agression à l’aide d’une arme n’avait jamais eu lieu. Il a déclaré avec insistance qu’il était à une fête et qu’il s’est retrouvé mêlé à une vive dispute avec une autre personne. Les deux hommes étaient en état d’ébriété. M. Client a déclaré qu’il avait affronté l’autre homme alors que celui-ci était en train d’endommager gravement sa voiture avec une poêle à frire en fonte. Il a déclaré avoir pris le dessus dans la bagarre qui a suivi et s’être emparé de la poêle. Coïncidence : La police est arrivée au moment où il s’est emparé de la poêle, et il a été accusé d’agression avec arme. Les rapports de police indiquent que l’autre homme a été gravement blessé et qu’il a subi entre autres, des contusions à l’abdomen et aux bras.

Dans l’autre cas d’agression, M. Client a déclaré qu’alors qu’il buvait un verre dans un bar, une connaissance lui a donné un coup de pied dans la poitrine et qu’il est tombé à la renverse sur le sol. Il a de nouveau été inculpé mais a déclaré qu’il n’avait pas agressé l’autre homme. Les rapports de police indiquent que c’est M. Client qui a donné les coups de pied et qui a ensuite jeté une bouteille de bière sur l’autre homme.

 

Délit actuel

M. Client a raconté les événements entourant l’infraction actuelle et accepte volontiers d’en assumer la responsabilité. Il a raconté que lui et son coaccusé s’étaient livrés à une grosse consommation de cocaïne et, à court d’argent et de drogue, ils ont décidé de braquer une bijouterie. M. Client accuse son état d’ébriété comme étant à l’origine de l’infraction. Il a déclaré qu’il ne se souvenait pas de tous les détails, mais qu’il se souvenait être entré dans le magasin et qu’il a fait semblant d’être armé. Il a forcé les employés du magasin à se rendre dans l’arrière-boutique, où le coffre-fort était ouvert. Lui et son coaccusé ont rempli deux sacs en plastique de bijoux et se sont enfuis.

Il semble qu’il y ait des contradictions dans les rapports officiels quant au montant volé. Un rapport d’incident daté du 21 mars 2006, indique que des bijoux d’une valeur de 15 000 dollars ont été dérobés dans le coffre-fort du magasin.

 

Comportement en établissement

À ce jour, M. Client a commis une faute disciplinaire en établissement. Il a déclaré avoir acheté un téléviseur à un autre délinquant qui qui allait être libéré. Les agents correctionnels qui ont fouillé sa cellule l’ont accusé d’avoir un objet non autorisé dans sa cellule, car le téléviseur ne figurait pas parmi ses effets personnels. M. Client a admis franchement ses actes et a déclaré que le téléviseur qu’il avait acheté était meilleur que celui qu’il avait à l’époque.

Il entreprend actuellement des études secondaires à l’école institutionnelle, et bien que sa motivation, son assiduité, et ses relations interpersonnelles soient très bons, ses progrès ont été lents.

M.Client a également suivi le programme de désintoxication pour délinquants. Il s’agit d’une intervention de groupe de 12 semaines basée sur la cognition et le comportement qui exige une présence quotidienne d’environ 2 heures à chaque séance. Le programme est très structuré et comprend l’entretien motivationnel et la préparation, l’acquisition de compétences, la résolution de problèmes, la planification de la libération et la prévention des rechutes.

Le rapport du programme indique que M. Client était un bon participant qui était généralement prompt à faire ses exercices et devoirs. Il semblait saisir les principaux éléments, bien qu’il ait eu quelques difficultés à développer son plan de prévention de la rechute.

 

Comportement antérieur en matière de libération

M. Client a eu de multiples occasions de libération au cours de périodes de probation et de mise en liberté sous caution. Il n’a pas non plus respecté ses conditions de libération à plusieurs reprises, ce qui a entraîné d’autres condamnations pénales.

 

Evaluation des risques et gestion des risques

Facteurs de risque

M. Client a fait état d’un problème grave et chronique d’abus d’alcool, bien qu’il soit apparemment resté sobre (ce qui n’a pas été confirmé) pendant une longue période avant l’infraction actuelle.

Malgré son abstinence d’alcool, il a continué à consommer de la marijuana à l’occasion. C’est le fait qu’il ait continué à fréquenter des toxicomanes qui semble avoir conduit à une brève mais intense dépendance à la cocaïne, directement liée à l’infraction actuelle.

Les relations interpersonnelles de M. Client ont eu tendance à être brèves et, de son propre aveu, tumultueuses. Il attribue ces difficultés à son abus chronique d’alcool au fil des ans.

Il fréquente depuis longtemps d’autres délinquants et des toxicomanes.

En outre, M. Client agit de manière impulsive lorsqu’il est confronté à des problèmes. Son répertoire de réponses comprend des menaces et des agressions, ce qui suggère fortement la présence d’attitudes (modes de pensée) qui considèrent la violence ou la menace de violence comme acceptables.

L’apparition précoce d’activités antisociales et délinquants, qui a persisté tout au long de l’adolescence et jusqu’à l’âge adulte, reflète un modèle de comportement antisocial bien ancré. Les bagarres d’adolescents et les accusations d’agression portées plus tard par des adultes évoquent des schémas de comportement qui incluent la violence.

Des antécédents scolaires médiocres, des conflits à l’école, des difficultés ultérieures à conserver un emploi qui lui permettrait de subvenir à ses besoins, et des activités de loisirs non productives sont autant de facteurs de risque associés à un mode de vie délinquant et à la persévérance de ce comportement au fil du temps.

 

Estimations actuarielles du risque

Les réponses de M. Client ont également été notées selon l’inventaire du niveau de service (Level of Service Inventory-Revised LSI-R). Il s’agit d’un instrument d’évaluation du risque conçu pour fournir des indicateurs de risque délinquant, afin d’estimer le risque de récidive et de déterminer les niveaux de surveillance. Le score de M. Client était de 36 sur cet instrument. En tant que groupe, 57,3 % des délinquants ayant un score similaire récidiveront dans un délai d’environ 2 ans. Le taux moyen de récidive pour le groupe sur lequel le LSI-R a été développé était d’environ 40,8 %. Cependant, ce groupe de délinquants sur lequel sont basées ces estimations initiales purgeait des peines d’emprisonnement de moins de 2 ans.

D’autres recherches ont montré que le même score  avec des délinquants fédéraux purgeant une peine de plus de 2 ans était associé à une probabilité de récidive de 68%.

La probabilité de récidive sur une période de 3 ans est de 68%, le taux moyen de récidive pour le groupe de comparaison étant de 49% (voir Mills, Jones, & Kroner, 2005).

L’estimation du risque de violence à deux niveaux (TTV : Two-Tiered Violence) a été utilisée pour évaluer les antécédents personnels et criminels de M. Client. Le TTV a été mis au point pour aider à déterminer le niveau de risque de violence chez les délinquants de sexe masculin. Le score de M. Client était de 11 sur cet instrument. En tant que groupe, les autres délinquants ayant un score similaire récidiveront avec violence (agression, vol, agression armée, etc.) à un taux compris entre 31 et 46% sur une période de 3 ans. Le taux moyen de récidive pour le groupe de comparaison est de 29% sur une période de 3 ans.

En général, les mesures actuarielles placent la probabilité de récidive de M. Client à un taux supérieur à celui du délinquant moyen, tant pour la récidive générale que pour la récidive violente.

 

Plans de mise en liberté (Release Plans)

À l’heure actuelle, M. Client prévoit de retourner auprès de sa partenaire, car elle reste son principal soutien communautaire. Il a déclaré qu’il participerait probablement aux Alcooliques Anonymes lorsqu’il serait libéré, car il a déjà participé à un certain nombre de réunions pendant son incarcération. Il signale que sa sœur cadette a promis qu’elle essaierait de lui trouver un emploi sur les quais de chargement de l’entreprise pour laquelle elle travaille actuellement.

 

Recommandations pour la gestion du risque

M. Client est encouragé à poursuivre ses études secondaires pendant son incarcération. À sa libération, il y aurait un avantage personnel certain à long terme s’il pouvait obtenir son diplôme d’études secondaires ou une équivalence.

Il n’a pas été en mesure d’obtenir et de conserver un emploi qui lui permette de subvenir à ses besoins. Avant l’infraction actuelle, il était principalement soutenu par sa partenaire, car il n’avait pu obtenir qu’un emploi à temps partiel dans un supermarché local où il approvisionnait les rayons. Pour réussir à long terme, il devra acquérir des compétences professionnelles suffisantes pour conserver un emploi ou un travail manuel.

M. Client a des antécédents d’abus de confiance et de non-respect des conditions de libération. Par conséquent, toute libération dans la communauté doit être accompagnée d’une surveillance intensive avec une tolérance zéro pour les violations des conditions de libération. Les signes de non-respect de la surveillance (ne pas se présenter à l’heure, ne pas fournir d’informations à son contrôleur judiciaire) ou des conditions de libération doivent être considérés comme une indication d’une plus grande proximité de la récidive.

Selon M. Client, l’abus d’alcool et de drogues a été un facteur contribuant à sa délinquance. Il a participé au programme de traitement de l’alcoolisme et de la toxicomanie pendant son incarcération et le rapport du programme était globalement positif. Néanmoins, son plan de prévention des rechutes a été considéré comme devant faire l’objet d’un travail supplémentaire et était considéré comme son domaine le plus faible en termes d’atteinte des objectifs du programme. Il est important que M. Client reçoive un soutien continu pour maintenir sa sobriété et son abstinence de drogue pendant qu’il est dans la communauté. Un programme communautaire, de préférence en milieu hospitalier ou dans une maison de transition, aiderait M. Client à s’adapter à la communauté en ce qui concerne ses addictions et lui apporterait également une supervision supplémentaire. Il serait prudent d’inclure une condition de s’abstenir de consommer de l’alcool et des médicaments non prescrits dans le cadre de la libération de M. Client. La preuve que M. Client a recommencé à consommer de l’alcool ou de la cocaïne doit être considéré comme une indication d’une plus grande proximité de la récidive.

Les fréquentations antisociales et délinquantes ont contribué de manière significatives au comportement délinquant de M. Client en renforçant ses valeurs antisociales. Si possible, un programme ou une thérapie qui s’attaquerait aux attitudes et aux fréquentations antisociales serait un atout. Il serait également prudent d’inclure comme condition de libération l’obligation pour M. Client de s’abstenir de fréquenter toute personne dont on sait qu’elle a un casier judiciaire ou qu’elle s’engage dans un comportement délinquant.

exemple rapport eval risque

A propos des auteurs

Jeremy F. Mills, PhD, CPsych, est un psychologue qui exerce dans le domaine de la psychologie légale, correctionnelle et du conseil à Kingston, Ontario, Canada. Il est également professeur adjoint de recherche au département de psychologie de l’Université Carleton à Ottawa. Membre de l’American Psychological association, Mills s’intéresse à l’évaluation du risque de violence, à la communication sur le risque de violence et à l’évaluation  du risque de suicide. Le Dr Mills offre des services de consultation et de formation dans le domaine de l’évaluation du risque de violence.
Daryl G. Kroner, PhD, CPsych, est professeur  adjoint au département de criminologie et de justice pénale de la Southern Illinois University Carbondale. Auparavant, il a travaillé pendant 22 ans comme psychologue en milieu carcéral. Le Dr. Kroner s’intéresse à la santé mentale en milieu carcéral, à l’évaluation dynamique des risques lors de la surveillance dans la communauté, et aux aspects sociaux de l’évaluation des risques.
Robert D. Morgan, PhD, est professeur associé au département de psychologie à l’université Texas Tech à Lubbock, au Texas. En outre, il est directeur des services cliniques et médico-légaux du Lubbock Regional Mental Health Mental Retardation Center. Les recherches du Dr Morgan portent sur la santé mentale en milieu correctionnel, la psychologie médico-légale, le développement professionnel et la formation.

Jalons dans l’histoire des concepts de psychopathie (Sass 1987)

Le concept de « psychopathie », qui est à l’origine de notre notion de « troubles de la personnalité », a des racines importantes dans les traditions psychiatriques françaises, allemandes et anglo-américaines.

Pendant une bonne partie du vingtième siècle, des facteurs socioculturels ont fait évoluer ces conceptions de la psychopathie plus ou moins indépendamment les unes des autres. Ce chapitre traite des trois traditions et
l’élaboration de nomenclatures standard.

Un bref aperçu des principaux jalons conceptuels est donné dans le tableau.  Des descriptions antérieures de ces développement complexes peuvent être trouvées dans Sass (1987), Sass et Herpertz (1995), et Sass et Felthous (2008).

 

Jalons dans l’histoire des concepts de troubles de la personnalité et de psychopathie (Sass 1987)

Concepts des troubles de la personnalité et de la psychopathie Référence
Concepts Français et italiens
Manie sans délire

(peut être considéré come les premières études sur les troubles de la personnalité. Pinel a distingué cinq catégories nosologiques : la mélancolie, la manie sans délire, la manie avec délire, la démence et l’idiotisme.
Pinel a donné quelques exemples de ce qu’il considérait comme la manie sans délire, dont une seule description se distingue par une instabilité émotionnelle extrême et une tendance dissociale.

Pinel (1809)

« Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale »

Les monomanies

Esquirol a proposé de diviser l’esprit en entendement, volonté et sentiment. Les défauts de l’entendement sont appelés « monomanies intellectuelles ».
Les « monomanies instinctives » désignent les modifications de la volonté, de sorte que les sujets sont contraints d’agir et de se comporter d’une manière qui ne correspond pas à leurs souhaits.
Le groupe de maladies appelé « monomanies affectives » englobe les changements d’émotions qui ne peuvent être contrôlées.

Esquirol (1839)

« Des Maladies Mentales »

Dégénérés

Morel a élaboré une théorie de la dégénérescence qui comporte trois caractéristiques : (1) les altérations dégénératives sont des déviations pathologiques de la normalité ; (2) les maladies mentales sont le plus souvent héréditaires ; causées à l’origine par des influences extérieures néfastes, les troubles sont inscrits dans la biologie du sujet et se transmettent de génération en génération, (3) la dégénérescence se produit non seulement sur le plan quantitatif, avec l’aggravation des mêmes symptômes, mais aussi sur le plan qualitatif, avec l’apparition de troubles entièrement nouveaux. Selon le modèle de Morel, toutes les variantes des syndromes mentaux et même neurologiques peuvent être ramenées à une origine héréditaire commune (idée d’hérédité polymorphe).

Morel divise les folies héréditaires en différentes catégories correspondant au degré croissant de dégénérescence. Il a commencé par des groupes d’individus qui ne présentaient pas de défauts graves des fonctions cognitives, mais qui se distinguaient par leur excentricité, leur instabilité émotionnelle, leur mépris des règles, leur manque de fiabilité et leur absence de sens du devoir. Ils souffraient souffraient de « folie morale », une notion similaire au concept britannique de « moral insanity ».

Morel (1876)

« Traité des dégénéréscences physiques,
intellectuelles et morales de l’espèce humaine »

Delinquente nato (criminel né)

Inspiré par l’évolutionnisme de Darwin, Lombroso considérait l’individu criminel comme une forme d’atavisme humain, un retour en arrière dans la phylogenèse de l’humanité. Selon lui, les actes criminels sont enracinés dans la biologie et le criminel peut être reconnu par des stigmates anatomiques spécifiques de dégénérescence. Il était considéré comme dépourvu des centres nerveux supérieurs qui représentent les facultés morales. Le pronostic social était très mauvais. Bien que le concept « darwiniste social » de Lombroso ait été fortement critiqué, ses idées ont manifestement conservé une signification subliminale et ont soutenu les préjugés à l’égard de la maladie mentale et de la psychopathie.

Lombroso (1876)

 » L’uomo delinquente »

Déséquilibration mentale (mental instability)

Dupré (1925)

« La doctrine des constitution. In Pathologie de l’imagination es de
l’émotivité. »

Concepts anglo-américains
Moral alienation of the mind:

«  »perversion des facultés morales » et « aliénation morale de l’esprit ». Pour Rush, les actes répréhensibles étaient des manifestations de maladies mentales commises sans motif et mus « par une sorte de puissance involontaire » (Rush 1827, 261). »

Rush (1812/1862)

« Medical Inquiries and Observations upon the Diseases of the Mind ».

Moral insanity:

« …la folie, qui consiste en une perversion morbide des sentiments naturels, des affections, des in-
clinations, de l’humeur, des habitudes, des dispositions morales et des impulsions naturelles, sans qu’il y ait de l’intérêt ou des facultés de connaissance et de raisonnement, et en particulier sans illusion ou hallucination démentielle ».

Prichard (1835)

« A Treatise on Insanity and Other Disorders Affecting the Mind. « 

Sociopathy:

«  »Nous pourrions dire que, d’un point de vue pragmatique le psychopathe est principalement réduit aux types qui sont importants du point de vue de la société et de l’effet négatif des personnalités sur la vie sociale semble être reconnu comme une justification pour une catégorie à l’intérieur du champ
psychopathologique dans ses aspects plus individuels et subjectifs » (Partridge 1930).

Partridge (1930)

« Current Conceptions of Psychopathic Personality. American
Journal of Psychiatry »

Psychopathic states:

« Henderson considérait les « états psychopathiques » comme des anomalies constitutionnelles. Contrairement à d’autres, en particulier les psychiatres allemands, il concevait la constitution comme résultant à la fois de l’hérédité et de l’environnement. Il a défini trois états psychopathiques: ceux qui sont (1) principalement agressifs, (2) principalement inadéquats et (3) principalement créatifs »

Henderson (1939)

« Psychopathic States »

Anethopathy:

« Karpman (1941) a proposé une distinction entre les formes idiopathiques et symptomatiques de la psychopathie. Sous la rubrique « psychopathie symptomatique », il regroupe toutes les réactions qui sont fondamentalement névrotiques et qui peuvent donc être attribuées à des conflits intrapsychiques et qui peuvent donc être rattachées à des conflits intrapsychiques. Selon Karpman, il existe un autre groupe plus restreint de véritables psychopathes dont le comportement ne peut être expliqué par aucuneformulation psychodynamique. Il considérait ces « anéthopathes » comme dépourvus de conscience.

Karpman (1941)

« On the Need of Separating Psychopathy into Two Distinct Clini-
cal Types: The Symptomatic and the Idiopathic. Journal of Criminal Psychopathology »

Semantic dementia:

incapacité du psychopathe à vivre des expériences humaines centrales avec un certain degré de profondeur émotionnelle, même si la compréhension intellectuelle n’est pas perturbée.

Cleckley (1941)

« he Mask of Sanity: An Attempt to Clarify Some Issues about the So-
Called Psychopathic Personality. »

Concepts allemands
Pschopathische Minderwertigkeiten (infériorités psychopathques)

« Dans son groupe d' »infériorités psychopathiques », Koch a inclus un large éventail d’affections qui se distinguent principalement par des défauts mentaux mineurs. Il est remarquable qu’il ait déjà décrit des formes précises  d’infériorité psychopathique au sens de nos concepts actuels de psychopathie. C’est pourquoi, c’est Koch qui a non seulement établi notre notion actuelle de psychopathie, mais qui a également contribué au concept actuel de psychopathie, toujours valable, à la manière d’une typologie.
Koch a divisé les « infériorités psychopathiques » en deux catégories : congénitales et acquises, et chacune de ces catégories en prédisposition psychopathique, défaut psychopathique et dégénérescence psychopathique. Dans ses exposés, nombre des types de psychopathes des concepts ultérieurs étaient déjà identifiés.Par exemple, il fait référence aux individus qui se distinguent par leur fragilité psychique (« psychische Zartheit »), par une constitution faible et vulnérable.

Koch (1891/1893)

« Die psychopathischen Minderwertigkeiten [The psychopathic
inferiorities] »

Der geborene Verbrecher (le criminel né)

Bleuler (1896)

« Der geborene Verbrecher: Eine kritische Studie « 

Psychopathische Persönlichkeiten (personnalités psychopathiques)

« L’expression « die  psychopathischen Zustände » apparaît pour la première fois dans la cinquième édition (1896) et comprend les états compulsifs, la folie impulsive, l’homo- sexualité et les troubles de l’humeur, ce que l’on appelle les « konstitutionellen Verstimmungen ».

Dans la septième édition (volume 2, 1904), sous le titre « La folie de la dégénérescence » (Entartungsirresein), il traite des anomalies de la personnalité dans la tradition de la théorie de la dégénérescence. Par la suite, une  innovation a été introduite : Kraepelin distingue désormais
les « états pathologiques originels » (Originäre Krankheitszustände) – le groupe qu’il avait auparavant appelé « états psychopathiques », et les « personnalités psychopathiques » (Psychopathische Persönlichkeiten). Ces dernières sont considérées comme des états psychopathiques stables correspondant à des défauts de personnalité.
Kraepelin a utilisé le terme de « personnalités psychopathiques » dans un sens prédominant de jugement social prédominant. Dans la septième édition, il a regroupé sous cette appellation bien connue, les délinquants innés, les individus instables, les menteurs, les escrocs, et les pseudo-querulants. Dans la huitième édition (1909-1915), il nomme les types suivants de personnalités psychopathiques, outre les personnalités dissociales, les « Gesellschaftsfeinde » (ennemis de la société): les excitables, les instables, les « Triebmenschen » (« personnes entraînées », en rapport avec les impulsions), les excentriques, les menteurs, les escrocs et les querelleurs.

Kraepelin (1909–1915)

« Psychiatrie: Ein Lehrbuch für Studirende und Ärzte »

Körperbau und Charakter (type de physique et de caractère)

« Kretschmer a suggéré qu’il existait une corrélation spécifique entre le type de corps et la personnalité, et il a divisé toutes les personnes en trois types de corps : le type pyknique, le type leptosomique et le type athlétique. Le type pyknique était associé au caractère cyclothymique. Selon Kretschmer, les limites entre le caractère cyclothymique normal, la variante cycloïde anormale et la psychose maniaco-dépressive étaient fluides, de sorte que la santé et la maladie mentales étaient considérées comme un phénomène continu. En conséquence, le type de corps leptosomique et athlétique était lié à un tempérament schizothymique et donc à la forme schizoïde de la psychopathie et, enfin, à la schizophrénie.

Kretschmer (1921)

« Körperbau und Charakter [Physique and character]. »

Psychopathische Persönlichkeiten (personnalités psychopathiques)

« K. Schneider ne considérait pas la psychopathie comme une maladie mentale car,
selon son idée, les maladies sont nécessairement associées à un dommage somatique ou à un processus pathologique. En cela, il s’opposait à Kretschmer et Bleuler, qui pensaient que la psychose et la psychopathie n’étaient que des degrés différents sur une échelle continue de dérangement.
Abordant le problème de la psychopathie du point de vue de la personnalité normale, K. Schneider considérait que la psychose et la psychopathie n’étaient que des degrés de la personnalité normale, K. Schneider considérait les personnalités anormales comme des déviations statistiques par rapport à une norme moyenne estimée, bien que cette norme n’ait été que vaguement conceptualisée. Pour K. Schneider (1923/1950) – qui considérait également les individus éminemment créatifs ou intelligents comme anormaux – toutes les personnalités anormales n’avaient pas toutes une signification psychiatrique : « Les personnalités psychopathes sont les personnalités anormales qui souffrent de leur anormalité ou dont l’anormalité fait souffrir la société »
La typologie de Schneider différencie en détail dix formes de personnalités psychopathiques, qui sont basées sur des vues cliniques et ne sont pas censées avoir une qualité systématique : les psychopathes hyperthymiques et dépressifs avec leurs déviations stables de l’humeur et de l’activité, les psychopathes insécurisés avec leurs sous-groupes de psychopathes sensibles et anankastiques, les fanatiques, les psychopathes qui s’affirment, les psychopathes émotionnellement instables, les explosifs, les insensibles, les velléitaires et les asthéniques.

Schneider (1923/1950)

« Persönlichkeit und Schicksal eingeschriebener Prostituierter « 

Psychopathische Verbrecher (criminels psychopathes)

« Birnbaum (1926) a étudié les aspects sociaux de la psychopathie dans sa monographie, Die psychopathischen Verbrecher (Les criminels psychopathes), il s’est intéressé à la signification médico-légale de la personnalité anormale. Birnbaum partait du principe que les personnalités psychopathes présentaient des déviations de la personnalité d’un degré modéré, conditionnées par la constitution.
Suivant la théorie française de la dégénérescence, le critère d’une prédisposition héréditaire anormale a été d’une importance décisive pour Birnbaum et les écoles psychiatriques allemandes qui ont suivi.

Birnbaum (1926)

« Die psychopathischen Verbrecher »

 

Test de Dépistage de l’Addiction Sexuelle (Sexual Addiction Screening Test – SAST)

Le SAST un outil également développé pour identifier les comportements sexuels compulsifs et problématiques. Conçu par le Dr. Patrick Carnes, ce test aide à repérer les signes d’addiction sexuelle chez les individus, facilitant ainsi une intervention précoce et un traitement approprié.

Principaux Axes Évalués par le SAST :

  1. Comportements Sexuels Compulsifs :
    • Évalue la présence de comportements sexuels répétés et non contrôlés.
  2. Conséquences Négatives :
    • Analyse les répercussions négatives des comportements sexuels sur la vie de l’individu, comme les problèmes relationnels, professionnels, et juridiques.
  3. Utilisation de la Sexualité comme Échappatoire :
    • Examine si l’individu utilise la sexualité pour fuir les émotions négatives ou les situations stressantes.
  4. Sentiments de Culpabilité et de Honte :
    • Mesure les niveaux de culpabilité et de honte ressentis en lien avec les comportements sexuels.
  5. Efforts pour Contrôler le Comportement :
    • Évalue les tentatives et les échecs pour contrôler ou réduire les comportements sexuels problématiques.

SAST

Continuer à utiliser le Rorschach en contexte judiciaire est non seulement non conforme aux recommandations mais c’est aussi un manquement déontologique!

James Wood (Université du Texas), après avoir écrit plusieurs articles dans les meilleures revues de psychologie scientifique, a publié en 2003 avec trois collègues, M. Nezworski, S. Lilienfeld et H. Garb, un livre qui a fait date : What’s wrong with the Rorschach ? (Jossey-Bass, 446 p.). À la suite d’un grand nombre de chercheurs, ils ont confirmé que le Rorschach manque de « fidélité » (les évaluateurs font des diagnostics différents), qu’il a très peu de validité (les diagnostics ne correspondent pas ou peu à ce qui apparaît de façon observable) et n’a guère d’utilité (on peut certes constater dans les réponses au Rorschach des indices de graves troubles mentaux comme la schizophrénie, mais tout psy compétent diagnostique aisément ces troubles sans ce test).

Des recherches rigoureuses ont montré que le Rorschach est totalement contre-indiqué pour des expertises, notamment judiciaires. Il pathologise de façon flagrante (peu de personnes échappent à des étiquetages du genre : narcissisme, dépendance, sexualité problématique, homosexualité refoulée, etc.)

Voir à ce propos l’article « Le test des taches d’encre de Rorschach : sa place ne serait-elle pas au musée ? » (2018)

Resumé de « what’s wrong with the Rorschach« :

Depuis sa création il y a plus de quatre-vingts ans, le célèbre test de la tache d’encre de Rorschach est devenu une icône de la psychologie clinique et de la culture populaire. Administré plus d’un million de fois dans le monde chaque année, le Rorschach est utilisé pour évaluer la personnalité et la maladie mentale dans un large éventail de circonstances : litiges concernant la garde d’enfants, décisions de placement scolaire, procédures d’emploi et de licenciement, décisions de libération conditionnelle, et même enquêtes sur des allégations de maltraitance d’enfants. L’énorme pouvoir de ce test façonne la vie de centaines de milliers de personnes, souvent à leur insu. Dans les années 1970, ce test notoirement subjectif a été soi-disant systématisé et amélioré. Mais le Rorschach est-il plus qu’une variante moderne de la lecture des feuilles de thé ? Le livre « What’s Wrong With the Rorschach » remet en question la validité et l’utilité du Rorschach et explique pourquoi les psychologues continuent de juger les gens en fonction de leurs réactions aux taches d’encre, malgré un demi-siècle de preuves scientifiques largement négatives. Le livre « What’s Wrong With the Rorschach » propose une critique provocante de l’un des tests psychologiques les plus largement appliqués et influents – et toujours intensément controversés – dans le monde d’aujourd’hui. S’appuyant sur plus de cinquante ans de recherches cliniques et universitaires, les auteurs apportent des preuves scientifiques irréfutables que le Rorschach est relativement peu utile pour diagnostiquer les maladies mentales, évaluer la personnalité, prédire le comportement ou découvrir les abus sexuels ou d’autres traumatismes. Dans ce récit romanesque très engageant sur les origines et l’histoire du Rorschach, les auteurs détaillent l’abondance de preuves scientifiques démontrant que le test est d’une utilité discutable pour la prise de décision dans le monde réel. « What’s Wrong With the Rorschach ? » présente un argumentaire puissamment raisonné contre l’utilisation du test dans la salle d’audience ou la salle de consultation – et révèle les forces psychologiques, économiques et politiques puissantes qui continuent à soutenir le Rorschach en dépit de la recherche qui a exposé ses lacunes et ses dangers. James M. Wood (El Paso, TX) est professeur associé au département de psychologie de l’université du Texas à El Paso. M. Teresa Nezworski (Dallas, TX) est professeur associé au département de psychologie de l’université du Texas à Dallas. Scott O. Lilienfeld (Atlanta, GA) est professeur associé de psychologie à l’université Emory d’Atlanta. Howard N.Garb (Pittsburgh, PA) est membre de la faculté de l’Université de Pittsburgh et auteur de Studying the Clinician : Judgement Research and Psychological Assessment.

Voir aussi sur le sujet: 

Résumé
L’affaire F c. Bevándorlási és Állampolgársági Hivatam (2018) porte sur l’admissibilité des preuves obtenues à l’aide de tests projectifs de personnalité. La Cour de justice de l’Union européenne a estimé que le rapport d’un expert ne peut être accepté que s’il est fondé sur les normes de la communauté scientifique internationale, mais s’est abstenue de stipuler quelles sont ces normes. Il semble opportun que les psychologues européens décident des normes à appliquer pour déterminer si un test est approprié ou non pour une utilisation psycholégale. Nous proposons des normes et les appliquons ensuite au Rorschach parce qu’il a été utilisé dans cette affaire et qu’il est un exemple de tests projectifs. Nous concluons que le Rorschach ne répond pas aux normes proposées et que les psychologues devraient s’abstenir de l’utiliser dans les procédures judiciaires, même en l’absence d’une interdiction judiciaire claire.

Mots-clés : Rorschach ; acceptabilité ; tribunaux ; éthique ; valeur probante ; évaluation médico-légale ; droit ; normes professionnelles ; test projectif ; psychologie.