« Rehabilitation: Beyond the Risk Paradigm » de Tony Ward et Shadd Maruna (2007)
Cet ouvrage, faisant partie de la série « Key Ideas in Criminology », offre une analyse critique de la réhabilitation des délinquants, en allant au-delà des modèles centrés uniquement sur la gestion des risques.
Tony Ward est professeur à l’Université Victoria de Wellington en Nouvelle-Zélande. Formé en psychologie clinique, il travaille dans les domaines cliniques et forensiques depuis 1993, avec une expertise particulière dans la réhabilitation des délinquants. Il est notamment le développeur du modèle des « Good Lives » (Modéle des « vies saines »), qui met l’accent sur les forces et les aspirations positives des individus plutôt que sur leurs seuls risques de récidive. Ward est fellow de la Royal Society of New Zealand et a publié de nombreux travaux sur les droits humains et la criminologie corrective.
Shadd Maruna est un criminologue actuellement professeur de criminologie à l’Université de Liverpool et ancien directeur de l’Institut de Criminologie et de Justice Pénale à Queen’s University Belfast. Titulaire d’un doctorat de l’Université Northwestern, il est spécialisé dans la réintégration des ex-détenus, la désistance (processus d’arrêt de la délinquance) et la rédemption. Auteur de l’ouvrage primé Making Good: How Ex-Convicts Reform and Rebuild Their Lives, Maruna explore les expériences de réinsertion sociale des anciens prisonniers et plaide pour des politiques plus humaines. .
Le livre de Ward & Maruna avance que la réduction des taux de récidive passe par une réhabilitation effective des délinquants, plutôt que par une punition pure et simple, passant d’un modèle punitif à un modèle réhabilitatif axé sur la promotion de « biens humains » – c’est-à-dire en fournissant aux délinquants les ingrédients essentiels pour une « bonne vie », tout en réduisant les risques.
Ward et Maruna insistent sur le fait que la réhabilitation n’est pas seulement une question technique d’intervention thérapeutique, mais un processus chargé de valeurs, impliquant un équilibre délicat entre les besoins des cliniciens, des clients (délinquants), de l’État et du public. Ils critiquent le paradigme dominant du « risque » (risk paradigm), qui se concentre sur la gestion des facteurs de risque pour prévenir la récidive, et proposent une alternative plus positive, inspirée de la psychologie positive, qui mise sur les forces des individus.
Thèmes principaux
- Au-delà du paradigme du risque : Les auteurs challengent l’approche dominante qui voit les délinquants comme des « risques à gérer », en plaidant pour une vision plus holistique où la réhabilitation aide à construire des vies épanouies.
- Valeurs et éthique : La réhabilitation implique des débats politiques et sociaux, pas seulement des techniques scientifiques. Elle doit équilibrer justice, sécurité publique et droits humains.
- Modèles comparés : Critique du Risk-Need Model (focus sur les déficits) versus Good Lives Model (focus sur les aspirations positives et les forces).
- Implications pratiques : Pour les praticiens, cela signifie traiter les délinquants comme des êtres humains complexes, en s’appuyant sur leurs désirs prosociaux plutôt que sur la honte ou le contrôle.
Publié en 2007, ce livre a influencé les débats en criminologie en promouvant des approches plus humanistes comme le Good Lives Model, largement adopté dans les programmes de réinsertion. Ils détaillent les 3 conceptions classiques de la réhabilitation dans leur ouvrage:
- Les composantes d’une théorie de la réhabiliatation
- Les composantes de la théorie RBR
- Le Good Lives Model et la Réhabilitation








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