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Experiences in Close Relationships – Revised, ECR-R

(version abrégée française – 24 items et version 16 items)

Fraley, Waller & Brennan, 2000
(adaptation de Brennan, Clark & Shaver, 1998)

PRÉSENTATION DE L’ÉCHELLE

L’Échelle des expériences dans les relations proches – version révisée (Experiences in Close Relationships – Revised, ECR-R) est aujourd’hui considérée comme l’un des instruments de référence pour l’évaluation dimensionnelle de l’attachement adulte dans les relations amoureuses.

Elle s’inscrit dans le prolongement des travaux de John Bowlby sur la théorie de l’attachement et de son application aux relations amoureuses adultes proposée par Cindy Hazan et Phillip Shaver (1987).

Alors que les premiers instruments d’attachement adulte reposaient principalement sur une approche catégorielle distinguant trois styles (sécure, anxieux/ambivalent, évitant), les recherches contemporaines considèrent majoritairement l’attachement comme un ensemble de dimensions continues.

L’ECR-R évalue deux dimensions fondamentales :

  • l’anxiété d’attachement (attachment anxiety) ;
  • l’évitement de l’attachement (attachment avoidance).

Ces deux dimensions permettent de décrire les modèles internes de fonctionnement relationnel d’une personne sans supposer l’existence de catégories fixes.

La traduction française est celle de Lafontaine & Lussier (2003) & Favez & Cairo (2011)

A nter également l’existence de l’ECR-R-16F, 16 items   (Valentine Rattaz, Nicolas Favez , Nilo Puglisi , Sarah Cairo Notari , Hervé Tissot 2025, Validation de l’ECR-R-16F : version française courte de l’Experience in Close Relationships Revised )

HISTORIQUE ET DÉVELOPPEMENT

L’ECR original (Experiences in Close Relationships) a été développé par Brennan, Clark et Shaver en 1998.

Les auteurs ont analysé un ensemble de plus de 300 items issus des principaux questionnaires d’attachement adulte existants afin d’identifier les dimensions communes aux différents modèles.

L’analyse factorielle a fait apparaître deux facteurs majeurs :

  1. Anxiété d’attachement
  2. Évitement de l’attachement

Ces deux dimensions expliquaient une part importante de la variance des mesures existantes.

En 2000, Fraley, Waller et Brennan ont proposé une version révisée, l’ECR-R, en utilisant notamment des analyses issues de la théorie de la réponse à l’item (Item Response Theory).

Cette révision avait pour objectif :

  • d’améliorer la précision psychométrique des items ;
  • de mieux couvrir l’ensemble du continuum de chaque dimension ;
  • de réduire certaines limites de formulation présentes dans l’ECR initial.

La version finale et complete comporte 36 items (vs 24 pour version abrégée), répartis en deux sous-échelles de 18 items.

FONDEMENTS THÉORIQUES

Selon le modèle contemporain de l’attachement adulte, les différences individuelles peuvent être représentées selon deux axes indépendants.

1. Anxiété d’attachement (Attachment Anxiety)

Cette dimension correspond au degré d’inquiétude concernant :

  • la disponibilité du partenaire ;
  • la stabilité de la relation ;
  • le risque d’abandon ;
  • la valeur personnelle aux yeux du partenaire.

Les personnes ayant un score élevé peuvent :

  • rechercher davantage de réassurance ;
  • être hypersensibles aux signes de rejet ;
  • interpréter plus facilement les comportements du partenaire comme une menace relationnelle.

2. Évitement de l’attachement (Attachment Avoidance)

Cette dimension correspond au degré d’inconfort face :

  • à l’intimité émotionnelle ;
  • à la dépendance affective ;
  • à la proximité relationnelle ;
  • au fait de compter sur autrui.

Les personnes ayant un score élevé peuvent :

  • privilégier l’autonomie ;
  • limiter l’expression émotionnelle ;
  • éprouver des difficultés à faire confiance ;
  • maintenir une distance relationnelle.

TRADUCTION FRANÇAISE DE L’ÉCHELLE

Consignes

Les affirmations suivantes concernent la manière dont vous vivez généralement vos relations amoureuses. Nous souhaitons connaître vos sentiments concernant les relations proches. Pour chaque affirmation, indiquez dans quelle mesure celle-ci correspond à ce que vous ressentez généralement. Répondez en pensant à vos relations amoureuses actuelles ou passées.

Échelle de réponse :

Score Réponse
1 Fortement en désaccord
2 En désaccord
3 Plutôt en désaccord
4 Ni d’accord ni en désaccord
5 Plutôt d’accord
6 D’accord
7 Fortement d’accord

ITEMS

Items

  1. J’ai peur de perdre l’amour de mon/mà partenaire.

  2. Mon/mà partenaire me comprend vraiment bien et comprend ce dont j’ai besoin.

  3. Je suis souvent inquiet(e) à l’idée que mon partenaire ne veuille pas rester avec moi.

  4. Je suis à l’aise pour montrer de l’affection à mon/mà partenaire.

  5. Je suis souvent inquiet(e) à l’idée que mon partenaire ne m’aime pas vraiment.

  6. Il est facile pour moi de compter sur mes partenaires amoureux(ses).

  7. Je m’inquiète à l’idée que mes partenaires amoureux ne vont pas s’occuper de moi autant que je m’occupe d’eux.

  8. Ça ne me gêne pas d’avoir besoin de mon/mà partenaire.

  9. Il m’arrive souvent de souhaiter que les sentiments de mon/mà partenaire pour moi soient aussi forts que mes sentiments pour lui/elle.

  10. Je discute de tout avec mon/mà partenaire.

  11. Je m’inquiète beaucoup au sujet de mes relations.

  12. Je dis à peu près tout à mon/mà partenaire.

  13. Quand mon partenaire est loin de moi, j’ai peur qu’il/elle s’intéresse à quelqu’un d’autre.

  14. Quand je montre mes sentiments à un partenaire, j’ai peur qu’il/elle n’éprouve pas les mêmes sentiments envers moi.

  15. J’ai rarement la crainte que mon partenaire me quitte.

  16. Mon/mà partenaire amoureux(se) me fait douter de moi.

  17. Il ne m’arrive pas souvent de m’inquiéter d’être abandonné(e).

  18. Je trouve que mes partenaires ne veulent pas se rapprocher de moi autant que je le voudrais.

  19. Cela m’aide de me tourner vers mon/mà partenaire quand j’en ai besoin.

  20. Il arrive quelquefois que des partenaires amoureux(ses) changent leurs sentiments envers moi sans raison apparente.

  21. Il m’est relativement facile de me rapprocher de mon/mà partenaire.

  22. Mon désir d’être très près des gens les fait fuir parfois.

  23. Ce n’est pas difficile pour moi de me rapprocher de mon/mà partenaire.

  24. J’ai peur que lorsqu’un/une partenaire va me connaître mieux, il/elle n’apprécie pas qui je suis vraiment.

COTATION

Attribution aux sous-échelles

La version française de l’ECR-R présentée ici comporte 24 items répartis en deux dimensions :

Dimension Items
Évitement (Avoidance) 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24
Anxiété (Anxiety) 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23

Procédure de calcul

  1. Inversion des items : Pour les items suivants, inverser la cotation selon la formule : score inversé = 8 - score original (1→7, 2→6, 3→5, 4→4, 5→3, 6→2, 7→1).

  2. Calcul des scores par dimension : Pour chaque dimension, faire la moyenne des scores (après inversion le cas échéant) des items qui la composent. Les scores par dimension varient donc de 1 à 7.

Récapitulatif des items inversés

Dimension Items inversés
Évitement 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24
Anxiété 9, 15, 17

INTERPRÉTATION

Principe général

L’interprétation de l’ECR-R repose sur les scores obtenus sur les deux dimensions. Un score élevé (proche de 7) sur une dimension indique une plus grande présence de la caractéristique correspondante. Un score faible (proche de 1) reflète une moindre présence.

Des données normatives issues de la validation de la version française (N = 600, âgés de 25 à 45 ans) indiquent les valeurs moyennes suivantes :

Dimension Moyenne Écart-type
Évitement 2,93 1,15
Anxiété 3,46 1,10

Interprétation par dimension

1. Évitement de l’attachement (Avoidance) — items 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24

Un score élevé (> 4) indique un inconfort marqué à l’égard de la proximité et de l’intimité. La personne préfère maintenir une distance émotionnelle, se montre réticente à dépendre d’autrui et tend à minimiser l’importance des relations amoureuses. Elle peut éprouver des difficultés à faire confiance et à s’engager pleinement. À l’inverse, un score faible (< 2,5) reflète un confort dans la proximité, une facilité à s’ouvrir aux autres et une acceptation de la dépendance mutuelle.

2. Anxiété d’attachement (Anxiety) — items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23

Un score élevé (> 4) témoigne d’une préoccupation anxieuse concernant l’abandon, le rejet et la réciprocité des sentiments. La personne craint que son partenaire ne l’aime pas vraiment, doute de la solidité de la relation et peut manifester un besoin excessif de réassurance. À l’inverse, un score faible (< 2,5) reflète une relative sérénité à l’égard de la relation et une moindre crainte de l’abandon.

Profils d’attachement

La combinaison des deux scores dimensionnels permet de situer le répondant par rapport aux quatre styles d’attachement décrits par Bartholomew (1990) :

Profil Anxiété Évitement Modèle de soi Modèle d’autrui
Sécure Faible Faible Positif Positif
Préoccupé Élevée Faible Négatif Positif
Évitant-distant Faible Élevé Positif Négatif
Craintif-évitant Élevée Élevé Négatif Négatif
  • Attachement sécure : La personne est à l’aise avec la proximité et ne craint pas l’abandon. Elle entretient des relations satisfaisantes et équilibrées.
  • Attachement préoccupé (anxiété élevée, évitement faible) : La personne aspire à la fusion et à l’intimité, mais doute de la réciprocité des sentiments. Elle craint constamment l’abandon et peut manifester une dépendance émotionnelle marquée.
  • Attachement évitant-distant (anxiété faible, évitement élevé) : La personne valorise l’autonomie et l’indépendance, minimise l’importance des relations et se montre réticente à l’engagement.
  • Attachement craintif-évitant (anxiété élevée, évitement élevé) : La personne craint à la fois l’abandon et l’intimité. Elle entretient un double mouvement d’approche et d’évitement dans ses relations.

INTERPRÉTATION

Principe général

L’ECR-R ne produit pas un diagnostic ni une catégorie d’attachement.

Il mesure deux tendances dimensionnelles :

  • anxiété relationnelle ;
  • évitement relationnel.

Plus un score est élevé, plus la dimension correspondante est présente.

1. Anxiété d’attachement

Score élevé

La personne peut présenter :

  • une forte sensibilité au rejet ;
  • une peur de perdre l’autre ;
  • un besoin important de validation ;
  • une tendance à rechercher fréquemment des signes d’amour.

Dans les relations, cela peut favoriser :

  • la rumination ;
  • la jalousie ;
  • l’hypervigilance relationnelle.

Score faible

La personne manifeste généralement :

  • une confiance plus importante dans la stabilité du lien ;
  • une meilleure régulation des inquiétudes relationnelles ;
  • une moindre peur de l’abandon.

2. Évitement de l’attachement

Score élevé

La personne peut présenter :

  • une gêne face à l’intimité ;
  • une difficulté à exprimer ses besoins émotionnels ;
  • une préférence pour l’indépendance ;
  • une difficulté à compter sur autrui.

Score faible

La personne manifeste généralement :

  • une capacité confortable à être proche ;
  • une ouverture émotionnelle ;
  • une plus grande confiance envers le partenaire.

PROFILS D’ATTACHEMENT (REPRÉSENTATION DESCRIPTIVE)

La combinaison des deux dimensions permet d’illustrer quatre configurations théoriques :

Évitement faible Évitement élevé
Anxiété faible Attachement sécure Attachement détaché
Anxiété élevée Attachement préoccupé Attachement craintif

Attachement sécure

Faible anxiété + faible évitement.

Caractéristiques :

  • confiance relationnelle ;
  • confort avec l’intimité ;
  • capacité à dépendre et être dépendant.

Attachement préoccupé

Forte anxiété + faible évitement.

Caractéristiques :

  • besoin important de proximité ;
  • peur du rejet ;
  • recherche fréquente de réassurance.

Attachement détaché

Faible anxiété + fort évitement.

Caractéristiques :

  • valorisation de l’autonomie ;
  • distance émotionnelle ;
  • minimisation des besoins relationnels.

Attachement craintif

Forte anxiété + fort évitement.

Caractéristiques :

  • désir de proximité associé à une peur de l’intimité ;
  • difficulté à faire confiance ;
  • ambivalence relationnelle.

QUALITÉS PSYCHOMÉTRIQUES

L’ECR-R présente d’excellentes propriétés psychométriques.

Les études rapportent généralement :

  • cohérence interne élevée :
    • Anxiété : α souvent > .90
    • Évitement : α souvent > .90
  • bonne stabilité temporelle ;
  • validité convergente avec :
    • satisfaction conjugale ;
    • qualité relationnelle ;
    • régulation émotionnelle ;
    • fonctionnement interpersonnel.

L’ECR-R a été traduit et validé dans de nombreuses langues.

LIMITES ET PRÉCAUTIONS D’INTERPRÉTATION

  • L’ECR-R n’est pas un outil diagnostique.
  • Il ne permet pas de déterminer un « type d’attachement » fixe.
  • Les scores peuvent varier selon :
    • la relation évaluée ;
    • l’histoire relationnelle ;
    • le contexte émotionnel au moment de la passation.
  • Les seuils cliniques ne sont pas établis.

Il est recommandé d’interpréter les résultats comme une description de tendances relationnelles plutôt que comme une classification de personnalité.

APPLICATIONS

L’ECR-R est utilisé dans :

  • la recherche sur les relations de couple ;
  • la psychologie clinique ;
  • l’étude de la régulation émotionnelle ;
  • les recherches sur la psychopathologie relationnelle ;
  • les interventions thérapeutiques centrées sur l’attachement.

RÉFÉRENCES

  • Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998).
    Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview.
    In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment Theory and Close Relationships. Guilford Press.
  • Fraley, R. C., Waller, N. G., & Brennan, K. A. (2000).
    An item response theory analysis of self-report measures of adult attachment.
    Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 350–365.
  • Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2007).
    Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change.
    Guilford Press.

 

ECR-R-16F – Questionnaire

Consignes: Les énoncés suivants se rapportent à la manière dont vous vous sentez à l’intérieur de vos relations amoureuses. Nous nous intéressons à la manière dont vous vivez généralement ces relations et non seulement à ce que vous vivez dans votre relation actuelle. Répondez à chaque énoncé en entourant le chiffre correspondant à votre degré d’accord. Si vous n’êtes pas en couple, référez-vous à votre dernière relation.

  1. Mon/ma partenaire me comprend vraiment bien et comprend ce dont j’ai besoin
  2. Je suis à l’aise pour montrer de l’affection à mon/ma partenaire
  3. Je suis souvent inquiet·ète à l’idée que mon/ma partenaire ne m’aime pas vraiment
  4. Ça ne me gêne pas d’avoir besoin de mon/ma partenaire
  5. Il m’arrive souvent de souhaiter que les sentiments de mon/ma partenaire pour moi soient aussi forts que mes sentiments pour lui/elle
  6. Je m’inquiète beaucoup au sujet de mes relations
  7. J’ai rarement la crainte que mon/ma partenaire me quitte
  8. Mon/ma partenaire amoureux·se me fait douter de moi
  9. Cela m’aide de me tourner vers mon/ma partenaire quand j’en ai besoin
  10. Il arrive quelquefois que des partenaires amoureux·ses changent leurs sentiments envers moi sans raison apparente
  11. Il m’est relativement facile de me rapprocher de mon/ma partenaire
  12. Mon désir d’être très près des gens les fait fuir parfois
  13. J’ai peur que lorsque un/une partenaire va me connaitre mieux, il/elle n’apprécie pas qui je suis vraiment
  14. Je me permets difficilement de compter sur mon/ma partenaire amoureux·se
  15. Je me sens à l’aise de partager mes pensées intimes et mes sentiments avec mon/ma partenaire
  16. Je deviens mal à l’aise lorsque mon/ma partenaire amoureux·se veut être très près de moi

Calcul des scores

  • Echelle allant de 1 (fortement en désaccord) à 7 (fortement en accord)
  • Echelle d’anxiété : items 3, 5, 6, 7, 8, 10, 12, 13.
  • Échelle d’évitement : items 1, 2, 4, 9, 11, 14, 15, 16
  • Pour obtenir des scores pour chaque échelle : faire la moyenne des items.
  • Les scores des items 1, 2, 4, 7, 9, 11, 15 doivent être inversés pour le calcul de la moyenne

ÉCHELLE D’ATTACHEMENT ADULTE

juillet 17th, 2026 | Publié par crisostome dans OUTILS - (0 Commentaire)

Adult Attachment Scale – AAS

Collins & Read, 1990 

PRÉSENTATION DE L’ÉCHELLE

L’Échelle d’attachement adulte (Adult Attachment Scale, AAS) a été élaborée par Nancy L. Collins et Stephen J. Read en 1990, dans le prolongement des travaux fondateurs de Hazan et Shaver (1987) sur la transposition de la théorie de l’attachement de Bowlby à l’âge adulte. Alors que les premières mesures de l’attachement adulte reposaient sur une approche catégorielle (attribuant chaque individu à l’un des trois styles – sécure, anxieux ou évitant), Collins et Read ont proposé une conceptualisation dimensionnelle, permettant de rendre compte de la variabilité continue des différences individuelles dans les expériences d’attachement.

L’échelle originale, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, a été développée à partir d’une analyse factorielle exploratoire menée sur un échantillon de 406 étudiants universitaires, révélant trois dimensions distinctes : la proximité (Close – degré de confort ressenti à l’égard de l’intimité et des relations proches), la dépendance (Depend – mesure dans laquelle la personne se sent capable de compter sur autrui pour être disponible en cas de besoin), et l’anxiété (Anxiety – préoccupation anxieuse concernant l’abandon ou le fait de n’être pas aimé). La version finale de l’instrument comporte 18 items, six par sous-échelle, cotés sur une échelle de Likert en cinq points.

L’AAS est l’un des premiers questionnaires à avoir quitté la logique sécure / évitant / anxieux pour adopter une mesure dimensionnelle.

En 1996, Nancy Collins a procédé à une révision de l’échelle (Revised Adult Attachment Scale, R-AAS), qui a fait l’objet de nombreuses validations transculturelles. La version révisée a notamment été traduite en français sous le nom de R-AAS-F, dont la structure factorielle en trois dimensions a été confirmée auprès d’un échantillon francophone de 408 jeunes adultes, avec des coefficients oméga variant de .77 à .85 selon les dimensions. L’instrument est aujourd’hui l’un des questionnaires auto-administrés les plus influents et les plus largement utilisés pour évaluer l’attachement adulte en recherche et en clinique, bien qu’aujourd’hui, la plupart des chercheurs utilisent plutôt l’ECR (Experiences in Close Relationships, de Kelly Brennan, Catherine Clark et Phillip Shaver, 1998) ou l’ECR-R.

TRADUCTION FRANÇAISE DE L’ÉCHELLE

Consignes

Veuillez lire chacun des énoncés suivants et évaluer dans quelle mesure il décrit vos sentiments à l’égard des relations amoureuses. Veuillez considérer l’ensemble de vos relations (passées et présentes) et répondre en fonction de ce que vous ressentez généralement dans ces relations. Si vous n’avez jamais été engagé(e) dans une relation amoureuse, répondez en fonction de ce que vous pensez que vous ressentiriez. Utilisez l’échelle ci-dessous en inscrivant un chiffre entre 1 et 5 dans l’espace prévu à droite de chaque énoncé.

1 Pas du tout caractéristique de moi
2 Peu caractéristique de moi
3 Ni caractéristique, ni non caractéristique de moi
4 Assez caractéristique de moi
5 Très caractéristique de moi

Items

  1. Il m’est relativement facile de me rapprocher des autres.

  2. Je ne m’inquiète pas d’être abandonné(e).

  3. J’éprouve des difficultés à me permettre de dépendre des autres.

  4. Dans mes relations, je m’inquiète souvent que mon/mà partenaire ne m’aime pas vraiment.

  5. Je constate que les autres sont réticents à se rapprocher autant que je le souhaiterais.

  6. Je suis à l’aise pour dépendre des autres.

  7. Je ne m’inquiète pas que quelqu’un se rapproche trop de moi.

  8. Je constate que les gens ne sont jamais là quand on a besoin d’eux.

  9. Je suis quelque peu mal à l’aise d’être proche des autres.

  10. Dans mes relations, je m’inquiète souvent que mon/mà partenaire ne veuille pas rester avec moi.

  11. Je souhaite fusionner complètement avec une autre personne.

  12. Mon désir de fusion fait parfois peur aux gens et les éloigne.

  13. Je suis à l’aise que d’autres personnes dépendent de moi.

  14. Je sais que les gens seront là quand j’aurai besoin d’eux.

  15. Je suis nerveux/nervouse quand quelqu’un se rapproche trop de moi.

  16. J’éprouve des difficultés à faire entièrement confiance aux autres.

  17. Souvent, mes partenaires veulent que je sois plus proche que je ne me sens à l’aise de l’être.

  18. Je ne suis pas certain(e) de pouvoir toujours compter sur les autres pour être là quand j’ai besoin d’eux.

COTATION

Attribution aux sous-échelles (version originale à trois dimensions)

Chaque item est associé à l’une des trois sous-échelles suivantes :

Sous-échelle Items
Proximité (Close) 1, 7, 9, 13, 15, 17*
Dépendance (Depend) 3, 6, 8, 14, 16, 18
Anxiété (Anxiety) 2*, 4, 5, 10, 11, 12

Les items suivis d’un astérisque () sont inversés.*

Procédure de calcul

  1. Inversion des items : Pour les items marqués d’un astérisque (*), inverser la cotation selon la formule suivante : score inversé = 6 - score original (ainsi, un 1 devient 5, un 2 devient 4, un 3 reste 3, un 4 devient 2, un 5 devient 1).
  2. Calcul des scores par sous-échelle : Pour chacune des trois sous-échelles, faire la moyenne des scores (après inversion le cas échéant) des six items qui la composent. Les scores par sous-échelle varient donc de 1 à 5.
  3. Score total : Contrairement à d’autres instruments, l’AAS ne propose pas de score total unique. L’interprétation repose sur le profil des trois scores dimensionnels.

Cotation alternative : dimensions bipolaires de l’anxiété et de l’évitement

Certains chercheurs (Kim Bartholomew et Kelly Brennan)  utilisent une cotation alternative permettant de calculer deux dimensions bipolaires – l’anxiété d’attachement (modèle de soi) et l’évitement de l’attachement (modèle de l’autre) – selon le barème suivant :

Dimension Items
Anxiété (Anxiety) 2*, 4, 5, 10, 11, 12
Évitement (Avoidance) 1, 3, 6, 7, 8, 9, 13, 14*, 15, 16, 17, 18

Les items suivis d’un astérisque () sont inversés.*

INTERPRÉTATION

Principe général

L’interprétation de l’AAS repose sur le profil des scores obtenus sur les trois dimensions. Un score élevé sur une sous-échelle indique une plus grande présence de la caractéristique correspondante. La combinaison des trois scores permet de situer le répondant par rapport aux styles d’attachement classiquement décrits dans la littérature.

Interprétation par sous-échelle

1. Proximité (Close) — items 1, 7, 9, 13, 15, 17*

Un score élevé (moyenne > 3,5) indique un confort à l’égard de l’intimité et de la proximité relationnelle. La personne se sent à l’aise pour établir des liens étroits, n’éprouve pas de crainte d’être envahie et accepte que les autres dépendent d’elle. À l’inverse, un score faible (moyenne < 2,5) reflète une gêne face à la proximité, une tendance à maintenir une distance émotionnelle et une appréhension à l’égard de l’intimité.

2. Dépendance (Depend) — items 3, 6, 8, 14, 16, 18

Un score élevé (moyenne > 3,5) témoigne de la conviction que l’on peut compter sur les autres pour être disponibles en cas de besoin. La personne éprouve un sentiment de sécurité dans la dépendance et fait confiance à la fiabilité d’autrui. Un score faible (moyenne < 2,5) reflète au contraire une méfiance à l’égard de la disponibilité d’autrui, une crainte d’être déçu et une difficulté à s’appuyer sur les autres.

3. Anxiété (Anxiety) — items 2*, 4, 5, 10, 11, 12

Un score élevé (moyenne > 3,5) indique une préoccupation anxieuse concernant l’abandon, le rejet ou le fait de ne pas être suffisamment aimé. La personne craint que son partenaire ne l’aime pas vraiment ou ne veuille pas rester avec elle, et peut manifester un désir de fusion intense qui risque d’éloigner autrui. Un score faible (moyenne < 2,5) reflète une relative sérénité à l’égard de la pérennité de la relation et une moindre crainte de l’abandon.

Profils d’attachement

Les profils d’attachement peuvent être approximativement rapprochés des styles décrits par Hazan et Shaver, mais l’AAS est avant tout un instrument dimensionnel. Les trois scores doivent être interprétés conjointement plutôt que convertis mécaniquement en catégories.

La combinaison des trois scores permet de distinguer trois profils, en cohérence avec la typologie classique de Hazan et Shaver (1987) :

Profil Proximité Dépendance Anxiété
Sécure Élevé Élevé Faible
Anxieux/ambivalent Élevé Faible Élevé
Évitant Faible Faible Faible
  • Attachement sécure : La personne est à l’aise avec la proximité, fait confiance à la disponibilité d’autrui et ne craint pas l’abandon. Elle entretient des relations satisfaisantes et équilibrées.
  • Attachement anxieux (ou préoccupé) : La personne aspire à la proximité et à la fusion, mais doute de la réciprocité des sentiments et craint constamment l’abandon. Cette ambivalence peut générer une dépendance émotionnelle marquée et des fluctuations de l’humeur.
  • Attachement évitant : La personne est mal à l’aise avec l’intimité, préfère maintenir une distance émotionnelle et se méfie de la fiabilité d’autrui. Elle tend à minimiser l’importance des relations et à privilégier l’autonomie.

Remarques cliniques et méthodologiques

  • L’AAS n’est pas un instrument diagnostique ; il vise à évaluer des dimensions continues de l’attachement, non à poser un diagnostic catégoriel.

  • Il n’existe pas de seuil clinique officiellement validé. Les seuils interprétatifs (élevé > 3,5 ; faible < 2,5) sont indicatifs et doivent être adaptés en fonction des caractéristiques de l’échantillon et du contexte culturel.

  • La version révisée de 1996 (R-AAS) a fait l’objet d’une validation en français (R-AAS-F), dont les propriétés psychométriques se sont révélées satisfaisantes. Les chercheurs sont invités à se référer à cette version pour des applications en contexte francophone.

  • L’échelle présentée ici correspond à la version originale de 1990. La version révisée de 1996 comporte des modifications mineures dans la formulation de certains items ; les chercheurs sont invités à consulter la publication originale de Collins (1996) pour une utilisation de la version révisée.

  • Il est recommandé d’interpréter les résultats en tenant compte du genre, de l’âge, du statut relationnel et des expériences de vie du répondant.


Référence : Collins, N. L., & Read, S. J. (1990). Adult attachment, working models, and relationship quality in dating couples. Journal of Personality and Social Psychology, 58(4), 644-663.

ÉCHELLE DES CROYANCES ROMANTIQUES

juillet 17th, 2026 | Publié par crisostome dans OUTILS | VIF - (0 Commentaire)

Romantic Beliefs Scale – RBS

Sprecher & Metts, 1989

PRÉSENTATION DE L’ÉCHELLE

L’Échelle des croyances romantiques (Romantic Beliefs Scale, RBS) a été développée par Susan Sprecher et Sandra Metts en 1989 dans le but de mesurer l’adhésion à un ensemble de croyances constitutives de l’idéologie romantique dans la culture occidentale (ensemble de croyances romantiques culturellement valorisées). Cet instrument s’inscrit dans une tradition de recherche visant à comprendre comment les représentations idéalisées de l’amour influencent les attentes, les comportements et la qualité des relations amoureuses.

Le processus de développement de l’échelle a été mené selon une approche itérative rigoureuse. Partant d’un pool initial de 32 items inspirés des travaux de Lantz et al. (1973), les auteures ont procédé à plusieurs vagues d’administration et de révision auprès d’un total de 1 152 participants, avant de parvenir à une version finale de 15 items. La version définitive a été soumise à des tests de fiabilité et de validité sur un échantillon de 730 étudiants de premier cycle universitaire. Les résultats ont apporté un soutien solide à la validité et à la fiabilité de l’échelle.

Une caractéristique distinctive du RBS réside dans la formulation de ses items à la première personne du singulier (par exemple, « Si j’aime quelqu’un… » plutôt que « Si une personne aime quelqu’un… »). Ce choix méthodologique vise à mesurer les attitudes personnelles plutôt que les attentes normatives concernant le romantisme, évitant ainsi l’écueil d’autres échelles qui reflètent davantage la façon dont l’individu pense que les gens en général se sentent plutôt que ses propres croyances.

L’analyse factorielle de l’échelle a permis d’identifier quatre dimensions distinctes, qui constituent les quatre sous-échelles du RBS :

  1. L’amour triomphe de tout (Love Finds a Way) – croyance selon laquelle l’amour véritable est assez puissant pour surmonter tous les obstacles, qu’ils soient d’ordre matériel, géographique ou social.
  2. L’âme sœur unique (One and Only) – croyance en l’existence d’une seule personne destinée à être l’amour véritable, et en l’impossibilité de retrouver un amour d’une intensité équivalente avec une autre personne.
  3. L’idéalisation (Idealization) – croyance selon laquelle le partenaire aimé possède des qualités quasi parfaites et que la relation amoureuse elle-même sera exempte de défauts majeurs.
  4. Le coup de foudre (Love at First Sight) – croyance en la possibilité de reconnaître instantanément son âme sœur dès la première rencontre.

Les qualités psychométriques du RBS ont été largement étudiées dans différents contextes culturels. Les résultats soutiennent généralement une bonne cohérence interne, mais la structure factorielle varie selon les études et les populations examinées. La version polonaise de l’échelle, par exemple, a démontré une structure factorielle et des propriétés psychométriques comparables à la version originale anglaise. Des recherches ont également établi que le romantisme, tel que mesuré par le RBS, est lié au genre et à l’orientation des rôles de genre, les hommes rapportant généralement des scores totaux plus élevés que les femmes, et la féminité constituant un prédicteur plus fort du romantisme que la masculinité. A noter que si dans l’étude originale, les hommes obtenaient des scores légèrement plus élevés que les femmes, les recherches ultérieures ont toutefois produit des résultats plus variables selon les contextes culturels.Par ailleurs, les jeunes adultes obtiennent des scores plus élevés que les adultes plus âgés, et les Américains présentent des scores plus élevés que les personnes d’autres cultures.

TRADUCTION FRANÇAISE DE L’ÉCHELLE

Consignes

Les énoncés ci-dessous décrivent différentes croyances que l’on peut entretenir à propos de l’amour et des relations amoureuses. Pour chaque énoncé, veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou en désaccord, en utilisant l’échelle suivante :

7 Tout à fait d’accord
6 Assez d’accord
5 Plutôt d’accord
4 Ni d’accord, ni en désaccord
3 Plutôt en désaccord
2 Assez en désaccord
1 Tout à fait en désaccord

Items

  1. J’ai besoin de connaître quelqu’un pendant un certain temps avant de tomber amoureux/amoureuse de cette personne.

  2. Si j’étais amoureux/amoureuse de quelqu’un, je poursuivrais cette relation même si mes parents et mes amis désapprouvaient cette relation.

  3. Une fois que j’aurai connu le « véritable amour », je ne pourrai plus jamais le ressentir à nouveau, avec la même intensité, avec une autre personne.

  4. Je crois que le véritable amour, ça dure toute la vie.

  5. Si j’aime quelqu’un, je sais que je peux faire fonctionner cette relation, quels que soient les obstacles.

  6. Quand je rencontrerai mon « véritable amour », je le saurai probablement très rapidement après notre rencontre..

  7. Je suis certain(e) que tout ce que j’apprendrai sur la personne que je choisirai pour un engagement à long terme me plaira.

  8. La relation que j’aurai avec mon « véritable amour » sera presque parfaite.

  9. Si j’aime quelqu’un, je trouverai un moyen pour que nous soyons ensemble, quelles que soient l’opposition à notre relation, la distance physique entre nous ou tout autre obstacle.

  10. Il n’y aura qu’un seul véritable amour pour moi.

  11. Si une relation que j’ai est faite pour être, tout obstacle (par exemple, manque d’argent, distance physique, conflits de carrière) peut être surmonté.

  12. Il est probable que je tombe amoureux/amoureuse presque immédiatement si je rencontre la bonne personne.

  13. Je m’attends à ce que, dans ma relation, l’amour romantique ne s’éteindra pas avec le temps

  14. La personne que j’aimerai sera un/une partenaire romantique parfait(e) ; par exemple, il/elle m’acceptera totalement, sera aimant(e) et compréhensif/compréhensive.

  15. Je crois que si une autre personne et moi nous aimons, nous pouvons surmonter toutes les différences et tous les problèmes qui pourraient survenir.

COTATION

Attribution aux sous-échelles

Chaque item est associé à l’une des quatre sous-échelles suivantes :

Sous-échelle Items
L’amour triomphe de tout (Love Finds a Way) 2, 5, 9, 11, 15
L’âme sœur unique (One and Only) 3, 4, 10
L’idéalisation (Idealization) 7, 8, 14
Le coup de foudre (Love at First Sight) 1*, 6, 12

L’item 1 est suivi d’un astérisque () car il est inversé.*

Procédure de calcul

  1. Inversion de l’item : L’item 1 (« J’ai besoin de connaître quelqu’un pendant un certain temps avant de tomber amoureux/amoureuse de cette personne ») est inversé. La cotation s’effectue selon la formule suivante : score inversé = 8 - score original (ainsi, un 7 devient 1, un 6 devient 2, un 5 devient 3, un 4 devient 4, un 3 devient 5, un 2 devient 6, un 1 devient 7).

  2. Calcul des scores par sous-échelle : Pour chacune des quatre sous-échelles, faire la somme des scores des items qui la composent (après inversion pour l’item 1). Les scores par sous-échelle varient comme suit :

    • Love Finds a Way (5 items) : de 5 à 35

    • One and Only (3 items) : de 3 à 21

    • Idealization (3 items) : de 3 à 21

    • Love at First Sight (3 items, dont 1 inversé) : de 3 à 21

  3. Score total : La somme des scores des quatre sous-échelles donne un score total compris entre 15 et 105. Un score plus élevé indique une adhésion plus forte aux croyances romantiques.

Remarque : Contrairement à de nombreuses échelles psychométriques, le RBS ne comporte pas d’items inversés supplémentaires dans sa version finale, ce qui peut exposer les répondants à un biais de réponse consistant à acquiescer ou à contester systématiquement les items, indépendamment de leur contenu. Il convient d’en tenir compte lors de l’interprétation des résultats.

INTERPRÉTATION

Principe général

Un score élevé sur une sous-échelle ou sur le score total indique une adhésion plus forte à l’idéologie romantique, caractérisée par une vision idéalisée et parfois irréaliste de l’amour. Un score faible reflète une vision plus pragmatique, réaliste et moins idéalisée des relations amoureuses.

Des scores élevés ne signifient pas nécessairement que la personne entretient une relation dysfonctionnelle. Ils reflètent avant tout des attentes et des représentations idéalisées de l’amour, dont les effets peuvent varier selon le contexte relationnel.

Interprétation par sous-échelle

1. L’amour triomphe de tout (Love Finds a Way) — items 2, 5, 9, 11, 15

Un score élevé témoigne de la conviction que l’amour véritable est suffisamment puissant pour surmonter tous les obstacles, qu’ils soient d’ordre social (désapprobation familiale), matériel (manque d’argent), géographique (distance) ou relationnel (différences et conflits). Cette croyance peut favoriser l’engagement et la persévérance, mais aussi conduire à minimiser des difficultés objectives ou à s’engager dans des relations manifestement inadéquates.

2. L’âme sœur unique (One and Only) — items 3, 4, 10

Un score élevé reflète la croyance en l’existence d’une seule personne destinée à être l’amour véritable, et en l’impossibilité de connaître un amour d’égale intensité avec une autre personne. Cette conception, proche de la notion d’« âme sœur » ou de soulmate, peut renforcer l’idéalisation du partenaire et la crainte de le perdre, mais aussi entraver la capacité à se remettre d’une rupture ou à s’engager dans de nouvelles relations.

3. L’idéalisation (Idealization) — items 7, 8, 14

Un score élevé indique une tendance à attribuer au partenaire et à la relation des qualités quasi parfaites. La personne s’attend à ce que son partenaire soit totalement acceptant, aimant et compréhensif, et que la relation soit exempte de défauts significatifs. Cette croyance, bien que source d’enthousiasme initial, expose à de potentielles déceptions lorsque la réalité du partenaire et de la relation ne correspond plus à l’image idéalisée.

4. Le coup de foudre (Love at First Sight) — items 1*, 6, 12

Un score élevé (après inversion de l’item 1) traduit la croyance en la possibilité de reconnaître immédiatement son âme sœur dès la première rencontre. Cette croyance, largement véhiculée par les récits culturels et les médias, peut conduire à une surévaluation des premières impressions et à une précipitation dans l’engagement, au détriment d’une connaissance approfondie de l’autre.

Score total

Le score total, somme des quatre sous-échelles, offre une indication du niveau global d’adhésion à l’ensemble de croyances romantiques culturellement valorisées. Les études publiées rapportent généralement des moyennes comprises entre environ 65 et 75 selon les échantillons étudiés. Dans les échantillons d’étudiants américains, les scores moyens se situent généralement autour de 70-75 sur 105.

Aucune norme clinique ni seuil d’interprétation officiel n’a été établi pour le RBS. Les résultats sont généralement interprétés de manière comparative (entre individus ou groupes) ou à partir des distributions observées dans les études de recherche.

À titre indicatif, des scores supérieurs à 80 peuvent être considérés comme reflétant un niveau élevé de croyances romantiques, tandis que des scores inférieurs à 60 indiquent une vision plus pragmatique. Ces seuils sont toutefois dépendants du contexte culturel et de l’échantillon.

A noter:

Depuis 1989, plusieurs travaux ont montré que le RBS est fortement corrélé avec les travaux de Raymond Knee sur les destiny beliefs et growth beliefs. Ces recherches sont devenues incontournables lorsqu’on parle des croyances romantiques (Knee, C. R. (1998). Implicit Theories of Relationships).

Remarques cliniques et méthodologiques

  • Le RBS n’est pas un instrument diagnostic ; il vise à évaluer des croyances culturellement partagées concernant l’amour romantique, et non des troubles ou des dysfonctionnements psychologiques.
  • Les croyances romantiques ne sont pas intrinsèquement pathologiques. Un niveau modéré d’idéalisation peut contribuer à la satisfaction et à l’engagement dans les premières phases d’une relation. C’est leur caractère extrême et rigide, en décalage avec la réalité, qui peut engendrer des difficultés.
  • Dans un contexte de recherche ou d’accompagnement, les scores sur les différentes sous-échelles peuvent aider à identifier les attentes spécifiques qu’une personne entretient à l’égard de ses relations amoureuses.
  • Il est recommandé d’interpréter les résultats en tenant compte du contexte culturel, de l’âge, du genre et des expériences relationnelles antérieures du répondant.
  • La version finale du RBS ne comportant pas d’items inversés (à l’exception de l’item 1), il convient d’être attentif aux éventuels biais de réponse (acquiescement ou contestation systématique) lors de l’interprétation des scores individuels.

Référence : Sprecher, S., & Metts, S. (1989). Development of the `Romantic Beliefs Scale’ and examination of the effects of gender and gender-role orientation. Journal of Social and Personal Relationships, 6(4), 387-411

Dans le champ de la criminologie correctionnelle, évaluer correctement les besoins et les facteurs criminogènes d’une personne condamnée ou placée sous main de justice (PPSMJ) est un enjeu central. L’outil FACILES-RX (Inventaire des besoins d’intervention, Denis LAFORTUNE) a été conçu à cet effet. Mais plus intéressant encore est sa version « auto » : FACILES-RX Auto, qui propose à la personne concernée de s’évaluer elle-même.

Contexte théorique : le modèle RBR

L’outil s’inscrit dans le cadre du modèle « Risque-Besoins-Réceptivité (RBR) » — un cadre désormais classique dans la réhabilitation et la probation. Ce modèle affirme que pour qu’une intervention soit efficace, il faut :

  • cibler le bon public (le risque) ;
  • agir sur les besoins criminogènes dynamiques — c’est-à-dire les facteurs modifiables liés au passage à l’acte ;
  • adapter l’intervention à la motivation, aux capacités et à la situation de la personne — la réceptivité.

FACILES-RX (et donc FACILES-RX Auto) vise précisément à identifier ces besoins criminogènes dynamiques pour orienter un programme de suivi individualisé.

Que mesure FACILES-RX Auto ?

« Il permet d’évaluer un certain nombre de besoins à prioriser dans l’accompagnement des personnes condamnées, c’est-à-dire les éléments qui paraissent avoir contribué au(x) passage(s) à l’acte. Ces éléments doivent être « dynamiques » c’est-à-dire actuels et susceptibles d’évoluer (que ce soit lentement ou rapidement). Le nombre de besoins visés doit évidemment tenir compte de la durée du suivi et des ressources disponibles. Il est important que l’utilisateur sache que cet outil ne peut remplacer l’analyse du professionnel, tenant compte de diverses sources
d’information. Par ailleurs, l’exercice ne consiste pas à mener une enquête exhaustive des facteurs atténuants et aggravants en vue de décider de la sanction pénale ou d’un aménagement de peine. En effet, l’outil n’a pas été conçu pour aider à la décision judiciaire, mais pour mieux définir l’accompagnement nécessaire aux personnes suivies
dans le cadre d’une mesure pénale ». (Denis Lafortune 2013)

  • L’inventaire original FACILES-RX se base sur differents facteurs dynamiques criminogènes : emploi, relations conjugales et familiales, fréquentations/socialisation, toxicomanie, comportement dans la collectivité, vie personnelle/affective, attitude générale, sexualité.
  • L’outil complet est destiné aux intervenants (probation, CPIP, services correctionnels) pour évaluer les besoins de la personne.
  • FACILES-RX Auto, quant à lui, reprend cette structure mais vise la personne suivie : elle est invitée à auto-évaluer ses propres situations, besoins, difficultés ou domaines à améliorer. Autrement dit : elle prend part activement à l’évaluation, ce qui peut favoriser l’appropriation du plan de réhabilitation.

Cette approche — de co-évaluation entre professionnel et personne concernée — traduit une volonté de coopération, de responsabilisation, et de collaboration dans le processus d’intervention.

Forces et apports du FACILES-RX Auto

  • Participation active de la personne suivie : en l’impliquant directement, l’outil peut améliorer l’alliance thérapeutique, l’engagement et la motivation — autant d’éléments essentiels à la réhabilitation.
  • Centrage sur des besoins dynamiques : plutôt que de se focaliser uniquement sur l’historique (antécédents, condamnations — ce qui relève des « risques statiques »), l’outil permet de repérer ce qui peut changer : emploi, dépendances, relations, modes de vie, socialisation… Ce sont des leviers concrets d’intervention.
  • Individualisation du suivi : en identifiant précisément les domaines (facteurs criminogènes) à travailler, le plan d’intervention peut être adapté à la trajectoire et aux besoins personnels, plutôt qu’un « traitement générique ».
  • Transparence et co-évaluation : la personne peut exprimer ses propres ressentis, difficultés et désirs de changement — ce qui peut enrichir le dialogue et la confiance avec les professionnels (CPIP, conseillers, intervenants).

FACILES-RX Auto illustre plusieurs dynamiques importantes :

  • la transition d’une démarche centrée sur le dossier et le passé pénal (risque statique) vers une évaluation dynamique et individualisée (besoins, facteurs modifiables) ;
  • la co-responsabilisation de la personne suivie — non plus simple « objet » d’évaluation, mais acteur dans son propre processus de changement ;
  • l’intégration des principes du modèle RBR dans des outils concrets, utilisables dans les institutions correctionnelles, probation, réinsertion ;
  • les enjeux pratiques et éthiques liés à la mise en œuvre de tels outils — biais, acceptation institutionnelle, fiabilité, adaptabilité selon les contextes (pays, culture, cadre juridique, services sociaux).

En ce sens, FACILES-RX Auto est un « pont » entre théorie criminologique, pratiques de probation et approche centrée sur l’individu. Conçu par Denis Lafortune, il représente une tentative réflexive et pragmatique de donner voix à la personne suivie dans l’évaluation de ses besoins criminogènes — un outil qui, lorsqu’il est utilisé de façon rigoureuse et réfléchie, peut enrichir la relation d’accompagnement, individualiser les interventions et favoriser la réinsertion. Cependant, comme tout instrument, il présente des marges d’erreur, des défis d’appropriation et des limites théoriques et pratiques : il faut donc l’aborder avec lucidité, conscience des biais possibles, et toujours dans une démarche combinant évaluation, écoute, contextualisation et soutien.

FACILES RX AUTO scorable en ligne

KIRAT‑2

KIRAT‑2 : un outil de priorisation pour les infractions en ligne

Développé au Royaume‑Uni au sein d’une collaboration entre le Kent Police et l’Université de Liverpool, le KIRAT‑2 est conçu pour aider les enquêtes policières à prioriser les suspects d’infractions liées à l’IIOC (Indecent Images of Children) selon leur probabilité d’avoir déjà commis une infraction sexuelle de contact.

📌 Important : ce n’est pas un outil prédictif de récidive future — il sert à identifier les risques actuels basés sur des antécédents .

Fonctionnement & structure

Le KIRAT‑2 opère comme un arbre décisionnel à quatre phases, intégrant 17 variables :

  • Antécédents (contact ou non)
  • Accès aux enfants (liens familiaux, professionnels)
  • Comportements en ligne/offline (grooming, incitation, accoutumance)
  • Autres facteurs (violences domestiques, consommation de substances) 
Domaine Usage
Police et enquête Prioriser les dossiers pour déploiement limité des ressources
Gestion opérationnelle Affecter les enquêtes aux agents ou départements adéquats
Collaboration inter-services Cibler les individus nécessitant une réponse immédiate

CPORT

Complémentarité avec d’autres outils d’évaluation

Le KIRAT‑2 peut être utilisé en amont, avant d’employer des outils comme :

  • CPORT (Child Pornography Offender Risk Tool)  : évalue le risque global de récidive chez les individus condamnés pour CSEM (Child Sexual Exploitation Material) 
  • Outils de type Static‑99R, Stable‑2007, Acute‑2007 pour affiner les facteurs statiques et dynamiques 

L’approche séquentielle permet une gestion plus rationnelle et ciblée des dossiers criminalisés en ligne.

Enjeux criminologiques & perspectives pour la recherche

  • Nécessité d’étendre les validations : adaptation à des contextes européens hors Royaume‑Uni, application aux femmes, jeunes…
  • Combinaison avec des outils dynamiques pour une évaluation plus complète du risque de récidive 
  • Développement futur d’outils intégrés permettant la détection du risque de passage à l’acte de contact à partir de comportements en ligne et de données psychosociales 

Le KIRAT‑2 est un outil stratégique et pragmatique pour les enquêteurs faisant face à un nombre croissant d’infractions en ligne impliquant des images sexuelles d’enfants. En permettant de hiérarchiser efficacement les dossiers suspects, il optimise l’allocation des ressources tout en contribuant à un contrôle différencié des risques. Pour les criminologues, il représente une pièce essentielle du puzzle dans l’évaluation du risque des délinquants sexuels impliqués dans des activités en ligne — à combiner idéalement avec d’autres outils validés pour une vision globale du risque.

Stalking Assessment and Management (SAM)

SAM est un outil de type Structured Professional Judgment (SPJ), conçu spécifiquement pour évaluer et gérer les risques liés au stalking. Il a été développé par P. Randall Kropp, Stephen D. Hart, David R. Lyon et Jennifer E. Storey entre 2001 et 2008

Contenu et structure

  • 30 items répartis en trois domaines (10 items chacun) :

    Domaine Description
    Nature du stalking comportements concrets : collecte d’infos, menaces, violences…
    Facteurs du stalker obsession, colère, instabilité émotionnelle, dépendance…
    Vulnérabilités de la victime réponse incohérente, manque de ressources, instabilité…
  • Pour chaque item, on évalue sa présence actuelle ou passée, puis sa pertinence pour le risque futur .

 Processus en 6 étapes

  1. Recueil d’informations

  2. Codage des 30 items

  3. Appréciation de leur pertinence

  4. Élaboration de scénarios plausibles de risque futur

  5. Planification de stratégies de gestion adaptées

  6. Formulation d’un avis global :

    • Priorisation du dossier

    • Risque de récidive de stalking

    • Risque de violence physique grave

    • Pertinence de la peur de la victime

    • Urgence d’action

    • Délai de réévaluation

Fiabilité et validité 🧠

  • Fiabilité inter‑juges (ICC) :

    • Facteurs/rubriques : plutôt bonne à correcte Researchgate

    • Jugements conclusifs : variable (ICC .39 à .80 pour priorisation; .71 pour stalking, .44–.60 pour violence grave) criminal-justice
  • Validité concurrente : bonne corrélation avec le PCL:SV et le VRAG (psychopathie et violence) Wiley online

  • Validité prédictive :

    • Étude suédoise (2009) : nombre d’items présents corrélé avec le risque perçu Sage Journal

    • Étude US (2016) : score « Nature du stalking » prédictif de récidive. Score du stalker non. Les vulnérabilités de la victime non disponibles – Researchgate

Avantages et limites

+ Points forts :

  • Couvre des facteurs propres au stalking, non présents dans les instruments de violence générale academia.edu.

  • Utilisable en contexte policier, judiciaire, ou clinique .

– Limites :

  • Besoin de formations spécifiques pour garantir fiabilité et pertinence .

  • Recherches existantes souvent sur petits échantillons, rétrospectives.

  • Domaine vulnérabilité victime peu étudié dans certaines validations criminal-justice

Utilisation pratique

  • Utilisable par police, professionnels judiciaires et psychologues/psychiatres judiciaires .

  • Requiert une formation (ex. cours avec Kropp, 20–40 h certifiantes) .

En résumé

SAM est un outil structuré et rigoureux, conçu sur mesure pour le stalking, intégrant la collecte d’informations, l’évaluation de facteurs propres au stalker et à la victime, la formulation de scénarios de risque et la planification concrète de stratégies de gestion. Il a démontré une fiabilité correcte et une validité encourageante, mais gagne à être utilisé avec une formation préalable et dans le cadre d’une démarche d’évaluation rigoureuse.

Stalking Assessment and Management_FR

SAMkodschema.pdf

Le Psychological Inventory of Criminal Thinking Styles-Short Form (PICTS-SF, Walters, 2006)

Le PICTS-SF est une mesure abrégée de 35 items utilisant la même échelle de type Likert en 4 points que la mesure complète de 80 items (PICTS).

La PICTS  Version 4. 0 est un inventaire de 80 items composé de deux échelles de validité (échelle de confusion révisée [Cf-r -revised Confusion] et échelle de défensivité révisée [Df-r-revised Defensiveness]), de huit échelles de style de pensée (échelle de minimisation [Mo – mollification ], échelle de coupure/clivage [Co-Cutoff], échelle d’habilitation (s’arroger des droits – entetilement) [En], échelle d’orientation vers le pouvoir [Po-Power Orientation], échelle de sentimentalité [Sn-Sentimentality], échelle de super-optimisme [So-Superoptimism], échelle d’indolence cognitive [Ci- Cognitive Indolence], et l’échelle de discontinuité [Ds- Discontinuity]), quatre échelles factorielles (échelle d’évitement des problèmes [PRB- Problem Avoidance], échelle d’hostilité interpersonnelle [HOS], échelle d’affirmation de soi/de tromperie [AST- Self-Assertion/ Deception] et échelle de déni des dommages [DNH-Denial of Harm]), deux échelles de contenu général (échelle de pensée criminelle actuelle [CUR- Current Criminal Thinking] et échelle de pensée criminelle historique [HIS-HistoricalCriminalThinking]) et une échelle spéciale (échelle de peur du changement [FOC-Fear of Change]).

Le PICTS-SF_FR_ne contient pas d’éléments nouveaux ou modifiés, il en contient simplement moins.

Comme la version originale, le PICTS-SF génère deux scores composites évaluant la pensée criminelle proactive et réactive (PCT-proactive criminal thinking- et RCT-reactive criminal thinking-, respectivement).

Les scores totaux de ces échelles composites sont calculés en additionnant les sous-échelles associées.

Plus précisément, les scores de la PCT sont obtenus en additionnant les sous-échelles suivantes :

  • S’arroger des droits (entetilment: par exemple, « Je ne laisserai rien m’empêcher d’obtenir ce que je veux »),
  • l’affirmation de soi/la tromperie (Self-Assertion/Deception: par exemple, “enfreindre la loi n’est pas grave tant que vous ne blessez pas vraiment quelqu’un »),
  • et la pensée criminelle historique (Historical Criminal Thinking: par exemple, “J’ai aidé des amis et des membres de ma famille  avec l’argent que j’ai gagné en commettant des délits »).

Les scores de la RCT sont obtenus en additionnant les sous-échelles suivantes :

  • Le clivage (Cutoff: par exemple, « De mon point de vue, j’ai payé ma dette et j’ai le droit de prendre ce que j’ai gagné »).
  • Évitement des problèmes (Problem Avoidance: par exemple, « Même si j’ai de bons projets au départ, je n’arrive pas à me concentrer et à rester sur la bonne voie »),
  • et la pensée criminelle actuelle (Current Criminal Thinking : p. ex. « J’opte pour la facilité, même si je sais que cela va m’empêcher de faire quelque chose de plus grand que je pourrais vouloir plus tard »).
Les propriétés psychométriques de la PICTS-SF ont été évaluées dans une étude récente, Tried and True? A Psychometric Evaluation of the Psychological Inventory of Criminal Thinking Styles-Short Form. Cette étude a analysé la fiabilité et la validité structurelle à partir de deux ensembles de données, incluant des adultes (hommes et femmes) en probation dans un centre de traitement résidentiel (n = 514) et des hommes en prison (n = 95). Les résultats montrent :
  • Consistance interne : α et ω ≥ .89, indiquant une fiabilité élevée.
  • Validité structurelle : Confirmatory Fit Index (CFI) = .90 et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = .05, suggérant une bonne adéquation du modèle.
  • Validité discriminante : Corrélation entre .22 et .39, montrant une capacité à distinguer des constructs différents.
  • Validité postdictive : Ratio de taux d’incidents = 1.04 pour prédire les infractions disciplinaires, indiquant une utilité pour prédire certains résultats.
Ces résultats soutiennent l’utilisation de la PICTS-SF en recherche, avec une utilisation clinique qualifiée, nécessitant des précautions pour garantir son application appropriée.
Limites 
Bien que la PICTS-SF ait montré des propriétés psychométriques solides, certaines limites incluent sa dépendance à l’auto-évaluation, qui peut être influencée par des biais comme la désirabilité sociale. De plus, son application dans des populations avec des niveaux de littératie faibles pourrait nécessiter des adaptations, comme le montre une étude sur une version simplifiée pour les populations à faible niveau de lecture (Psychometric validation of a simplified form of the PICTS for low-reading level populations). Une controverse potentielle réside dans l’interprétation des scores, notamment leur pertinence clinique, qui nécessite des recherches supplémentaires pour établir des seuils d’intervention.

PICTS-SF_FR

Source: PICTS-SF-ENG

Voir aussi: Glenn D. Walters et le PICTS: Inventaire Psychologique des Styles de Pensée Criminelle