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Échelle d’Alexithymie de Toronto (TAS-20)

janvier 23rd, 2024 | Publié par crisostome dans EVALUATION

Échelle d’Alexithymie de Toronto (TAS-20)

L’évaluation de l’alexithymie en criminologie présente un intérêt significatif, notamment dans la compréhension des troubles émotionnels chez les individus impliqués dans des comportements criminels. L’alexithymie, caractérisée par une difficulté à identifier et à exprimer ses émotions, est un facteur psychologique pouvant influencer les conduites antisociales et violentes.

Le concept d’alexithymie se rapporte aux différences interindividuelles quant à la capacité à différencier et à communiquer ses états émotionnels. Formulé à partir d’observations cliniques de patients psychosomatiques, ce concept a été proposé pour la première fois en 1972 par Sifneos, et désigne quatre grandes particularités présentes chez ces patients  :

  • une inhabilité à identifier et à exprimer ses émotions ;
  • ne vie fantasmatique pauvre ;
  • une grande difficulté à distinguer les mouvements affectifs des sensations corporelles et ;
  • des pensées essentiellement orientées vers des préoccupations concrètes.

Actuellement, l’alexithymie est fréquemment considérée comme un trait de personnalité « stable » qui indique une défaillance dans le traitement cognitif et la régulation des états émotionnels . L’alexithymie a été largement étudiée dans des populations adultes, dans la mesure où elle est considérée comme un facteur de risque pour une grande variété de troubles physiologiques et psychiques péjorant fréquemment l’adaptation sociale de l’individu . En revanche, chez les adolescents, seules quelques rares études ont examiné les liens entre cette dimension évaluée à l’aide la TAS-20 et la délinquance, l’anorexie ou encore les conduites à risque.

Intérêt de l’évaluation de l’alexithymie en criminologie

  1. Compréhension des mécanismes émotionnels :
    • Les personnes alexithymiques ont souvent des difficultés à réguler leurs émotions, ce qui peut favoriser des réactions impulsives ou agressives.
    • Une mauvaise reconnaissance des émotions d’autrui peut altérer l’empathie, un facteur clé dans les comportements violents ou criminels.
  2. Lien avec la psychopathie et les troubles de la personnalité :
    • Des études montrent une corrélation entre l’alexithymie et certains traits psychopathiques, notamment un affect limité et une impulsivité.
    • Elle est souvent associée à des troubles comme le trouble de la personnalité antisociale ou borderline.
  3. Risque de récidive :
    • Une mauvaise gestion des émotions peut compliquer la réinsertion et favoriser la récidive, notamment dans les cas de violence ou d’agressions.
  4. Approche thérapeutique :
    • Identifier l’alexithymie permet d’adapter les interventions psychothérapeutiques (thérapies cognitivo-comportementales, travail sur l’expression émotionnelle).

Utilité du TAS-20 (Toronto Alexithymia Scale-20) en criminologie

Actuellement, la version à 20 items de la Toronto alexithymia scale (TAS-20) est l’échelle la plus utilisée dans la recherche sur l’alexithymie et elle a fait l’objet de nombreuses traductions et études de validations dans différents contextes culturels . La version française de la TAS-20 présente des qualités métrologiques satisfaisantes dans des échantillons d’adultes tout-venant et issus de différentes populations cliniques « . (Zimmermann, V. Quartier, M. Bernard, V. Salamin, C. Maggiori, Qualités psychométriques de la version française de la TAS-20 et prévalence de l’alexithymie chez 264 adolescents tout-venant, L’Encéphale, Volume 33, Issue 6, 2007)

Le TAS-20 est l’outil le plus utilisé pour évaluer l’alexithymie. Il mesure trois dimensions :

  1. Difficulté à identifier ses émotions (DIE)
  2. Difficulté à décrire ses émotions (DDE)
  3. Pensée orientée vers l’extérieur (POE)

Avantages dans le contexte criminologique :
✔ Validation scientifique : Le TAS-20 est largement validé et fiable, y compris auprès de populations cliniques et carcérales.
✔ Dépistage des profils à risque : Permet d’identifier les individus ayant des déficits émotionnels associés à des comportements agressifs.
✔ Outil complémentaire : Peut être utilisé avec d’autres échelles (comme la PCL-R pour la psychopathie) pour affiner l’évaluation.

Limites :
➔ Auto-évaluation : Le TAS-20 repose sur des réponses subjectives, ce qui peut poser problème chez des individus manipulateurs ou peu introspectifs (ex. psychopathes).
➔ Non-spécificité : L’alexithymie n’est pas spécifique aux criminels et se retrouve aussi dans d’autres troubles (dépression, troubles anxieux).

Références clés :

« L’échelle TAS et les instructions de cotation: 

TAS

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