Ressources en psychocriminologie, psychologie forensique et criminologie
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Elyn Saks on TED Talks (juin 2012) : Une histoire de maladie mentale, de l’intérieur

« We must stop criminalizing mental illness. It’s a national tragedy and scandal that the L.A. County Jail is the biggest psychiatric facility in the United States.” (Elyn Saks)

« Puis-je dévaster votre bureau? » C’est une question qu’Elyn Saks a un jour posée à son médecin, et ce n’était pas une blague. Juriste, en 2007 Saks s’est mise en avant avec sa propre histoire de schizophrénie, contrôlée par des médicaments et la thérapie, mais toujours présente. Dans cet exposé puissant, elle nous demande de voir des gens qui souffrent de maladie mentale clairement, honnêtement et avec compassion.

Elyn Saks asks bold questions about how society treats people with mental illness

Haute Autorité de Santé (2006) – Audition publique, Prise en charge de la psychopathie  (15 et 16 décembre 2005), Paris (Ministère de la Santé et des Solidarités), Rapport d’orientation (Mai 2006)

Pour le grand public, la psychopathie est une notion péjorative et inquiétante. Elle est essentiellement perçue à partir des comportements agressifs les plus visibles. En témoigne l’utilisation dans le langage courant du mot psychopathique pour tout comportement violent qui fait peur ou qu’on ne comprend pas. Nourrie de nombreuses références cinématographiques, la représentation du psychopathe violent et délinquant reste forte. Malgré la force de ces représentations, les psychopathes n’ont jusqu’à présent été l’objet d’aucune politique publique spécifique. Ils voyagent, sans beaucoup de coordination, entre la rue, le secteur psychiatrique, la prison et les structures d’hébergement et de réinsertion sociale. Les multiples professionnels concernés s’accordent pour dire qu’ils existent en grand nombre et qu’ils ne font pas l’objet d’une prise en charge à la hauteur des enjeux. Il s’agit là d’un consensus fort.

Psychopathie – Recommandations.pdf (78.44 Ko)

HauteAutoriteSante(2005)-Psychopathie RapportOrientation (335.83 Ko)

Psychopathie -Textes des experts.pdf (1.82 Mo)

 

G. SERIO, S. AIGROT, N. LONGUET, J. DAUMAL,  D. RIVALS-HAULLER (2003); Prise en charge des psychopathes graves au quartier de la maison centrale de Château-Thierry

Contrairement à la procédure d’affectation antérieure, la nouvelle procédure d’affectation dans sa paradoxalité, cible très clairement les psychopathies graves comme critère d’affectation, alors que nous recevions auparavant, avec la même paradoxalité, une majorité des psychotiques chroniques. Ce recentrage sur ce que nous appellerons le noyau dur des psychopathies est à la fois un défi diagnostique, thérapeutique et pronostique.

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Protocole Santé-Justice  relatif à la prise en charge des auteurs d’infractions à caractère sexuel dans les  établissements pénitentiaires

En application de ces articles, les personnes condamnées pour une infraction pour laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru doivent pouvoir exécuter leur peine dans des établissements pénitentiaires permettant d’assurer un suivi médical et psychologique adapté. La liste des établissements pénitentiaires auxquels ces articles font référence est précisée à l’article R 57-8-3 du CPP qui renvoie à plusieurs catégories d’établissements pénitentiaires.

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 FRANCE CULTURE (29.08.2007) Emission « Le bien commun »: Le traitement des délinquants sexuels en prison

La délinquance sexuelle revient sur le devant de la scène, jusqu’à susciter une réunion extraordinaire entre ministres de la santé, de la justice et le Président de la République, pour empêcher ou tout au moins de prévenir la récidive par des mesures nouvelles. Au-delà de l’émotion suscitée par le dernier fait divers et les annonces qui lui ont fait suite, un arrêt s’impose sur l’univers carcéral où les agresseurs, une fois condamnés, purgent leur peine et s’engagent pour la plupart vers la promesse d’un traitement. Pour autant, peut-on traiter les délinquants sexuels en prison ? Avec quels moyens, quels obstacles et quelles chances de réussite dans la perspective d’une sortie ?

 Invité(s) :

Sophie Baron Laforet
Pierre Lemoussu

http://psychocriminologie.free.fr/wp-content/uploads/audio/traitement_delinquants_sexuels_en_prison_LE%20BIEN%20COMMUN%2029.08.2007.mp3

HAS, Audition publique (2007) Expertise psychiatrique pénale

Ministère de la Santé et des Solidarités (Paris) ; Rapport de la commission d’audition (25 et 26 janvier 2007)

L’ensemble des pays occidentaux fait le constat d’une surreprésentation des personnes présentant des troubles psychiques dans les établissements pénitentiaires. La méta-analyse de Fazel et Danesh parue en 2002 dans The Lancet fait notamment état d’environ 4 % de  patients psychotiques dans le monde. Une étude conduite par F. Rouillon et B. Falissard, à la demande des ministères de la Santé et de la Justice, semble indiquer, audelà de toutes les précautions méthodologiques et interprétatives qui s’imposent, que cette situation revêt une acuité particulière dans les prisons françaises. On peut s’interroger sur la légitimité de cette surreprésentation, et pour cela, revenir sur les différentes hypothèses qui permettent d’en rendre compte tant du côté du fonctionnement judiciaire que de celui de l’évolution de l’offre de soins psychiatriques. Il s’agit en d’autres termes de dénaturaliser l’interprétation intuitive qui verrait dans la surreprésentation carcérale des malades mentaux un produit de leur surcriminalité pour saisir, au cœur d’une double dynamique institutionnelle, pénale et sanitaire, l’ensemble des déterminismes sociaux qui concourent à cette situation.

Du côté des champs pénal et carcéral 

La prégnance contemporaine de la représentation sociale associe trop spontanément dangerosité et maladie mentale. Cette association contribue à un mouvement de surpénalisation de la maladie mentale, notamment lorsque l’altération du discernement est retenue en vertu de l’article 122-1 alinéa 2 du Code pénal (CP). Ce mouvement s’inscrit luimême dans une transformation historique plus globale, caractérisée par l’affaissement progressif de l’idéal réhabilitatif du système pénal et, parallèlement, par une focalisation accrue sur les objectifs de protection, de neutralisation et de gestion des risques, contribuant ainsi à la répression accrue des nouvelles figures de la dangerosité.  L’absence relative de dispositifs d’identification des troubles psychiques à un stade précoce de la procédure pénale, notamment lorsqu’il s’agit d’actes de nature délictuelle. Les conséquences de cette absence relative sont elles-mêmes renforcées par la multiplication des recours aux comparutions immédiates et aux procédures de jugement rapide, multiplication qui tend à exacerber les décalages et les tensions constitutives entre temporalité judiciaire et temporalité sanitaire. La confusion potentielle du statut de la psychiatrie en milieu carcéral. Certaines expertises qui concluent à l’altération du discernement concluent également à la nécessité d’une prise en charge en service médico-psychologique régional (SMPR), forgeant ainsi la croyance selon laquelle le SMPR peut devenir, malgré son inscription carcérale, un lieu de soin à part entière et non pas simplement un lieu « où l’on soigne ». Cette confusion peut exacerber le malaise de personnels soignants qui observent avec amertume que leur présence en prison tend à légitimer la répression pénale de la maladie mentale. L’incapacité concrète de nombreux malades mentaux à remplir les conditions nécessaires à l’obtention d’un aménagement de peine. Cela conduit à allonger la durée concrète de leur détention et, en conséquence, participe à leur surreprésentation statistique.

Rapport audition publique

Si le lien est brisé: EPP-Rapport de la Commission-Version finale pour MEL