Relationship Beliefs Inventory – RBI
Epstein & Eidelson, 1982
PRÉSENTATION DE L’ÉCHELLE
L’Inventaire des croyances relationnelles (Relationship Beliefs Inventory, RBI) a été développé par Roy J. Eidelson et Norman Epstein en 1982 dans le cadre d’une recherche visant à identifier les cognitions dysfonctionnelles susceptibles de contribuer à la détresse conjugale. Cet instrument s’inscrit dans le courant cognitivo-comportemental appliqué à la thérapie de couple, lequel postule que les croyances irrationnelles entretenues par les partenaires à l’égard de leur relation jouent un rôle déterminant dans l’apparition et le maintien des difficultés conjugales.
L’échelle a été construite à partir d’une enquête menée auprès de vingt thérapeutes conjugaux, invités à identifier les croyances relatives aux relations intimes qu’ils jugeaient les plus susceptibles d’engendrer de la détresse chez leurs clients. Un pool initial de 128 items a été soumis à des analyses statistiques auprès de 47 couples en détresse clinique, puis réduit à 60 items, avant d’être administré à 100 couples pour aboutir à la version finale de 40 items, organisés en cinq sous-échelles de huit items chacune.
Les cinq dimensions évaluées par le RBI sont les suivantes :
- Le désaccord est destructeur (Disagreement is destructive) – croyance selon laquelle tout désaccord au sein du couple est synonyme d’échec relationnel et menace l’intégrité de la relation.
- La lecture des pensées est attendue (Mind reading is expected) – croyance selon laquelle un partenaire aimant devrait être capable de deviner les pensées, les sentiments et les besoins de l’autre sans qu’ils soient exprimés verbalement.
- Les partenaires ne peuvent pas changer (Partners cannot change) – croyance en l’impossibilité pour un partenaire de modifier ses comportements ou pour la relation d’évoluer favorablement.
- Le perfectionnisme sexuel (Sexual perfectionism) – croyance selon laquelle un partenaire sexuellement compétent doit être capable de performances sexuelles irréprochables et de satisfaire pleinement l’autre à chaque occasion.
- Les sexes sont différents (The sexes are different) – croyance en l’existence de différences fondamentales et irréductibles entre les hommes et les femmes, tant sur le plan des besoins émotionnels que de la compréhension mutuelle.
Les qualités psychométriques de l’instrument ont été évaluées dès sa création : les coefficients alpha de Cronbach pour les cinq sous-échelles variaient de .72 à .81, et les intercorrélations entre les échelles étaient comprises entre .17 et .44. Des études ultérieures ont confirmé une consistance interne adéquate ainsi qu’une stabilité temporelle satisfaisante. La validité convergente a été établie par une corrélation négative avec la satisfaction conjugale et une corrélation positive avec l’abandon précoce de la thérapie conjugale. Des recherches plus récentes ont toutefois suggéré qu’une structure factorielle à six facteurs pourrait être préférable à la solution originale à cinq facteurs, et que certaines sous-échelles, notamment celle relative aux différences entre les sexes et celle portant sur l’incapacité des partenaires à changer, pourraient nécessiter des révisions.
L’instrument est aujourd’hui largement utilisé tant dans la recherche que dans la pratique clinique, et a fait l’objet d’adaptations dans de nombreuses langues.
TRADUCTION FRANÇAISE DE L’INVENTAIRE
Consignes
Les énoncés ci-dessous décrivent des façons dont une personne peut envisager sa relation avec un ou une partenaire. Pour chaque énoncé, veuillez indiquer dans quelle mesure vous estimez qu’il est vrai ou faux pour vous, en utilisant l’échelle suivante :
| 1 | J’estime que cet énoncé est tout à fait faux |
| 2 | J’estime que cet énoncé est faux |
| 3 | J’estime que cet énoncé est probablement faux, ou plus faux que vrai |
| 4 | J’estime que cet énoncé est probablement vrai, ou plus vrai que faux |
| 5 | J’estime que cet énoncé est vrai |
| 6 | J’estime que cet énoncé est tout à fait vrai |
Items
-
Si votre partenaire exprime un désaccord avec vos idées, c’est probablement qu’il/elle n’a pas une haute estime de vous.
-
Je n’attends pas de mon/mà partenaire qu’il/elle devine toutes mes humeurs.
-
Les dommages causés en début de relation ne peuvent probablement pas être réparés.
-
Je suis contrarié(e) si je pense ne pas avoir pleinement satisfait mon/mà partenaire sur le plan sexuel.
-
Les hommes et les femmes ont les mêmes besoins émotionnels fondamentaux.
-
Je ne peux pas accepter que mon/mà partenaire soit en désaccord avec moi.
-
Si je dois dire à mon/mà partenaire que quelque chose est important pour moi, cela ne signifie pas qu’il/elle est insensible à mon égard.
-
Mon/mà partenaire ne semble pas capable de se comporter autrement qu’il/elle ne le fait actuellement.
-
Si je ne suis pas d’humeur pour un rapport sexuel quand mon/mà partenaire l’est, cela ne me contrarie pas.
-
Les malentendus entre partenaires sont généralement dus à des différences innées dans la constitution psychologique des hommes et des femmes.
-
Je prends comme une insulte personnelle le fait que mon/mà partenaire soit en désaccord avec une idée importante pour moi.
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Je suis très contrarié(e) si mon/mà partenaire ne reconnaît pas ce que je ressens et que je dois le/la lui dire.
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Un/une partenaire peut apprendre à devenir plus attentif/attentive aux besoins de l’autre.
-
Un/une bon(ne) partenaire sexuel(le) devrait pouvoir se mettre lui-même/elle-même dans les dispositions nécessaires à une relation sexuelle
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Les hommes et les femmes ne parviendront probablement jamais à bien se comprendre mutuellement.
-
J’apprécie que mon/mà partenaire présente des points de vue différents des miens.
-
Les personnes qui entretiennent une relation étroite peuvent sentir les besoins de l’autre comme si elles pouvaient lire dans leurs pensées.
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Ce n’est pas parce que mon/mà partenaire a agi d’une façon qui m’a contrarié(e) qu’il/elle agira de nouveau ainsi à l’avenir.
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Si je ne parviens pas à avoir une performance sexuelle satisfaisante chaque fois que mon/mà partenaire est d’humeur, je considérerais que j’ai un problème.
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Les hommes et les femmes ont besoin des mêmes choses fondamentales dans une relation.
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Je suis très contrarié(e) quand mon/mà partenaire et moi ne voyons pas les choses de la même façon.
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Il est important pour moi que mon/mà partenaire anticipe mes besoins en percevant les changements dans mes humeurs.
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Un/une partenaire qui vous a gravement blessé(e) une fois vous blessera probablement de nouveau.
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Je peux me sentir bien par rapport à mes rapports sexuels même si mon/mà partenaire n’atteint pas l’orgasme.
-
Les différences biologiques entre les hommes et les femmes ne sont pas des causes majeures des problèmes de couple.
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Je ne supporte pas que mon partenaire me contredise.
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Un/une partenaire devrait savoir ce que vous pensez ou ressentez sans que vous ayez à le/la lui dire.
-
Si mon/mà partenaire veut changer, je crois qu’il/elle peut y parvenir.
-
Si mon/mà partenaire sexuel(le) n’est pas pleinement satisfait(e), cela ne signifie pas que j’ai échoué.
-
L’une des causes majeures des problèmes conjugaux est que les hommes et les femmes ont des besoins émotionnels différents.
-
Quand mon/mà partenaire et moi sommes en désaccord, j’ai l’impression que notre relation s’effondre.
-
Les personnes qui s’aiment savent exactement ce que l’autre pense sans qu’un mot soit jamais prononcé.
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Si vous n’aimez pas la direction que prend une relation, vous pouvez l’améliorer.
-
Certaines difficultés dans ma performance sexuelle ne signifient pas pour moi un échec personnel.
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On ne peut pas vraiment comprendre une personne du sexe opposé.
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Je ne doute pas des sentiments de mon/mà partenaire à mon égard lorsque nous nous disputons.
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Si vous devez demander quelque chose à votre partenaire, cela montre qu’il/elle n’était pas « à l’écoute » de vos besoins.
-
Je n’attends pas de mon/mà partenaire qu’il/elle puisse changer.
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Quand il me semble que je n’ai pas une bonne performance sexuelle, je suis contrarié(e).
-
Les hommes et les femmes resteront toujours des mystères l’un pour l’autre.
COTATION
Attribution aux sous-échelles
Chaque item est associé à l’une des cinq sous-échelles suivantes :
| Sous-échelle | Items |
|---|---|
| Désaccord destructeur (Disagreement is destructive) | 1, 6, 11, 16, 21, 26, 31, 36 |
| Lecture des pensées (Mind reading is expected) | 2, 7, 12, 17, 22, 27, 32, 37 |
| Les partenaires ne peuvent pas changer (Partners cannot change) | 3, 8, 13, 18, 23, 28, 33, 38 |
| Perfectionnisme sexuel (Sexual perfectionism) | 4, 9, 14, 19, 24, 29, 34, 39 |
| Les sexes sont différents (The sexes are different) | 5, 10, 15, 20, 25*, 30, 35, 40 |
Les items suivis d’un astérisque () sont inversés.*
Calcul
- Inversion des items : Pour les items marqués d’un astérisque (*), inverser la cotation selon la formule suivante :
score inversé = 7 - score original(ainsi, un 1 devient 6, un 2 devient 5, un 3 devient 4, un 4 devient 3, un 5 devient 2, un 6 devient 1). - Calcul des scores par sous-échelle : Pour chacune des cinq sous-échelles, faire la somme des scores (après inversion le cas échéant) des huit items qui la composent. Le score pour chaque sous-échelle varie donc de 8 à 48.
- Score total : La somme des scores des cinq sous-échelles donne un score total compris entre 40 et 240, reflétant le niveau global de croyances dysfonctionnelles.
INTERPRÉTATION
Principe général
Un score élevé sur une sous-échelle indique une adhésion plus forte à la croyance dysfonctionnelle correspondante. À l’inverse, un score faible reflète une croyance plus réaliste et adaptative dans le domaine considéré.
Des scores élevés ne signifient pas nécessairement que ces croyances s’expriment systématiquement dans les comportements du couple ; ils traduisent avant tout des schémas cognitifs susceptibles d’influencer les interprétations, les émotions et les interactions.
Interprétation par sous-échelle
1. Désaccord destructeur (items 1, 6, 11, 16, 21, 26, 31, 36)
Un score élevé témoigne d’une conception selon laquelle tout conflit ou désaccord est perçu comme une menace pour la relation. La personne tend à interpréter les divergences d’opinion comme des rejets personnels ou des signes d’effondrement du couple. Cette croyance peut conduire à l’évitement des conflits, à la suppression des émotions et à une communication altérée.
2. Lecture des pensées (items 2, 7, 12, 17, 22, 27, 32, 37)
Un score élevé reflète l’attente irréaliste selon laquelle un partenaire aimant devrait être capable de deviner les pensées, les sentiments et les besoins de l’autre sans communication explicite. Cette croyance favorise les déceptions, les ressentiments et les malentendus, dans la mesure où le partenaire est inévitablement jugé insuffisamment attentif.
3. Les partenaires ne peuvent pas changer (items 3, 8, 13, 18, 23, 28, 33, 38)
Un score élevé indique une vision figée de la relation et des partenaires, selon laquelle les personnes et les dynamiques relationnelles sont immuables. Cette croyance peut entraver les efforts de changement et renforcer un sentiment d’impuissance face aux difficultés conjugales.
4. Perfectionnisme sexuel (items 4, 9, 14, 19, 24, 29, 34, 39)
Un score élevé traduit une exigence de performance sexuelle irréprochable, associant la valeur personnelle et la qualité de la relation à la satisfaction sexuelle systématique du partenaire. Cette croyance génère de l’anxiété de performance, une diminution du plaisir et une fragilisation de l’intimité.
5. Les sexes sont différents (items 5, 10, 15, 20, 25*, 30, 35, 40)
Un score élevé reflète la conviction que les hommes et les femmes diffèrent fondamentalement dans leurs besoins émotionnels, leurs modes de pensée et leur capacité à se comprendre mutuellement. Cette croyance essentialiste peut conduire à renoncer à la communication intergenre et à naturaliser les difficultés relationnelles.
Score total
Le score total, somme des cinq sous-échelles, offre une indication du niveau global de croyances dysfonctionnelles. Dans les populations cliniques (couples en thérapie), les scores totaux sont généralement plus élevés que dans les populations non cliniques, et corrèlent négativement avec la satisfaction conjugale.
Remarques cliniques
- Le RBI n’est pas un instrument diagnostique ; il vise à identifier des schémas cognitifs susceptibles d’interférer avec le fonctionnement relationnel.
- Dans un contexte thérapeutique, les scores élevés sur certaines sous-échelles peuvent orienter le travail cognitif vers la remise en question des croyances irrationnelles identifiées.
- Il est recommandé d’interpréter les résultats en tenant compte du contexte culturel, des normes sociales et des caractéristiques individuelles du répondant.
- Des études ont suggéré que la sous-échelle « Les sexes sont différents » pourrait présenter une validité factorielle moins robuste que les autres ; son interprétation doit donc être effectuée avec une prudence particulière.
Référence : Eidelson, R. J., & Epstein, N. (1982). Cognition and relationship maladjustment: Development of a measure of dysfunctional relationship beliefs. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 50(5), 715-720

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