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The Restorative Justice Council (2016) Working with women who offend: A guide for restorative justice practitioners

restorative_justice_womenIntroduction

This brief guide for practitioners is based on the findings from the seven-month research project entitled Making restorative justice work for women who have offended. Funded by Barrow Cadbury Trust, this study aimed to explore female offenders’ access to, and experiences of, restorative justice.

The ultimate objective of the project was to develop an evidence-based set of recommendations for the effective and ethical use of restorative justice with women who have offended, with a view to increasing the number of female offenders accessing restorative justice and ensuring that those women who do take part have a positive experience of it.

More details of this research, and the full findings, are contained in the research report, which is available on the Restorative Justice Council’s (RJC) website. Some of the findings, however, had particular relevance for frontline practice, and this document specifically highlights these recommendations. It is intended to be helpful for practitioners who are managing restorative justice cases that involve a female perpetrator in order to foster effective and ethical working approaches

 

restorativejustice.org.uk

si le lien est brisé: Working with women who offend – a practitioner guide

Depuis ses premières actions dans le domaine de la justice juvénile à la fin des années ‘90, la Fondation Terre des hommes (Tdh) a suivi de nombreuses situations dans lesquelles les enfants se sont retrouvés en contact avec les systèmes de justice pénale de leur pays. Beaucoup de ces situations s’accompagnaient de violations des droits de l’enfant. L’intervention de Tdh, qui cherchait – au départ – à assurer que chaque enfant en conflit avec la loi (ECL) béné-ficie de l’accompagnement d’un avocat et d’un travailleur social a depuis lors évolué grâce aux capitalisations d’expériences réalisées.

Le rayonnement croissant de Tdh sur cette thématique se mesure à la participation et aux résultats du Congrès Mondial sur la Justice Juvénile Restauratrice de Lima au Pérou en 2009. La justice juvénile restauratrice (JJR) est alors devenue un fer-de-lance de l’action de Tdh. C’est le concept de JJR qui correspond le mieux à l’action de Tdh dans le domaine de la justice juvénile. Les piliers de l’intervention reposent sur des principes juridiques forts tels que la spécialisation des systèmes de justice pour traiter les enfants, l’approche restauratrice, la déjudiciarisation et les mesures alternatives à la prison, le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant, etc., mais également des théories psychologiques et criminologiques qui prennent en compte le développement de l’enfant dans son ensemble. L’intervention de Tdh se distingue de celle d’autres ONG de dénonciation des violations des droits de l’homme, par le fait qu’elle ne cherche pas forcément à dénoncer publiquement les disfonctionnements dans les systè- mes de justice – ce qui est par ailleurs louable – mais à soutenir les Etats, leurs institutions, les communautés et les familles à devenir les acteurs de leur propre développement.

La présente politique thématique expose le cadre de l’action de Tdh en faveur des enfants auteurs, victimes ou témoins d’infractions pénales. Elle s’inscrit dans le cadre général du « domaine protection » et entretient des liens forts avec ses autres thématiques développées (migration, lutte contre l’exploitation, protection en urgence, prévention des abus contre les enfants, etc.). Des synergies existent aussi avec les systèmes de protection de l’enfance (SPE), dont la mission commune d’accompagner et de protéger les droits des enfants, touche les mêmes enfants qui, dans des situations de vulnérabilité ou d’exploitation, se retrouvent en contact avec les systèmes de justice, comme auteurs, victimes ou témoins d’infractions pénales. Cette politique thématique clarifie la portée et les méthodologies d’intervention de Tdh dans le domaine de la JJR. Elle reste en constante évolution en lien avec les expériences et les réflexions menées sur le terrain. L’organisation du Congrès Mondial sur la Justice Juvénile en janvier 2015 à Genève marque une étape de ce développement perpétuel et vient enrichir l’expertise de Tdh

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Daniel Reisel étudie le cerveau des psychopathes criminels (et des souris). Et il pose une question importante : au lieu d’entreposer ces criminels, ne devrions-nous pas utiliser ce que nous savons sur le cerveau pour les aider à se réhabiliter ? En d’autres termes : si le cerveau peut développer de nouveaux circuits de neurones après une blessure, pourrions-nous aider le cerveau à recréer un sens moral ?

J’aimerais parler aujourd’hui de la façon dont nous pouvons modifier notre cerveau et notre société.

Voici Joe. Il a 32 ans et est un meurtrier. Je l’ai rencontré il y a 13 ans dans l’unité des perpétuités à la prison haute sécurité de Wormwood Scrubs à Londres. J’aimerais que vous imaginiez ce lieu. Ça ressemble exactement à l’idée qu’on s’en fait en entendant son nom : Wormwood Scrubs. Construite à la fin de l’ère victorienne par les détenus eux-mêmes, c’est l’endroit d’Angleterre où les prisonniers les plus dangereux sont détenus. Ces individus ont commis des actes d’une barbarie innommable. J’étais là pour étudier leurs cerveaux. Je faisais partie d’une équipe de chercheurs de l’University College de Londres,sur une subvention du Département de la Santé du Royaume-Uni. Ma tâche était d’étudier un groupe de détenus qui avaient été diagnostiqués cliniquement comme psychopathes. Cela voulait dire qu’ils étaientles plus durs et les plus agressifs de la population carcérale. Qu’y a-t-il à l’origine de leur comportement ? Y avait-il une cause neurologique à leur condition ? S’il y avait une cause neurologique, pourrions-nous trouver un remède ?

Donc, je voudrais parler de changement et en particulier de changement émotionnel. En grandissant, j’ai toujours été intrigué par la façon dont les gens changent. Ma mère, une psychothérapeute clinique,recevait des patients de temps à temps à la maison dans la soirée. Elle fermait la porte de la salle à manger, et j’imaginais les choses magiques qui se passaient dans cette pièce. À l’âge de cinq ou six ans,je sortais de mon lit en pyjama et m’asseyais à l’extérieur, l’oreille collée à la porte. Plus d’une fois, je me suis endormi et ils devaient me pousser hors du passage à la fin de la session.

Je suppose que c’est comme ça que je me suis retrouvé dans le parloir sécurisé, dès mon premier jour à Wormwood Scrubs. Joe était assis à une table en acier et me salua avec cette expression vide. Le gardien de prison, tout aussi indifférent, dit : « En cas de problème, appuyez simplement sur le bouton rouge, et nous serons là aussi vite que possible. » (Rires)

Je me suis assis. La lourde porte de métal se referma derrière moi. J’ai levé les yeux vers le buzzer rougeloin derrière Joe sur le mur opposé. (Rires)

J’ai regardé Joe. Détectant peut-être mon inquiétude, il se pencha en avant et dit, de façon la plus rassurante possible : « Ah ne vous inquiétez pour le buzzer, il ne marche pas de toute façon. » (Rires)

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L’EXPRESS (24/12/2015)Rencontres détenus-victimes: une justice « restaurative » pour sortir de la douleur

Paris – Faire dialoguer victimes et auteurs de crimes ou de délits pour apaiser, responsabiliser, prévenir la récidive et rétablir la paix sociale: « la justice restaurative » tente de s’implanter en France après avoir fait ses preuves à l’étranger.

Alain Ghiloni, père d’un jeune de 20 ans tué en 1995 par un autre de 21 ans pour avoir refusé de lui donner son baladeur, a tenté l’expérience en 2014.

« J’étais sorti frustré du procès d’assises. Peu de temps pour s’exprimer, pas de réponse à mes questions: pourquoi ce meurtre gratuit, cette violence’« , explique l’homme à l’AFP.

 Alors, pour comprendre et exprimer sa douleur, il a accepté de rencontrer trois détenus condamnés pour meurtre à la centrale de Poissy. Six entretiens avec à ses côtés deux victimes d’agressions, un animateur-psychologue et deux membres de la société civile.

« La première fois, c’est oppressant. Quand l’un des meurtriers s’est présenté comme une victime avec ses années de prison, j’ai pas supporté. Il ne faut pas inverser les rôles, tu avais le choix de ne pas tuer, nous, on subit, on est condamné à perpétuité. Mais au final, de part et d’autre, cela a permis un apaisement, une prise de conscience« , dit-il.

« Il fallait que je raconte pourquoi j’étais en prison. Les victimes étaient là pour chercher une réponse, moi aussi« , constate Roméo, un détenu interrogé par l’association d’aide aux victimes INAVEM. « J’y suis allé pour pouvoir dire ce que j’ai sur le coeur. Ça m’a enlevé les clichés que je pouvais avoir sur les victimes« , ajoute Thomas, autre détenu.

« Le principe, c’est d’offrir aux auteurs et aux victimes qui n’en ont pas eu la possibilité pendant le procès pénal un espace de parole, où ils vont pouvoir échanger, sans jugement et dans le respect de la dignité de chacun sur le pourquoi du crime, sur comment s’en sortir, cheminer vers un apaisement« , explique Robert Cario, professeur de criminologie et président de l’Institut français pour la justice restaurative (IFJR).

– « Reconstruction« –

« Ces personnes en souffrance peuvent, en présence de professionnels formés, se redécouvrir comme des personnes, non réductibles à l’acte qu’elles ont commis ou subi. Il en découle une responsabilisation des auteurs et des victimes qui peuvent avancer dans leur reconstruction« , précise-t-il.

C’est en août 2014 que la réforme pénale a consacré dans le droit français ces rencontres détenus-victimes, déjà développées au Canada, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, après deux expériences jugées positives à Poissy en 2010 et 2014.

La formule met en relation des personnes qui ne se connaissent pas mais dont les affaires « entrent en résonance« , ou un auteur et sa victime. Elle peut intervenir avant ou après une condamnation.

« Le système va monter en puissance. Il se doit d’être rigoureux, basé sur le volontariat et sans gratification pour le détenu en terme de remise de peine« , explique à l’AFP Christiane Taubira. « Je crois qu’il va durablement s’inscrire dans notre dispositif général de résilience pour les victimes et de prévention de la récidive« , se félicite la ministre de la Justice.

« On a des rencontres qui commencent à se monter, comme à Bourg-en-Bresse sur le thème des accidents de la route, et des modules de formation des personnels pénitentiaires ont été lancés à l’ENAP » (l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire), souligne Olivia Mons de l’INAVEM.

Retrouvez cet article dans son intégralité sur le site de l’express

TED Talks (2014) Daniel Reisel: The neuroscience of restorative justice

Daniel Reisel studies the brains of criminal psychopaths (and mice). And he asks a big question: Instead of warehousing these criminals, shouldn’t we be using what we know about the brain to help them rehabilitate? Put another way: If the brain can grow new neural pathways after an injury … could we help the brain re-grow morality? (Feb 2013)

Daniel Reisel grew up in Norway but settled in the UK in 1995. He works as a hospital doctor and as a research fellow in epigenetics at University College London. He completed his PhD in Neuroscience in 2005, investigating how learning rewires the brain. Since then, his research has been concerned with the effect of life events on gene function. Daniel is currently training to become an accredited restorative justice facilitator with the UK Restorative Justice Council.

A lire sur  « Le soleil » via lapresse.ca 

Chut! Ne le dites pas trop fort. Il existe un programme des plus particuliers dans l’univers des pénitenciers fédéraux. Saviez-vous qu’une mère peut rencontrer le gendre meurtrier qui lui a enlevé sa fille? Ou qu’un jeune homme victime d’inceste durant son enfance peut échanger avec son bourreau, son père? Le tout sous les auspices de médiateurs «hautement qualifiés» embauchés par Service correctionnel Canada. Trop controversé, le programme ne jouit pas d’une grande publicité… Incursion dans la justice alternative.

 >> «Je ne l’ai pas fait pour demander pardon»
Monsieur X ressemble à n’importe quel homme qui approche de la retraite. Monsieur X, c’est monsieur Tout-le-monde. À la différence qu’il s’est fait pincer pour agression sexuelle sur des mineurs. Et qu’à sa sortie de prison, il a entrepris une médiation avec une victime. Nous sommes finalement face à lui. Voilà un moment que Le Soleil tentait de recueillir son témoignage. Monsieur X a pris le temps de soupeser la requête. «Ma peur qu’il y ait des retombées pour les victimes est extrême. Ils ont assez souffert», confie-t-il. «C’est assez. Ils ont vécu des choses… Parce que même si ça s’est passé il y a un certain nombre d’années, ça reste chez ces gens-là, ça reste dans leur famille. C’est assez.» Pour lui aussi, une sortie publique pourrait avoir des conséquences. Pas sûr qu’un employeur ou un propriétaire serait compréhensif. Il comprend que la société le stigmatise. Monsieur X plaide le droit à la réhabilitation : «Ce n’est pas vrai qu’un agresseur va toujours rester un criminel dangereux.» C’est donc après avoir obtenu des garanties sur son anonymat qu’il a accepté de nous rencontrer en terrain neutre, à L’Interface, un organisme de justice alternative de Lévis. Le bureau, planté à deux pas du quai du traversier reliant la capitale, est dirigé par un des rares médiateurs spécialisés dans les dossiers de crimes graves, Luc Simard; celui-ci assiste à l’échange.

 Kent Probation is one of just three areas selected by the National Offender Management Service (NOMS) to deliver pre-sentence Restorative Justice.

Offenders who are in scope for the scheme, and who have already pleaded guilty, will be offered a restorative intervention. If the victim is willing this will ultimately lead to a carefully facilitated meeting where victims can have some of their questions answered and the offender can take responsibility for the impact of his or her actions.

Kent Probation Director, Tracey Kadir, said: « We are really excited to be one of the pathfinder areas to deliver pre-sentence Restorative Justice. There has been recognition that nationally this is one part of the criminal justice process where Restorative Justice is not considered. Restorative Justice is not in opposition to sentences that punish offenders but can work alongside it and indeed is often more painful and challenging than any other sentence, but as a result, also far more likely to succeed in reducing reoffending. »

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