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L’impact du déni sur la récidive et le traietement des AICS est une question complexe et souvent débattue. Pas de lien avec la récidive nous dit-on, alors que souvent la première phase des traitements passe par la conscientisation… Alors que nous disent les recherches?

Impact du déni sur la récidive: absence de lien significatif avec la récidive

  • Hanson & Morton-Bourgon (2005): Dans une méta-analyse de 82 études (Predictors of Sexual Recidivism), les auteurs concluent que le déni n’est pas un prédicteur fiable de récidive sexuelle. Les facteurs de risque cliniques (troubles de la personnalité, impulsivité) sont plus déterminants. (Hanson, R. K., & Morton-Bourgon, K. E. (2005). Predictors of sexual recidivism: An updated meta-analysis)
  • Nunes et al. (2007): Une méta-analyse de 7 155 délinquants sexuels montre que le déni n’est pas associé à une augmentation de la récidive, sauf pour les infracteurs à bas risque (ex inceste ou abus intra familliaux: deni=plus d’interactions futures avec des victimes potentielles). Les auteurs soulignent que d’autres variables (antécédents criminels, déviance sexuelle) sont plus pertinentes. (Nunes, K. L. et al. (2007). Denial predicts recidivism for some sexual offenders. Sexual Abuse: A Journal of Research and Treatment, 19(2), 91-105.)
    • « Cette étude a examiné s’il existait des variables qui modéraient la relation entre le déni et la récidive chez les délinquants sexuels adultes de sexe masculin. La première étude (N = 489) a montré que la relation avec la récidive sexuelle était modérée par le risque (mesuré par le Rapid Risk Assessment for Sexual Offense Recidivism) mais pas par la psychopathie (mesurée par le Psychopathy Checklist-Revised). Contrairement aux attentes, le déni a été associé à une augmentation de la récidive sexuelle chez les délinquants à faible risque et à une diminution de la récidive chez les délinquants à haut risque. Des analyses post hoc ont suggéré que l’élément de risque le plus responsable de l’interaction était la « relation avec les victimes ». Pour les auteurs d’inceste, le déni était associé à une augmentation de la récidive sexuelle, mais le déni n’était pas associé à une augmentation de la récidive pour les auteurs dont les victimes n’avaient aucun lien de parenté. Ces interactions ont été largement reproduites dans deux échantillons indépendants (N = 490 et N = 73). Les résultats suggèrent que le déni mérite d’être pris en compte par les chercheurs ainsi que par les personnes impliquées dans l’évaluation appliquée du risque des délinquants sexuels. »

Impact du déni sur le traitement: Défi pour l’engagement thérapeutique & Efficacité du traitement malgré le déni

  • Marshall et al. (2001): Le déni est identifié comme un obstacle à la prise de responsabilité, nécessaire pour progresser en thérapie. Les auteurs recommandent des approches motivationnelles pour aider les délinquants à surmonter leur résistance. (Marshall, W. L. et al. (2001). reatment of Sexual Offenders Who Are in Categorical Denial: A Pilot Project)
  • Harkins et al. (2010): Une étude sur 180 délinquants sexuels montre que les participants qui dénient peuvent bénéficier des programmes thérapeutiques, surtout si le traitement est adapté (ex. : travail sur la gestion des émotions plutôt que l’aveu) (Harkins, L. et al. (2010). The influence of denial on treatment completion and recidivism in offenders convicted of sexual crimes. Journal of Sexual Aggression, 16(2), 183-197.)
    • « Cette étude a examiné la relation entre le déni, la motivation, le risque statique (Risk Matrix 2000) et la récidive sexuelle. Le déni a été mesuré de trois manières : Un indice de déni (résultant de la combinaison de plusieurs mesures de différents aspects du déni), le déni absolu et le déni du risque. La motivation pour le traitement a également été examinée. Des analyses de régression logistique effectuées sur un échantillon de 180 délinquants sexuels avec un suivi fixe de 10 ans ont montré que le risque modérait les relations entre l’indice de déni, le déni absolu et la récidive sexuelle. En particulier, chez les délinquants à haut risque, le déni prédit une diminution de la récidive sexuelle. Une tendance opposée a été observée chez les délinquants à faible risque qui étaient dans le déni, bien que ces différences ne soient pas significatives. En ce qui concerne le déni du risque, les personnes qui niaient présenter un risque futur de délinquance (c’est-à-dire qui avaient un niveau de déni du risque plus élevé) étaient moins susceptibles de récidiver que celles qui déclaraient se considérer comme présentant un risque élevé. La motivation pour le traitement était positivement corrélée à la récidive, mais l’effet disparaissait une fois le risque statique contrôlé. »

Controverses et recommandations

  • Yates (2009): Une revue critique argue que **l’exclusion des délinquants en déni des programmes de traitement est contre-productive**, car elle prive ces individus d’une opportunité de réduire leurs risques. (Yates, P. M. (2009). Is sexual offender denial related to sex offence risk and recidivism? A review and treatment implications. Psychology, Crime & Law, 15(2-3), 183–199)
    • Le présent article passe en revue la littérature relative au déni chez les délinquants sexuels et à son impact sur la récidive sexuelle et les progrès du traitement. Il conclut que la recherche ne démontre pas de manière convaincante que le déni est un facteur de risque de récidive, ni que le fait de cibler le déni dans le traitement est associé à une amélioration des résultats du traitement. Il est proposé de considérer le déni comme un facteur de réceptivité et comme un processus de distorsion cognitive commun aux délinquants sexuels, et de s’efforcer de maintenir ces individus en traitement afin qu’ils puissent potentiellement réduire leur probabilité de récidive. Des suggestions sont faites pour aborder cliniquement le déni dans le cadre du traitement.

  • Correctional Service Canada (2018): Les lignes directrices canadiennes recommandent de ne pas exclure les délinquants en déni, mais d’adapter les interventions (ex. : travail sur les distorsions cognitives). Source : Correctional Service Canada (2018). Standards and Guidelines for Correctional Programs.*

Conclusion

Le consensus actuel suggère que :
1. Le déni n’est pas un prédicteur fiable de récidive sexuelle.
2. Bien qu’il complique l’engagement thérapeutique, des approches adaptées permettent de réduire les risques même sans aveu.
3. Les politiques excluant systématiquement les délinquants en déni manquent de soutien empirique.

L’article « Conceptualizing Sex Offender Denial From a Multifaceted Framework: Investigating the Psychometric Qualities of a New Instrument » de Sandy Jung et Melissa Daniels (2012) explore les propriétés psychométriques d’un nouvel instrument clinique destiné à évaluer le déni chez les délinquants sexuels.

  1. Problématique du déni chez les délinquants sexuels

    • Environ deux tiers des délinquants sexuels n’admettent pas leurs crimes, ce qui influence leur engagement dans les traitements et leur risque de récidive.
    • Certaines études suggèrent que le lien entre déni et récidive est complexe et peut varier selon le niveau de risque des délinquants.
  2. Développement et validation de l’outil CID-SO

    • Le Comprehensive Inventory of Denial–Sex Offender version (CID-SO) est un outil d’évaluation clinique conçu pour mesurer le déni sous un prisme comportemental et communicationnel, et non uniquement par des auto-évaluations.
    • Le CID-SO est un inventaire de 18 items notés sur une échelle de 3 points et est accompagné d’un manuel qui décrit chaque item plus en détail. Le déni est évalué à la fois par un entretien et par un examen approfondi des informations collatérales, telles que les rapports de police et le casier judiciaire.
    • L’étude a testé la fiabilité et la validité de cet instrument en analysant des dossiers de 166 délinquants sexuels dans une clinique médico-légale canadienne.
    • Le CID-SO mesure quatre formes de déni (Clusters A , B, C et D) :
      • A : Déni des comportements et attirances sexuelles déviantes
      • B : Déni du besoin de traitement
      • C : Déni de responsabilité
      • D : Minimisation des préjudices causés à la victime
  3. Résultats des tests psychométriques

    • L’outil CID-SO a montré une forte cohérence interne (α = 0,94) et une bonne fidélité inter-évaluateurs.
    • Il est corrélé avec d’autres instruments d’évaluation du déni et de l’acceptation de responsabilité.
    • Le CID-SO est également lié à des facteurs de motivation au traitement : un score élevé de déni est associé à un rejet plus marqué du traitement.
  4. Implications cliniques et conclusions

    • Le CID-SO pourrait être un outil utile pour évaluer la motivation au traitement et adapter les interventions thérapeutiques aux besoins spécifiques des délinquants sexuels.
    • Il permet une évaluation plus nuancée du déni, au-delà d’une simple dichotomie « aveu ou déni ».
    • L’étude suggère de poursuivre les recherches pour améliorer l’instrument et tester sa validité dans d’autres contextes cliniques.

L’article de Sandy Jung et Melissa Daniels met en évidence l’importance de prendre en compte le déni sous un angle multifacette et propose un outil prometteur pour affiner l’évaluation et le suivi des délinquants sexuels en milieu thérapeutique.

CID-SO_jung_2004

Comprehensive Inventory of Denial CID-SO_FR_

La prise en charge des délinquants sexuels est un domaine spécialisé nécessitant des interventions thérapeutiques pour réduire le risque de récidive et promouvoir une réintégration sociale réussie. Les programmes de traitement, souvent basés sur la TCC, visent à modifier les pensées, émotions et comportements déviants. Une recherche récente, comme celle de McGrath et al. (2010), indique qu’en 2008, 1 307 programmes spécifiques aux délinquants sexuels opéraient aux États-Unis, avec un accent sur les approches cognitivo-comportementales et la prévention des rechutes (Chapter 7: Effectiveness of Treatment for Adult Sex Offenders).
Les exercices proposés sont documentées comme efficaces pour réduire la récidive (Practice Profile: Treatment for Adults Who Have Committed Sex Offenses).

Exemples d’exercices possibles

Les exercices suivants sont structurés pour couvrir divers aspects de la prise en charge, avec des objectifs clairs et des méthodes d’application pratiques. Ils sont adaptés aux besoins individuels et de groupe, souvent utilisés dans des contextes institutionnels ou communautaires.

1. Identification des Facteurs de Risque et des Déclencheurs

  • Activité : Les participants sont invités à lister les situations, pensées, émotions et comportements ayant conduit à des infractions passées. Par exemple, ils peuvent remplir un tableau avec des colonnes pour « Situation », « Pensée », « Émotion » et « Comportement ». (ex: journal cognitif(T4C) )
  • Objectif : Reconnaître les schémas à risque pour anticiper et éviter les situations dangereuses. Cela s’inscrit dans le modèle de prévention des rechutes, où l’identification des facteurs de risque est cruciale (Relapse Prevention With Sexual Offenders – A Treatment Manual).
  • Méthode : Discussion de groupe ou journal personnel, avec des exercices comme la « chaine délictuelle », où les participants tracent les étapes menant à une offense.

2. Restructuration Cognitive

3. Développement de l’Empathie

  • Activité : Écrire une lettre à la victime (sans intention de l’envoyer) ou participer à un panel sur l’impact des victimes, où ils écoutent des témoignages. Une autre option est de lire des récits de victimes et de discuter de leurs sentiments. (voir aussi l’utilisation possible de l’échelle Child Molester Empathy Measure (Fernadez et al, 1999); ou encore de l’ Interpersonal Reactivity Test (Davis 1983); ou la A QVES Victim empathy distortion scale )
  • Objectif : Comprendre et internaliser le mal causé, favorisant une prise de conscience émotionnelle et réduisant la déconnexion affective, pour développer l’empathie chez les délinquants sexuels  (Enhancing Victim Empathy for Sex Offenders)
  • Méthode : Séances de groupe avec des exercices guidés, comme des discussions sur des cas fictifs ou des vidéos éducatives sur l’impact des victimes.

4. Planification de Prévention des Rechutes

  • Activité : Développer un plan écrit avec des étapes pour gérer les situations à haut risque, comme éviter certains lieux, appeler un soutien, ou pratiquer une technique de relaxation. Un exemple est le « plan de sécurité« , où ils listent les actions à prendre en cas de pensées déviantes (possibilité de mobiliser un plan de crise, ou un plan de crise conjoint
  • Objectif : Avoir une stratégie concrète pour éviter les rechutes, en s’appuyant sur le modèle de prévention des rechutes de Marlatt, adapté aux délinquants sexuels (Relapse Prevention with Sex Offenders: Practice, Theory and Research; voir aussi le programme Relapse planning sexual offenders de l’Alaska , article traduit ici).
  • Méthode : Ateliers de groupe avec des simulations de rôle pour pratiquer le plan, et des devoirs pour le mettre en œuvre dans la vie quotidienne.

5. Compétences Relationnelles Saines

  • Activité : Simulations de rôle pour pratiquer une communication appropriée et le respect des limites, comme demander de l’aide ou dire non à une situation ambiguë. Par exemple, un scénario pourrait être « comment répondre à une invitation inappropriée ». (pour évaluer les compétences sociales, possibilité de mobiliser l’échelle : Social Interaction Checklist_FR )
  • Objectif : Améliorer les interactions sociales et réduire les comportements problématiques, en s’appuyant sur des recherches montrant l’importance des compétences sociales dans la prévention de la récidive (Treating Sex Offenders: An Evidence-Based Manual).
  • Méthode : Séances de groupe avec des exercices de rôle, suivis de retours d’expérience et de discussions.

6. Gestion du Stress

  • Activité : Apprendre et pratiquer des techniques comme la respiration profonde, la relaxation musculaire progressive, ou la pleine conscience. Par exemple, une séance pourrait inclure 10 minutes de respiration guidée , ou de relaxation musculaire.
    • Exemple d’exercice de relaxation musculaire:
      • Assurez-vous d’abord que vous êtes allongé et assis confortablement. La relaxation musculaire consiste à contracter et à étirer les muscles, puis à les relâcher. Ces exercices doivent être effectués lentement et en douceur. Concentrez-vous sur la différence entre tension et relaxation.
      • Commencez par étirer vos jambes et pointez vos orteils. Maintenez cette position pendant quelques secondes, puis relâchez. Maintenant, rapprochez vos genoux, maintenez cette position et relâchez. Contractez votre ventre, maintenez cette position et relâchez. Cambrez le bas de votre dos, maintenez cette position et relâchez. Appuyez vos coudes sur vos côtes, maintenez cette position et relâchez. Hausser les épaules, maintenir la position et relâchez. Étirez votre cou en penchant votre tête vers la droite, puis vers la gauche, et relâchez. Levez les sourcils, maintenez les et relâchez. Froncez les sourcils, maintenez et relâchez.
      • Maintenant, occupez-vous de chaque partie de votre corps à tour de rôle, en vous assurant qu’il n’y a pas de tension dans vos muscles. Relâchez vos pieds, vos mollets, vos cuisses, votre ventre, votre dos, votre poitrine, vos mains, vos bras, vos épaules et votre visage. 
      • Asseyez-vous tranquillement, les yeux fermés, pendant quelques instants et concentrez-vous sur votre respiration. Chaque fois que vous expirez, dites le mot « relaxé » à voix basse. Lorsque vous vous sentez prêt, ouvrez les yeux, étirez votre corps et poursuivez votre activité habituelle dans le calme
  • Objectif : Gérer le stress et les états émotionnels qui pourraient conduire à des comportements déviants, en réduisant les tensions internes. Cela est soutenu par des études sur la gestion du stress dans les programmes de TCC (Effective Treatment Techniques for Sex Offenders). (exemple application mobile « RespiRelax+« )
  • Méthode : Exercices pratiques en groupe, avec des enregistrements audio pour la maison et des discussions sur l’application dans la vie quotidienne.

7. Clarification des Valeurs

  • Activité : Identifier les valeurs personnelles (comme la famille, l’honnêteté) et analyser comment les comportements passés les contredisent. Un exercice pourrait être de classer des cartes avec des valeurs et discuter de leur importance.
  • Objectif : Motiver le changement en alignant les comportements sur des principes positifs, en s’inspirant du modèle des « Good Lives » (Recent advances in therapy for sexual offenders).
  • Méthode : Ateliers de groupe avec des exercices comme le tri de cartes de valeurs, suivis de discussions sur la mise en œuvre.

8. Activation Comportementale

  • Activité : S’engager dans des activités saines et positives, comme des hobbies (peinture, sport), et en tenir un journal pour noter les bénéfices. Par exemple, planifier une activité hebdomadaire et en discuter en groupe.
  • Objectif : Construire une vie épanouissante qui réduit l’attrait pour les comportements déviants, en s’appuyant sur des recherches sur l’activation comportementale dans la TCC (Cognitive Behavioral Therapy Interventions with Sex Offenders).
  • Méthode : Planification individuelle avec suivi en groupe, et partage d’expériences sur les activités choisies.

9. Formation à l’Affirmation de Soi

  • Activité : Pratiquer l’expression des besoins et la définition de limites de manière assertive, comme dire non à une demande inappropriée. Des simulations de rôle incluent des scénarios comme « refuser une invitation ambiguë » (exposition en imagination). (possibilité de mobiliser la charte « PedoHelp« )
  • Objectif : Renforcer la confiance et réduire les comportements agressifs ou manipulateurs, en s’appuyant sur des études sur les compétences sociales (Treating Sex Offenders: An Evidence-Based Manual).
  • Méthode : Exercices de rôle en groupe, avec des retours d’expérience et des discussions sur l’application dans la vie réelle.

10. Auto-Surveillance

  • Activité : Tenir un journal pour suivre les pensées, émotions et comportements liés aux impulsions sexuelles, avec des entrées quotidiennes ou hebdomadaires. Par exemple, noter « Aujourd’hui, j’ai eu une pensée intrusive, et j’ai fait X pour la gérer ». (là encore , possibilité d’utiliser au besoin des plans de crise ou des plans de sécurité. )
  • Objectif : Augmenter la conscience de soi et détecter les signes précoces de rechute, en s’appuyant sur des recherches sur l’auto-surveillance dans la TCC (Relapse Prevention for Sexual Offenders: Considerations for the “Abstinence Violation Effect”).
  • Méthode : Journal personnel avec des sessions de groupe pour discuter des entrées et identifier des stratégies d’adaptation.
Tableau récapitulatif des exercices, leurs objectifs et méthodes :
Exercice
Objectif
Méthode
Identification des facteurs de risque
Reconnaître les schémas à risque
Discussion de groupe, journal personnel
Restructuration cognitive
Remplacer les pensées irrationnelles
Formulaires, discussions en groupe
Développement de l’empathie
Comprendre le mal causé
Lettres, panels, discussions
Planification de prévention des rechutes
Avoir une stratégie contre les rechutes
Ateliers, simulations de rôle
Compétences relationnelles saines
Améliorer les interactions sociales
Simulations de rôle, retours d’expérience
Gestion du stress
Réduire les tensions internes
Techniques de relaxation, exercices pratiques
Clarification des valeurs
Aligner les comportements sur des principes
Tri de cartes, discussions
Activation comportementale
Construire une vie épanouissante
Planification, journal, partage d’expériences
Formation à l’affirmation de soi
Renforcer la confiance
Simulations de rôle, discussions
Auto-surveillance
Détecter les signes précoces de rechute
Journal personnel, discussions de groupe
Sources:

Kurt BUMBY, à droite

COLUMBIA (KMIZ)

Un juge du comté de Boone a suivi la recommandation du jury vendredi, condamnant un psychologue de Columbia à sept ans de prison d’État pour des crimes sexuels sur des enfants.

Kurt Bumby a été reconnu coupable de deux chefs d’accusation de sodomie au deuxième degré liés à des événements survenus en 2010 et 2011. Une victime a déclaré aux autorités en 2019 qu’il avait eu une relation sexuelle avec Bumby lorsqu’il était au lycée.

La victime a affirmé que l’abus se produisait au domicile de Bumby au milieu de la nuit.

Le juge Brouck Jacobs a condamné Bumby à sept ans de prison et à une amende de 5 000 dollars. Bumby a comparu par vidéo depuis la prison.

Bumby est également accusé de deux chefs d’accusation de sodomie dans le comté de St Louis.

Il doit également être jugé pour sodomie dans le comté de Saint-Charles.

Kurt Bumby est un psychologue américain (Phd) connu pour ses travaux sur l’évaluation et le traitement des délinquants sexuels. Il est particulièrement reconnu pour avoir développé l’échelle des « Cognitive Distortions Scales » (échelles des distorsions cognitives) en 1996, qui est devenue un outil de référence pour évaluer les croyances problématiques chez les auteurs d’agressions sexuelles.

Il a travaillé à long terme au Center for Sex Offender Management (CSOM) aux États-Unis et a contribué de manière significative à la compréhension des distorsions cognitives chez les délinquants sexuels. Son échelle permet de mesurer séparément les distorsions cognitives liées aux agressions sur mineurs et celles liées aux agressions sur adultes.

« Addiction à la pornographie » (ARCA Sud janvier 2025)

Au sommaire :

  • qu’est-ce que la pornographie
  • comment la déceler
  • quels sont les risques de dépendance
  • prise en charge : identification précoce des signaux d’alerte et solutions
  • la pornographie chez l’enfant et l’adolescent
  • les conséquences de l’exposition et l’accès à la pornographie
  • les comorbidités associés
  • comment parler de sexualité avec les adolescents ?
  • législation et recommandations

 Intervenante : Sandra Ansaldi, médecin coordonnateur d’ARCA-Sud ARCA-Sud organise les ARCA’fés, des webinaires mensuels d’information et d’échange sur des questions de drogues et/ou des addictions, destinés aux professionnels de 1er recours.

ARCA-Sud organise les ARCA’fés : des webinaires mensuels d’information et d’échange sur des questions de drogues et/ou des addictions.
Ils s’adressent aux professionnels de 1er recours.

Cet article, publié dans le Journal of Digital Forensics, Security and Law, examine comment les délinquants condamnés pour CSEM utilisent la technologie pour accéder, visionner, stocker et cacher leurs activités.
L’étude repose sur des enquêtes anonymes auprès de 78 adultes anglophones aux États-Unis, offrant des insights pour la prévention, l’investigation et le traitement.
 Résultats Clés
La recherche a utilisé deux enquêtes : une pour le public général (524 répondants, 254 utilisés pour comparaison) et une pour les délinquants CSEM, identifiés via deux registres d’offenseurs sexuels. Les résultats montrent :
  • Les technologies préférées incluent le peer-to-peer (46 %) et les sites web (30 %), avec 54 % utilisant plusieurs technologies.
  • 95 % des répondants ont commencé par du matériel pour adultes, valorisant l’anonymat (82 %) et l’absence de présence policière (67 %).
  • 92 % utilisent des ordinateurs pour visionner, 19 % ne stockent pas le CSEM, et 96 % utilisent des contre-mesures, principalement pour réduire l’anxiété (71 %).
Il est important de comprendre l’utilisation de la technologie par les délinquants CSEM, liée à leurs comportements et cognitions, comme le note O’Brien Webster (2007) et Paquette Cortoni (2019). Elle identifie trois mécanismes principaux :
  • obtenir/visionner le matériel,
  • le stocker,
  • et utiliser des contre-mesures pour protéger ou cacher leurs activités.
Les résultats montrent que les technologies de passerelle les plus courantes étaient le peer-to-peer (46 %, n=35) et les sites web traditionnels (30 %, n=23), avec une utilisation globale la plus élevée pour le peer-to-peer (46 %, 66 % des utilisateurs, n=50) et les sites web (22 %, 45 % des utilisateurs, n=34), suivi du dark web (15 %, 29 % des utilisateurs, n=22). 46 % (n=35) utilisaient une seule technologie, 54 % (n=41) au moins une supplémentaire, aucun n’utilisant plus de 4 technologies, et 54 % (n=41) passant plus de 90 % de leur temps sur une technologie principale. 87 % (n=66) continuaient d’utiliser leur technologie de passerelle.
  • 65 % préféraient une technologie exclusive,
  • 35 % utilisant plus d’un appareil, avec 27 % utilisant des smartphones et 92 % des desktop/laptop.
  • 53 % utilisaient au moins deux écosystèmes, avec 87 % continuant leur technologie de passerelle, et 95 % commençant par du SEM adulte.
Les facteurs de choix comme l’anonymat (82 %), l’absence de présence policière (67 %), et la facilité d’utilisation (69 %) étaient cruciaux, avec une faible importance pour les fonctionnalités sociales (15 % pour discuter avec d’autres, 5 % avec des enfants, 4 % pour les forums). Cela contredit la théorie de l’association différentielle, notant une influence post hoc.
Pour la dissuasion et le traitement, cibler les relations sociales est moins efficace initialement, avec des cibles viables incluant l’anonymat, la présence policière, et la disponibilité du contenu. 19 % ne stockaient pas, la plupart pour le confort, une minorité comme contre-mesure.
Les contre-mesures étaient plus utilisées par le groupe CSEM, surtout des méthodes simples, sans différence significative pour le cryptage, principalement pour réduire l’anxiété (71 %) et l’anonymat (67 %). Des recherches futures sont nécessaires sur les caractéristiques des utilisateurs de contre-mesures avancées et les raisons des transitions technologiques.

Aggressive Sexual Behavior Inventory (DONALD L. MOSHER, 1986 )

L’ASBI se compose de 20 items (ou d’une version abrégée de 10 items) organisés selon un format de type Likert en 7 points permettant d’évaluer la fréquence d’occurrence de 1 (jamais) à 7 (extrêmement fréquemment). À partir des réponses d’un échantillon de 125 étudiants à 33 items, une analyse factorielle varimax avec rotation orthogonale a permis d’extraire six facteurs nommés:

  • Force sexuelle,
  • Drogues et alcool,
  • Manipulation verbale,
  • Rejet par la colère,
  • Expression de la colère
  • et Menace.

Instructions : Les 20 questions suivantes illustrent des comportements qui se produisent parfois lors de rencontres ou d’interactions sociosexuelles entre un homme et une femme. Les questions décrivent diverses techniques, qui peuvent ou non être couronnées de succès, pour obtenir un meilleur accès sexuel aux femmes. Certains de ces comportements sont acceptables pour certains hommes, d’autres non. Comme vous êtes un sujet anonyme dans le cadre d’une étude psychologique, on vous demande d’être aussi sincère que possible. Chaque élément doit être évalué sur une échelle de 7 points de la fréquence de l’utilisation passée de la tactique, 1 signifiant jamais et 7 signifiant extrêmement fréquent.

1.       J’ai menacé de partir ou de mettre fin à une relation si une femme ne voulait pas avoir de relations sexuelles avec moi.

1  2  3  4  5  6  7

2.       J’ai fait boire une femme pour avoir des relations sexuelles avec elle.

1  2  3  4  5  6  7

3.       J’ai attendu mon tour dans la file d’attente avec d’autres hommes qui partageaient une « fêtarde ».

1  2  3  4  5  6  7

4.       J’ai dit à une femme que je voulais entrer dans son appartement pour pouvoir arriver à mes fins.

1  2  3  4  5  6  7

5.       J’ai prévenu une femme qu’elle risquait d’être blessée si elle me résistait, et qu’elle devait donc se détendre et en profiter.

1  2  3  4  5  6  7

6.       J’ai fait planer une femme sous l’effet de la marijuana ou de drogues pour qu’elle soit moins capable de résister à mes avances.

1  2  3  4  5  6  7

7.       J’ai dit à une femme que je caressais qu’elle ne pouvait pas s’arrêter et me laisser dans cet état.

1  2  3  4  5  6  7

8.       J’ai explosé, juré ou cassé quelque chose pour montrer à une femme qu’elle ne devait pas me mettre en colère.

1  2  3  4  5  6  7

9.       J’ai amené une femme chez moi après un rendez-vous et je l’ai forcée à avoir des relations sexuelles avec moi.

1  2  3  4  5  6  7

10.   J’ai dit à une femme avec qui je sortais que je pouvais trouver quelqu’un d’autre pour me faire l’amour si elle refusait.

1  2  3  4  5  6  7

11.   J’ai calmé une femme avec une bonne gifle ou deux lorsqu’elle était hystérique à cause de mes avances.

1  2  3  4  5  6  7

12.   J’ai promis à une femme que je ne lui ferais pas de mal si elle faisait tout ce que je lui disais de faire.

1  2  3  4  5  6  7

13.   J’ai traité une femme de tous les noms et je l’ai repoussée lorsqu’elle refusait de céder à mon besoin de sexe.

1  2  3  4  5  6  7

14.   J’ai forcé une femme à avoir des relations sexuelles avec moi et certains de mes amis.

1  2  3  4  5  6  7

15.   J’ai fait consommer à une femme des drogues coûteuses pour qu’elle se sente obligée de me faire une faveur sexuelle.

1  2  3  4  5  6  7

16.   J’ai un peu malmené une femme pour qu’elle comprenne que j’étais sérieux.

1  2  3  4  5  6  7

17.   J’ai poussé une femme à terre et l’ai obligée à se déshabiller ou lui ai arraché ses vêtements si elle ne coopérait pas.

1  2  3  4  5  6  7

18.   J’ai serré une femme de près et lui ai lancé un regard furieux lorsqu’elle ne me donnait pas la réponse sexuelle que je souhaitais.

1  2  3  4  5  6  7

19.   Il m’est arrivé d’être un peu ivre et de forcer une femme avec qui je suis à avoir des relations sexuelles avec moi.

1  2  3  4  5  6  7

20.   J’ai dit à une femme que son refus d’avoir des relations sexuelles avec moi changeait mes sentiments à son égard.

1  2  3  4  5  6  7

Cotation

Les 20 items sont classés dans la même direction, un score plus élevé indiquant une plus grande fréquence de comportements sexuels agressifs. Les scores peuvent aller de 20 à 140 ou de 10 à 70 pour le questionnaire abrégé. Pour chaque facteur spécifique, le pourcentage de 125 hommes de l’université du Connecticut qui ont approuvé un ou plusieurs éléments de ce facteur et les nombres d’items ayant la plus forte charge sur les facteurs spécifiques sont les suivants :

  • Force sexuelle, 28% (3, 9, 11, 14, 17, 19) ;
  • Drogues et alcool, 75% (2, 6, 15) ;
  • Manipulation verbale, 64% (1, 4,7, 20) ;
  • Rejet par la colère, 43% (10, 13) ;
  • Expression de la colère, 46% (8, 16, 18) ;
  • et Menace, 13% (5, 12).

Le formulaire abrégé de 10 items comprend les items 1, 4, 5, 6, 11, 12, 13, 15, 18 et 19.

References

  • Anderson, R. D. (1983). Hyper-masculine attitudes, aggressive sexual behaviors, and the reactions of college men to a guided imagery presentation of realistic rape. Unpublished master’s thesis, University of Connecticut, Storrs.
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Aggressive Sexual Behavior Inventory