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Découvrez le Pornomètre du CRIAVS Lorraine pour sensibiliser et agir.

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📚 Le Pornomètre, produit par le CRIAVS Lorraine (Centre de Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles), est un outil éducatif destiné à sensibiliser les professionnels et le grand public aux impacts du contenu pornographique sur les comportements et la perception des violences sexuelles. Il vise à faciliter les échanges interdisciplinaires, à soutenir la prévention, et à promouvoir une meilleure compréhension des enjeux liés à la consommation de pornographie

Fonctionnement :

✅Rencontres mensuelles : Chaque premier mercredi du mois, des professionnels de divers secteurs (santé, justice, éducation, etc.) se réunissent pour partager leurs pratiques et débattre sur des problématiques liées aux violences sexuelles.

✅Conférences et formations : Des modules de sensibilisation ouverts à tous sont proposés, ainsi qu’un colloque annuel pour approfondir les connaissances sur la thématique.

✅Documentation : Accès à une base documentaire nationale alimentée par les CRIAVS, permettant la consultation et le prêt de ressources variées (ouvrages, vidéos, articles).

✅Soutien clinique : Accompagnement des institutions confrontées à des situations complexes.

Objectifs :

🎯Dynamiser les échanges pluridisciplinaires et le travail en réseau.

🎯Développer la recherche et la prévention.

🎯Sensibiliser et former les professionnels sur les violences sexuelles.

Produit par le CRIAVS Lorraine, basé au Centre Psychothérapique de Nancy, ce dispositif s’inscrit dans une démarche de prévention et d’éducation.

PORNOMETRE-2025-2.pdf

La SAPROF-SO, ou Évaluation structurée des facteurs de protection pour les infractions sexuelles, est un outil spécialisé développé pour évaluer les facteurs de protection chez les individus ayant un historique d’infractions sexuelles, dans le but de réduire le risque de récidive. Cet outil s’inscrit dans une approche d’évaluation du risque basée sur le jugement professionnel structuré (SPJ), complémentaire aux outils axés sur les risques, comme le HCR-20 ou le SVR-20. Il a été conçu par une collaboration internationale impliquant des experts tels que Gwenda Willis (Nouvelle-Zélande), David Thornton, Sharon Kelley (États-Unis) et Michiel de Vries Robbé (Pays-Bas), avec une version finale publiée en 2022.

Il existe deux versions distinctes du SAPROF-SO :

  • L’outil actuariel SAPROF-SO, un outil autonome de facteurs de protection qui comprend à la fois les facteurs SAPROF originaux et un certain nombre de facteurs spécifiques au SO, évalués de manière actuarielle.
  • Le manuel supplémentaire SAPROF-SO SPJ, un outil complémentaire à la version originale ou étendue de SAPROF qui inclut uniquement les facteurs spécifiques aux SO, évalués de manière SPJ. Le manuel SAPROF-SO SPJ est encore en cours de développement.
Structure et éléments
La SAPROF-SO comprend des éléments répartis en trois sous-échelles principales : Résilience, Sexualité adaptative et Connexion prosociale et Récompense, avec une sous-échelle optionnelle, Gestion professionnelle des risques:
  • Résilience : Cette sous-échelle inclue des facteurs comme le contrôle de soi, la régulation émotionnelle et les capacités d’adpatation (coping), reflétant les forces personnelles qui aident à gérer les impulsions et les stress.
  • Sexualité adaptative : Cette catégorie couvre des aspects comme les attitudes sexuelles saines, l’absence d’intérêts sexuels déviants et des comportements sexuels appropriés, essentiels pour réduire le risque de récidive sexuelle.
  • Connexion prosociale et Récompense : Cela inclut des éléments tels que les relations sociales positives, un travail ou des activités significatives, et l’implication communautaire, qui renforcent les liens sociaux et les récompenses non déviantes.
  • Gestion professionnelle des risques (optionnelle) : Cette sous-échelle inclue des facteurs comme la supervision, la conformité au traitement et le soutien professionnel, souvent pertinents dans des contextes institutionnels ou communautaires.

Facteurs SAPROF-SO:

Sous-échelle de résilience

  • Schéma d’adaptation,
  • Empathie,
  • Adaptation (coping),
  • Maîtrise de soi,
  • Attitudes à l’égard des règles et des règlements

Sous-échelle de la sexualité adaptative

  • Auto-régulation sexuelle,
  • Intérêts sexuels prosociaux,
  • Identité sexuelle sociale,
  • Relations intimes,

Sous-échelle des liens prosociaux et des récompenses

  • Vie orientée vers un but,
  • Travail,
  • Activités de loisirs,
  • Réseau social,
  • Connexion émotionnelle avec les adultes

Sous-échelle de gestion du risque professionnel

  • Traitement spécifique à l’infraction sexuelle,
  • Alliance thérapeutique,
  • Motivation pour la gestion du risque,
  • Prise de Médicaments,
  • Vie sous surveillance,
  • Contrôle externe

Utilisation de l’outil

L’utilisation de la SAPROF-SO nécessite une formation spécifique, car elle est destinée aux cliniciens et chercheurs certifiés. Le processus d’évaluation suit une méthodologie structurée :
  1. Collecte d’informations : L’évaluateur recueille des données complètes sur l’individu via des entretiens, l’examen de dossiers (comme les dossiers psychiatriques ou correctionnels) et des informations provenant de sources collatérales, comme la famille ou les superviseurs. Cela garantit une vue d’ensemble des facteurs de protection présents.
  2. Évaluation des éléments : Chaque élément est noté sur une échelle de 0 à 2, où :
    • 0 indique que le facteur n’est pas présent,
    • 1 indique une présence partielle,
    • 2 indique une présence complète. 
  3. Calcul des scores : Les notes des éléments sont additionnées pour obtenir des scores par sous-échelle, puis un score total, reflétant le niveau global de protection. Par exemple, un score élevé dans la Résilience pourrait indiquer une capacité accrue à gérer les situations à risque.
  4. Jugement clinique : Basé sur les notes et le score total, l’évaluateur formule un jugement clinique sur le niveau global de protection contre la récidive. Ce jugement aide à déterminer le niveau de risque de l’individu et à orienter les décisions de planification du traitement et de gestion des risques, comme la nécessité de supervision ou de thérapies spécifiques.
Contexte et validité
La SAPROF-SO s’aligne sur une approche axée sur les forces, complémentaire aux outils axés sur les risques, et a démontré une validité prédictive pour réduire la récidive sexuelle( Nolan et al. 2023 et Willis et al. 2020). Par exemple, une étude rétrospective sur 210 hommes condamnés pour infractions sexuelles contre des enfants a montré que les scores totaux et personnels de la SAPROF-SO prédisaient significativement la récidive sexuelle sur une période moyenne de suivi de 12,24 ans, avec une aire sous la courbe (AUC) de 0,81, indiquant une bonne précision prédictive.
Sous-échelle
Description générale
Exemples 
Résilience
Forces personnelles pour gérer les impulsions et le stress
Contrôle de soi, régulation émotionnelle, résolution de problèmes
Sexualité adaptative
Attitudes et comportements sexuels sains
Attitudes sexuelles saines, absence d’intérêts déviants
Connexion prosociale et Récompense
Relations et activités positives renforçant les liens sociaux
Relations sociales positives, travail significatif
Gestion professionnelle des risques (optionnelle)
Soutien et supervision professionnels
Conformité au traitement, supervision, soutien institutionnel

Etapes d’utilisation:

Étape
Description
Collecte d’informations
Rassemblement de données via entretiens, dossiers, sources collatérales
Évaluation des éléments
Notation de chaque élément sur une échelle de 0 à 2
Calcul des scores
Addition des notes pour obtenir des scores par sous-échelle et total
Jugement clinique
Formulation d’un jugement sur le niveau global de protection
La SAPROF-SO est un outil essentiel pour les professionnels travaillant avec des individus ayant des antécédents d’infractions sexuelles, offrant une évaluation équilibrée et axée sur les forces. Bien que les éléments spécifiques ne soient pas accessibles publiquement, leur structure en sous-échelles fournit une base solide pour guider les interventions. Pour une utilisation précise, il est recommandé de suivre une formation certifiante.

Pour en savoir plus sur la SAPROF-SO:

« Bien que l’inclusion des facteurs de protection dans l’évaluation du risque soit censée améliorer la prédiction, la plupart des outils d’évaluation du risque mettent l’accent sur les facteurs de risque. C’est pourquoi le Structured Assessment of Protective Factors for Violence Risk (SAPROF) a été mis au point. Il se concentre exclusivement sur les facteurs de protection et est utilisé en conjonction avec un outil structuré d’évaluation du risque. Les chercheurs et les praticiens de la santé mentale médico-légale s’y intéressent de plus en plus, et des versions supplémentaires ont été développées pour les adolescents (SAPROF-YV) et les délinquants sexuels (SAPROF-SO).

Afin d’évaluer leurs performances psychométriques, nous avons réalisé une méta-analyse des études de validation. Notre échantillon final comprenait 39 articles portant sur 5 434 sujets provenant de 16 pays. Dans l’ensemble, le SAPROF(-YV/-SO) a montré une bonne fiabilité interjuges et une performance prédictive modérée à bonne pour l’absence de récidive et de mauvaise conduite institutionnelle. Les trois instruments ont montré une validité accrue lorsqu’ils sont utilisés en conjonction avec un outil d’évaluation axé sur le risque. Notre méta-analyse a également montré que les changements dans le SAPROF sont associés à une diminution de la récidive violente et générale après avoir contrôlé le risque de base. Nous avons également découvert plusieurs lacunes dans les recherches actuelles sur le SAPROF(-YV/-SO). Les études n’ont pas rapporté d’indices de calibration et la plupart des études étaient rétrospectives et limitées aux délinquants de sexe masculin. Les présents résultats confirment la pertinence des facteurs de protection dans l’évaluation du risque, mais les recherches futures devraient se concentrer sur leur rôle hypothétique dans le traitement et la gestion du risque.

(…)

le Structured Assessment of Protective Factors for violence risk-Sexual Offence version (SAPROF-SO ; Willis et al., 2017) est un outil d’évaluation des facteurs de protection contre la récidive sexuelle. Sur la base d’examens de la littérature empirique, 24 items SAPROF-SO ont été développés. Les descriptions des items ont été éclairées par la recherche spécifique à la délinquance sexuelle ainsi que par la recherche générale sur la récidive, y compris le Good Lives Model (GLM ; Ward & Fortune, 2013) de la réadaptation des délinquants, basé sur les forces. De nombreux items originaux du SAPROF ont été révisés, notamment pour tenter d’intégrer une compréhension des mécanismes de protection dans les instructions de notation, et certains ont été renommés pour correspondre aux nouvelles descriptions des items (Willis et al., 2020). Les nouveaux items du SAPROF-SO comprennent des facteurs de protection supposés prévenir spécifiquement la récidive sexuelle : l’autorégulation sexuelle, les intérêts sexuels prosociaux et l’identité sexuelle prosociale.

Auto-Justifications et Distorsions Cognitives chez les Délinquants Sexuels

Les délinquants sexuels utilisent souvent des auto-justifications (Raisonnements internes visant à légitimer des actes répréhensibles. Ex. : « Je mérite cela » ou « C’était un accident ») et des distorsions cognitives (Pensées irrationnelles ou biaisées qui déforment la réalité. ex. : déni de l’impact sur la victime) pour rationaliser leurs comportements, minimiser leur responsabilité et perpétuer leurs actes. Ces mécanismes psychologiques jouent un rôle clé dans le maintien de comportements déviants et entravent la réhabilitation.

Types de Distorsions Cognitives Courantes

  • Minimisation : Ex. : « Ce n’était qu’un contact, pas un viol. »
  • Réduire la gravité des actes ou leurs conséquences.
  • Blamer de la victime : Ex. : « Elle l’a provoqué par sa tenue. »
  • Attribuer la responsabilité à la victime pour se dédouaner.
  • Déni de préjudice : Ex. : « Elle ne souffre pas vraiment. »
  • Nier l’impact traumatique sur la victime.
  • Croyances d’entitlement (« s’arroger des droits) : Ex. : « En tant qu’homme, j’ai des besoins. » Revendiquer un droit imaginaire à satisfaire ses pulsions.
  • Déshumanisation : Ex. : « C’est juste un objet. » Priver la victime de son humanité pour faciliter l’acte.

Fonctions

  • Réduction de la dissonance cognitive : Réconcilier l’image de soi (« Je suis une bonne personne ») avec des actes condamnables.
  • Maintien de comportements déviants : Permettre la répétition des infractions en neutralisant la culpabilité.
  • Facteurs contextuels : Influences culturelles (ex. : mythes sur le viol) ou éducatives (normalisation de la violence).

Implications pour la Réhabilitation

Les thérapies cognitives-comportementales (TCC) sont centrales pour :

  • Confronter les distorsions : Questionner les croyances via des preuves factuelles (ex. : « Une tenue ne justifie pas une agression »).
  • Renforcer l’empathie : Techniques comme le role-taking pour comprendre la souffrance des victimes.
  • Responsabilisation : Inciter à reconnaître l’intentionnalité des actes et leurs conséquences.
  • Prévention de la récidive : Corrélation entre persistance des distorsions et risque accru de récidive (études d’Abel, Ward).

Comprendre et déconstruire les auto-justifications et distorsions cognitives est essentiel pour une réhabilitation efficace. Les programmes thérapeutiques doivent cibler ces mécanismes tout en adaptant les stratégies aux spécificités des délinquants, afin de réduire les risques de récidive et de favoriser la réinsertion.

Kia Marama Sex Offender Treatment Programme (New Zealand)

Lucy Faithfull Foundation 2015, Eradicating Child Sexual Abuse (ECSA)

Population cible

Hommes adultes placés dans une unité de sécurité moyenne et ayant commis des délits sexuels à l’encontre d’enfants.

Kia Marama a été créé en 1989 en tant que premier programme néo-zélandais de traitement pénitentiaire spécialisé pour les délinquants sexuels mineurs. Basé à l’origine sur le Programme de traitement et d’évaluation des délinquants sexuels d’Atascadero en Californie (Marques, 1988), Kia Marama a été créé en tant que communauté thérapeutique de 60 lits offrant des interventions de groupe aux délinquants sexuels mineurs condamnés.

Organisme de mise en œuvre

Department of Corrections (Statutory Body), Nouvelle-Zélande.

Mode et contexte de mise en œuvre

L’unité de sécurité moyenne de 60 lits est dédiée au traitement des délinquants sexuels mineurs et permet une interaction sociale et thérapeutique. Le programme fonctionne avec des groupes de huit hommes.

Niveau/Nature de l’expertise du personnel requise

Le personnel compte cinq thérapeutes (quatre psychologues et un travailleur social/thérapeute) qui sont étroitement supervisés afin de maintenir la qualité du traitement. Les agents pénitentiaires employés dans l’unité sont affectés à chaque groupe de thérapie et sont encouragés à soutenir et à suivre les progrès des détenus. Le programme Kia Marama a accès à un consultant culturel à temps partiel qui a aidé les thérapeutes avec des clients individuels et a développé des cérémonies d’accueil et de départ culturellement appropriées.

Intensité/étendue de l’engagement avec le(s) groupe(s) cible(s)

Le programme s’étend sur 31 semaines, les groupes se réunissant pour des séances de deux heures et demie, trois fois par semaine. Le temps non thérapeutique est consacré aux devoirs, aux activités liées à la thérapie, aux travaux de la prison (par exemple, la cuisine et le jardin) ou aux loisirs.

Description de l’intervention

Le programme très structuré vise à prévenir les rechutes en enseignant aux délinquants que leur délinquance est le résultat d’étapes de pensée et de comportement liées entre elles. Il offre des compétences et des stratégies pour rompre ces liens et des possibilités de changement, depuis l’évaluation initiale jusqu’à l’après-liberté, en passant par le traitement. Le programme envisage la délinquance sexuelle à travers un cadre de prévention des rechutes, basé sur des principes cognitivo-comportementaux. Nous pensons que ce cadre est plus efficace pour le client parce que

  • il l’encourage à considérer sa délinquance comme une série de maillons identifiables dans une chaîne de comportements problématiques, plutôt que comme un événement aléatoire, ce qui est l’opinion courante
  • il lui donne la possibilité de contrôler plusieurs points (c’est-à-dire de fuir ou d’éviter) afin de mettre fin à la chaîne de comportements
  • il n’est pas tenu responsable des facteurs qui le rendent vulnérable à la délinquance, mais il est responsable de leur gestion
  • s’il peut saisir le cadre de la prévention des rechutes, même à un niveau simple, et si son traitement et ce qu’il exige de lui ont un sens, alors il sera plus motivé

Évaluation :

Le programme commence par une évaluation de deux semaines, qui aboutit à une formulation clinique permettant de personnaliser le programme d’un individu dans le cadre de la structure globale. Il comprend une série d’entretiens cliniques, commençant par le point de vue de l’homme sur sa délinquance et ce qui l’a conduit à la commettre, et se poursuivant par l’étude des compétences sociales. Les hommes remplissent également 16 échelles d’auto-évaluation.

Traitement :

  • Établissement de normes – Le premier module vise à établir des règles de conduite essentielles au bon fonctionnement du groupe et à donner aux participants une vue d’ensemble du traitement : « la vue d’ensemble ». Les hommes partagent des détails personnels, tels que la structure familiale et l’histoire sociale et développementale, afin d’établir des interactions appropriées au sein du groupe et de susciter des déclarations auto-motivantes, ainsi que d’initier la divulgation, la prise de risque et l’honnêteté.
  • Comprendre votre délinquance – Ce module vise à permettre au participant de comprendre sa propre chaîne de délinquance. Avec l’aide des autres membres du groupe, il est censé comprendre comment les facteurs de son passé, tels que la mauvaise humeur, les déséquilibres du mode de vie, les difficultés sexuelles et d’intimité (Ward, Hudson & Marshall, 1996) ont préparé le terrain pour la délinquance.

Les deux maillons suivants de la chaîne (planification à long terme et entrée dans une situation à haut risque, qui comprend la planification à court terme et le comportement délictueux) se distinguent par la présence d’une victime potentielle (Hudson & Ward, 1996) ou par le fait d’être dans un lieu où la présence d’une victime potentielle est probable.

Le participant décrit ses réactions à la suite de l’infraction et la manière dont elles ajoutent à ses difficultés et augmentent la probabilité de sa récidive. Il identifie ensuite les éléments essentiels de son processus d’infraction, généralement trois liens dans chacune des phases de planification distale et de risque élevé. Les objectifs du traitement sont spécifiés pour chaque lien.

  • Conditionnement de l’excitation – Nous pensons que tout lien entre les enfants et le plaisir sexuel signifie que dans une situation de risque (par exemple, une humeur négative et la présence d’une victime potentielle), l’homme éprouvera une excitation sexuelle déviante.  Ce point de vue est confirmé par la littérature (par exemple Marshall & Barbaree, 1990b).
  • Impact sur les victimes et empathie – Les hommes sont encouragés à lire à haute voix des récits d’abus sexuels et à visionner des vidéos de victimes décrivant leur expérience. Une survivante d’abus est invitée à prendre la parole et à animer une discussion sur l’impact de l’abus, à la fois en général et pour elle en particulier. Les hommes rédigent ensuite une « autobiographie » de leur propre point de vue de victime, couvrant la détresse qu’ils ont subie et les conséquences actuelles de l’abus. Enfin, chaque membre du groupe joue son propre rôle et celui de sa victime, le groupe l’aidant, le remettant en question, suggérant des éléments supplémentaires et, avec le thérapeute, l’approuvant.
  • Gestion de l’humeur – Les hommes sont initiés à un modèle cognitivo-comportemental basé sur l’humeur. Ils apprennent à faire la distinction entre une série d’émotions, dont la colère, la peur et la tristesse. Les techniques physiologiques comprennent l’entraînement à la relaxation et des informations sur le régime alimentaire et l’exercice physique.
  • Compétences relationnelles – Le programme établit les avantages des relations intimes et discute de la manière dont elles peuvent être améliorées. Il se concentre sur quatre domaines : les conflits et leur résolution, l’utilisation constructive d’activités de loisirs communes, la nécessité de communiquer, de se soutenir et de se récompenser mutuellement, et l’intimité comme clé des trois autres domaines.

Le programme s’intéresse au style de relation que chaque homme manifeste ou décrit, identifie les caractéristiques susceptibles de bloquer le développement de l’intimité et étudie des moyens plus efficaces de développer l’intimité.

Ce module aborde également les questions de sexualité et de dysfonctionnement sexuel, ainsi que la confusion concernant l’orientation sexuelle de l’adulte, dans le cadre de la réduction des risques.

  • Prévention des rechutes – Il s’agit de la pierre angulaire du programme et ses concepts sont introduits dès le début. Il aide en outre le participant à identifier les facteurs internes et externes qui présentent un risque pour lui et à les associer à de bonnes réactions d’adaptation. L’idée maîtresse du programme est qu’il n’existe pas de « remède » à l’attirance sexuelle d’une personne pour les enfants et que l’objectif du traitement est d’améliorer l’autocontrôle et le contrôle du comportement.
  • Planification de la rechute et suivi – Les plans de libération sont discutés et affinés tout au long du programme. Un membre du personnel thérapeutique à plein temps (coordinateur de la réinsertion) assure la liaison entre le délinquant, les organismes communautaires et les proches.

Évaluation

« And there was Light » (Bakker, Hudson, Wales & Riley, 1998) détaille l’efficacité du programme Kia Marama en matière de réduction de la récidive. 238 diplômés de Kia Marama ont été comparés à un groupe de contrôle composé d’enfants délinquants sexuels condamnés entre 1983 et 1987 (N=284), avant le début du programme. Le groupe de contrôle n’était pas un groupe de contrôle pur dans le sens où le personnel du service psychologique aurait déjà vu un grand nombre de ces délinquants pour un traitement individuel.
Après prise en compte de diverses variables démographiques et infractionnelles (par exemple, l’origine ethnique, le nombre de condamnations sexuelles antérieures) et des différentes durées de suivi, l’analyse de survie a révélé une différence significative (statistique de Ward = 5,6221 [df=1], p<0,05) entre le groupe ayant suivi le traitement Kia Marama et le groupe de contrôle n’ayant pas suivi de traitement. Les sujets traités par Kia Marama comptaient moins de la moitié de récidivistes que le groupe de contrôle (10 % contre 23 % de nouvelles condamnations pour un délit sexuel).

 

Voir aussi: Hudson, S. M., Wales, D. S., & Ward, T. (1998). Kia Marama: A treatment program for child molesters in New Zealand. In W. L. Marshall, Y. M. Fernandez, S. M. Hudson, & T. Ward (Eds.), Sourcebook of treatment programs for sexual offenders (pp. 17–28). Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-1916-8_2

Prevention Global est une plateforme de la prévention efficace des abus sexuels commis sur les enfants.

« Nos ressources mettent en lumière des programmes rigoureusement contrôlés, dressent le profil d’organisations de premier plan et fournissent des analyses de pointe sur les opportunités et les défis de la prévention.

Les abus sexuels sur les enfants peuvent être évités, ils ne sont pas inévitables!

Prevention Global s’adresse à tous ceux qui s’engagent à prévenir les abus sexuels envers les enfants. »

Beaucoup de ressources disponibles sur le site!

 

PG CSA_Changing-the-Story-FINAL-3.pdf

Politiques de prévention en matière d’abus sexuels sur enfants

 

AICS: le programme canadien ICPM-SO

février 28th, 2025 | Publié par crisostome dans AICS | PROGRAMMES - (0 Commentaire)

Prise en charge des AICS: le programme canadien ICPM-SO (Integrated Correctional Program Model – Sexual Offender)

Le SCC oriente les hommes qui ont commis des infractions sexuelles vers le programme ICPM Sex Offender (ICPM-SO) lorsqu’une évaluation montre qu’ils risquent de récidiver. L’agent de libération conditionnelle et le responsable du programme correctionnel évaluent ce risque lors de l’admission. Ils réévaluent le risque au fur et à mesure que le délinquant progresse dans les programmes (c.-à-d. l’avant programme, le programme principal, le maintien en établissement et le maintien dans la collectivité).

La recherche montre que la plupart des délinquants sexuels ont également d’autres types de comportements criminels. Ainsi, outre les facteurs de risque liés à la délinquance sexuelle, l’ICPM-SO cible les facteurs de risque liés à :

  • la criminalité générale
  • la violence générale
  • la violence familiale
  • la criminalité lucrative
  • l’abus de substances.

Les agents du programme correctionnel dispensent le programme dans une situation de groupe en utilisant des techniques de thérapie cognitivo-comportementale (TCC). L’ICPM-SO intègre tous les sujets et compétences couverts par :

le programme multicible

Le programme comprend également des stratégies visant à traiter les facteurs liés à la délinquance sexuelle :

  • l’excitation sexuelle problématique
  • le sexe comme moyen d’adaptation
  • la préoccupation sexuelle
  • identification émotionnelle aux enfants
  • déficit d’intimité
  • hostilité envers les femmes

Programme d’intensité élevée
Le programme d’intensité élevée pour délinquants sexuels s’adresse aux hommes qui ont commis des infractions sexuelles et qui présentent un risque élevé de récidive. Ce programme :

  • comporte un total de 108 séances (100 séances de groupe et 8 séances individuelles),
  • est normalement co-animé;
  • peut accueillir des groupes de 12 participants maximum;
  • comporte jusqu’à 6 séances par semaine.

Programme d’intensité modérée
Le programme d’intensité modérée pour délinquants sexuels s’adresse aux hommes qui ont commis des infractions sexuelles et qui présentent un risque modéré de récidive. Ce programme

  • comporte un total de 62 séances (57 séances de groupe et 5 séances individuelles)
  • est dispensé par un animateur
  • peut accueillir des groupes de 10 participants maximum
  • comporte jusqu’à 6 séances par semaine

Version adaptée d’intensité modérée
Le programme adapté d’intensité modérée pour délinquants sexuels s’adresse aux délinquants qui présentent un risque modéré de récidive, mais qui ont des déficits de fonctionnement. Il peut s’agir de:

  • des troubles cognitifs
  • des problèmes de santé mentale, et/ou
  • des difficultés d’apprentissage

Ces déficits nuisent à la capacité des délinquants de participer aux programmes correctionnels et d’en tirer des leçons. Ce programme :

  • comporte un total de 77 séances (72 séances de groupe et 5 séances individuelles)
  • est dispensé par un seul animateur
  • peut accueillir des groupes de 6 participants au maximum
  • comporte jusqu’à 5 séances par semaine

 

Le programme Cognitive-Behavioral Intervention for Sexual Offending (CBI-SO ou « Intervention cognitive-comportementale pour les infractions sexuelles ») est conçu pour aider les participants à développer des compétences pour éviter les comportements à risque. Il comprend 51 séances organisées en modules comme la restructuration cognitive et la régulation émotionnelle, et peut être intégré dans des programmes correctionnels.

Prétraitement

Préparation initiale des participants.

Module 1 : Engagement motivationnel

 Présentation du programme; Clarifier les valeurs;  Fixer un objectif ; Peser les coûts et les avantages; Compétence sociale; Écoute réflexive ; Compétence sociale; Donner du feedback ; Développer des stratégies d’urgence

 Module 2 : Introduction aux concepts cognitivo-comportementaux de base

 Présentation de la chaîne comportementale; Comprendre les antécédents de vie et les facteurs liés au style de vie; Reconnaître les situations à haut risque; Démarrer un plan de réussite Module 3 : Restructuration cognitive – Introduction aux concepts cognitivo-comportementaux de base

 Module 3 : Restructuration cognitive

 Pensées risquées courantes; Reconnaître les pensées risquées; Remplacer les pensées risquées par des pensées alternatives; compétence cognitive: arrêt des pensées

 Module 4 : Régulation des émotions

 Introduction aux concepts de base de la régulation des émotions – Reconnaître ses sentiments – Communiquer ses sentiments – Comprendre les sentiments des autres – Répondre aux sentiments des autres – Apprendre l’autocontrôle – Utiliser l’autocontrôle – Gérer les événements négatifs/stressants de la vie – Gérer la colère – Gérer l’hostilité – Gérer le rejet et l’échec – Gérer l’anxiété/la peur

Module 5 : Compétences sociales

Demander de l’aide – Prendre le point de vue des autres – Gérer les messages contradictoires – Gérer la critique – Résoudre les conflits – Éviter les problèmes avec les autres – Demander la permission – Divulguer des informations personnelles – Communiquer son intérêt – Communiquer son désintérêt

Module 6 : Résolution de problème

Introduction à la résolution de problèmes – Identification du problème et de l’objectif – Remue-méninges – Planification et essai de la solution

Module 7 : Planification de la réussite

Ré-explorer l’histoire et le style de vie – Aller à la source – Réinventer ma vie – Identifier un réseau de soutien social – Rester sur la bonne voie – Répéter mon plan – Présenter mon plan pour un avenir prosocial

Les ressources sur le programme sont disponibles sur les sites de l’Université de Cincinnati (Group Interventions) et du National Institute of Corrections (CBI-SO Overview), offrant des aperçus détaillés et des supports pour les professionnels.

Programme fidéle au modèle RBR:

1. Conçu pour les personnes présentant un risque modéré à élevé, tel que déterminé par un outil validé pour mesurer la probabilité de récidive (principe de risque).

2. Il n’est pas recommandé d’inclure des personnes à faible risque dans les groupes. Si le matériel est distribué à des personnes à faible risque, il est recommandé que le dosage soit : (principe de risque)

  • Diminué
  • Cible des domaines spécifiques indiqués par une évaluation dynamique des besoins criminogènes.

3. Dosage flexible pour correspondre au niveau de risque individuel des participants au programme (principe de risque)

4. Cible de multiples besoins criminogènes, y compris, mais sans s’y limiter : (principe du besoin)

  • Les cognitions antisociales
  • Les associations à haut risque avec les pairs
  • Traits de personnalité à haut risque (colère, agressivité, mauvaise résolution des problèmes, impulsivité, etc.)
  • la consommation de substances psychoactives
  • Activités de loisirs

5. Cible de multiples besoins criminogènes spécifiques à la délinquance sexuelle, y compris, mais sans s’y limiter :

  • Déficits d’intimité
  • Conflits dans les relations intimes
  • Colère et hostilité
  • Difficultés de gestion émotionnelle
  • Difficultés d’autorégulation
  • Impulsivité
  • Distorsions cognitives qui favorisent les comportements sexuellement abusifs
  • Préoccupation sexuelle

6. Utilise des interventions cognitivo-comportementales comme le démontrent : (principe général de réceptivité)

  • Insiste sur le lien entre pensée et comportement, la prise de conscience de la pensée, l’analyse de la pensée et la restructuration de la pensée à risque.
  • la résolution de problèmes
  • Acquisition structurée de compétences, développement et application avancée
  • Régulation des émotions : colère, impulsivité, agressivité, anxiété, égocentrisme, faible capacité d’adaptation, goût élevé pour le risque.
  • Utilisation de l’apprentissage social pour promouvoir l’acquisition et la maîtrise des compétences par l’enseignement, la modélisation, les jeux de rôle (pratique et application), le retour d’information et la pratique graduelle.

7. Cible une réactivité spécifique en proposant des sessions optionnelles d’amélioration de la motivation.

Si le lien est brisé: cbi-so-overview