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Outil de jugement clinique structuré d’évaluation du risque de récidive de violence conjugale: le Spousal Assault Risk Assessment Guide (SARA)

Généralités
Le Spousal Assault Risk Assessment Guide (SARA) a été créé par Kropp, Hart, Webster et Eaves (1999) au Canada. Bien que conçu avant l’ODARA, le SARA est cependant un outil de jugement clinique structuré. Il est organisé typiquement comme les instruments proposés par cette équipe : il s’agit d’un guide qui présente une série de recommandations pour effectuer l’évaluation de ce type de risque. La partie centrale consiste en une échelle de 20 facteurs de risques 130 sélectionnés sur la base d’une revue de la littérature ainsi que de considérations cliniques et légales. La SARA est habituellement considérée comme outil de jugement clinique structurée. Le résultat brut résultant de la cotation des vingt items peut donc être interprété par l’évaluateur en fonction des particularités du cas qu’il évalue.

Structure et cotation de l’échelle
Les 20 facteurs de la SARA sont répartis en deux parties : la première est constituée de facteurs d’évaluation du risque de récidive violente générale et la deuxième est spécifique du risque de récidive de violences conjugales.

Le codage des items se fait selon une échelle de 0 à 2 :
0 : absence du facteur
1 : présence partielle du facteur.
2 : présence nette du facteur.

Partie 1 : Facteurs de risque généraux de violence.

1. Antécédents de violence à l’égard de membres de la famille.
2. Antécédents de violence à l’égard d’inconnus ou de connaissances.
3. Antécédents de violation des conditions de mise en liberté ou de contrôle social.
4. Problèmes relationnels récents.
5. Problèmes récents d’emploi.
6. Victime et/ou témoin de violence familiale dans l’enfance ou l’adolescence.
7. Dépendance ou abus de substance récente.
8. Récente tentative ou idées suicidaires ou homicidaires.
9. Récents symptômes psychotiques ou maniaques.
10. Trouble de la personnalité, avec colère, impulsivité, ou instabilité comportementale.

Partie 2 : Facteurs de risque de violence conjugale.

11. Antécédents d’agression physique.
12. Antécédents d’agression sexuelle ou de crise de jalousie.
13. Antécédents d’usage d’une arme ou de menace de mort crédible.
14. Récente aggravation dans la fréquence ou la sévérité des agressions.
15. Antécédents de violation d’une interdiction de contact.
16. Minimisation extrême ou déni des antécédents de violence conjugale.
17. Attitude qui soutient ou excuse les violences conjugales.
18. Agression grave ou sexuelle lors de l’agression la plus récente.
19. Usage d’une arme ou de menace de mort crédible lors de l’agression la plus récente.
20. Violation d’une interdiction de contact lors de l’agression la plus récente.

Le guide de la SARA prévoit que l’évaluateur apprécie ces vingt facteurs, puis la présence éventuelle de facteurs supplémentaires spécifiques au cas en question. Finalement le risque de récidive de violences conjugales est estimé selon trois degrés : bas, moyen ou élevé.

Pour en savoir plus: G NIVEAU « Évaluation de la dangerosité et du risque de récidive », L’Harmattan

COTATION SARA

presentation_SARA par un de ses créateurs, Stephen Hart, Université Simon Fraser

Une approche cognitivo-comportementale éducative de base mobilisable en probation: Le programme « Thinking Matters »

Thinking Matters est conçu comme une approche cognitive et comportementale éducative de base. Cette
approche comblera une lacune qui existe parmi les approches cognitivo-comportementales disponibles.

La plupart des programmes visent à produire un changement de comportement durable chez les
participants. Pour cette raison, ils sont complexes et prennent beaucoup de temps. Ces programmes ont souvent une durée de six mois à deux ans, lorsqu’ils sont dispensés comme prévu. La plupart des programmes tentent d’enseigner plusieurs approches différentes, comme la restructuration cognitive et les habiletés sociales. Ces approches supposent que les participants possèdent une compréhension de base des concepts et des idées sous-jacentes. Ils supposent également que les participants entrent dans le programme avec les compétences nécessaires à la réalisation des activités du programme.

Thinking Matters enseigne ces compétences de façon très élémentaire. Comme il s’agit d’un sous-ensemble des compétences nécessaires pour produire un changement à long terme, elles peuvent être enseignées en peu de temps. La plupart des approches enseignent les rapports de pensée comme un élément singulier – dans un ensemble plus vaste.

Thinking Matters enseigne chaque élément des rapports de pensées individuellement. Avant de demander à un participant de créer un « rapport de pensées », on lui apprend à rédiger une description satisfaisante de la situation. On ne leur demande pas de rédiger des rapports de pensée tant qu’ils n’ont pas démontré qu’ils sont capables de rédiger une description satisfaisante de situation. Ils ne sont pas tenus d’adopter une approche axée sur les pensées à risque tant qu’ils n’ont pas démontré avoir acquis les exigences préalables d’un rapport de pensée. Cela rend l’apprentissage des compétences plus facile et plus facile à gérer pour les participants.Deux avantages fondamentaux de Thinking Matters :

  • Les participants sont mieux préparés à réussir des approches de programme plus intensifs.
  • Les animateurs qui utilisent des approches intensives peuvent s’en tenir aux scripts et aux méthodes du programme avec moins d’écarts et de déviations.

L’enseignement individuel des compétences permet d’acquérir les éléments constitutifs des approches cognitivo-comportementales ultérieures. Thinking Matters enseigne ces compétences en relativement peu de temps. Cela le rend très utile dans les situations où le temps est limité par des facteurs tels que la durée de la peine ou le manque de personnel. Les QSL et les prisons sont des exemples d’endroits où il peut y avoir des limites de temps. Thinking Matters peut être utilisé avec des participants qui n’ont pas les compétences de base requises pour exécuter des programmes plus intensifs.
On peut aussi l’élargir pour l’utiliser comme approche plus intensive en y ajoutant des compétences ou en exigeant des participants qu’ils mettent ces compétences en pratique pendant une période prolongée.

Lien comportements/pensées:

Les gens souhaitent souvent pouvoir changer des comportements improductifs en quelque chose de plus gratifiant et de plus satisfaisant.  Malheureusement, beaucoup d’entre nous pensent qu’il faut une volonté et une détermination sans faille pour y parvenir.  Cela peut être vrai.  Mais ce n’est pas la façon la plus productive de créer un changement durable en nous-mêmes. La volonté peut s’affaiblir avec le temps. Le succès semble lointain lorsque cela se produit.  Lorsque nous nous décourageons, il est facile de retomber dans des pensées improductives et des comportements destructeurs.

C’est pourquoi Thinking Matters aborde le changement de soi avec un ensemble de compétences qui peuvent être apprises et pratiquées relativement facilement.  Il est difficile de maintenir les changements de comportement si l’on ne comprend pas la pensée spécifique qui conduit à un comportement particulier.  Thinking Matters aide les gens à s’entraîner à examiner leur propre façon de penser, à déterminer quelle est la partie qui mène au problème et à choisir d’utiliser une autre façon de penser.  Ces compétences aident à développer une saine curiosité envers soi-même, qui devient de plus en plus confortable au fur et à mesure qu’on les pratique.

Souvent, le « problème » de nos comportements n’est pas évident pour nous.  Il s’agit généralement de la façon dont nos comportements se reflètent sur nous, façonnent le point de vue des autres et/ou sont en conflit avec les règles/lois ou créent des inconvénients/problèmes pour les personnes qui nous entourent.  On a souvent l’impression que les gens doivent modifier leur façon de faire parce qu’ils ne sont pas raisonnables.  Le programme « Thinking Matters » aide les gens à devenir plus conscients des thèmes de notre pensée.  Si une personne prend conscience qu’elle blâme régulièrement les autres et considère ses associés comme « mauvais », elle peut commencer à remettre en question sa propre façon de voir le monde qui l’entoure.  Parfois, les autres ont tort.  Mais, est-ce que presque tout le monde a tort si souvent que cela mérite d’être un thème dans nos habitudes de pensée ?

Lien vers le site du programme Thinking Matters: http://thinkingmatters.us/

Extraits:

Exercices_ThinkingMatters

 

Un mot de l’auteur:

 

Bonjour tout le monde,

Je m’appelle Abe French.  J’ai commencé à créer Thinking Matters il y a environ 14 ans.  A l’époque, je développais et dispensais des programmes cognitivo-comportementaux dans une prison du comté et j’apportais une assistance technique au National Institute of Corrections (NIC).  Mon « travail quotidien » était celui d’un gestionnaire de cas au Michigan Department of Corrections (MDOC).  Jusque-là, j’avais été agent pénitentiaire et travaillais (principalement) avec des délinquants violents (1987-2000).

Une partie de mon travail (1993-2000) consistait à animer des groupes de « Stratégies pour penser de manière productive » (STP : Strategies for Thinking Productively).  Nous utilisions un programme intitulé OPTIONS : A Cognitive Self-Change Program (Dr, John M. (Jack) Bush & Brian Billodeau).  Vers 1997, notre établissement (Michigan Reformatory-MR) a également commencé à utiliser Thinking for a Change (T4C).   Pendant quelques années, j’ai animé des groupes de délinquants en utilisant les deux modèles.  J’ai eu la chance d’avoir été formé par les auteurs Dr. Jack Bush, Dr. Juliana Taymans, Dr. Barry Glick et Steve Swisher.  Une formation supplémentaire en communication cognitive et réflexive, en entretien motivationnel et en jeu de rôle a également été dispensée par le MDOC.  Je dois mentionner que Brian Billodeau, Mark Gornik, Deena Cheney et Michael Clark comptaient parmi mes formateurs.  Ce sont tous des formateurs et des individus de premier ordre. (Merci.)

En 2001, je suis devenu coordinateur des subventions pour l’Office of Community Corrections (OCC).  Mon domaine de spécialisation était la programmation cognitivo-comportementale.  À ce titre, il m’incombait d’inventorier, de contrôler et de faire des recommandations sur les diverses approches utilisées dans l’ensemble de l’État dans le cadre du financement du MDOC. Au fil du temps, j’ai commencé à remarquer que de nombreuses bonnes approches étaient utilisées et que certaines d’entre elles ne l’étaient pas correctement.  C’était généralement dû au fait que les ressources de l’agence et la dynamique logistique ne correspondaient pas bien aux paramètres du programme.

Il en résultait un manque de fidélité entre les directives des auteurs et l’exécution du programme.  En réponse à cette situation, j’ai commencé à passer en revue toutes les approches cognitivo-comportementales que je pouvais accumuler.  Mon objectif était d’aider les organismes et les individus à choisir des programmes d’études qui combineraient au mieux les ressources de l’organisme et les exigences du programme.  Il s’agissait souvent d’expliquer les caractéristiques du programme et de déterminer si l’utilisateur final disposait des ressources nécessaires pour en assurer la fidélité.  Nous avons souvent alerté sur des situations où une durée de séjour de 90 jours en prison ne permettait pas d’utiliser une approche calibrée pour 6 ou 12 mois.  Souvent, les utilisateurs ne comprenaient pas initialement qu’un programme linéaire est difficile (voire impossible) à utiliser dans un groupe communautaire en milieu ouvert où l’inscription ouverte est une nécessité.

J’ai pris ma retraite du MDOC en 2013.  Pendant environ un an, j’ai été le directeur d’un programme résidentiel de toxicomanie.  Malheureusement, l’établissement n’a pas pu maintenir le financement des subventions et a fermé.  Cela m’a donné assez de temps libre pour travailler davantage sur Thinking Matters, LLC.  Depuis lors, je fais plus de formation, d’écriture et de consultation.  J’ai appris à concevoir des sites Web et j’ai créé les sites de Thinking Matters pour soutenir notre travail avec les approches cognitivo-comportementales.

http://thinkingmatters.us/about-abe-french/

AGRESSION QUESTIONNAIRE (AQ)

Buss & Perry (1992)

AUTEURS : Arnold H. Buss et Mark Perry

OBJECTIF : mesurer quatre aspects de l’agression.

DESCRIPTION : Cet instrument en 29 questions mesure quatre aspects de l’agression : l’agression physique (AP : points 1, 5, 9, 13, 17, 21, 24, 26, 28), l’agression verbale (VA : points 2, 6, 10, 14, 18), la colère (A : points 3, 7, 11, 15, 19, 22, 29) et l’hostilité (H : points 4, 8, 12, 16, 20, 23, 25, 27). L’AQ est une amélioration de l’inventaire de l’hostilité, un instrument largement utilisé, développé par le premier auteur il y a plus de trente ans. L’AQ a été développé à partir d’un ensemble de 52 articles, dont beaucoup proviennent de l’inventaire original de l’hostilité, au moyen d’une analyse factorielle en composantes principales et d’une analyse factorielle de confirmation. L’instrument permet d’évaluer non seulement le degré d’agressivité d’une personne en utilisant les scores totaux, mais aussi la manière dont cette agressivité se manifeste, ce qui est déterminé par les scores des sous-échelles.

NORMES : Pour un échantillon de 612 hommes en licence, la sous-échelle AQ avait les moyennes (et les écarts types) suivants : PA = 24,3 (7,7), VA = 15,2 (3,9), A = 17,0 (5,6), H = 21,2 (5,5) ; la moyenne du score total pour cet échantillon était de 77,8 avec un écart-type de 16,5. Sur un échantillon de 641 femmes étudiantes, les moyennes (et les écarts types) pour les sous-échelles étaient PA = 17,9 (6,6), VA = 13,5 (3,9), A = 16,7 (5,8), et H = 20,2 (6,3) ; les scores totaux ont une moyenne de 68,2 et un écart-type de 17,0.

COTATION : Les items 24 et 29 sont d’abord notés en sens inverse. Les scores des sous-échelles sont la somme des scores des éléments de la sous-échelle. Le score total est la somme des scores de tous les éléments et va de 29 à 145. Des scores plus élevés signifient une agressivité plus élevée.

FIABILITÉ : La cohérence interne de l’échelle AQ est très bonne. Les coefficients alpha sont de 0,85, 0,72, 0,83 et 0,77 pour les sous-échelles PA, VA, A et H. Les scores totaux avaient un alpha de 0,89. L’AQ est un instrument stable avec une bonne fiabilité test-retest ; sur une période de neuf semaines, les corrélations test-retest étaient de 0,80, 0,76, .72, et .72 pour les sous-échelles PA, VA, A et H et .80 pour le score total.

VALIDITÉ : Les scores de l’AQ étaient modérément corrélés entre eux. Cependant, lorsque la variance des corrélations due au score de la colère a été partiellement éliminée, les corrélations n’étaient pas significatives ; cela confirme la validité théorique de l’AQ dans la mesure où les associations entre l’agression physique, l’agression verbale et l’hostilité sont dues à leur lien avec la colère. Les scores ont également une bonne validité concomitante, sans association significative entre le PA et le VA et l’émotivité, mais de fortes corrélations entre l’émotivité et les sous-échelles A et H. Les scores sur les quatre sous-échelles sont corrélés avec l’impulsivité, la concurrence et l’affirmation de soi, bien que des corrélations sensiblement plus faibles aient été constatées entre l’affirmation de soi et les sous-échelles PA et H. La validité de la construction a été démontrée par les corrélations entre la QA et les observations des pairs sur l’agressivité, la sociabilité et la timidité.

RÉFÉRENCE PRIMAIRE : Buss, A. H. et Perry, M. (1992). « The Aggression Questionnaire, Journal of Personality and Social Psychology », 63, 452-459.

 

QUESTIONNAIRE d’AGRESSION

(Buss & Perry 1992)

Pour les questions suivantes, veuillez à quel point cela vous caractérise. En fonction de l’échelle de notation suivante, inscrivez votre réponse dans l’espace à gauche de chaque élément.

1= Extrêmement peu caractéristique de moi

2= Quelque peu inhabituel pour moi

3= Peu caractéristique de moi

4= Quelque peu caractéristique de moi

5= Extrêmement caractéristique de moi

1 De temps en temps, je ne peux pas contrôler l’envie de frapper une autre personne.  
2 Je le dis ouvertement à mes amis quand je ne suis pas d’accord avec eux.  
3 Je m’enflamme rapidement, mais je redescends vite.  
4 Je suis parfois rongé par la jalousie.  
5 Si on me provoque suffisamment, il se peut que je frappe une autre personne.  
6 Je me retrouve souvent en désaccord avec les gens.  
7 Quand je suis frustré, je laisse voir mon irritation.  
8 Parfois, j’ai l’impression que la vie m’a fait perdre la tête.  
9 Si quelqu’un me frappe, je lui rends la pareille.  
10 Quand les gens m’ennuient, je leur dis parfois ce que je pense d’eux.  
11 J’ai parfois l’impression d’être un baril de poudre prêt à exploser.  
12 D’autres personnes semblent toujours avoir des avantages par rapport à moi.  
13 Je me retrouve dans des bagarres un peu plus que la moyenne des gens.  
14 Je ne peux pas m’empêcher de me disputer quand les gens ne sont pas d’accord avec moi  
15 Certains de mes amis pensent que je suis une tête brûlée.  
16 Je me demande pourquoi je me sens parfois si amère à propos de certaines choses.  
17 Si je dois recourir à la violence pour protéger mes droits, je le ferai.  
18 Mes amis disent que je suis quelque peu querelleur.  
19 Parfois, je m’emballe sans raison valable.  
20 Je sais que les « amis » parlent de moi dans mon dos.  
21 Il y a des gens qui m’ont poussé si loin que nous en sommes venus aux mains.  
22 J’ai du mal à contrôler mon tempérament.  
23 Je me méfie des étrangers trop amicaux.  
24 Je ne vois aucune raison valable de frapper une personne.  
25 J’ai parfois l’impression que les gens se moquent de moi dans mon dos.  
26 J’ai menacé des personnes que je connais.  
27 Quand les gens sont particulièrement gentils, je me demande ce qu’ils veulent.  
28 Je suis déjà devenu tellement furieux que j’ai cassé des choses.  
29 Je suis une personne d’humeur égale.  

Utilité du Questionnaire d’Agression de Buss & Perry (AQ) en Criminologie?

Le Questionnaire d’Agression de Buss & Perry (AQ), développé en 1992 et révisé en 2000, est un outil psychométrique largement utilisé pour mesurer l’agression dans divers contextes, y compris la criminologie. Il évalue quatre dimensions de l’agression : l’agression physique, l’agression verbale, la colère et l’hostilité. En criminologie, il sert à évaluer les tendances agressives chez les délinquants, à prédire les risques de récidive et à élaborer des interventions ciblées.

 1. Évaluation des Délinquants et Profilage Criminel

  • Identification des Tendances Agressives : L’AQ permet de quantifier les niveaux d’agression chez les délinquants, aidant ainsi à classer les individus en fonction de leur risque potentiel. Par exemple, des scores élevés en agression physique sont corrélés à des comportements violents.
  • Utilisation en Milieu Carcéral : Une étude espagnole sur des détenus masculins a montré que la version courte de l’AQ (12 items) présente une meilleure adéquation psychométrique que la version longue, avec des correlations significatives entre les scores d’agression et le nombre de condamnations pénales.
  • Discrimination entre Types d’Agression : L’AQ distingue l’agression impulsive (corrélée à la colère) de l’agression préméditée (liée à l’hostilité), ce qui est crucial pour le profilage criminel.

 2. Prédiction de la Récidive et Évaluation des Risques

  • Corrélations avec la Récidive : Les scores élevés sur les sous-échelles d’agression physique et d’hostilité sont prédictifs de récidive violente. Par exemple, une étude sur des détenus a révélé que les récidivistes présentaient des scores significativement plus élevés sur ces dimensions.

  • Intégration dans les Outils d’Évaluation des Risques : L’AQ est souvent combiné à d’autres mesures (comme le Triarchic Psychopathy Questionnaire) pour affiner l’évaluation des risques chez les délinquants.

 3. Conception et Évaluation des Interventions

  • Ciblage des Interventions : Les résultats de l’AQ aident à concevoir des programmes de réadaptation adaptés aux besoins spécifiques des délinquants. Par exemple, les individus avec des scores élevés en colère bénéficient de thérapies de gestion de la colère.
  • Mesure de l’Efficacité des Interventions : L’AQ est utilisé pour évaluer l’efficacité des programmes de traitement. Une étude sur des agents de police ayant suivi une formation à la pleine conscience (MBRT) a montré une réduction significative des scores d’agression après l’intervention.

 4. Recherche et Études Longitudinales

  • Études sur les Corrélats de l’Agression : L’AQ est utilisé pour explorer les liens entre l’agression et d’autres variables criminologiques, telles que la consommation d’alcool, les traits de personnalité (Big Five) et les croyances sociales. Par exemple, une étude a montré que l’agression physique est corrélée à la consommation excessive d’alcool et à des attentes positives concernant les effets de l’alcool sur l’agression.
  • Validation Interculturelle : L’AQ a été adapté et validé dans divers contextes culturels (Japon, Argentine, Pays-Bas, etc.), ce qui permet son utilisation dans des études comparatives internationales sur la criminalité.

 5. Limitations et Considérations Méthodologiques

  • Biais de Désirabilité Sociale : Comme tout auto-questionnaire, l’AQ est susceptible aux biais de désirabilité sociale, especially en milieu carcéral où les détenus peuvent minimiser leurs réponses.
  • Variations selon le Genre et l’Âge : Des études montrent que les hommes obtiennent des scores plus élevés en agression physique, tandis que les femmes peuvent présenter des scores plus élevés en hostilité lors de certaines périodes (e.g., cycles hormonaux). L’âge influence également les scores, les jeunes adultes (18-35 ans) étant plus agressifs que les groupes plus âgés.
  • Débats sur la Structure Factorielle : Bien que la structure à quatre facteurs soit généralement acceptée, certaines études recommandent de supprimer ou de modifier des items pour améliorer la fiabilité.

Le Questionnaire d’Agression de Buss & Perry est un outil précieux en criminologie pour l’évaluation des délinquants, la prédiction des risques, la conception d’interventions et la recherche. Bien que présentant certaines limitations, sa validité et sa fiabilité en font un instrument de référence dans le domaine

AGRESSION INVENTORY (AI) Gladue (1991)

AUTEUR : Brian A. Gladue

OBJECTIF : Mesurer les caractéristiques ou les traits de comportement agressif.

DESCRIPTION : Cet instrument de 30 éléments est conçu pour mesurer différents traits d’agressivité. Les répondants évaluent les éléments sur une échelle en cinq points, allant de « ne s’applique pas du tout à moi » à « s’applique exactement à moi ». L’AI comprend quatre sous-échelles : agression physique (PA = 9 + 11 + 12 + 13) ; agression verbale (VA = 3 + 4 + 6 + 7 + 8 +16 + 21) ; impulsif/impatient (II = l5 + l8 + 20 + 24 + 25 + 28 + 30) ; et évitement ( Avoid = 17 + 22). En raison des différences possibles entre les sexes dans de nombreux aspects de l’agression, les scores sur l’échelle AI doit être considérée séparément pour les femmes et les hommes. Par exemple, les analyses factorielles fournissent des différences en termes de variance pour l’assemblage des sous-échelles. Pour les hommes, le modèle de variance expliquée était PA (32,6 %) ; VA 12,7 %) ; II (8,4 %) ; et Avoid (4,9 %). Pour les femmes, le modèle était VA (33,9%) ; II (15,2%) ; PA (5,6%) ; et Avoid (5,3%).

NORMES : L’AI a été étudiée auprès de 960 étudiants de premier cycle inscrits dans des cours d’introduction à la psychologie. Cette population était principalement caucasienne (96 %) et se composait de 517 hommes et 443 femmes jeunes adultes (âge moyen = 20,4 ans, allant de 18 à 34 ans). Pour les hommes, les scores moyens des sous-échelles étaient PA = 2,34 ; VA = 3,04 ; II = 2,80 ; Avoid = 2,85. Pour les femmes, les scores moyens de la sous-échelle étaient PA = 1,82 ; VA = 2,58 ; II = 2,68 ; et Avoid = 3,06.

COTATION : Les sous-échelles sont notées en additionnant les réponses aux questions et en les divisant ensuite par le nombre de questions pour la sous-échelle en question. Les scores vont de 1 à 5, où les scores les plus élevés reflètent le plus d’agressivité.

FIABILITÉ : L’AI a une cohérence interne allant de passable à bonne. Pour les hommes, les coefficients alpha sont PA = 0,82 ; VA = 0,81 ; II = 0,80 et 0,65 pour Avoid. Pour les femmes, les coefficients alpha sont PA = 0,70 ; VA = 0,76 ; II = 0,76 ; et 0,70 pour Avoid.

Les données sur la stabilité n’ont pas été communiquées.

VALIDITÉ :

La validité de la sous-échelle AI a été confirmée par l’analyse des facteurs et des différences entre les hommes et les femmes. Ces dernières suggèrent que l’AI a une validité de groupes connus assez bonne, où les hommes et les femmes diffèrent significativement sur chaque sous-échelle et sur tous les éléments individuels sauf six.

RÉFÉRENCES PRIMAIRES : Gladue, B. A. (1991). « Qualitative and quantitative sex differences in self-reported aggressive behavior characteristics », Psychological Reports, 68, 675-684. Instrument reproduit avec l’autorisation de Brian A. Gladue et Psychological Reports.

DISPONIBILITÉ : Dr. Brian A. Gladue, Département de psychologie, 115 Minard Hall, North Dakota State University, P.O. Box 5975, Fargo, ND 58105-5075.

AI

Chaque énoncé de ce questionnaire s’intéresse à vous en vous demandant comment vous interagissez avec les autres ou comment vous réagissez généralement dans diverses situations.

Pour chaque énoncé, veuillez sélectionner la réponse qui s’applique le MIEUX à VOUS.

Veuillez noter la réponse appropriée à chaque énoncé dans l’espace à côté de celui-ci. À l’aide de l’échelle de notation suivante, sélectionnez la réponse qui s’applique le mieux à vous et inscrivez-la dans l’espace à côté de chaque élément.

1 = Ne s’applique PAS DU TOUT à moi

2 = S’applique PLUS OU MOINS à moi

3 = S’applique ASSEZ BIEN bien à moi

4 = S’applique BIEN à moi

5 = S’applique EXACTEMENT à moi

1

J’aime travailler avec mes mains en effectuant des tâches répétitives.

2

J’admire les gens qui peuvent se quitter une bagarre ou une dispute.

3

Lorsqu’une personne est injuste envers moi, je me mets en colère et je proteste.

4

Lorsqu’une personne essaie de me passer devant dans une file d’attente, je lui dis fermement de ne pas le faire.

5

Chaque fois que j’ai du mal à comprendre un problème, je demande conseil aux autres.

6

Lorsqu’une personne me critique, j’ai tendance à lui répondre et à protester.

7

Lorsqu’une personne essaie de me donner des ordres, je résiste fortement.

8

Je pense qu’il est normal de créer des problèmes à une personne ennuyeuse.

9

Je me bagarre avec d’autres personnes.

10

Lorsqu’une personne critique ou fait des commentaires négatifs sur mes vêtements ou mes cheveux, je lui dis que ce ne sont pas ses affaires.

11

J’admire vraiment les personnes qui savent se battre avec leurs poings ou leur corps (sans utiliser d’armes).

12

Lorsqu’une autre personne m’embête ou me bouscule, j’essaie de lui donner une bonne poussée ou un bon coup de poing.

13

Lorsqu’une autre personne se bat avec moi, je me défends.

14

Je préfère écouter du rock-and-roll plutôt que de la musique classique.

15

Je deviens facilement impatient et irritable si je dois attendre.

16

Lorsqu’une autre personne est méchante ou désagréable avec moi, j’essaie de me venger.

17

Lorsque quelqu’un est désagréable, je pense qu’il vaut mieux se taire que de faire des histoires.

18

D’autres disent que je perds facilement patience.

19

Je me considère comme une figure d’autorité pour certaines personnes.

20

Plus souvent que d’autres, il me semble que je fais des choses que je regrette par la suite.

21

Si une personne m’insulte, je l’insulte en retour.

22

Je préfère me mettre à l’écart et éviter les ennuis lorsque quelqu’un me harcèle.

23

Lorsque je suis en mauvais termes avec une personne, cela finit généralement par une bagarre.

24

Je deviens facilement impatient si je dois continuer à faire la même chose pendant longtemps.

25

Il arrive souvent que j’agisse trop rapidement.

26

Chaque fois que je construis quelque chose de nouveau, je lis le mode d’emploi avant de faire quoi que ce soit.

27

J’admire vraiment les personnes qui savent se battre avec des armes.

28

J’agis souvent avant d’avoir eu le temps de réfléchir.

29

Quand je suis très en colère contre quelqu’un, je lui crie dessus.

30

Quand je dois prendre une décision, je le fais généralement rapidement.

Questionnaire sur l’Absence d’Aveu en contexte d’interrogatoire (Deslauriers-Varin – 2006)

Afin de déterminer les facteurs et motivations liés à la non-confession en contexte d’interrogatoire policier, un questionnaire a été élaboré par Deslauriers-Varin (2006) sur l’absence d’aveu (QAA) . L’échelle a été développé afin de questionner les non-confesseurs sur les motivations derrière leur décision de ne pas avouer.

Le QAA était inspiré du questionnaire sur les motivations sous-jacentes à l’aveu de Gudjonsson (GCQ-R), incluant les obstacles à la confession étudiés par ce chercheur, de même que de la littérature sur le sujet.

Les analyses factorielles effectuées avec les items du QAA ont permis d’illustrer la présence des cinq facteurs principaux jouant un rôle dans la décision de ne pas avouer:

  • Le premier facteur identifié représente les items liés aux conséquences personnelles que l’individu peut vivre suite aux accusations criminelles, telles que l’atteinte à la réputation.

  • Le deuxième facteur englobe les pressions internes du suspect et réfère à son état mental ou son état d’intoxication.

  • Le troisième facteur identifié par les analyses factorielles de Deslauriers-Varin concerne la qualité de la preuve. Ce facteur renvoie aux items qui concernent la perception que le suspect avait de la preuve que les policiers détenaient contre lui.

  • Le quatrième facteur concernait les items liés au sentiment de culpabilité du suspect face au crime reproché. Le dernier facteur renvoi aux conséquences réelles vécues par l’accusé, telles que la peur des sanctions légales ou encore la peur de perdre un être cher suite aux accusations.

Ces facteurs, représentant une grande partie de la littérature sur les variables liées à la non-confession, étaient similaires à ceux rencontrés par Gudjonsson dans son questionnaire sur la confession. (voir source: Andréanne bergeron)

QAA

URICA ( University of Rhode Island Change Assessment Scale)  (McConnaughy, DiClemente, Prochaska et coll., 1989)

Type d’outil: questionnaire auto-administrés de 32 questions.

Compétences requises: Ne requière qu’un minimum de connaissances académiques, puisqu’il a été conçu pour un large éventail de participants.

Temps de passation: entre 5 et 15 minutes

L’URICA, le « University of Rhode Island Change Assessment Scale » (McConnaughy, DiClemente, Prochaska et coll., 1989) permet de mesurer les étapes de changement des participants définis selon le modèle transthéorique de Prochaska, Norcross et DiClemente (Juneau, 2006). Il s’agit d’une échelle composée d’un questionnaire de 32 énoncés permettant de couvrir quatre sous-échelles qui renvoient aux étapes de changement de Prochaska, Norcross et DiClemente, soit l’étape de la « precontemplation », de la « contemplation », de l’action et du maintien.

D’après plusieurs auteurs, le University of Rhode Island Change Assessment Scale (URICA) permet d’obtenir des résultats satisfaisants pour les quatre étapes de changement mentionnés ci-dessus et possède de bonnes qualités psychométriques (McConnaughy et coll., 1989 ; DiClemente et Hugues, 1990 et Prochaska et DiClemente, 1992). Des études de validation ont été menées auprès de plusieurs échantillons différents, dont un groupe de fumeurs, une population en clinique externe et un groupe de participants inscrits dans un programme de traitement externe pour alcoolisme afin de valider le questionnaire. Les résultats obtenus auprès des trois groupes se sont avérés similaires et ont reproduit : «essentiellement les quatre composantes initiales» soit l’étape de la « precontemplation », l’étape de la « contemplation », l’étape de l’action et celle du maintien (Juneau, 2006 : 80). Les coefficients alpha de Cronbach obtenus lors de ces études sur les qualités psychométriques de l’URICA variaient entre 0,70 et 0,82 (McConnaughy et coll., 1989 ; DiClemente et Hugues, 1990 et Prochaska et DiClemente, 1992).

 

Chaque sous-échelle est mesurée à l’aide de huit questions précises, cotées sur une échelle de Likert en cinq points allant de fortement en accord à fortement en désaccord. En d’autres termes, les participants doivent indiquer leur accord ou leur désaccord pour chaque item présenté. Un item faisant référence à l’étape de « precontemplation » peut être formulé comme suit : «Je préfèrerais m’accommoder de mes défauts plutôt que d’essayer de les changer», tandis qu’un item qui fait référence à l’étape de l’action est : «N’importe qui peut parler de changer ; moi je fais vraiment quelque chose à ce sujet».

Cotation :
Elle consiste à déterminer l’étape de changement de chaque participant. Chaque sous-échelle est mesurée à l’aide de huit questions exclusives à chacune des étapes de changement établies par Prochaska, Norcross et DiClemente (1994). Le score est calculé de façon cumulative et il varie de huit à quarante pour chacune des sous-échelles. Concernant le calcul des scores pondérés, il n’existe pas, à ce jour, de consensus. La méthode proposée par DiClemente, Schlundt et Gemmell (2004) est dans un premier temps additionner les items de chaque sous-échelle et diviser par sept le score de chaque sous-échelle afin d’obtenir une moyenne. Ensuite, il s’agit d’additionner les moyennes des sous-échelles de « contemplation », d’action et de maintien et d’y soustraire la moyenne de la sous-échelle « precontemplation ». Les participants qui obtiennent un score de 8 et moins sont classés à l’étape de la « precontemplation », ceux qui obtiennent un score entre 8 et 11 sont classés à l’étape de la « contemplation », ceux qui ont entre 12 et 14 sont considérés comme étant à l’étape de l’action et ceux qui obtiennent un score de plus de 14 se retrouvent à l’étape du maintien (DiClemente, Schlundt et Gemmell, 2004).

Il est à noter que le score obtenu à chaque sous-échelle représente des attitudes et des comportements faisant référence aux étapes du changement et non un état de changement précis (DiClemente, Schlundt et Gemmell, 2004). Il faut donc interpréter les résultats obtenus avec vigilance.(source: Madern Perrine )

 

Pour les questions portant la mention « Omission », ne les incluez pas dans votre sommation des scores pour chaque sous-échelle d’étape.

Pour en savoir plus sur la cotation (eng): https://www.bexar.org/DocumentCenter/View/27262/URICA

Une autre façon de coder l’URICA est la suivante: pour déterminer si les sujets sont motivés ou non motivés au changement, il est possible d’additionner  les scores obtenus en précontemplation et contemplation dune part, et les scores obtenus en action et maintien dautre part. Les sujets motivés sont ceux dont la somme de (action + maintien) sera plus élevée que la somme de (précontemplation + contemplation) et inversement, les non motivés auront la somme (précontemplation + contemplation) plus élevée que la somme (action + maintien). (source: https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2010-7-page-597.htm )

Le questionnaire URICA en français:

URICA

Le questionnaire URICA en anglais:

urica-change-assessment

Il existe par ailleurs des versions courtes de l’URICA avec moins d’items, l’URICA 24 (24 items à la place de 32),  l’URICA 12 (12 items), et l’URICA-R (R pour « révisé ») .

Il existe également une version destinée aux violences domestiques: l’URICA-DV ( urica-dv_fr )

Voir plus bas les questions retenues et les règles de cotation.

URICA 24 Item Versions:

Precontemplation Contemplation Action Maintenance
Question Numbers 1 3 2 10
5 6 4 12
7 9 8 15
16 13 11 20
19 14 18 21
22 17 23 24
Total:
Divide by: 6 6 6 6
Mean:

In order to obtain a Readiness to Change score, first sum items from each subscale and divide by 6 to get the mean for each subscale. Then sum the means from the Contemplation, Action, and Maintenance subscales and subtract the Precontemplation mean (C + A + M – PC = Readiness).

URICA 12 Item Version—DELTA Project Reduced Drinking

Precontemplation Contemplation Action Maintenance
Question Numbers 1 2 3 4
5 8 9 7
6 10 11 12
Total:
Divide By: 3 3 3 3
Mean:

To obtain a Readiness to Change score, first sum items from each subscale and divide by 3 to get the mean for each subscale. Then sum the means from the Contemplation, Action, and Maintenance subscales and subtract the Precontemplation mean (C + A + M – PC = Readiness).

 

URICA-R

Tambling, R. B., & Ketring, S. A. (2013). The R-URICA: A Confirmatory Factor Analysis and a Revision to the URICA. Contemporary Family Therapy, 36(1), 108–119.

Résumé de l’article:  « L’évaluation et la mesure de la motivation du client pour le changement a été d’un grand intérêt pour les thérapeutes et les chercheurs dans divers domaines. Les auteurs de ce manuscrit présentent les résultats d’une analyse factorielle confirmatoire de l’évaluation du changement de l’Université de Rhode Island (URICA) dans un échantillon de personnes en thérapie de couple. Un échantillon de 603 personnes engagées dans une thérapie de couple a rempli l’URICA dans le cadre des mesures d’admission.
L’interprétation des résultats indique qu’une version modifiée de l’URICA, l’URICA-R fournit une solution à trois facteurs qui correspond le mieux aux données ».

Consignes: Chaque affirmation décrit ce qu’une personne pourrait penser en commençant une thérapie ou en abordant des problèmes dans leur vie. Veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou non avec chaque affirmation. Dans chaque cas, faites votre choix en fonction de ce que vous pensez en ce moment, et non ce que vous avez ressenti dans le passé ou ce que vous aimeriez ressentir. Le terme  » ici  » fait référence au lieu de traitement ou au problème.

 

 

Voir aussi pour une utilisation d’URICA dans un cadre de violences domestiques: l’URICA DV:

Application du modèle trans-théorique du changement à une population de conjoint

Enfin, pour en savoir plus sur les différentes versions d’URICA et ses règles de cotation, rdv ici: https://habitslab.umbc.edu/urica/

 

Utilité de l’URICA en criminologie?

1. Évaluer la motivation au changement

  • L’URICA mesure la stade de préparation au changement :
    • Pré-contemplation : le sujet ne reconnaît pas de problème.
    • Contemplation : il reconnaît un problème mais n’est pas prêt à agir.
    • Préparation / détermination : il envisage de changer.
    • Action : il met en œuvre des stratégies de changement.
    • Maintien : il stabilise de nouvelles habitudes.
  • Chez des délinquants, cela permet de repérer ceux qui nient ou minimisent leur comportement et ceux qui sont prêts à travailler sur eux.

2. Orienter la prise en charge

  • Les résultats aident à adapter les interventions :

    • Pré-contemplation → travail sur la prise de conscience, confrontation douce.
    • Contemplation → explorer ambivalences, motivations personnelles.
    • Préparation → définir un plan concret de changement.
    • Action → soutenir les nouvelles conduites, renforcer l’auto-efficacité.
  • Utile pour individualiser les programmes de réhabilitation (CBT, groupes psychoéducatifs, interventions motivationnelles).

3. Suivi et évaluation du parcours

  • L’URICA peut être utilisée à plusieurs moments du suivi pénal pour mesurer l’évolution de la motivation.
  • Permet de voir si un programme ou un accompagnement a un impact sur l’engagement au changement criminogène.

4. Contribution à la gestion du risque

  • Les personnes en pré-contemplation ou faible motivation présentent souvent un risque plus élevé de récidive, car elles ne reconnaissent pas la nécessité de changer.
  • L’URICA devient donc un indicateur complémentaire aux outils de risque (HCR-20, LS/CMI, etc.), en ajoutant la dimension prête-à-changer.

5. Applications concrètes

  • Probation et SPIP : pour calibrer le niveau d’intervention (MI, programme structuré, etc.).
  • Prison : pour orienter vers un programme adapté (ex. addictions, violences, gestion de la colère).
  • Recherche : utilisé dans des études sur l’efficacité des programmes cognitivo-comportementaux.

Quelques limites

  • L’URICA repose sur l’auto-déclaration → biais possible (minimisation, désirabilité sociale).
  • Ne mesure pas directement le risque criminogène, mais plutôt l’état motivationnel.
  • Utilisation optimale en complément d’autres outils (criminologiques et cliniques).

L’URICA est un outil précieux en criminologie pour évaluer la motivation au changement, adapter les stratégies d’intervention et suivre l’évolution des probationnaires ou détenus. Elle complète les outils de risque et aide les praticiens à ajuster leur posture d’accompagnement.

 

The Short-Term Assessment of Risk and Treatability (The START) – exemple d’échelle d’évaluation dynamique

La START, est dans la directe succession de la HCR-20. Elle prend en compte à la fois les facteurs de risque et les facteurs de protection pour la personne (Webster, Brink, Nichols & Middelton, 2004).

The Short-Term Assessment of Risk and Treatability (START) est un outil développé par Webster C.D. et ses collaborateurs. C’est un guide de 20 éléments destinés à l’évaluation dynamique de sept domaines de risque (la violence envers les autres, le suicide, l’automutilation, la négligence de soi, l’absence non autorisée/évasion, l’usage de substances-drogues, et l’exposition à la criminalité). La START présente un raffinement dans l’évaluation des facteurs de risque dynamiques par le fait qu’elle prévoit le codage différentiel des forces ainsi que les besoins des patients, tout en permettant  l’enregistrement des facteurs de risque au cas par cas. Chacun des  20 éléments est évalué en fonction de descriptions succinctes fournies dans le manuel publié. Les 20 éléments évalués lors de l’échelle START sont les suivants :

  • compétences sociales (social skills) ;
  • relations avec les autres (relationship) ;
  • occupation et statut professionnel (occupational) ;
  • loisirs (recreational) ;
  • soins personnels/hygiène (self-care) ;
  • état mental (mental state) ;
  • état émotionnel (emotional state) ;
  • abus de substances (substance misuse) ;
  • contrôle des impulsions (impulse control) ;
  • facteurs externes déclenchants (external triggers) ;
  • ressources matérielles (material resources) ;
  • attitudes (attitudes) ;
  • compliance thérapeutique (medication adherence) ;
  • respect des règles (rule adherence) ;
  • conduite (conduct) ;
  • introspection (insight) ;
  • projets (plans) ;
  • Adaptation/faire face (coping) ;
  • soutien social (social support) ;
  • traitabilité (treatability)

Recueil d’information

La START se compose de deux échelles ; une relative aux côtés forts et l’autre aux faiblesses du patient. L’évaluation doit indiquer une valeur pour les deux échelles. En fonction de la présence et de l’intensité des éléments évalués une valeur de 0, 1 ou 2 points est appliquée pour chaque élément évalué. Les évaluations sont réalisées via des formulaires spécifiques, par un personnel qualifié dans l’utilisation de ces outils qui permettent aussi d’estimer les risques dans les sept domaines comme haut, moyen/modéré ou bas

 

Feuille de cotation: start-summary-sheet

Feuille de cotation traduction fr (non officielle) : START-summary_sheet_FR

Short-Term Assessment of Risk and Treatability (START): The case for a new structured professional judgment scheme

RISQUES MULTIPLES

Tel qu’il a été décrit, START diverge de bon nombre de jugements professionnels structurés (JPS) antérieurs en ce sens qu’il vise à guider la prise de décision en ce qui concerne la violence, l’automutilation, le suicide, la toxicomanie, la victimisation, la négligence de soi et les absences non autorisées. La relation entre la violence dirigée contre soi et la violence dirigée contre les autres a été un domaine d’étude relativement négligé (Hillbrand, 1995). Ce manque de recherche existe malgré les demandes d’exploration scientifique de la coexistence de ces deux types d’agression au cours de la dernière décennie (Feinstein & Plutchik, 1990 ; Hillbrand, 1992, 1995 ; Milroy, 1993) et, plus récemment, les affirmations des commentateurs sur la nécessité de juger le risque d’auto-agression en combinaison avec le risque de violence dirigée vers les autres chez les clients (Hillbrand, 2001 ; Links, Gould, & Ratnayake, 2003). Plusieurs cadres théoriques ont été proposés pour expliquer le chevauchement entre ces formes particulières d’agression (pour une revue, voir Hillbrand, 2001). Shaffer (1974) a mis l’accent sur une perspective développementale, indiquant une voie commune vers la violence contre soi et la violence envers les autres, caractérisée par l’abus de substances et les difficultés interpersonnelles. Plus récemment, le modèle de Plutchik et van Praag (1994) reflète une perspective éthologique-évolutive, dans laquelle les auteurs affirment que plusieurs des mêmes facteurs de risque (par exemple, les pertes, les menaces, les défis) mènent à l’agression contre soi et à l’agression contre les autres. D’autres modèles mettent l’accent sur un lien entre la sérotonine et l’agression (voir, par exemple, Coccaro, 1995). Dans une perspective principalement cognitive, Beck (1999) a suggéré que les distorsions cognitives expliquent à la fois les comportements suicidaires et la violence contre les autres.

Gray, Hill, McGleish, Timmons, MacCulloch et Snowden (2003) ont récemment administré plusieurs grilles d’évaluation à des patients en contexte médico-légal (N¼34), détenus dans deux unités de sécurité minimale au Royaume-Uni. Ils ont utilisé les échelles H et C du HCR-20 (HC-15), le BPRS, le Hare PCL-R et l’échelle de désespoir de Beck (BHS, Beck, Weissman, Lester, & Trexler, 1974) en 20 points. L’agressivité et l’automutilation à l’unité ont été mesurées à l’aide d’une échelle à remplir chaque semaine sur une période de trois mois. En ce qui concerne l’agression physique, le BPRS a donné une corrélation r=0.61 (aire sous la courbe (AUC=0.84). Il était suivi par le HC-15 à r=0.53 (AUC=0.81) et le Hare PCL-R à 0.35 (AUC=0.70). Dans les trois cas, les corrélations étaient statistiquement significatives. Les scores du BHS n’ont pas donné lieu à un effet significatif lorsque l’agression physique servait de mesure de résultat (r=0,18, AUC=0.53). En d’autres termes, les échelles conçues en grande partie pour prédire la violence envers les autres ont donné les résultats escomptés ; la seule échelle incluse pour mesurer l’automutilation n’a pas eu de pouvoir prédictif en ce qui concerne la prévision de la violence envers les autres. Pourtant, comme on pouvait s’y attendre, cette même échelle a produit une corrélation significative avec le comportement cible d’automutilation (r=0.67, AUC=0.86). Aucune des trois autres échelles n’a montré de résultat significatif lorsque le critère d’automutilation était utilisé. Pour obtenir leurs effets, Gray et al. (2003) ont utilisé quatre échelles. Celles-ci étaient composées de 71 items (HC-15=15 ; Hare PCL-R=20 ; BPRS=16 ; BHS=20). Le START est composé de 20 items définis plus 10 items historiques (ou plus) fortement recommandés (voir Webster et al., 2004, annexe B). Les infirmières travaillant dans des établissements médico-légaux, civils et correctionnels doivent être constamment attentives aux sept risques principaux, et souvent à d’autres aussi (par exemple, infecter d’autres personnes par des rapports sexuels non protégés). Bien que l’on puisse dire que cela est également vrai pour les psychiatres et les psychologues, par exemple, il n’en demeure pas moins que,  » sur le moment « , il appartient aux infirmières et aux autres professionnels en contact étroit avec les clients d’agir immédiatement pour atténuer le risque. Avec les changements d’équipe, il est vital que les risques, les forces et les plans de traitement soient clairement définis et convenus pour chaque client. START vise à faire tenir l’essentiel de cette tâche complexe sur une seule feuille (voir annexe 1), acceptée par les membres de toutes les disciplines. La question à laquelle il faudra répondre dans les recherches futures est la suivante : avec 20 items définis, est-il possible de reproduire ou de dépasser les résultats de Gray et al. (2003 ; voir Nicholls et al., 2006) ?

 

VARIABLES DYNAMIQUES

Jusqu’à récemment, la recherche et les instruments d’évaluation du risque de violence étaient axés sur des facteurs de risque stables et à long terme (par exemple, les troubles de la personnalité) et sur des facteurs de risque statiques, immuables et invariants (par exemple, le sexe) (Douglas et Skeem, 2005 ; Hagga˚rd, Gumpert et Grann, 2001 ; Mulvey, Lidz, Gardner et Shaw, 1996). Ces variables ont été testées principalement dans le cadre d’études de suivi communautaire à long terme, à l’exclusion presque complète des facteurs dynamiques (pour les exceptions, voir Hanson et Harris, 2000 ; Philipse et al., 2005) qui peuvent être traités. Comme l’expliquent Hanson et Harris (2000),  » les facteurs de risque dynamiques sont des caractéristiques qui peuvent changer et qui, lorsqu’elles sont modifiées, entraînent une augmentation ou une diminution correspondante du risque de récidive «  (p. 7). Bien que certaines recherches scientifiques suggèrent que les facteurs dynamiques peuvent prédire la récidive aussi bien ou mieux que les facteurs statiques (Gagliardi, Lovell, Peterson, & Jemelka, 2004 ; Gendreau, Little, & Goggin, 1996 ; Gilgun, Klein, & Pranis, 2000), des recherches supplémentaires sont nécessaires. Il est clair que les variables dynamiques sont particulièrement pertinentes dans l’immédiat et à court terme et devraient être de bons indicateurs proximaux de la violence future (McNiel et al., 2003).

Il n’existe pas de base empirique solide permettant de déterminer la période optimale pour l’évaluation des variables dynamiques et pour quelles périodes de risque (aiguës, à court terme, à long terme) les variables dynamiques sont les plus pertinentes. Contrairement aux recherches impliquant des suivis à long terme (par exemple Douglas, Ogloff, Nicholls, & Grant, 1999 ; Skeem & Mulvey, 2001), McNiel et al. (2003) ont rapporté que seule la sous-échelle clinique du HCR-20 et la liste de contrôle de dépistage de la violence (VSC, McNiel & Binder, 1994) contribuaient indépendamment à la prédiction de la violence à court terme. Il convient de noter que la VSC et la sous-échelle clinique de la HCR-20 ont apporté des contributions indépendantes, ce qui suggère qu’elles pourraient se compléter mutuellement dans l’évaluation du risque de violence à court terme. Alors que l’on peut s’attendre à ce que les facteurs de risque dynamiques stables restent inchangés pendant des mois ou des années, les facteurs de risque dynamiques aigus liés au moment de la récidive peuvent avoir peu de rapport avec le potentiel de risque à long terme (Hanson & Harris, 2000). Les méthodologies des études existantes n’ont pas permis d’éclairer cette question. Gagliardi et al. (2004) l’ont bien exprimé en disant :  » Malheureusement, lorsque des facteurs cliniques ou dynamiques ont été comparés à des facteurs statiques dans des études de prévision du risque, ils n’ont généralement été évalués qu’une seule fois, ce qui les oblige nécessairement à fonctionner comme des variables statiques dans des équations de prédiction «  (p. 150 ; voir également Douglas & Skeem, 2005). De même, Gagliardi et al. (2004), en parlant des délinquants atteints de troubles mentaux (mentally ill offenders : MIO), ont noté qu’aucun outil n’est encore disponible qui  »satisfait réellement les besoins des prestataires cliniques chargés de traiter les MIO dans la communauté, à savoir la nécessité d’évaluer le risque de manière continue sur des mois, voire des années » (p. 151). La fluidité des facteurs dynamiques pose un défi considérable à la recherche. La difficulté réside dans le fait que les « données », au sens de « données de base » (data), peuvent devenir « captives » (capta), en ce sens qu’elles ont tendance à devenir des « événements saisis » une fois qu’elles sont écrites ou enregistrées d’une autre manière (c’est-à-dire qu’elles prennent une qualité statique). Il est probablement vrai que les infirmières, les travailleurs sociaux et les autres professionnels de la santé mentale et des services correctionnels qui se placent en première ligne « voient » des types de comportement et d’expression émotionnelle quelque peu différents de ceux qui sont pris en compte par les psychiatres et les psychologues.

L’un des objectifs de START est de fournir un espace de discussion interdisciplinaire afin que les plans de traitement éventuels aient une chance réaliste de réussir. Un autre objectif connexe est d’assurer une répartition appropriée des tâches (c’est-à-dire que le ludothérapeute assumera des responsabilités spécifiques qui correspondent au plan convenu, que le travailleur social organisera un financement de transition jusqu’à ce que le plan ait une chance de se stabiliser, que le psychiatre examinera les effets iatrogènes possibles des médicaments, et ainsi de suite).

FACTEURS HISTORIQUES

Les variables historiques devraient constituer le fondement de toute évaluation des risques. À cet égard particulier, le START n’est pas indépendant de l’échelle H du HCR-20 ou d’une analyse historique similaire à grande échelle. Si, au départ, le risque semble manifestement lié et limité à d’autres, il est essentiel de compléter l’échelle H10 du HCR-20. Si, par contre, d’autres risques sont impliqués, il sera nécessaire d’élargir cette liste d’éléments. Certains de ces items candidats pourraient être les suivants : automutilation antérieure, pertes personnelles, désespoir, pauvreté/sans-abri, tentatives de suicide antérieures ou victimisation antérieure. De plus, les auteurs suggèrent que d’autres dispositifs soient utilisés pour améliorer le processus d’évaluation avec START. Par exemple, si le client présente une dépression, il serait prudent d’utiliser d’autres instruments d’évaluation qui évaluent spécifiquement la dépression.

 

FACTEURS DE PROTECTION (FORCES)

Les auteurs affirment que le domaine est actuellement en transition, avec une tendance à intégrer les points forts dans les évaluations du risque de violence (Borum et al., 2003 ; Webster et al., 2004). Les avancées théoriques (Seligman & Steen, 2005), les débats conceptuels en psychologie légale et en criminologie (Andrews & Bonta, 2003 ; Ward & Stewart, 2003), les critiques de la pratique actuelle (voir, par exemple, Rogers, 2000) et les preuves empiriques croissantes (Gagliardi et al., 2004 ; Hagga˚rd et al., 2001 ; Hanson & Harris, 2000) démontrent que l’évaluation et la gestion du risque devraient inclure un examen des forces des clients. Belfrage, Fransson et Strand (2004) n’ont constaté aucune différence dans les scores de risque malgré une diminution significative de la violence institutionnelle, citant la nécessité de prendre en compte les facteurs de protection. Les forces peuvent être définies comme des atouts à la disposition de l’individu (par exemple, une famille qui le soutient), qui deviennent des facteurs de protection lorsque le client s’en sert pour réduire le risque (Gilgun et al., 2000) ou le gérer. Comme nous l’avons noté, avant le START, seul un guide d’évaluation du risque de SPJ pour les adolescents (SAVRY, Borum et al., 2003) incitait les évaluateurs à se concentrer sur les forces du client en plus des risques qu’il présente. Bien que les recherches préliminaires sur START soient prometteuses (Nicholls et al., 2006), il reste à voir si une évaluation plus complète qui permet aux évaluateurs d’entretenir les points forts améliorera sensiblement les jugements professionnels par rapport à une focalisation sélective sur les seuls facteurs de risque. Les recherches menées auprès des délinquants sexuels (Hanson & Harris, 2000), des détenus masculins et féminins (Belfrage et al, 2004 ; Gilgun et al., 2000), les délinquants souffrant de troubles mentaux (Gagliardi et al., 2004), et les délinquants violents jugés à haut risque qui réussissent à se désister (Hagga˚rd et al., 2001) suggèrent que la prévision du risque de violence bénéficiera de la prise en compte des forces du client. Il est également prévu que l’accent mis sur les points forts améliorera l’alliance thérapeutique, favorisera le rétablissement, servira à motiver les clients et réduira les cognitions négatives non seulement chez les clients mais aussi chez certains membres du personnel.

SIGNES DE RISQUE « SIGNATURES »

Les cliniciens expérimentés et les membres des équipes de traitement sont familiers avec l’idée de signes précoces de rechute psychotique ou dépressive ; cependant, peu d’attention a été accordée à la notion de ce que les auteurs ont appelé les signes de risque « signature ». Chez un nombre petit mais important de personnes souffrant de troubles mentaux ou de la personnalité et ayant des antécédents de violence, l’émergence d’un ensemble spécifique de croyances, de symptômes, de comportements ou d’inquiétudes, qui au départ ne semble pas lié aux troubles mentaux ou de la personnalité, peut avec le temps être reconnu comme un signal précoce mais fiable, unique et invariable de « signature » d’une rechute imminente et d’une augmentation du risque pour soi-même ou pour les autres. En fait, le concept de  » signature  » ne vient pas du domaine de l’évaluation du risque en santé mentale, mais de la littérature sur les homicides sexuels en série. Plus précisément, l’analyse des liens (Hazelwood et Warren, 2003) fait référence à l’identification non seulement du modus operandi d’un délinquant, où un modèle longitudinal de caractéristiques comportementales relativement stables peut caractériser le  » comment faire  » du criminel, mais aussi de la signature ou d’une combinaison particulière de comportements (comme par exemple, laisser une carte à jouer spécifique sur le corps des victimes d’homicide sexuel). De telles actions suggèrent qu’une série de crimes a été perpétrée par le même délinquant. La  » signature  » constitue donc un ensemble caractéristique de comportements idiosyncrasiques qui sert de  » carte de visite  » fiable et immédiatement reconnaissable de l’implication d’un tueur dans un meurtre (Keppel, 1995).

De même, comme nous l’avons déjà mentionné, chez certaines personnes souffrant de troubles mentaux ou de la personnalité et ayant des antécédents de violence ou d’automutilation, on peut identifier un ensemble de tendances ou de signes très spécifiques et  » caractéristiques  » (par exemple, une préoccupation pour les verrues ou un changement de coiffure), qui constituent une « carte de visite » de leur maladie mentale et du risque potentiel de violence envers soi-même ou envers les autres (Fluttert, 2005). Il ne fait aucun doute que l’identification précoce et la communication fiable d’informations concernant les signes de risque « signatures » aux cliniciens et aux équipes de traitement qui assurent le suivi d’une telle personne sont cruciales.

Par conséquent, la feuille de résumé START invite les cliniciens, les autres membres de l’équipe de traitement et les chercheurs à documenter les  » signes de risque signatures  » afin de faciliter la communication de ces informations vitales à toutes les personnes impliquées dans les soins du client.

 

pour aller plus loin:

START en grande Bretagne: Kent – short_term_risk_and_treatibility.ppt

Doyle M, Lewis G, Brisbane M  : Implementing the short-term Assessment Risk and Treatability (START) in a forensic mental health service. Psychiatric Bulletin 2008 ; 32 : 406-8

Webster CD, Nicholls TL, Martin M-L, Desmarais SL, Brink J : Short-Term Assessment of Risk and Treatability (START) : The
Case for a New Structured Professional Judgment Scheme. Behavioral Science and the Law 2006 ; 24 : 747-66

Nicholls TL, Brink J, Desmarais SL, Webster CD, Martin M-L : The Short-Term Assessment of Risk and Treatability (START), A Prospective Validation Study in a Forensic Psychiatric Sample, Assessment 2006 ; 13 : 313-27

Référenceshttps://www.amub.be/revue-medicale-bruxelles/download/794

START-AV (ADOLESCENT VERSION)

Feuille de cotation START-AV ( Adolescent Version): START-AV_Summary_sheet

référenceshttp://www.sfu.ca/psyc/faculty/viljoen/STARTOverview.pdf