Ressources en psychocriminologie, psychologie forensique et criminologie
Header

Grille d’Évaluation du Déni et de la Minimisation des AICS (McKibben, Aubut, & Dassylva, 1995)

« Le déni est généralement décrit comme un mécanisme de défense activé spécifiquement en réponse aux actes d’agression sexuelle (Birgisson, 1996; Laflen & Sturm, 1994; McKibben, 1999). Celui-ci comporte des dimensions (ex. : les faits, les conséquences sur la victime, etc.) pouvant ou non être corrélées entre elles (Barbaree, 1991; McKibben, 1999; Pollock & Hashmall, 1991; Salter, 1988). Cette conception du déni semble plus ou moins juste, car le déni pourrait être une caractéristique générale de la personnalité du pédophile. Le déni pourrait en effet être associé à un trait de personnalité plus large d’attribution externe du contrôle pour l’ensemble des événements de la vie. Cette tendance du pédophile à rattacher le contrôle des événements de sa vie à des facteurs externes a été mesurée empiriquement et a fait l’objet de thérapies axées sur la prévention de la récidive (Fisher, Beech, & Browne, 1998; Marsa et al., 2004; Parton & Day, 2002) »

grille d’évaluation du déni de McKibben

 

Source: Geneviève  M. Martin, Monique Tardif  (2005) L’agression sexuelle : coopérer au-delà des frontières, Cifas 2005,  Étude de l’estime de soi et de l’attribution du contrôle auprès de pédophiles qui nient ou admettent leur délit ,

HANSON (2019) Facteurs de risque de récidive sexuelle pour les auteurs d’infractions à caractère sexuel

Facteur de risque Moyenne N Nb d’études

 

Âge (jeune) 0,48 8 250 14
Âge (STATIQUE) 0,25 7 461 19
Facteurs spécifiques aux crimes sexuels      
Antécédents sexuels
Délits sexuels antérieurs 0,57 11 294 29
Début de la délinquance sexuelle 0,36 919 4
Infractions sexuelles commises par des mineurs et des adultes 0,31 951 8
Diverses infractions sexuelles 0,30 6011 5
Infractions sexuelles sans contact 0,31 10 238 22
Infractions sans contact (STATIQUE) 0,52 8 053 22
Caractéristiques des victimes
Sans lien de parenté 0.50 8 053 22
Étrangers 0.43 8 053 22
Hommes 0.23 8 053 22
Toute préférence sexuelle déviante 0,31 2 769 16
Intérêt sexuel pour les enfants (PPG- penile plethysmography) 0,32 1 278 10
Violence sexualisée 0,18 1 523 8
Paraphilies multiples 0,21 477 4
Autorégulation sexuelle
Adaptation sexualisée 0,31 5 975 9
Pulsion sexuelle/préoccupation sexuelle (STABLE) 0,33 5 977 9
Préoccupation sexuelle 0,39 1 119 6
Attitudes tolérantes à l’égard des délits sexuels 0,22 13 782 46
Droits sexuels (Sexual entitlement ) (STABLE-2000) 0,33 2 608 4
Criminalité générale      
Instabilité du mode de vie/criminalité
Problèmes de comportement dans l’enfance (par exemple, fugue, échec scolaire) 0.30 1 996 8
Délinquance juvénile 0,24 2 849 16
Délits antérieurs 0,32 14 800 31
Impulsivité/imprudence 0,25 775 6
Actes impulsifs (STABLE) 0,37 5 971 9
Instabilité professionnelle 0,22 5 357 15
Trouble de la personnalité antisociale 0,21 3 267 12
Psychopathy Checklist-Revised 0,40 5 239 20
Griefs/hostilité 0,17 1 960 9
Emotionnalité négative (STABLE) 0,16 5 972 9
Manque d’intérêt pour les autres 0,36 5 978 9
Problèmes sociaux/déficits d’intimité
Célibataire (jamais marié) 0,32 2 850 8
N’a jamais vécu avec un conjoint (Static-99R) 0,31 8 004 22
Conflits avec les partenaires intimes 0,36 298 4
Hostilité envers les femmes 0,23 6 005 9
Influences sociales négatives 0,26 1 736 7
Influences sociales (STABLE) 0,24 5 974 9
Rejet social général / solitude (STABLE-2007) 0.21 5,979 9
Réponse au traitement/supervision
Abandon du traitement 0,59 2 202 14
Non-respect de la supervision (STABLE-2007) 0.35 5 977 9
Violation de la liberté conditionnelle 0,50 2 151 4
Violation de la surveillance (Static-2002R) 0,44 2 947 8
Mauvaise résolution des problèmes cognitifs 0,32 5 971 9
Facteurs de risque spécifiques à la délinquance sexuelle à l’encontre enfants
Attitudes à l’égard des pédophiles 0.17 8 192 19
Congruence émotionnelle avec les enfants 0.39 5 217 8
Identification émotionnelle avec les enfants (STABLE-2007) 0.28 2 744 6

Source: Evidence for treatment targets (R. Karl Hanson, Ottawa, Canada)

Typologie comparée des Agresseurs sexuels

octobre 1st, 2024 | Publié par crisostome dans AICS - (0 Commentaire)

Source: Robert Alan Prentky & Ann Wolbert Burgess (2000) Forensic Management of Sexual Offenders (Perspectives in Sexuality)

« Au cours des dernières décennies, l’escalade apparente des crimes impliquant des comportements sexuels déviants, coercitifs et agressifs est devenue un problème de plus en plus grave, qui se traduit par des coûts pour les victimes et la société dans son ensemble. L’impact psychologique à long terme des agressions sexuelles sur les adultes et les enfants victimes a été documenté à de nombreuses reprises. Les coûts supportés par la société comprennent un réseau de services médicaux et psychologiques destinés à faciliter le rétablissement des victimes, l’enquête, le procès et l’incarcération des délinquants – souvent dans des unités séparées ou des installations spéciales – ainsi que la couverture invisible mais tangible de la peur qui oblige les victimes potentielles à programmer leurs activités quotidiennes normales en fonction des questions de sécurité. Malgré la gravité du problème, peu de recherches empiriques ont été consacrées à l’étiologie, à l’évolution, à la remédiation et à la gestion des comportements sexuels déviants et coercitifs. Pour traiter ces troubles et prendre des décisions cruciales sur la manière de gérer ces délinquants, les cliniciens ont été contraints de s’appuyer sur leur expérience personnelle. Par nature, cette expérience n’est pas systématique et n’est pas validée par la recherche empirique. L’absence de données empiriques solides sur ce problème est certes remarquable, mais pas surprenante. La rareté des recherches dans ce domaine pourrait bien être attribuée à la timidité scientifique historique concernant la plupart des aspects du comportement sexuel. »

Systèmes de Classification des pédocriminels par subtypes comparables

Fitch

(1962)

Kopp

(1962)

Gebhard et al.

(1965)

McCaghy

(1967)

Swanson

(1971)

Groth

(1981)

Dietz (1983)/

Lanning (1986)

Knight et al. (1989) (MTC :CM3)

Immature Type I Sous-développé socio-sexuellement Pédocriminel à hautes interactions Type I commun

Pédophile classique

Pédophilie :

Fixé

Préférentiel :

Séduction ou introverti

AxeI I: Fixé/ faible compétences sociales

Axe II : Interpersonnel ou narcissique

Frustré Type II Situationnel Type II commun :

Violeur situationnel

Pédophilie :

régressé

Situationnel :

De type régressé

Axe I : Faiblement fixé/compétences sociales élevées

Axe II : Interpersonnel ou narcissique ou exploitation

Sociopathique Délinquant amoral Pédocriminel asocial Violeur sociopathique inadéquat Viol : pouvoir Situationnel : Sans discrimination morale Axe I : tous types

Axe II : Exploitation ou sadique à bas bruit

Types caractérisés par la violence expressive

Spontané/agressif Viol : type colérique

Viol : type sadique

Préférentiel : type sadique AxeI : types avec faibles compétences sociales

Axe II : Agressif ou sadique

Types caractérisés par la psychose, des troubles mentaux ou des causes organiques

Pathologique Déficience mentale

Sénile détérioré

Psychotique

Abuseur incestueux

Abuseur sénile

Lésions cérébrales

Types supplémentaires

Divers Saoul Abuseur « de carrière » Situationnel : Sexuellement indiscriminé

Incestueux

Situationnel : inadéquat

Adapté de Prentky (1999)

Pour en savoir plus sur la MTC:CM3 (Massachusetts Treatment Center: Child Molester Typology, version3): 163390.pdf (ojp.gov)

L’ENTRETIEN AVEC LES PERSONNES ÂGÉES VICTIMES D’ABUS SEXUELS

Les tâches suivantes sont importantes pour développer la confiance avec la personne âgée afin d’effectuer une évaluation précise de la plainte d’abus sexuel:

  • 1. Expliquer à la personne âgée ce qui l’attend. Parlez lentement et clairement. Informer la victime qu’elle va se rendre à l’hôpital pour un examen destiné à recueillir des preuves.
  • 2. Évaluez le système sensoriel de la victime. Peut-elle entendre et voir les gens ? Il convient d’utiliser un endroit calme et bien éclairé, et le visage de l’enquêteur ou du personnel doit être bien dans le champ de vision de la personne âgée. S’il y a des problèmes sensoriels, apprenez comment la personne âgée s’adapte au déficit en lui posant des questions ou en interrogeant sa famille ou les personnes qui s’occupent de lui.
  • 3. Observez le comportement de la victime. Est-elle calme, pleure-t-elle, est-elle en colère ou en détresse ? Demandez à la victime comment elle se sent et si elle a des questions sur ce qui va se passer. Laissez à la personne âgée le temps d’exprimer ses émotions.
    • a. Les signes de traumatisme physique comprennent des preuves objectives et observables de blessures telles que des ecchymoses, des écorchures, des lacérations et/ou des saignements. La personne âgée et les membres de la famille qui l’accompagnent doivent être informés qu’une évaluation physique complète sera effectuée par l’examinateur médico-légal qui observera les blessures sur l’état général du corps de la personne âgée et qu’un examen séparé des organes génitaux sera effectué. La preuve de l’intentionnalité des lésions est recherchée en posant la question de savoir comment la blessure/lésion s’est produite. Les blessures accidentelles doivent être exclues. Par exemple, un personnel d’une maison de retraite a décrit des hémorragies génitales comme étant le résultat de « soins brutaux ». Il peut s’agir ou non d’un accident et il convient d’approfondir l’enquête.
    • b. Les symptômes de traumatisme physique comprennent une indication de traumatisme fournie par la personne âgée. Par exemple, la personne âgée peut dire qu’elle a été giflée ou qu’elle a été prise à la gorge, mais aucune blessure n’est observable. Le symptôme sera consigné dans le dossier médico-légal.
    • c. Les signes de traumatisme émotionnel comprennent des signes observables tels que les pleurs, le balancement, les mains qui tremblent, les rougeurs, les signes de transpiration. Les personnes âgées peuvent essayer de cacher leurs sentiments en étant très silencieux, sur leurs gardes ou en contrôlant leur comportement.
    • d. Les symptômes de traumatisme émotionnel comprennent le fait que la personne agée raconte ce qu’on lui a fait. Le dossier peut indiquer que l’agresseur a couvert les yeux de la victime, qu’il lui a mis un couteau sous la gorge, ou qu’il a plaqué l’aîné au sol. Une victime a déclaré par exemplequ’elle craignait que l’agresseur n’essaie de l’étouffer avec les oreillers qui se trouvaient sur son lit.

Source: Hazelwood, R. R., & Burgess, A. W. (Eds.). (2009). Practical aspects of rape investigation: A multidisciplinary approach (5th ed.). Boca Raton, FL: CRC Press.

Unité de prise en charge des auteurs d’infractions sexuelles à Fresnes (FRANCE CULTURE, Emission SUR LES DOCKS, 9/12/2010)

Fresnes dans un lieu entre hôpital et prison des détenus condamnés pour infractions à caractère sexuel ont la possibilité d’intégrer au sein de l’UPH (unité psychiatrique d’hospitalisation) un programme de soins pour six mois. Ces infracteurs sexuels peuvent avoir été arrêtés pour des actes sur majeurs ou sur mineurs. En ce qui concerne les mineurs il existe en France depuis le 8 juillet 2005 un fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infraction sexuelle ou violente créé par la loi Perben II (article 48) de 2004. Sont qualifiées d’infractions : meurtre ou assassinat d’un mineur avec viol, torture ou actes de barbarie, mais encore viol, agression, atteinte sexuelle, proxénétisme à l’égard d’un mineur, recours à la prostitution d’un mineur, récidive de ces mêmes actions. L’infraction doit faire encourir une peine d’emprisonnement d’au moins 5 ans. Au 30 octobre 2008 ce fichier répertoriait selon la CNIL 43.408 personnes.Fresnes est le seul service de psychiatrie en détention à proposer des soins spécialisés de type hospitalier pour infracteurs sexuels, ce qui est réalisé depuis 1994.La session thérapeutique que Sur les Docks accompagne est la cinquième du genre, inspirée d’un modèle canadien elle a été élaborée dans le service du Docteur Bodon Bruzel. Le premier volet concerne sous le titre « connais toi, toi même » les trois premiers mois de cette session.

Avec : Magali Bodon-Bruzel , psychiatre ;Florent Gatherias , psychologue ;Isabelle , Gwenaëlle , Brigitte , Nadia , infirmières ;Brigitte Guédon , psychiatre, psychanalyste ;Bruno Hauron , Directeur du centre pénitentiaire de Fresnes;Ronan Melcus , surveillant, gradé responsable de l’UPH,et les patients. En lien avec l’administration pénitentiaire et l’hôpital Paul Guiraud

production : Irène Omélianenko réalisation : François Teste

Unité de prise en charge des auteurs d’infractions sexuelles à Fresnes, EPISODE 2 (FRANCE CULTURE, Emission SUR LES DOCKS 12/08/11)

« Je souhaiterais avoir votre accord pour subir une ablation des testicules par chirurgie. Je sais que cela se fait au Canada et c’est sans appel. De toute façon, à mon âge actuel (63 ans) je n’en souffrirai pas et cela empêchera mes tendances envers les enfants ».En 2009 cette lettre à Nicolas Sarkozy était signé Francis Evrard, condamné à 18 ans pour le viol de deux petits garçons puis récidiviste. Au Canada à l’institut Philippe Pinel dans la région de Montréal existe depuis 1979 une autre façon de concevoir la prévention de la récidive et c’est sur ce modèle que travaille depuis trois ans à la maison d’arrêt de Fresnes l’équipe du Docteur Magali Bodon-Bruzel. Durant six mois un soin est proposé à ceux qu’on appelle les infracteurs sexuels qu’ils soient agresseurs d’adultes ou de mineurs. Nous avons suivi cette expérience et après une phase de travail sur soi les détenus s’engagent trois mois plus tard sur la prévention de la récidive proprement dite.

Avec : Magali Bodon-Bruzel , psychiatre ;Florent Gatherias , psychiatre ;Isabelle , Gwenaëlle , Brigitte , infirmières ;Brigitte Guédon , psychiatre, psychanalyste ;Bruno Hauron , directeur du centre pénitentiaire de Fresnes ;Ronan Melcus , surveillant, gradé responsable de l’UPH,et les patients.En lien avec les autorisations de l’administration pénitentiaire et l’hôpital Paul Guiraud

production : Irène Omélianenko réalisation : François Teste

Handboook of sex offender treatment (B Schwartz, 2011)

« Travaillant dans le domaine du traitement des délinquants sexuels depuis 1971, j’ai aujourd’hui l’impression d’être tombé dans le « trou du lapin » et de voir la Reine rouge crier : « Qu’on leur foute la paix ». Les réponses contre-productives aux délinquants sexuels et au problème des agressions sexuelles n’ont-elles pas de fin ? L’éveil des consciences sur le traumatisme des abus sexuels a été une bataille longue et difficile. Lorsque j’ai commencé à travailler dans ce domaine, on reprochait souvent aux femmes d’être victimes d’agressions sexuelles. Elles étaient sorties après 22 heures. Elles s’étaient rendues volontairement dans l’appartement d’un homme. Elles n’avaient pas fermé leur porte à clé. J’ai été appelée à Madison, dans le Wisconsin, pour suivre une formation après qu’un juge eut blâmé une victime d’un viol violent parce qu’elle portait un short. Le traumatisme du viol a commencé à être reconnu au début des années 1970, bien que certains membres du Mouvement des femmes aient exagéré la situation, comme Susan Brownmiller (1975), qui a proposé dans son best-seller que tous les hommes sont des violeurs. Plus tard, le public a pris conscience des effets à vie des abus sexuels sur les enfants. Pendant une brève période, à la fin des années 1980, la question des abus sexuels a fait l’objet d’une approche équilibrée. Toute l’histoire de la réaction du public aux abus sexuels est marquée par des affaires sensationnelles qui ont fait date. Jack l’Éventreur a attiré l’attention sur le sort des femmes pauvres contraintes de se prostituer en raison de leur situation désespérée et a peut-être suscité la première peur collective d’un prédateur sexuel. Jack n’ayant jamais été identifié, nous ne saurons jamais quelle aurait été la réaction des pouvoirs publics. Les poursuites engagées contre Albert Fish, pédophile, meurtrier d’enfants et cannibale, ont stimulé le lancement de l’internement civil des « psychopathes sexuels », qui a débuté dans les années 1930 mais s’était largement éteint dans les années 1980. En 1990, Earl Shriner a castré un jeune garçon et les citoyens de l’État de Washington ont littéralement marché jusqu’à la législature de l’État en insistant pour que le gouvernement adopte des lois qui les protègent. La réponse a été de ressusciter l’engagement civil et de mettre en place une notification publique. D’autres crimes horribles commis contre des victimes, tels qu’Adam Walsh, Megan Kanka et Jacob Wetterling, ont donné lieu à des initiatives législatives qui ont abouti à l’établissement de registres des délinquants sexuels, à l’internement civil et à des restrictions en matière de résidence. Des États ont tenté d’imposer la castration chimique et la peine de mort. Le Congrès américain examine actuellement un projet de loi qui empêcherait les délinquants sexuels de percevoir des indemnités de chômage et des prêts aux petites entreprises. En 2006, le Congrès a adopté la loi SORNA (Sex Offender and Notification Act), communément appelée loi Adam Walsh, qui prévoit la création d’un registre fédéral des délinquants sexuels et, entre autres, l’inscription à vie des enfants de plus de 13 ans dans un registre. Cette loi a été adoptée avec une seule voix dissidente dans les deux chambres. En mai 2010, seuls l’Ohio, la Floride et le Delaware s’étaient conformés à la loi, mais la Cour suprême de l’Ohio a estimé que certaines parties de la loi violaient la séparation des pouvoirs. Cependant, un examen des registres des délinquants sexuels des États révèle qu’un homme adulte sur 220 aux États-Unis est un délinquant sexuel enregistré. Ce chiffre ne tient pas compte des mineurs de 11 ans qui sont inscrits dans les registres de trente-deux États (Burns, 2008). La définition de l’agression sexuelle s’est élargie au cours des dernières décennies. Dans certains cas, cette extension est pleinement justifiée, comme dans les cas de viols conjugaux et d’agressions sexuelles commises par des membres du clergé ou des thérapeutes à l’encontre d’adultes. Toutefois, dans de nombreux cas, elle est devenue ridicule. Charbel Hamaty a été condamné en 2005 en Caroline du Nord lorsque sa femme l’a photographié en train d’embrasser leur bébé nu sur le nombril. Il a purgé six mois de prison et sa femme a été arrêtée et privée de contact avec leurs enfants pendant plusieurs mois. En 2003, Jacqueline Mercado et son petit ami ont été arrêtés pour crime à cause d’une photo d’elle en train d’allaiter son enfant. Il y a eu de nombreux cas de personnes arrêtées et sanctionnées pour avoir possédé des photos de leurs enfants nus. Dans la plupart des cas, il s’agissait d’employés de pharmacie qui développaient des photos de famille et qui dénonçaient ces personnes aux autorités. Avec la prolifération d’Internet, une toute nouvelle catégorie de délinquants sexuels est apparue. Dans certains cas, ces individus étaient effectivement des pédophiles qui tentaient d’attirer des enfants dans leurs filets. Cependant, la recherche suggère qu’une proportion significative des individus accusés d’avoir accédé à de la pornographie enfantine sur Internet ou d’avoir eu des relations sexuelles avec des mineurs (souvent des policiers se faisant passer pour des mineurs) sont moins déviants ou dangereux que le pédophile traditionnel. Cependant, la possession de matériel pédopornographique est passible de peines extrêmement sévères. En fonction de l’âge de l’enfant représenté et du degré de pénétration ou de violence, les lignes directrices fédérales en matière de condamnation prévoient une peine de dix à trente ans.

Par exemple, Roland Guerra a été condamné pour avoir discuté de matériel sexuellement explicite avec un policier qui se faisait passer pour une jeune fille de 13 ans. Il a été condamné à la prison à vie. Morton Berger a utilisé son ordinateur pour regarder dix représentations de pornographie enfantine. Il a été condamné à une peine de 200 ans. En comparaison, les lignes directrices fédérales en matière de condamnation recommandent une peine de trois ans si un individu attaque un enfant avec une batte de base-ball et lui brise le bras, ou de quatre ans s’il lui perfore un poumon. Si l’agresseur s’en prend à un enfant et que celui-ci en meurt, la peine recommandée est de quatre ans. Si les peines sont de plus en plus longues, les sanctions après la libération sont de plus en plus sévères. Outre l’utilisation de registres des délinquants sexuels, de nombreuses communautés ont adopté des restrictions de résidence pour les délinquants sexuels. Dans certains États, ces restrictions vont jusqu’à empêcher ces personnes de vivre à moins de 2 500 pieds d’un arrêt de bus. Cela exclut 99,6 % de toutes les résidences (Levinson, 2007). La presse s’est intéressée à la situation à Miami où des délinquants sexuels, hommes et femmes, ont été contraints de vivre sous un pont, car c’était le seul endroit où un délinquant sexuel pouvait légalement résider. Heureusement, dans ce cas, l’attention des médias a contraint la ville à modifier sa politique. Toutefois, il reste extrêmement difficile pour cette population de trouver un logement approprié. Des études sur les conséquences des restrictions imposées par la Floride ont montré que la moitié des délinquants sexuels ne pouvaient pas vivre avec leur famille, que 39 % d’entre eux étaient sans abri et que 22 % avaient été contraints de déménager au moins deux fois. Cette politique encourage les délinquants à se cacher et va donc à l’encontre de la fonction des registres. En outre, les délinquants sexuels ont été contraints de se loger loin de tout emploi, de tout moyen de transport ou de toute thérapie. Des études menées au Colorado et au Minnesota ont également montré que les restrictions de résidence ne permettaient pas de prévenir les agressions sexuelles d’enfants, qui se produisent le plus souvent dans leur propre maison ou dans celle d’amis ou de parents (Levinson, 2007). Qu’est-ce qui fonctionne ? L’objectif de ces politiques publiques est-il de prévenir les abus sexuels ou de punir des individus qui sont devenus les parias de cette société ? Si nous voulons réellement décourager les délinquants sexuels de récidiver, la recherche indique que nous devons encourager les systèmes de soutien positifs (Colorado Department of Public Safety, 2004 ; Kruttschmidt, Uggen, & Shelton, 2000), l’emploi (Kruttschmiidt, Uggen, & Shelton, 2000 ; Uggen, Manza, & Behens, 2004), et la propriété (Uggen et al., 2004). Bon nombre des politiques publiques actuelles se sont révélées très coûteuses et inefficaces pour prévenir les agressions sexuelles. En outre, elles interfèrent avec les facteurs mêmes dont il a été démontré qu’ils réduisaient la récidive. Cependant, aucun politicien ne veut être celui qui propose une législation qui abrogerait ces politiques. Une suggestion simple pour permettre de réévaluer une législation qui pourrait s’avérer inefficace ou destructrice est d’inclure une clause de caducité qui exigerait le renouvellement de certains projets de loi seulement après une évaluation de leur efficacité. Alors que les politiques publiques, encouragées par une couverture incendiaire de l’ensemble de la question des abus sexuels, visent à empêcher les délinquants sexuels d’obtenir un emploi, un soutien social, un logement et/ou un traitement, les approches thérapeutiques actuelles, telles que le modèle « Good Lives », sont fondées sur l’aide apportée aux délinquants pour qu’ils puissent répondre à ces mêmes besoins. Si des individus qui ont trouvé des moyens inappropriés de satisfaire leurs besoins humains fondamentaux avant de commettre une agression sexuelle ne peuvent pas satisfaire leurs besoins après avoir commis une infraction, ne s’agit-il pas d’une situation propice à la récidive ? Si je me suis laissé aller à ces élucubrations, c’est pour replacer dans leur contexte les défis auxquels sont confrontés ceux qui travaillent à la prévention des agressions sexuelles et leurs clients. Cet ouvrage rassemble des idées fondamentales issues de divers domaines de la gestion des délinquants sexuels, notamment de théoriciens, de thérapeutes, d’agents de probation, de polygraphes et de juristes. Tous les travaux ont été entièrement mis à jour et rassemblés dans un produit facilement accessible. Ces chapitres ne représentent pas une approche cohérente du traitement. Au contraire, les auteurs présentent une variété d’idées et de techniques. Le lecteur peut analyser les recherches qui soutiennent ou non certaines méthodes ou théories. Je voudrais mettre en garde contre la popularité actuelle du concept d’approches « fondées sur des preuves », qui menace de décourager l’expérimentation même sur laquelle des traitements efficaces ont été mis au point. Les pratiques fondées sur des données probantes ont vu le jour en médecine physique, où ce qui était efficace pouvait être clairement documenté. On peut s’accorder sur le fait qu’un patient souffrant d’appendicite doit être opéré et non traité à l’aspirine. Le type de recherche qui permet de développer des pratiques fondées sur des preuves en médecine est très différent de celui qui peut être réalisé dans le domaine de la santé mentale, en particulier dans un domaine comme le traitement des délinquants sexuels, où les enjeux sont très importants.

Nous sommes rarement en mesure d’établir l’efficacité d’un traitement en refusant de traiter des personnes sélectionnées au hasard, qui risquent alors davantage de récidiver. Il est très difficile, à une époque où les budgets sont de plus en plus réduits, de mettre en place des programmes identiques utilisant des méthodes différentes afin de déterminer laquelle est la plus efficace. Bien que j’utilise des techniques cognitivo-comportementales dans les programmes que j’ai dirigés, je reconnais qu’il existe peu de recherches concrètes démontrant leur supériorité par rapport à d’autres méthodes, que ce soit pour les adultes ou les mineurs ayant des comportements sexuels inappropriés. En outre, les programmes de traitement « cognitivo-comportemental » sont rarement identiques et il n’y a pas d’accord sur la définition de ce terme. Par conséquent, en examinant les différentes approches décrites ici, le lecteur est invité à garder l’esprit ouvert et à être prêt à élargir son répertoire plutôt que d’attendre que des recherches soient effectuées, ce qui ne sera peut-être jamais le cas. En outre, le lecteur est averti que de nombreux programmes d’études préemballés sont commercialisés comme étant « fondés sur des données probantes ». Or, ces programmes sont souvent fondés sur des recherches très limitées. En conclusion, je tiens à remercier les rédacteurs et les éditeurs de l’Institut de recherche civique qui ont imaginé ce travail et les nombreux auteurs qui ont accepté de mettre à jour leurs ouvrages. Dans l’idéal, ces informations seront utiles à mes collègues qui poursuivent l’objectif de :

NO MORE VICTIMS

Barbara Schwartz Août 2010

https://www.civicresearchinstitute.com/toc/HSOTTOC.pdf

Si le lien est brisé: HSOTTOC

 

Questionnaire GLM:  « Objectifs d’évolution et de développement professionnels »

Comment, dans une perspective GLM, travailler à fixer des objectifs avec la personne? Un exemple d’outil est ce très motivationnel questionnaire « Objectifs d’évolution et de développement professionnels »

Ce questionnaire a pour but de vous aider à réfléchir à divers aspects de vous-même, de vos relations avec les autres et de vos compétences dans les situations de groupe. Il vous donne l’occasion de fixer vos propres objectifs de développement. Les étapes de son utilisation sont les suivantes

  1. Lisez la liste des activités et décidez de celles que vous faites bien, de celles que vous devriez faire davantage, celles que vous devriez faire moins. Cochez chaque élément.
  2. Certains objectifs qui ne figurent pas dans la liste peuvent être plus importants pour vous que ceux qui y figurent. Inscrivez ces objectifs sur les lignes vierges.

 

Compétences en communication Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Dire aux autres ce que je pense      
2. Me faire comprendre      
3. Comprendre les autres      
4. Encourager les autres      
5. Écouter attentivement      
6. Demander des idées/opinions      
Expression émotionnelle Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Dire aux autres ce que je ressens      
2. Cacher mes émotions      
3. Être en désaccord ouvertement      
4. Exprimer des sentiments chaleureux      
5. Exprimer sa gratitude      
6. Exprimer sa colère      
Capacité à faire face à des situations émotionnelles et à les accepter Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Être capable de faire face aux conflits, à la colère      
2. Pouvoir faire face à la proximité, à l’affection      
3. Pouvoir faire face à la déception      
4. Pouvoir supporter le silence      
5. Supporter la tension      
Relations sociales Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Compétition pour surpasser les autres      
2. Agir de manière dominante envers les autres      
3. Faire confiance aux autres      
4. Se montrer serviable      
5. Être protecteur      
6. Attirer l’attention sur soi      
7. Être capable de se défendre      
Généralités Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Comprendre pourquoi je fais ce que je fais (insight)      
2. Commentaires encourageants sur mon propre comportement (feedback)      
3. Accepter volontiers de l’aide      
4. Prendre des décisions avec fermeté      
5. Se critiquer soi-même      
6. S’isoler pour lire ou réfléchir      

Objectifs d’évolution et de développement professionnels

Source: Jeffrey Abracen, Ph.D., C.Psych. & Jan Looman, Ph.D., C.Psych. (2016) Treatment of HighRisk Sexual Offenders, An Integrated Approach

Description
« Treatment of High-Risk Sexual Offenders aborde des stratégies de gestion concrètes, depuis l’admission initiale jusqu’aux programmes de traitement communautaire, et décrit un programme détaillé pour les délinquants à haut risque qui a été développé, testé et affiné pendant plus de 15 ans.
Fournit un examen approfondi de la théorie et de la recherche contemporaines relatives aux populations complexes et difficiles, et les traduit en un système complet d’évaluation et de traitement pour les délinquants sexuels à haut risque.
Offre une couverture détaillée des exigences en matière de cadre et de personnel, de l’importance de l’alliance thérapeutique et de la manière d’équilibrer la thérapie individuelle avec les composantes de groupe afin de développer les compétences sociales et d’autogestion.
S’appuie sur le principe des soins intégratifs, en s’inspirant du modèle Risque-Besoin-Réceptivité (RBR) établi pour l’évaluation et la réadaptation des délinquants, mais en y ajoutant de nouveaux éléments de TCC et d’entretien motivationnel.
comprend une batterie complète d’évaluations et des stratégies de gestion des maladies mentales graves et de la comorbidité.