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Questionnaire GLM:  « Objectifs d’évolution et de développement professionnels »

Comment, dans une perspective GLM, travailler à fixer des objectifs avec la personne? Un exemple d’outil est ce très motivationnel questionnaire « Objectifs d’évolution et de développement professionnels »

Ce questionnaire a pour but de vous aider à réfléchir à divers aspects de vous-même, de vos relations avec les autres et de vos compétences dans les situations de groupe. Il vous donne l’occasion de fixer vos propres objectifs de développement. Les étapes de son utilisation sont les suivantes

  1. Lisez la liste des activités et décidez de celles que vous faites bien, de celles que vous devriez faire davantage, celles que vous devriez faire moins. Cochez chaque élément.
  2. Certains objectifs qui ne figurent pas dans la liste peuvent être plus importants pour vous que ceux qui y figurent. Inscrivez ces objectifs sur les lignes vierges.

 

Compétences en communication Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Dire aux autres ce que je pense      
2. Me faire comprendre      
3. Comprendre les autres      
4. Encourager les autres      
5. Écouter attentivement      
6. Demander des idées/opinions      
Expression émotionnelle Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Dire aux autres ce que je ressens      
2. Cacher mes émotions      
3. Être en désaccord ouvertement      
4. Exprimer des sentiments chaleureux      
5. Exprimer sa gratitude      
6. Exprimer sa colère      
Capacité à faire face à des situations émotionnelles et à les accepter Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Être capable de faire face aux conflits, à la colère      
2. Pouvoir faire face à la proximité, à l’affection      
3. Pouvoir faire face à la déception      
4. Pouvoir supporter le silence      
5. Supporter la tension      
Relations sociales Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Compétition pour surpasser les autres      
2. Agir de manière dominante envers les autres      
3. Faire confiance aux autres      
4. Se montrer serviable      
5. Être protecteur      
6. Attirer l’attention sur soi      
7. Être capable de se défendre      
Généralités Tout va bien Besoin d’en faire plus Besoin d’en faire moins
1. Comprendre pourquoi je fais ce que je fais (insight)      
2. Commentaires encourageants sur mon propre comportement (feedback)      
3. Accepter volontiers de l’aide      
4. Prendre des décisions avec fermeté      
5. Se critiquer soi-même      
6. S’isoler pour lire ou réfléchir      

Objectifs d’évolution et de développement professionnels

Source: Jeffrey Abracen, Ph.D., C.Psych. & Jan Looman, Ph.D., C.Psych. (2016) Treatment of HighRisk Sexual Offenders, An Integrated Approach

Description
« Treatment of High-Risk Sexual Offenders aborde des stratégies de gestion concrètes, depuis l’admission initiale jusqu’aux programmes de traitement communautaire, et décrit un programme détaillé pour les délinquants à haut risque qui a été développé, testé et affiné pendant plus de 15 ans.
Fournit un examen approfondi de la théorie et de la recherche contemporaines relatives aux populations complexes et difficiles, et les traduit en un système complet d’évaluation et de traitement pour les délinquants sexuels à haut risque.
Offre une couverture détaillée des exigences en matière de cadre et de personnel, de l’importance de l’alliance thérapeutique et de la manière d’équilibrer la thérapie individuelle avec les composantes de groupe afin de développer les compétences sociales et d’autogestion.
S’appuie sur le principe des soins intégratifs, en s’inspirant du modèle Risque-Besoin-Réceptivité (RBR) établi pour l’évaluation et la réadaptation des délinquants, mais en y ajoutant de nouveaux éléments de TCC et d’entretien motivationnel.
comprend une batterie complète d’évaluations et des stratégies de gestion des maladies mentales graves et de la comorbidité.

Extrait:

« Le GLM a été développé et perfectionné par Ward et ses collègues (Laws & Ward, 2011 ; Ward, 2002 ; Ward & Gannon, 2006 ; Ward & Maruna, 2007 ; Ward, Yates, & Long, 2006 ; Yates, sous presse ; Yates, Prescott, & Ward, 2010) et représente une théorie de réadaptation basée sur les forces qui vise à doter les clients de ressources internes et externes pour vivre une bonne ou une meilleure vie – une vie socialement acceptable et personnellement significative. Les besoins criminogènes (c’est-à-dire les facteurs de risque dynamiques) sont conceptualisés comme des obstacles internes ou externes à une bonne vie, et sont donc traités dans le cadre plus large de l’approche fondée sur les forces.
S’appuyant sur des recherches psychologiques, sociales, biologiques et anthropologiques, le GLM postule que, comme tous les êtres humains, les personnes ayant des antécédents de délinquance sont orientées vers un but et sont prédisposées à rechercher un certain nombre de biens humains primaires. Les biens primaires sont des états d’esprit, des caractéristiques personnelles ou des expériences qui sont intrinsèquement bénéfiques et recherchés pour eux-mêmes. En substance, ils représentent les valeurs fondamentales et les priorités de vie d’un individu. Ward et ses collègues ont proposé 11 catégories de biens primaires : (a) la vie (y compris une vie et un fonctionnement sains), (b) la connaissance, (c) l’excellence dans le jeu, (d) l’excellence dans le travail (y compris les expériences de maîtrise), (e) l’excellence dans l’action (c’est-à-dire l’autonomie et l’autodirection), (f) la paix intérieure (c’est-à-dire l’absence de troubles émotionnels et de stress), (g) l’amitié (y compris les relations intimes, amoureuses et familiales), (h) la communauté, (i) la spiritualité (au sens large de la recherche d’un sens et d’un objectif dans la vie), (j) le bonheur et (k) la créativité (par exemple, Ward et Gannon, 2006). Bien que l’on suppose que les humains recherchent tous les biens primaires dans une certaine mesure, la pondération ou les priorités accordées à des biens primaires spécifiques reflètent les valeurs et les priorités de vie particulières d’un individu. En un sens, les biens primaires donnent aux individus le sentiment de leur identité et de ce qui vaut vraiment la peine d’être acquis dans la vie. Les biens instrumentaux ou secondaires fournissent des moyens concrets d’obtenir les biens primaires et prennent la forme d’objectifs d’approche. Une façon utile de comprendre la relation entre les biens primaires et secondaires est de considérer ces derniers comme composés des rôles, pratiques et actions spécifiques qui fournissent des voies d’accès aux biens primaires. Par exemple, le bien primaire de la relation peut être satisfait en passant du temps avec les amis et la famille, en rencontrant de nouvelles personnes ou en étant dans une relation intime. Le bien primaire de l’excellence dans le jeu peut être atteint par la pratique d’un sport ou d’autres passe-temps. Il est important que les biens secondaires appropriés représentent des moyens socialement acceptables de garantir les biens primaires, de sorte qu’ils soient incompatibles avec la délinquance. Il est important de comprendre que les besoins criminogènes et non criminogènes exercent toujours leur influence sur, ou à travers, les biens secondaires, par exemple, s’appuyer sur des pairs antisociaux pour obtenir le bien de la parenté ou utiliser des drogues pour soulager des humeurs négatives.
Le GLM part du principe que tous les humains façonnent leur vie autour de leurs valeurs fondamentales et suivent une sorte de plan de vie (souvent implicite), aussi rudimentaire soit-il. Selon le GLM, la délinquance résulte de failles dans le plan de vie d’un individu et est liée directement et/ou indirectement à la poursuite de biens primaires (Ward et al., 2006 ; Ward & Gannon, 2006 ; Ward & Maruna, 2007). La voie directe est évidente lorsque le(s) bien(s) primaire(s) est(sont) explicitement recherché(s) par des actions liées à l’infraction. L’un des principaux défauts de la voie directe est l’utilisation de biens secondaires inappropriés (c’est-à-dire les moyens) pour atteindre les biens primaires. Par exemple, un individu qui n’a pas les compétences nécessaires pour satisfaire le bien que constitue l’intimité avec un adulte pourrait tenter de satisfaire ce bien en commettant un délit sexuel contre un enfant. Pour renforcer le point ci-dessus concernant le lien entre les biens secondaires et les besoins criminogènes, dans cet exemple, le besoin criminogène de déficit d’intimité est associé au bien secondaire que constitue la recherche d’intimité par le biais de relations sexuelles avec un enfant. La voie indirecte est impliquée lorsqu’un individu n’a pas l’intention de commettre un délit, mais a des problèmes dans la poursuite d’autres biens qui finissent par aboutir à un délit. Ces problèmes peuvent inclure un manque d’envergure, en ce sens qu’un certain nombre de biens sont omis d’un bon plan de vie, un conflit et/ou un manque de cohérence dans les biens secondaires (c’est-à-dire les moyens) utilisés pour obtenir les biens primaires, et un manque de capacités internes et externes pour satisfaire les biens primaires dans l’environnement où vit un individu. Prenons l’exemple d’un individu qui donne la priorité aux biens primaires que sont la relation (plus précisément, une relation intime avec son partenaire) et l’excellence dans le travail.
L’augmentation du nombre d’heures de travail pourrait éventuellement entraîner une rupture de sa relation intime (c’est-à-dire un conflit évident dans les moyens utilisés pour obtenir les biens primaires). La consommation d’alcool pour faire face à l’agitation émotionnelle entourant la fin potentielle de sa relation (c.-à-d., problèmes de capacité interne) pourrait entraîner une perte de contrôle dans certaines situations et aboutir à un délit. Ainsi, même si l’individu n’avait pas initialement l’intention de commettre une infraction, plusieurs problèmes étaient évidents dans sa poursuite de l’excellence au travail et dans ses relations, ce qui a finalement abouti à une infraction.
Dans les exemples directs et indirects fournis ci-dessus, les problèmes liés aux capacités internes étaient évidents, et nombre d’entre eux reflètent des besoins criminogènes ou des facteurs de risque dynamiques. Les capacités internes comprennent les connaissances et les compétences, tandis que les capacités externes comprennent les opportunités, les ressources et les soutiens environnementaux. Ainsi, les besoins criminogènes sont conceptualisés dans le GLM comme des obstacles bloquant la réalisation des biens. Par exemple, l’orientation antisociale, un facteur de risque dynamique de récidive générale, violente et sexuelle (p. ex., Andrews et Bonta, 2010 ; Hanson et Morton-Bourgon, 2005), pourrait représenter un obstacle à la réalisation du bien primaire qu’est l’autonomie par des peines d’incarcération fréquentes. De même, une mauvaise régulation émotionnelle – qui constitue un facteur de risque dynamique pour tous les types de récidive (Bonta & Andrews, 2010) – pourrait bloquer l’atteinte de la paix intérieure. Nous avons toujours été explicites sur le fait que les interventions doivent cibler ces facteurs. Bien que le RNR se concentre uniquement sur la réduction des risques, le GLM inclut à la fois la réduction des risques et la promotion des biens. Nous nous étendrons sur ce point plus tard.
Si l’on considère les implications cliniques du GLM, en plus d’une évaluation complète des facteurs de risque statiques et dynamiques, une tâche clé de l’évaluation consiste à dresser la carte de la conceptualisation des bonnes vies d’un individu en identifiant les pondérations accordées aux différents biens primaires. Pour ce faire, il faut (a) poser des questions de plus en plus détaillées sur les engagements fondamentaux du délinquant dans la vie et sur les activités et expériences quotidiennes qu’il apprécie, et (b) identifier les objectifs et les valeurs sous-jacentes qui se sont manifestés (directement ou indirectement) dans les actions du délinquant liées à l’infraction. Nous avons développé des moyens structurés (voir Yates, Kingston, & Ward, 2009) d’évaluer la recherche de biens par les délinquants et leurs problèmes constitutifs (défauts des plans GL), dont les recherches initiales sont prometteuses en termes de propriétés psychométriques (fiabilité et validité constructrice et discriminante ; voir Kingston, Yates, Simons, & Tyler, 2010 ; Yates, Simons, Kingston, & Tyler, 2009). Nous recommandons également l’utilisation de mesures conçues pour évaluer les objectifs et les valeurs personnels, comme le Personal Concerns Inventory (Sellen, McMurran, Cox, Theodosi, & Klinger, 2006), ainsi que d’autres facteurs influençant un délinquant individuel, comme les problèmes de santé mentale (Ward et al., 2006 ; Yates et al., 2010). La critique d’Andrews et al. selon laquelle le GLM encourage les approches d’évaluation faibles et un retour au jugement professionnel non structuré est tout simplement incorrecte. Nous sommes, nous aussi, conscients de l’importance de l’évaluation pour le traitement, l’intervention et la supervision. C’est pourquoi, dans la formulation et l’opérationnalisation du GLM dans la pratique, nous avons toujours inclus une évaluation multidimensionnelle et complète (par exemple, Ward et al., 2006, Yates et al., 2010).
Une fois que la conceptualisation d’une personne de ce qui constitue une bonne vie est comprise, les biens secondaires orientés vers l’avenir visant à satisfaire les biens primaires de manière socialement acceptable sont formulés en collaboration avec le client et traduits en un plan de traitement ou d’intervention pour une bonne vie (GL). Ce plan intégré est élaboré en collaboration et comprend tous les éléments nécessaires aux interventions auprès du délinquant, plutôt que d’être uniquement un plan prescrit fondé sur le risque et élaboré par un évaluateur, un fournisseur de traitement ou un agent de supervision (Yates et al., 2010). Les interventions ne visent pas seulement à gérer le risque de manière spécifique, elles visent également à ajouter au répertoire de fonctionnement d’un client en renforçant sa capacité à atteindre des biens valorisés de manière socialement acceptable et légale. Par conséquent, comme indiqué ci-dessus, les cibles traditionnelles du traitement (c’est-à-dire les besoins criminogènes) sont conceptualisées dans les plans de traitement des GL comme des obstacles à la réalisation des biens et ciblées dans le cadre plus large de la réalisation des biens, plutôt que comme des circonstances, des problèmes ou des modes de pensée que les individus doivent éviter ou surmonter ».

The_Good_Lives_Model_and_the_Risk_Need_Responsivity_Model_A_Critical_Response_to_Andrews_Bonta_and_Wormith_2011

Evidence‐Based Practices in the Criminal Justice System

Prepared by the NIC Information Center
Date created January 2013, Updated August 2017

What Is the Evidence? Evidence‐based policy and practice is focused on reducing offender risk,
which in turn reduces new crime and improves public safety. Of the many available approaches to
community supervision, a few core principles stand out as proven risk reduction strategies. Though
not all of the principles are supported by the same weight of evidence, each has been proven to
influence positive behavior change. To organize the research, these core principles have been
compiled… into the 8 Principles of evidence‐based practice in corrections (Clawson & Guevara,
2010).

This bibliography is not a complete list of “EBP” citations, but a mere selection based on questions
we receive at the Information Center. Please feel free and even inclined to contact us with additions
to this bibliography, as we plan to continuously update it:  support@nicic.gov

https://s3.amazonaws.com/static.nicic.gov/Library/026917.pdf

https://nicic.gov/evidence-based-practices-criminal-justice-system-annotated-bibliography

Quand la justice restaurative rencontre le Good Lives Model (GLM) de réhabilitation des délinquants sexuels : fondements, articulations et applications

Geneviève Coco, Psychologue, Université de Liège, Service de Psychologie Clinique

Serge Corneille, Psychologue, Université de Liège, Service de Psychologie Clinique

Psychiatrie et violence, Volume 9, numéro 1, 2009; Éditeurs : Institut Philippe-Pinel de Montréal et Service de Médecine et de Psychiatrie Pénitentiaires du Département de psychiatrie du CHUV (Suisse)

Les modèles pénologiques1

Comparatif Risk-Need-Responsivity Model et Good Lives Model

Résumé

À partir de la littérature scientifique et de leur pratique clinique, les auteurs discutent les modèles pénologiques et d’intervention psychologique destinée aux délinquants sexuels. Une première partie du propos présente le modèle de justice réparatrice et/ou restaurative à la lumière des modèles pénologiques qui l’ont précédé. Une seconde partie est consacrée au Good Lives Model, le modèle d’intervention psychologique le plus récent. Dans une troisième partie, les auteurs détaillent les liens unissant le modèle de justice réparatrice et/ou restaurative au Good Lives Model et exposent, dans une quatrième partie, diverses applications de ces modèles dans le champ de la délinquance sexuelle. Enfin, l’humanisme véhiculé par ces nouveaux modèles est valorisé dans une brève conclusion.

Mots-clés : délinquance sexuelle, intervention psychologique, Good Lives Model, justice restaurative

Conclusions

L’objectif de cet article était d’établir des parallèles entre les différents contextes pénologiques et les différents modèles d’intervention psychologique destinée aux délinquants sexuels. Ces parallèles permettent de dépasser les incessants débats des écoles psychologiques pour souligner l’adéquation de chacune d’entre elles au contexte pénologique dans lequel elle prend place.

Il paraît évident que l’apport du Good Lives Model est principalement constitué par la systématisation et l’opérationnalisation d’un certain nombre de concepts hérités de la psychologie humaniste. Certes, cette tentative de structuration peut apparaître quelque peu naïve et caricaturale mais elle a le mérite d’exister et surtout d’apporter à de nombreuses pratiques cliniques déjà existantes un crédit de plus en plus important en regard des standards internationaux en matière d’intervention psychologique destinée aux délinquants sexuels. En cela, on ne peut que se réjouir du réveil d’une psychologie renouant avec ses fondements historiques : la philosophie, la sociologie et l’anthropologie ; et participant à la revalorisation des concepts tels que la dignité et les droits humains.

Enfin, si le propos de cet article était centré sur la délinquance sexuelle, il va de soi qu’il serait susceptible d’être appliqué à d’autres domaines d’intervention car fondamentalement, il réactive une vision selon laquelle un intervenant n’est pas en droit de désespérer totalement de l’être humain :

[…] la faim et le froid ne figurent pas dans la gamme des peines prévues par la justice des hommes, pour la même raison qui veut que la torture et les mauvais traitements n’y figurent pas ; et un jugement moral qui condamnerait les accusés à une existence inhumaine (c’est-à-dire à une existence qui rabaisserait la valeur humaine des condamnés au lieu de la relever, ce qui – n’est-il pas vrai – doit être le but inavoué de ladite justice) saperait lui-même ses propres bases.

Dagerman, 1947

Stig Dagerman n’était pas un psychologue anglo-saxon partisan du Good Lives Model, il était journaliste, anarchiste et suédois, et toujours au côté de l’homme seul, c’est la visite de l’Allemagne exsangue en automne 1946 qui lui inspira ce commentaire…

https://www.erudit.org/revue/pv/2009/v9/n1/038864ar.html?vue=integral