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Programme d’intervention en cas de comportement sexuellement préjudiciable (SHBIP)

Le département de la justice pour mineurs de Géorgie propose aux jeunes le programme d’intervention en cas de comportement sexuellement préjudiciable (SHBIP). Ce programme s’adresse aux jeunes qui ont été accusés d’un délit sexuel ou qui ont fait l’objet d’une évaluation psychosexuelle recommandant cette intervention.

Le programme d’intervention en cas de comportement sexuellement préjudiciable utilise le modèle de prévention des rechutes ainsi que des interventions cognitivo-comportementales. Ces modalités ont été validées dans la littérature professionnelle comme étant les plus efficaces auprès de cette population. Les analyses effectuées jusqu’à présent indiquent que les méthodes cognitivo-comportementales et communautaires sont les plus efficaces pour réduire la probabilité d’une future agression sexuelle. En outre, la thérapie de groupe s’est avérée la plus efficace pour traiter les adolescents ayant un comportement sexuel inapproprié.

Le SHBIP est proposé dans tous les centres de développement de la jeunesse (YDC) de Géorgie après que les jeunes ont été jugés. Les jeunes sont évalués au cours des premières phases du traitement à l’aide d’un examen de leur histoire psychosociale, des facteurs statiques et dynamiques afin d’évaluer le risque et l’infraction réelle. Pendant la phase active du traitement, les jeunes bénéficient d’une intervention de groupe deux fois par semaine et d’une intervention individuelle au moins deux fois par mois. Des évaluations trimestrielles sont effectuées, ainsi que des séances de thérapie familiale (mensuelles) pour planifier la transition vers la communauté. La durée du programme est généralement de 12 mois, en fonction des progrès réalisés.

Le traitement des agressions sexuelles doit impliquer les membres de la famille dans la mesure du possible. Après tout, un élément essentiel est le développement de compétences transférables que l’adolescent peut mettre en pratique à la maison et dans la communauté.

Stades de traitement des comportements sexuels préjudiciables:
La durée de la participation active d’un jeune au programme dépend de la réalisation des objectifs identifiés pour chacune des quatre étapes :

  • Étape 1 – Reconnaître : Début du processus d’acceptation de la responsabilité des actions individuelles et de l’adoption d’un comportement responsable au sein du groupe.
  • Étape 2 – Apprendre : Remise en question des erreurs de raisonnement ou des excuses qui ont permis au jeune de commencer et de poursuivre des comportements sexuellement agressifs, et début du processus de développement de l’empathie à l’égard des victimes.
  • Étape 3 – Pratiquer : Le jeune commence à développer des exutoires sains et des moyens plus pro-sociaux pour faire face aux situations à haut risque identifiées.
  • Étape 4 – Planification : Le jeune comprend comment ses pensées, ses sentiments et ses comportements l’amènent à commettre des infractions et élabore des stratégies pour éviter et fuir les situations à haut risque après sa libération.
  • Étape 5 – Responsabilisation : Le jeune continue à utiliser les compétences acquises au cours du traitement et participe à la supervision dans la communauté.

Présentatation du programme (EN): SHBIP Manual

Recommandations

Les services pénitentiaires et de probation  devraient s’assurer que pour les cas suivis en détention et dans la communauté :

  • 1. le personnel dispose d’une approche claire du travail avec les personnes condamnées pour infractions sexuelles
  • 2. des analyses nationales régulières et complètes des risques et des besoins liés à la délinquance des personnes condamnées pour des infractions sexuelles soient effectuées.
  • 3. il encourage une collaboration plus étroite entre les CRC (Community Rehabilitation Companies), le personnel pénitentiaire et le service de probation (National Probation ServiceNPS) de manière à assurer la continuité de l’aide à la réinsertion, à assurer une protection efficace du public et  la surveillance tout au long de la peine
  • 4. il prévoit des interventions fondées sur des données probantes pour les délinquants dont les besoins ne sont pas satisfaits par les programmes agréés.
  • 5. le personnel est formé pour identifier, évaluer et fournir des interventions appropriées pour gérer le risque de préjudice présenté par les personnes condamnées pour infractions sexuelles
  • 6. Les systèmes informatiques sont améliorés afin de renforcer les accords de travail conjoints et être à la disposition du personnel concerné en détention et dans la communauté.

 

Les divisions du National Probation Service (NPS) et le « HM Prison Service » (services penitentiaires) devraient :

  • 7. améliorer l’intégration des outils d’évaluation et la qualité des évaluations et des plans pour s’assurer que le public, en particulier les enfants et les victimes réelles et potentielles, soient protégées.
  • 8. veiller à ce que les personnes affectées au suivi des délinquants sexuels bénéficient d’un soutien professionnel et émotionnel approprié pour faire face à la nature complexe, souvent difficile, de leur travail.
  • 9. de veiller à ce que la définition du niveau MAPPA (Multi-agency public protection arrangements) soit cohérente, clairement communiquée à travers les autorités responsables, et qu’elle soit étayée par une évaluation solide et des examens réguliers
  • 10. de veiller à ce que des programmes accrédités soient mis en œuvre dans tous les cas appropriés
  • 11. de former le personnel à la mise en œuvre de programmes de travail individuels à l’intention des délinquants sexuels qui ne font pas l’objet d’un programme de groupe accrédité en matière de délinquance sexuelle
  • 12. de veiller à ce que tous les délinquants sexuels condamnés en détention disposent d’un responsable NPS et un superviseur des délinquants en milieu carcéral chargé activement de la gestion du cas.

L’administration pénitentiaire doit s’assurer que:

  • 13. les procédures de protection du public, y compris la surveillance des communications, sont suffisamment solides et appliquées de manière cohérente
  • 14. les prisons contribuent plus efficacement à leur rôle d’autorité responsable du MAPPA
  • 15. toutes les prisons disposent d’une stratégie active pour réduire la récidive, basée sur une analyse des besoins actuels, qui définit les mesures à prendre avec la population des délinquants sexuels condamnés.

 

Réduire la récidive
Le processus actuel d’évaluation des délinquants à l’aide d’une multitude d’outils est lourd. Dans de trop nombreux cas, le personnel n’utilise pas les outils d’évaluation suffisamment bien et de manière combinée, pour garantir une évaluation complète des risques. Les premières évaluations OASys dans la communauté étaient généralement bonnes, et les RM2000 précises. Cependant, le système de gestion active du risque pour les délinquants sexuels  (Active Risk Management System – ARMS)  étaient médiocres et informaient rarement les autres évaluations et la mise en œuvre des interventions. Cela signifie que l’évaluation globale des hommes était insuffisante dans un tiers des cas.
Les programmes agréés pour les délinquants sexuels dans la communauté sont sous-utilisés. Certains hommes  ont des difficultés à accéder aux programmes et certains besoins ne sont pas satisfaits, y compris pour les hommes souffrant de troubles de l’apprentissage. Lorsque les hommes n’ont pas l’obligation de suivre un programme accrédité, ils ont rarement été pris en compte par les responsables, même si certains individus sont aptes à les suivre.
Pour ceux qui ne participent pas à un programme, le travail individuel n’est pas suffisant. Trop de délinquants terminent leur peine sans qu’un travail suffisant n’ait été entrepris pour réduire leur risque de délinquance sexuelle. Une variété d’interventions et d’outils hérités du passé sont utilisés dans la communauté, le personnel ayant peu de connaissances ou de confiance dans l’intervention individuelle Maps for Change.
Les responsables n’examinent pas assez régulièrement le travail effectué ou les niveaux de risque.
En conséquence, des faits nouveaux importants, tels que la rencontre d’un nouveau partenaire ou le comportement en détention, n’ont pas toujours été pris en compte dans les évaluations et les plans qui en découlent.
Les délinquants sexuels ont souvent plusieurs responsables, ce qui a un impact sur leur expérience de la surveillance, à la fois en détention et dans la communauté, et sur la façon dont ils sont aidés à modifier leur comportement. En détention, certains délinquants n’avaient pas du tout d’officier responsable. »

 

Pourquoi ce thème ?
« La délinquance sexuelle est par nature un sujet émotif et complexe, dont l’impact sur les victimes peut être profond. Les médias et le public s’intéressent de plus en plus à la manière dont ces affaires sont géréesces dernières années, en partie à cause du nombre de cas très médiatisés. La dernière inspection thématique du travail avec les délinquants sexuels a été réalisée par HMI Probation en 2010, conjointement avec HMI Constabulary (HMI Probation, 2010).
Les recommandations, adressées aux secteurs de probation de l’époque, visaient notamment à s’assurer que les délinquants sexuels pouvaient accéder de manière appropriée aux programmes de traitement, améliorer l’utilisation des systèmes d’information pour soutenir le travail multi-agences, et un meilleur alignement des
des agences. En outre, un processus défendable pour la classification et la gestion des cas de niveau 1 de la MAPPA devrait être mis en place. Enfin, le rapport indique que focus doit être mis sur  le travail fourni auprès des personnes qui ne suivent pas un programme accrédité, et que le personnel travaillant avec des délinquants sexuels devrait être mieux soutenu et formé à cet effet.
Les inspections du HMI Prisons ont révélé d’importantes lacunes dans la qualité de l’évaluation et l’accès aux programmes agréés pour les délinquants sexuels. Les dispositions en matière de réinsertion et de de protection publique en prison sont variables et les niveaux MAPPA ne sont pas toujours déterminés en temps utile avant la libération. Nous avons décidé d’effectuer une inspection conjointe avec HMI Prisons afin d’évaluer la qualité des services en prison et dans la communauté.

Management-and-Supervision-of-men-convicted-of-sexual-offences-2.pdf

Résumé

1. Introduction

« Cette étude a porté sur l’élaboration de manuels de traitement des délinquants sexuels et d’une version coréenne de l’Inventaire multidimensionnel du développement, du sexe et de l’agression (MIDSA ; Knight, 2009). Elle a également tenté de suggérer comment modifier les dispositions juridiques et systémiques actuelles pour que les manuels et les outils d’évaluation développés soient mis en œuvre de manière appropriée.
Afin d’établir les grands principes et les orientations qui permettront d’améliorer et de faire progresser les programmes coréens de traitement des délinquants sexuels, nous avons passé en revue les trois principaux modèles théoriques de traitement des délinquants sexuels : Modèle de prévention des rechutes ; Modèle du risque, des besoins et de la réceptivité ; Modèle des bonnes vies (GLM). Nous avons ensuite examiné les composantes de la thérapie de groupe des délinquants sexuels, à savoir la réduction des distorsions cognitives et de l’excitation sexuelle déviante des délinquants sexuels, l’amélioration de l’empathie envers les victimes et du fonctionnement socio-affectif, ainsi que la mise en œuvre de la prévention des rechutes. En ce qui concerne les facteurs qui affectent le processus de thérapie, nous avons abordé les caractéristiques du thérapeute et du client, ainsi que le climat et l’approche thérapeutiques. Enfin, sur la base de l’examen effectué ici, nous avons déduit plusieurs principes majeurs auxquels les programmes coréens de traitement des délinquants sexuels devraient prêter attention : prendre en compte le risque et la réceptivité dans l’administration du programme de traitement des délinquants sexuels ; renforcer la motivation des délinquants sexuels à participer à la thérapie et mettre l’accent sur les forces des délinquants sexuels plutôt que sur leurs déficits.

2. La méthode

Tout d’abord, en ce qui concerne le développement et la validation d’une version coréenne du MIDSA (K-MIDSA), nous avons examiné l’ensemble des éléments du MIDSA original et décidé de développer et de valider la section de base (33 échelles d’attitude et 4 échelles de mensonge) de l’ensemble de l’inventaire, compte tenu de la durée et du budget du projet. Nous avons traduit les éléments originaux de la section de base de la MIDSA en coréen et nous avons révisé les éléments coréens traduits en veillant particulièrement à ce qu’ils soient correctement traduits tout en conservant la validité sémantique des éléments originaux. Après plusieurs révisions des éléments traduits, nous avons créé deux versions du questionnaire K-MIDSA, l’une pour les détenus et l’autre pour les membres de la communauté, et les avons administrées aux deux échantillons : 288 délinquants sexuels et 190 membres de la communauté.
Deuxièmement, en ce qui concerne l’élaboration des manuels de traitement des délinquants sexuels, nous avons collaboré avec l’équipe du Dr William Marshall au Canada. Le Dr Marshall est un expert reconnu dans le domaine du traitement des délinquants sexuels et est réputé pour son dévouement à la recherche et au traitement des délinquants sexuels tout au long de sa vie. Nous avons décidé d’élaborer trois manuels de traitement :

  • un manuel générique: comprend les modèles théoriques de traitement des délinquants sexuels et les principes et procédures de fonctionnement de base du programme de traitement des délinquants sexuels.
  • un manuel de prétraitement: adopte l’approche motivationnelle et contient les 8 sujets présumés aptes à accroître la motivation pour la participation à la thérapie des délinquants sexuels
  • et un manuel de traitement complet:  comprend les 21 sujets qui doivent être abordés lors des séances de thérapie et divise l’ensemble du programme en trois phases: introduction ; facteurs criminogènes chroniques ; autogestion.

3. Résultats

1) K-MIDSA

Afin de valider le K-MIDSA, nous avons examiné la fiabilité de ses 33 sous-échelles et sa validité de critère. Tout d’abord, en ce qui concerne la fiabilité, nous avons examiné la cohérence interne des 33 sous-échelles avec le groupe des délinquants sexuels. Les échelles liées à la sexualisation, à la paraphilie, à la colère envahissante et à l’agression d’enfants ont produit les meilleures cohérences internes ; l’alpha de Conbach se situait entre 0,70 et 0,90. En revanche, les échelles liées à l’adéquation masculine, à la psychopathie et à l’hypermasculinité présentaient des cohérences internes relativement faibles.
Nous avons examiné la validité de critère des échelles en comparant les différences moyennes des 33 sous-échelles entre le groupe des délinquants sexuels et le groupe communautaire. Les échelles liées à la paraphilie et à l’abus d’enfants ont produit des différences statistiquement significatives entre les deux groupes. Les délinquants sexuels ont obtenu des scores plus élevés dans ces échelles. Mais pour les autres échelles, nous n’avons pas trouvé de différences statistiquement significatives. Nous avons ensuite comparé les scores des 33 sous-échelles entre les récidivistes et les non-récidivistes. Les récidivistes ont obtenu des scores plus élevés dans les échelles de compulsivité sexuelle, de paraphilie (à l’exception de la scatologie) et d’agression d’enfants. Nous avons divisé les délinquants sexuels en 3 groupes : violeurs, agresseurs d’enfants, type mixte. Parmi les trois groupes, les délinquants sexuels de type mixte ont obtenu les scores les plus élevés dans les échelles de compulsivité sexuelle et de paraphilie.

2) Manuels de traitement des délinquants sexuels

A. Manuels génériques : principales questions

Tous les programmes de traitement décrits dans les manuels d’accompagnement suivent les principes du traitement efficace des délinquants, dérivés par Andrews et ses collègues d’une série de méta-analyses (voir Andrews & Bonta, 2006, pour un résumé). Ces méta-analyses ont permis à Andrews d’identifier les éléments efficaces du traitement des délinquants, qu’ils ont résumés comme impliquant l’application appropriée de trois principes : Le risque, le besoin et la réceptivité. Il a été démontré que ces trois principes expliquent l’efficacité des programmes pour différents types de délinquants.
La plupart des thérapies pour délinquants sexuels font appel au traitement de groupe. Le traitement de groupe présente un certain nombre de caractéristiques uniques qui sont absentes du travail individuel. Au sein des groupes, l’apprentissage par procuration est clairement évident, de même que la flexibilité des rôles (être capable d’être à la fois demandeur et fournisseur d’aide). Le traitement en groupe permet également aux clients de se rendre compte que leurs problèmes ne sont pas uniques, et il suscite un comportement empathique et un apprentissage interpersonnel important.
Si les prestataires de soins décident de recourir à la thérapie de groupe, ils doivent décider s’il convient d’organiser des groupes fermés ou des groupes ouverts (souvent appelés groupes roulants). Dans un groupe fermé, tous les participants commencent et terminent le programme en même temps. Il s’agit de passer, dans un ordre fixe, par une série de composants ou de modules qui abordent chacun des objectifs spécifiques du traitement. Une approche ouverte implique une admission continue, de sorte que lorsqu’un participant atteint tous les objectifs et quitte le programme, un nouveau client prend sa place. Par conséquent, chacun des 8 ou 10 clients se trouve à un stade différent de l’avancement du programme. Cela signifie que l’ennui lié à un objectif ou à un exercice sera réduit, car chaque objectif sera abordé de manière intermittente. Une approche ouverte permet également aux membres les plus anciens du groupe d’aider les nouveaux clients. Cette approche offre également à chaque client des occasions répétées de défier et de soutenir les nouveaux membres sur le même sujet. Ces occasions répétées, lorsque les clients les plus anciens ont continué à assimiler de plus en plus le programme, permettent des défis plus sophistiqués, un apprentissage vicariant continu et une consolidation répétée de l’apprentissage pertinent.
Les calendriers de traitement suivants semblent être optimaux pour le bon fonctionnement de la thérapie des délinquants sexuels. Dans le cas d’un traitement en établissement, selon le nombre de délinquants sexuels disponibles, il peut être possible de créer des groupes distincts pour les délinquants à haut risque, à risque modéré et à faible risque.
Dans ce cas, les groupes pour les délinquants à haut risque devraient fonctionner pendant environ 10 mois à raison de trois séances par semaine, chaque séance durant 2,5 heures, ce qui donne 310 à 320 heures de traitement. Pour les délinquants à risque modéré, environ 6 mois de traitement à raison de trois séances de 2,5 heures par semaine sont suffisants, ce qui donne 188 à 190 heures de traitement. Pour les délinquants à faible risque, quatre mois de traitement à raison de deux séances par semaine d’une durée de 2,5 heures devraient suffire, ce qui donne 85 heures de traitement. Lorsqu’il y a un nombre limité de délinquants disponibles pour le traitement à un moment donné, les délinquants de tous les niveaux de risque peuvent être combinés en un seul groupe. Dans ces circonstances, il faut choisir ce que l’on fait des délinquants à faible risque. Les faire suivre le même temps de traitement que les délinquants à haut risque peut entraîner un surtraitement, dont il a été démontré, en particulier avec les clients à faible risque, qu’il augmente la délinquance au lieu de la réduire (Lovins, Lowenkamp, & Latessa, 2009). Il n’existe pas de solution facile ou évidente à ce dilemme.
Dans le cas d’un traitement dispensé dans un cadre ambulatoire et communautaire, les clients ne sont généralement pas très disponibles pour un traitement intensif. Leur travail et leurs autres responsabilités limitent le nombre de séances hebdomadaires et il faut s’efforcer de proposer le traitement en début de soirée. Là encore, il n’existe pas de lignes directrices empiriques, mais la plupart des programmes de ce type organisent une ou deux séances de deux heures et demie par semaine. L’expérience que nous avons acquise en gérant un programme ambulatoire communautaire pendant 25 ans nous a amenés à penser qu’une séance par semaine n’était pas suffisante pour maintenir l’élan et l’intérêt, et nous recommandons donc deux séances par semaine. Dans le cadre communautaire, il est généralement nécessaire de réunir les délinquants de tous les niveaux de risque dans les mêmes groupes, mais lorsque le nombre de participants est suffisant, il est préférable de créer des groupes distincts pour chaque niveau de risque.

 

B. Manuel de prétraitement

Il ressort clairement de la littérature et de l’expérience clinique que lorsqu’on leur propose un traitement pour la première fois, un nombre important de délinquants sexuels refusent de participer au programme ou doivent être persuadés d’y participer, ce qu’ils font ensuite avec une certaine réticence. En outre, certains de ceux qui commencent le traitement s’en retirent par la suite ou sont renvoyés en raison d’un comportement non coopératif. Enfin, parmi ceux qui terminent le traitement, certains n’atteignent pas de manière satisfaisante les objectifs du programme, là encore en raison d’un manque d’engagement total. Bien que l’approche positive du traitement dans tous les programmes devrait encourager l’engagement, il est évident qu’au moment où les délinquants sexuels entrent en traitement, certains restent résistants. Ces délinquants sexuels ne profitent pas du traitement parce qu’ils se contentent d’en suivre les étapes sans parvenir à changer. Marques, Day, Nelson et West (2005) décrivent ce dernier groupe de délinquants sexuels comme ceux qui n’ont pas compris (c’est-à-dire qui n’ont pas montré les changements nécessaires). Marques et al. ont démontré que ces délinquants présentaient des taux de récidive plus élevés après leur libération que ceux qui avaient effectivement participé au traitement (c’est-à-dire qui l’avaient obtenu). Il est donc nécessaire d’offrir un programme qui prépare les délinquants sexuels à s’engager efficacement dans un traitement. Le tableau suivant résume les sujets de base et le nombre de séances nécessaires pour que chaque sujet soit abordé de manière appropriée dans le programme de prétraitement.

C. Manuel de traitement complet

Le programme est conçu en trois phases. La phase 1 vise à motiver et à engager les clients, à établir un climat de groupe approprié et à entamer le développement d’une relation thérapeutique efficace. Par conséquent, les questions abordées dans la phase 1 sont censées ne pas être menaçantes et il devrait être relativement facile pour chaque client de réussir dans tous les aspects de cette phase. La phase 2 aborde les caractéristiques criminogènes connues (c’est-à-dire celles qui permettent de prédire une infraction future et qui sont potentiellement modifiables). Enfin, la phase 3 tente d’intégrer ce qui a été appris dans un ensemble de plans futurs.
Les questions initiales à aborder, notamment la définition des règles du groupe, les grandes lignes du programme et les conclusions générales sur l’efficacité du traitement des délinquants sexuels, sont abordées lors de la première séance. Les objectifs suivants du programme comprennent : le modèle des bonnes vies, une analyse coûts-avantages, une autobiographie, les déclencheurs immédiats de l’infraction, l’estime de soi, la gestion des émotions et de l’humeur, l’empathie, les relations, une sexualité saine, les intérêts sexuels déviants, ainsi que l’auto-développement et l’auto-management futurs. Les questions relatives au développement et à la gestion de soi à l’avenir incluront la révision du modèle des bonnes vies, l’identification de plans simples de prévention des rechutes, la formation de groupes de soutien et la planification d’objectifs en matière d’hébergement et d’emploi. Au début de chaque séance, demandez aux clients comment ils vont depuis la dernière séance. Bien que cette vérification soit une bonne façon de commencer chaque séance, ne la laissez pas durer plus de cinq minutes, sauf dans des circonstances inhabituelles. N’oubliez pas que des questions importantes doivent être abordées lors de chaque séance.
Lorsque les thérapeutes débutent dans ce travail, il est recommandé de ne pas avoir plus de six délinquants dans le groupe. Les thérapeutes plus expérimentés peuvent s’occuper de 8 à 10 délinquants par groupe. De même, si les thérapeutes expérimentés peuvent diriger ces groupes seuls, les novices doivent être accompagnés d’un co-thérapeute. Tant que les thérapeutes sont compétents et expérimentés, le sexe des thérapeutes ne semble pas avoir d’importance. Cependant, il y a des avantages évidents à avoir un co-thérapeute homme et une co-thérapeute femme ; par exemple, de nombreux clients peuvent bénéficier de la présence d’une femme compétente et empathique, et le fait d’avoir un thérapeute homme et une thérapeute femme offre la possibilité de modéliser des relations respectueuses entre les deux sexes.
Dans la plupart des cas, les clients sont censés réaliser chacun des exercices standard dans l’ordre dans lequel ils sont présentés ici. Cependant, il peut s’avérer nécessaire de modifier l’ordre dans lequel un individu spécifique effectue les exercices, ou de combiner les exercices, en raison de facteurs affectant la capacité du client à traiter certaines questions (par exemple, un traumatisme passé, des dysfonctionnements chez le client ou des troubles comorbides). Il est important que les membres du groupe terminent leurs travaux entre les sessions et les partagent avec le groupe. Tous les participants doivent d’abord donner un feedback positif au membre du groupe qui présente son exercice avant de poser des questions sur les détails de l’exercice. Suite à ces questions et aux discussions de groupe, certains clients peuvent être invités à réviser leur travail et à le présenter à nouveau avant de passer à l’exercice suivant.

Tous les clients doivent participer à tous les sujets et à toutes les discussions sur ces sujets, mais certains clients, en raison de leurs compétences actuelles ou de leur manque de compétences, peuvent avoir besoin de plus de travail sur certaines questions et peut-être moins sur d’autres. Le tableau suivant résume les thèmes de base et le nombre de séances nécessaires pour que chaque thème soit abordé de manière appropriée dans le cadre du programme de traitement complet.

Manuel K-MIDSA

STARRSA: Science-based Treatment, Accountability, and Risk Reduction for Sexual Assault

STARSSA est un programme trés complet (manuel de 518 pages! Le programme se découpe en 28 séances réparties en 10 modules). Il est initialement destiné à la prise en charge des étudiants universitaires coupables d’inconduites sexuelles. Il peut servir également de source pour developper d’autres actions auprès d’infracteurs sexuels.  

VUE D’ENSEMBLE DU PROGRAMME

Ce manuel (STARRSA CBT) a été créé à l’intention des cliniciens agréés qui administrent ce programme de TCC aux étudiants jugés responsables d’inconduite sexuelle.

Les programmes STARRSA consistent en deux interventions empiriques : un programme de traitement cognitivo-comportemental (TCC) et un programme de psychoéducation active (PA) conçus pour couvrir l’éventail des comportements d’inconduite sexuelle. L’inconduite sexuelle comprend un éventail de comportements allant du harcèlement sexuel, des avances sexuellement inappropriées, de la traque et des pressions sexuelles aux coups et blessures, qui peuvent eux-mêmes aller du pelotage et des attouchements sexuels non désirés au viol aggravé.

Le programme STARRSA CBT est conçu pour traiter une série de comportements sexuels répréhensibles plus graves impliquant un contact physique direct, tandis que le programme AP a une portée limitée et est destiné aux comportements sexuels répréhensibles moins graves tels que la traque, le harcèlement, la pression sexuelle et les cas où il semble y avoir un déficit de connaissances ou des déficits d’aptitudes sociales. Les programmes STARRSA sont destinés à faire partie d’un programme global de prévention de la violence sexuelle à l’échelle du campus, qui comprend des programmes de prévention primaire, secondaire et tertiaire, réduisant les facteurs de risque connus et promouvant un comportement et des relations sexuels sains. Ils font donc partie d’un processus administratif du campus et non d’une procédure pénale. Un élément important du plan de prévention de la violence sexuelle de toute université est toutefois une relation de travail solide avec les forces de l’ordre. Non seulement cette relation est importante pour l’enquête criminelle complète et la poursuite des incidents signalés d’inconduite sexuelle, mais il peut être utile que la communauté des forces de l’ordre soit un partenaire lors de l’élaboration et de la mise en œuvre de programmes de prévention à l’échelle de l’ensemble du campus. Il est toutefois important de noter que la décision finale de porter plainte auprès des services répressifs appartient entièrement au plaignant. Les programmes STARRSA constituent effectivement une intervention secondaire, destinée à fournir des interventions cliniques ou éducatives aux personnes qui ont été jugées responsables d’une inconduite sexuelle par les professionnels de la conduite des étudiants, un comportement qui viole le code de conduite de l’université. Une conséquence potentielle, ou sanction, d’un tel comportement est le renvoi à l’un de ces programmes. Les procédures de conduite des étudiants reposent sur une charge de la preuve moins lourde, généralement une « prépondérance de la preuve » ou, dans certains cas, une norme « claire et convaincante », par rapport à la norme « au-delà de tout doute raisonnable » dans une procédure pénale. Il est donc possible qu’un étudiant soit jugé responsable d’une inconduite sexuelle lors d’une audience de conduite étudiante sur le campus et acquitté des mêmes allégations/accusations lors d’un procès pénal. Les cliniciens et les animateurs de STARRSA ne doivent jamais assumer un rôle d’enquêteur ou de procureur, mais doivent s’efforcer d’aider les étudiants à atteindre avec succès les objectifs appropriés en matière de traitement ou de psychoéducation.

MISSION DU PROGRAMME

La mission de ce programme de traitement est d’aborder et de réduire l’inconduite sexuelle sur le campus. À cette fin, les objectifs de ce programme sont notamment d’aider les personnes ayant commis une inconduite sexuelle à développer des croyances, des attitudes et des comportements qui favorisent des relations intimes saines, consensuelles et sûres, ainsi qu’à assumer la responsabilité de leur comportement sexuel. Ce programme de traitement utilise une approche multimodale et empirique de l’évaluation des risques et des besoins et du traitement des étudiants ayant commis une faute sexuelle. Sa mission est d’être cohérente et de compléter les politiques du campus qui sont conçues pour traiter l’inconduite sexuelle sur le campus, tenir les responsables pour responsables, et aider ceux qui ont commis une inconduite sexuelle à développer des croyances, des attitudes et des comportements qui favorisent des relations intimes et un comportement sexuel sains, consensuels et sûrs. Bien que le programme de TCC soit destiné à traiter tout le spectre de l’inconduite sexuelle, y compris les cas les plus graves, il doit être évident que, dans de rares cas, l’inconduite sexuelle peut être si grave que des évaluations plus approfondies et un traitement plus intensif et de plus longue durée sont nécessaires que ceux fournis par cette intervention à relativement court terme (généralement 8 à 10 séances) et que d’autres mesures plus appropriées doivent être envisagées pour assurer la sécurité sur le campus. Les deux programmes STARRSA sont conçus pour être strictement volontaires pour les étudiants. Ils ne sont pas destinés à être utilisés comme une sanction obligatoire ou une mesure punitive. Ils visent à donner aux étudiants l’occasion de modifier positivement leurs comportements et leurs attitudes, d’accroître leur compréhension et leur sensibilité, de développer des relations prosociales et de prévenir la réapparition de comportements sexuels répréhensibles. Bien que nous expliquions plus en détail par la suite comment nous utilisons le terme « sanction », celui-ci se réfère ici à l’issue ou aux conséquences d’une audience concernant un constat d’inconduite sexuelle. Par « obligatoire », nous entendons ce qui est obligatoire et/ou involontaire.

PHILOSOPHIE DU PROGRAMME

Ce programme s’appuie sur le fait que la grande majorité des étudiants sont de jeunes adultes encore en plein développement psychosocial et psychosexuel, un stade bien connu pour être caractérisé par l’immaturité sociale, émotionnelle et cognitive, la prise de risques et de mauvaises décisions. Nombre d’entre eux sont très impressionnables et facilement influencés par leurs pairs ; la plupart sont attirés par les fêtes et les relations amoureuses. La plupart de ces caractéristiques sont exacerbées par l’alcool. Loin d’être immuables, cependant, leurs comportements sexuels répréhensibles peuvent être très sensibles à des interventions efficaces qui réduisent les mauvaises décisions menant à des comportements préjudiciables et encouragent des comportements sûrs, sains et prosociaux dans les relations intimes. Par rapport aux adultes, les adolescents se prêtent généralement beaucoup mieux aux interventions thérapeutiques et ont un bon pronostic. Objectif principal du traitement L’objectif principal est de faciliter un changement de comportement positif en ciblant et en réduisant les pensées, les sentiments et les comportements à risque associés à une mauvaise conduite sexuelle et en promouvant des relations intimes respectueuses et prosociales.

Objectifs du traitement – Individualiser et maximiser l’efficacité des interventions thérapeutiques par le biais d’une évaluation fondée sur des données probantes afin d’identifier les risques et les besoins. – Engager le client dans le processus d’évaluation et de traitement en identifiant les résultats positifs qui peuvent découler de sa participation au programme de traitement. – Faciliter et renforcer la motivation du client tout au long du programme de traitement. – Améliorer la conscience de soi, l’autocontrôle et la prise de décision du client. – Cibler les facteurs de risque dynamiques associés à l’inconduite sexuelle et les besoins de traitement connexes, tout en soutenant et en renforçant les points forts et les facteurs de protection du client. Approche du traitement L’approche du traitement est la thérapie cognitivo-comportementale et suit un modèle Risque-Besoins-Responsabilité (RNR, à discuter). Le

traitement commence par une évaluation clinique des risques et des besoins qui oriente l’intervention thérapeutique cognitivo-comportementale. L’évaluation initiale et les réévaluations périodiques aident le clinicien à déterminer le temps et l’attention nécessaires pour chaque domaine (module). La durée du traitement dépend des risques et des besoins évalués. Le nombre, la fréquence et la durée des séances sont basés sur les besoins du traitement et le jugement professionnel du clinicien. Au cours de la phase pilote, il a été rapporté que le nombre de séances nécessaires se situait en moyenne entre 8 et 10, certaines pouvant aller jusqu’à 15. À notre connaissance, STARRSA CBT (Cognitive Behavioral Treatment) est le premier programme empirique de traitement psychologique des étudiants de l’enseignement supérieur jugés responsables d’inconduite sexuelle. La section sur les composantes du programme STARRSA décrit le développement et le pilotage de ce programme. Ce programme est basé sur l’analyse de la littérature de recherche sur les facteurs de risque associés à l’inconduite sexuelle des étudiants, ainsi que sur les adultes et les jeunes qui ont été jugés pour des délits sexuels. La population cible est constituée d’adultes émergents âgés de 18 à 25-30 ans qui ont violé les politiques de conduite des étudiants en matière d’inconduite sexuelle et qui n’ont pas été jugés par un tribunal.

CONTENU DU PROGRAMME:

  • Module 1 : Orientation, évaluation et planification du traitement
    • Séance 1 : Orientation et évaluation
    • Séance 2 : Évaluation initiale continue
  • Module 2 : Comportement sexuel et inconduite sexuelle
    • Séance 1 : Comportement sexuel et inconduite sexuelle : En quoi ils diffèrent
    • Séance 2 : Relations et consentement :
  • Module 3 : Socialisation et sexualisation dans la société
    • Séance 1 : Socialisation des genres et sexualité
    • Séance 2 : Connaissances sexuelles, sexualité à risque et inconduite sexuelle
    • Séance 3 : Influences des pairs
  • Module 4 : Comprendre et résoudre les risques d’abus sexuels
    • Séance 1 : Attitudes à risque
    • Séance 2 : Sentiments à risque
    • Séance 3 : Comportements à risque
    • Séance 4 : Situations à risque
    • Séance 5 : Consommation de substances et abus sexuel
  • Module 5 : Masculinité négative (hostile)
    • Séance 1 : Qu’est-ce que la masculinité négative (hostile) ?
    • Séance 2 : Passer de l’abstrait au personnel
  • Module 6 : Conséquences des abus sexuels
    • Séance 1 : Impact de l’inconduite sexuelle
    • Séance 2 : Effets de l’inconduite sexuelle sur les victimes/survivants et les autres
  • Module 7 : Le comportement est un choix :
    • Séance 1 : L’ABC du comportement humain
    • Séance 2 : Mes valeurs et mes objectifs : Qui je suis et qui je veux être
    • Séance 3 : Reconnaître et gérer les pensées, les sentiments, les comportements et les situations à risque
  • Module 8 : Relations saines
    • Séance 1 : Amitiés et partenariats
    • Séance 2 : Prise de perspective et empathie : Comprendre les besoins, les désirs et les sentiments des autres et s’en préoccuper
    • Séance 3 : Communiquer efficacement :
    • Séance 4 : Développer des relations positives
    • Séance 5 : Quelle est la place du sexe dans ma vie ?
  • Module 9 : Responsabilité : Faire amende honorable et faire la différence
    • Séance 1 : Imputabilité et responsabilité
    • Séance 2 : Faire amende honorable et faire la différence
  • Module 10 : Récapitulation et aller de l’avant
    • Séance 1 : Qu’est-ce que j’ai appris ? Évaluation et retour d’information
    • Séance 2 : Plans pour une vie saine : Aller de l’avant

https://www.ojp.gov/pdffiles1/smart/grants/304701.pdf

Si le lien est brisé: STARRSA.pdf

Dans les programmes de traitement pour les délinquants sexuels en angleterre (SOTP, Sex Offender Treatment Programmes), plusieurs programmes ou modules sont utilisés. certains sont adaptables ou adapatés pour les délinquants sexuels souffrant d’une déficience intellectuelle (c’est-à-dire des hommes dont le QI se situe entre 60 et 80 et qui présentent des déficits d’adaptation).

SOTP a été arrêté en 2017 après une évaluation montrant peu ou pas d’effet, voire une légère augmentation de la récidive dans certains cas, ce qui a suscité des controverses.
Un article de la BBC en 2019, MoJ used failed sex offender treatment ‘unlawfully’, a rapporté qu’une analyste, Kathryn Hopkins, avait présenté en 2012 des recherches indiquant que le SOTP rendait les délinquants plus dangereux, mais le programme n’a été arrêté qu’en 2017. Elle estimait que cela aurait pu entraîner environ 180 crimes supplémentaires sur cinq ans par rapport aux non-traités. Le ministère de la Justice  a contesté ces conclusions, affirmant que l’arrêt du programme sans preuve solide et sans alternative aurait été irresponsable. 

c’est quoi SOTP ?

– Les programmes ont été élaborés conformément aux exigences des lois sur l’égalité et le handicap (UK).
– Le déploiement et la formation de conversion ont maintenant eu lieu en détention et dans la communauté.
– Tout animateur formé à l’adaptation peut mettre en œuvre l’une ou l’autre des approches adaptées.
– Tous les programmes peuvent être commandés en détention et dans la communauté. Les trois programmes sont les suivants

  • Becoming New Me 
  • New Me Coping
  • Living as New Me

BECOMING NEW ME

Résumé
Programme cognitivo-comportemental comprenant 166 heures de traitement pour les hommes âgés de 18 ans ou plus, reconnus coupables d’un délit sexuel.

Type d’intervention
Prison, travail de groupe

Groupes cibles, niveau de prévention et sous-groupes
Délinquants (potentiels) | Prévention tertiaire | Jeunes adultes (18-20 ans), Adultes (21+ ans) | Hommes | Interventions pour les personnes handicapées/ayant des difficultés d’apprentissage | Prison, travail de groupe | Anglais

Population cible
Hommes âgés de 18 ans et plus ayant été condamnés pour un délit sexuel avec contact ou tentative de contact, qui présentent un risque moyen, élevé ou très élevé de nouvelle condamnation selon l’évaluation actuarielle du risque RM2000, dont le QI se situe entre 60 et 80 et qui présentent des déficits de fonctionnement adaptatif. Les meurtriers sexuels à faible risque sont également placés dans ce programme. Ce programme est applicable à la fois en détention et dans la communauté.

Organisme de mise en œuvre
National Offender Management Service (Angleterre et Pays de Galles)

Mode et contexte de mise en œuvre
La méthode de traitement est largement cognitivo-comportementale. En d’autres termes, les méthodes visent à intervenir sur le chemin de la délinquance en restructurant les attitudes qui soutiennent ou permettent la délinquance sexuelle et en modifiant les comportements dysfonctionnels antérieurs par l’acquisition de nouvelles compétences et de nouvelles ressources. L’approche thérapeutique a été spécifiquement développée pour répondre aux besoins de ce groupe de clients. Il s’agit d’une approche de traitement en groupe pour huit délinquants sexuels adultes de sexe masculin en détention ou dans la communauté.

Le programme Becoming New Me (BNM) est un programme de traitement accrédité. En tant que tel, tous les prestataires du programme BNM sont soumis à des procédures d’audit. L’objectif de l’audit est de s’assurer que les programmes sont mis en œuvre comme prévu, à la fois sur le plan opérationnel et sur le plan clinique. Sur le plan opérationnel, l’audit garantit que les programmes bénéficient d’un soutien et d’une attention appropriés de la part de la direction, que leur mise en œuvre n’est pas compromise par des ressources insuffisantes, que le personnel bénéficie d’un soutien et que les évaluations et autres documents administratifs sont remplis de manière appropriée et en temps voulu.

Le processus d’assurance clinique permet de s’assurer que la qualité des traitements dispensés est conforme aux attentes. Chaque programme est évalué en fonction de deux critères : la qualité de l’exécution du programme et la qualité de la gestion du traitement. Le processus comprend l’examen des documents relatifs au traitement, tels que les « produits » (travaux réalisés par les participants), les journaux et les rapports du personnel du programme, le visionnage d’au moins trois enregistrements de séances et l’examen des dossiers du superviseur (tels que les notes d’observation et les dossiers de supervision).

Niveau/nature de l’expertise du personnel requise
Les programmes de traitement des délinquants sexuels (SOTP) sont conçus pour être dispensés par du personnel « paraprofessionnel », par exemple des agents pénitentiaires, des éducateurs et des assistants psychologues. L’aptitude à ce travail est basée sur les compétences et non sur les qualifications ou l’expérience professionnelle. Tous les membres du personnel travaillant sur des programmes pour délinquants sexuels en détention sont soumis à un processus de sélection complet prescrit au niveau national, suivi d’une formation résidentielle au cours de laquelle leur compréhension, leurs compétences et leurs aptitudes seront évaluées. Le personnel doit d’abord être jugé apte à devenir animateur. Pour ce faire, il doit passer diverses évaluations psychométriques et s’entretenir avec des responsables locaux. Ils doivent ensuite passer un centre d’évaluation. Les candidats retenus suivront une formation aux compétences fondamentales associées au travail avec les délinquants sexuels, puis la formation de base spécifique au programme pour les milieux carcéraux ou communautaires. Les animateurs SOTP expérimentés peuvent ensuite postuler pour devenir animateurs de programmes adaptés une fois qu’ils ont fait la preuve de leur efficacité. Ils doivent alors passer une évaluation spécifique aux programmes adaptés et deux autres formations. Seules les personnes ayant réussi la formation peuvent continuer à dispenser les programmes adaptés. Ceux qui réussissent la formation dispensent le traitement sous la supervision d’un responsable de traitement ou d’un superviseur désigné à tout moment. .

Intensité/étendue de l’engagement avec le(s) groupe(s) cible(s)
Le programme BNM comprend 166 heures de traitement (sur la base d’une participation de huit hommes). Il est possible de réduire la taille du groupe. Chaque session dure environ deux heures. Le traitement a lieu jusqu’à cinq fois par semaine.

Description de l’intervention
L’intervention se compose de douze blocs :

  • Bloc 1 – Gelling : Il s’agit d’un bloc d’introduction visant à encourager l’engagement.
  • Bloc 2 – Getting Going : L’objectif de ce bloc est d’encourager la cohésion du groupe et d’instiller un sentiment d’optimisme pour le changement. Dans ce bloc, les membres du groupe établissent les règles et les attentes du traitement et commencent à parler de la gestion des sentiments de honte.
  • Bloc 3 – Présentation de l’ancien et du nouveau moi : Les membres du groupe sont encouragés à parler de leur vie jusqu’à présent et sont initiés au modèle « Old Me New Me » (Haaven, 2006). Ils sont encouragés à renforcer leur nouveau moi au cours du traitement. Une introduction aux facteurs de risque et de réussite liés à la délinquance sexuelle est également proposée par le biais de la « roue de la réussite
  • Bloc 5 – Nouveau moi et sexe : Dans ce bloc, les membres du groupe conviennent d’un langage et d’un vocabulaire communs pour les actes sexuels et les parties du corps. Une éducation sexuelle de base est dispensée. Le consentement et les questions juridiques liées au sexe et à la loi sont abordés.
  • Bloc 6 – Comprendre mon délit : L’objectif de ce bloc est de permettre aux membres du groupe de comprendre les problèmes qui les ont poussés à commettre des infractions. Il s’agit d’identifier les problèmes sur lesquels il faut travailler en particulier pour aider l’individu à éviter de commettre d’autres délits.
  • Bloc 7 – Facteurs de risque et de réussite : Séance d’examen individuel à mi-parcours du traitement. Il s’agit d’une séance de motivation visant à encourager et à soutenir l’apprentissage réalisé jusqu’à présent. Les membres du groupe doivent percevoir cette séance comme un exemple de réussite personnelle – leur réussite.
  • Bloc 8 – Gérer mes pensées sexy : Dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à reconnaître et à gérer leurs « pensées pas très sexy ». Ils ont également l’occasion de mettre en pratique les compétences de New Me pour faire face à leurs pensées désagréables en matière de sexualité et de relations.
  • Bloc 9 – Gérer mes problèmes : Dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à améliorer leur capacité à résoudre les problèmes en utilisant un processus en 5 étapes. Ils ont la possibilité de s’exercer.
  • Bloc 10 – Gérer mes sentiments : Dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à identifier les « vieux moi » et les sentiments « incontrôlables » qui ont joué un rôle dans la délinquance. Les membres du groupe sont encouragés à développer des modes de pensée qui renforcent le Nouveau Moi. Divers sentiments courants associés à la délinquance sexuelle sont abordés dans le traitement et les membres du groupe ont l’occasion de s’entraîner à gérer leurs sentiments.
  • Bloc 11 – Gérer mes relations : Dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à explorer l’impact que les relations ont eu sur leur vie. Ils sont encouragés à mettre en pratique les moyens d’améliorer le fonctionnement de leurs relations.
  • Bloc 12 – Aller de l’avant : dans ce bloc, les membres du groupe ont l’occasion de s’exercer en tant que Nouveau Moi à faire face à des situations à risque. Les membres du groupe sont informés de la disponibilité des traitements futurs et les attentes concernant les prochaines étapes sont également structurées.

Évaluations
Bien que le traitement des délinquants sexuels en général ait fait l’objet de nombreuses recherches au cours des 20 dernières années, on sait relativement peu de choses sur l’évaluation et le traitement des délinquants sexuels souffrant d’une déficience intellectuelle (DSI). Pourtant, ces derniers sont susceptibles de représenter environ 30 % de la population des délinquants (Mottram, 2007). L’applicabilité des approches cognitivo-comportementales spécifiquement conçues pour les populations souffrant de déficience intellectuelle a fait l’objet de plusieurs études (Lindsay, 2002 ; Courtney et Rose, 2004). Ces examens ont porté sur la gestion du comportement, la résolution de problèmes, la psychoéducation et les approches cognitivo-comportementales. Si la plupart des approches semblent prometteuses, les études d’évaluation réalisées à ce jour sont assez limitées en raison de lacunes méthodologiques (échantillons restreints et hétérogènes, utilisation de mesures dont la fiabilité et la validité sont limitées, utilisation de résultats mal définis, etc., Lindsay & Taylor, 2010). En outre, il n’existe pas d’essais thérapeutiques contrôlés dans ce domaine. Malgré cela, certaines études de résultats sont dignes d’intérêt.

Haaven, Little et Petre-Miller (1990) ont décrit un traitement (le programme « Social skills ») pour ce groupe de clients à l’Oregon State Hospital. Le traitement comprenait une formation aux aptitudes sociales, une éducation sexuelle et la promotion de l’autocontrôle des comportements sexuels aberrants. Le traitement comprenait également des stratégies cognitivo-comportementales axées sur les compétences en matière d’autorégulation, de surveillance et d’autogestion. Après le traitement, un taux de récidive de 23 % a été observé, alors que le taux général de récidive est de 44 %.

Rose, Jenkins, O’Connor, Jones et Felce (2002) décrivent un programme de traitement de groupe pour cinq délinquants sexuels ID. Le traitement comprenait des procédures d’autocontrôle, la prise en compte des effets sur les victimes, l’identification des émotions en soi, l’éducation sexuelle, la formation à l’affirmation de soi et l’évitement des situations à risque. Les participants ont fait état d’une diminution de la force des attitudes favorables à la délinquance sexuelle. Cependant, le seul changement significatif a été décrit en relation avec le locus de contrôle. Après le traitement, les participants ont fait état d’un locus de contrôle plus externe. Les auteurs suggèrent que cela pourrait être dû au fait qu’une grande partie des sessions mettait l’accent sur les conséquences externes possibles de toute infraction future. Un suivi d’un an a montré qu’il n’y avait pas eu de récidive.

Craig et al (2006) ont fait état d’un groupe de traitement CBT de 7 mois. Le contenu du travail de groupe comprenait l’éducation sexuelle et la loi, l’identification et la reconstruction des distorsions cognitives, le développement de l’empathie envers les victimes et les compétences en matière de prévention des rechutes. Aucun des délinquants participant à l’étude n’a récidivé au cours d’une période de suivi de 12 mois. Il n’est cependant pas clair si c’est une conséquence de l’intervention ou non.

Keeling et al. (2006) rendent compte du traitement de 18 hommes à risque modéré ou élevé ayant des « besoins spéciaux » en Australie, qui avaient entrepris un traitement en détention. Le programme comprenait des groupes « processus » qui abordaient les questions fondamentales liées au traitement des délinquants sexuels (par exemple l’éducation sexuelle et l’éducation aux abus sexuels, la divulgation, l’empathie envers la victime, les distorsions cognitives, les schémas de vie, le cycle de l’infraction et la prévention des rechutes) et des groupes « questions » qui abordaient les questions plus générales basées sur les compétences (par exemple la communication, la résolution de problèmes, la prise de décision, la sensibilisation à la victime, les émotions, l’autorégulation sexuelle, les attitudes et les croyances, les relations, l’établissement d’objectifs et New Me). Les résultats ont montré que les membres du groupe ont montré des changements significatifs après le traitement sur les mesures des attitudes associées à la délinquance sexuelle, à l’empathie envers les victimes et à la maîtrise de soi. Des changements moins importants ont été constatés en ce qui concerne l’amélioration des attitudes criminelles générales, l’intimité sociale et la réduction de la solitude émotionnelle, bien que les auteurs soulignent les limites des outils d’évaluation utilisés.

Murphy et al (2007) font état d’un traitement de groupe par TCC pour 15 hommes sur une période d’un an (une séance de 2 heures par semaine – environ 100 heures de traitement). Certains hommes de l’échantillon ont participé à deux groupes de traitement, d’autres à un seul. Des changements significatifs dans les connaissances et les attitudes sexuelles, l’empathie à l’égard des victimes et les distorsions cognitives ont été signalés. Pendant la durée du traitement, tous les hommes (sauf un) n’ont pas eu de comportement sexuellement abusif. Après le traitement (six mois), deux autres hommes ont eu un comportement sexuellement abusif. Murphy et al. notent que les hommes qui ont eu un comportement sexuellement abusif pendant et après le traitement avaient tous été diagnostiqués comme souffrant d’un trouble du spectre autistique.

Nezu et al. (2006) ont décrit leur programme de traitement, qui comprend des traitements individuels, familiaux et de groupe. Un taux de récidive de 4 % est rapporté sur une période de trois ans. Les auteurs signalent que les personnes qui ont suivi des traitements « combinés » sont celles qui ont le plus progressé.

Murphy et Sinclair (2008) ont décrit un projet connu sous le nom de SOTEC- ID, qui est un projet de collaboration sur neuf sites répartis au Royaume-Uni. Au cours de la période de traitement, les hommes ont montré une augmentation statistiquement significative de leurs connaissances sexuelles et de leur empathie, ainsi qu’une réduction des distorsions cognitives. Ces changements se sont maintenus au bout de six mois. Peu d’hommes ont manifesté d’autres comportements sexuellement abusifs au cours de la période d’un an pendant laquelle ils suivaient le traitement et quelques-uns ont manifesté de tels comportements au cours de la période de suivi de six mois.

Williams, Wakeling & Webster (2007) ont examiné l’évolution des tests psychométriques avant et après le traitement auprès d’un échantillon de plus de 200 délinquants ayant participé au programme Adapted (un prédécesseur du BNM). Des changements significatifs ont été observés avant et après le traitement dans tous les principaux objectifs du traitement, notamment la prévention des rechutes, les attitudes favorables à la délinquance, le déni et les distorsions, l’empathie à l’égard des victimes et l’estime de soi.

Le programme Becoming New Me a fait l’objet d’une évaluation des résultats et des processus. Des changements significatifs ont été constatés avant et après le traitement dans tous les domaines des besoins criminogènes. L’évaluation du processus a révélé qu’en général, le traitement était considéré comme répondant aux besoins.

NEW ME COPING

Résumé
Programme de traitement accrédité, dispensé dans les prisons et destiné aux délinquants sexuels masculins adultes condamnés, visant à restructurer les attitudes pro-offensives et à développer un nouveau moi.

Type d’intervention
Prison, travail de groupe

Groupes cibles, niveau de prévention et sous-groupes
Délinquants (potentiels) | Prévention tertiaire | Jeunes adultes (18-20 ans), Adultes (21+ ans) | Hommes | Prison, travail de groupe | Anglais
Population cible
Hommes âgés de 18 ans et plus ayant été condamnés pour un délit sexuel avec contact ou une tentative de contact, qui présentent un risque moindre de nouvelle condamnation selon un RM2000 et qui ont un QI compris entre 60 et 80 et des déficits de fonctionnement adaptatif. Ce programme est applicable à la fois en détention et dans la communauté.

Organisme de mise en œuvre
National Offender Management Service (Angleterre et Pays de Galles).

Mode et contexte de mise en œuvre
La méthode de traitement est largement cognitivo-comportementale. En d’autres termes, les méthodes visent à intervenir sur le chemin de la délinquance en (1) restructurant les attitudes qui soutiennent ou permettent la délinquance sexuelle et (2) en modifiant les comportements dysfonctionnels antérieurs par l’acquisition de nouvelles compétences et de nouvelles ressources. L’approche thérapeutique a été spécifiquement développée pour répondre aux besoins de ce groupe de clients. Il s’agit d’une approche de traitement en groupe pour huit délinquants sexuels adultes de sexe masculin en détention ou dans la communauté.

Le programme New Me Coping (NMC) adapté est un programme de traitement accrédité. En tant que tel, tous les prestataires du programme NMC sont soumis à des procédures d’audit. L’objectif de l’audit est de s’assurer que les programmes sont mis en œuvre comme prévu, à la fois sur le plan opérationnel et sur le plan clinique. Sur le plan opérationnel, l’audit garantit que les programmes bénéficient d’un soutien et d’une attention appropriés de la part de la direction, que leur mise en œuvre n’est pas compromise par des ressources insuffisantes, que le personnel bénéficie d’un soutien et que les évaluations et autres documents administratifs sont remplis de manière appropriée et en temps voulu. Le processus d’assurance clinique permet de s’assurer que la qualité des traitements dispensés est conforme aux attentes. Chaque programme est évalué en fonction de deux critères : (1) la qualité de l’exécution du programme et (2) la qualité de la gestion du traitement. Le processus de questions-réponses implique l’examen de documents relatifs au traitement, tels que les « produits » (travaux réalisés par les participants), les journaux et les rapports du personnel du programme, le visionnage d’au moins trois enregistrements de séances et l’examen des dossiers du superviseur (tels que les notes d’observation et les dossiers de supervision).

Niveau/nature de l’expertise du personnel requise
Les SOTP sont conçus pour être dispensés par du personnel « paraprofessionnel », par exemple des agents pénitentiaires, des éducateurs et des assistants psychologues. L’aptitude à ce travail est basée sur les compétences et non sur les qualifications ou l’expérience professionnelle. Tous les membres du personnel travaillant sur les programmes pour délinquants sexuels en détention subissent un processus de sélection complet prescrit au niveau national, suivi d’une formation résidentielle au cours de laquelle leur compréhension, leurs compétences et leurs aptitudes seront évaluées. Le personnel doit d’abord être jugé apte à devenir animateur. Pour ce faire, il doit passer diverses évaluations psychométriques et s’entretenir avec des responsables locaux. Ils doivent ensuite passer une évaluation. Les candidats retenus suivront une formation sur les compétences fondamentales associées au travail avec les délinquants sexuels, puis la formation de base spécifique au programme pour les milieux carcéraux et communautaires. Les animateurs expérimentés peuvent postuler pour devenir animateurs de programmes adaptés une fois qu’ils ont fait la preuve de leur efficacité. Ils doivent alors passer un centre d’évaluation spécifique aux programmes adaptés et deux autres formations. Seules les personnes ayant réussi la formation peuvent continuer à dispenser les programmes adaptés. Les membres du personnel qui réussissent la formation dispensent le traitement sous la supervision d’un responsable de traitement ou d’un superviseur désigné à tout moment.

Intensité/étendue de l’engagement avec le(s) groupe(s) cible(s)
Le programme NMC représente 56 heures de traitement (sur la base d’un groupe de huit hommes). Il est possible de constituer des groupes plus restreints. Chaque session dure environ deux heures. Le traitement a lieu jusqu’à cinq fois par semaine.

Description de l’intervention
Cette intervention se compose de huit blocs :

  • Bloc 1 : Gelling – il s’agit d’un bloc d’introduction visant à encourager l’engagement.
  • Bloc 2 : Getting Going – l’objectif de ce bloc est d’encourager la cohésion du groupe et d’instiller un sentiment d’optimisme pour le changement. Dans ce bloc, les membres du groupe établissent les règles et les attentes du traitement et commencent à parler de la gestion des sentiments de honte.
  • Bloc 3 : New Me Goals – Les membres du groupe sont encouragés à parler de leur vie jusqu’à présent et sont initiés au modèle Old Me New Me (Haaven, 2006). Ils sont encouragés à renforcer leur Nouveau Moi tout au long du traitement. Une introduction aux facteurs de risque et de réussite liés à la délinquance sexuelle est également proposée par le biais de la roue de la réussite. Le Nouveau Moi a besoin d’un réseau de soutien composé d’autres personnes qui peuvent l’aider.
  • Bloc 4 : Gérer mes pensées sexy – dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à reconnaître et à gérer leurs pensées sexy désagréables. Ils ont également l’occasion de mettre en pratique les compétences de New Me pour gérer leurs pensées désagréables sur le sexe et les relations.
  • Bloc 5 : Gérer mes problèmes – dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à améliorer leur capacité à résoudre les problèmes en utilisant le processus en cinq étapes. Ils ont la possibilité de s’exercer.
  • Bloc 6 : Gestion de mes sentiments – dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à identifier les sentiments « incontrôlables » de l’ancien moi qui ont joué un rôle dans la délinquance. Les membres du groupe sont encouragés à développer des modes de pensée qui renforcent le Nouveau Moi. Divers sentiments courants associés à la délinquance sexuelle sont abordés dans le traitement et les membres du groupe ont l’occasion de s’entraîner à gérer leurs sentiments.
  • Bloc 7 : Gérer mes relations – dans ce bloc, les membres du groupe sont encouragés à explorer l’impact que les relations ont eu sur leur vie. Ils sont encouragés à mettre en pratique les moyens d’améliorer le fonctionnement de leurs relations.
  • Bloc 8 : Aller de l’avant – dans ce bloc, les membres du groupe ont l’occasion de s’exercer en tant que Nouveau Moi à faire face à des situations à risque. Les membres du groupe sont informés de la disponibilité des traitements futurs et des prochaines étapes.

Évaluations

Un certain nombre d’études ont montré que, pour les délinquants considérés comme présentant un faible risque de récidive générale, le traitement n’a qu’un effet modéré sur la réduction de la récidive (Andrews & Bonta, 2006 ; Andrews & Dowden, 2006), ou que, dans le cas de certains programmes intensifs, le traitement peut en fait augmenter les taux de récidive (Andrews et al., 1990 ; Andrews & Dowden, 2006 ; Lowenkamp, Latessa, & Holsinger, 2006 ; Bonta, Wallace-Capretta & Ronney, 2000). Les recherches menées sur les délinquants sexuels participant au Core SOTP ont montré qu’en termes de taux de récidive, les délinquants à faible risque ne bénéficiaient pas de manière significative du traitement (Friendship, Mann & Beech, 2003). Barnett, Wakeling et Howard (2010) ont constaté que, sur une période de suivi de quatre ans, moins d’un pour cent des délinquants sexuels à faible risque de leur échantillon avaient commis une récidive sexuelle avérée. Ce chiffre est similaire au taux de délinquance sexuelle constaté dans les échantillons de délinquants non sexuels (Thornton, 2013). Il est donc important d’expliquer clairement pourquoi une approche de traitement pour les délinquants sexuels présentant une déficience intellectuelle à faible risque a été développée.

Les délinquants présentant une déficience intellectuelle (DI) forment un groupe marginal, avec lequel le RM2000 n’a pas été spécifiquement testé. Nous soutenons qu’un programme pour les délinquants sexuels à faible risque est nécessaire pour aider ce groupe de clients à répondre à leurs divers besoins de traitement liés à l’infraction. Les besoins liés à l’infraction se concentrent sur des questions plus générales de compétences liées à l’infraction, par exemple les compétences de communication, les compétences relationnelles, les compétences de résolution de problèmes. Lambrick et Glaser (2004) ont noté que les clients présentent souvent des déficits particuliers en matière de compétences sociales dans le domaine de la résolution de problèmes, de la gestion de la colère, de la communication, de l’affirmation de soi et de la résolution de conflits. Haaven et Shlank (2001) ont décrit l’importance de l’apprentissage des compétences interpersonnelles. Ils suggèrent que ces compétences sont essentielles pour la prévention des rechutes auprès de cette population. De bonnes compétences interpersonnelles permettent aux délinquants de développer et de maintenir des systèmes de soutien qui sont essentiels. Ils recommandent que la formation aux compétences interpersonnelles porte sur la communication, la gestion de la colère et du stress et les relations. Lindsay, Hamilton, Moulton, Scott, Doyle et McMurran (2011) affirment que si un individu développe des compétences cognitives et sociales en matière de résolution de problèmes, cela peut constituer un facteur de protection contre une récidive future. Ainsi, bien que le programme New Me Coping ne cible pas spécifiquement les besoins liés à l’infraction, il fournit un traitement pour aider à renforcer les besoins liés à l’infraction, ce qui aidera à soutenir et à renforcer New Me.

Afin de s’assurer que ce programme n’augmente pas la probabilité d’une nouvelle condamnation, cette intervention est un programme court, structuré, axé sur la réinsertion, qui n’augmente pas l’importance de la délinquance sexuelle et qui évite soigneusement l’étiquetage ou toute autre activité qui pourrait créer un sentiment de déviance personnelle. L’objectif du traitement des délinquants sexuels à faible risque doit être de renforcer le scénario de la « rédemption », et non celui de la « déviance ».

Ce programme devrait être mis en œuvre à partir de 2014. Un programme d’évaluation sera mis en place pour soutenir la mise en œuvre de ce programme accrédité.

 

LIVING AS NEW ME

Résumé
Programme de traitement destiné aux hommes âgés de 18 ans ou plus qui ont été reconnus coupables ou qui ont tenté de commettre un délit sexuel de contact sur un enfant.

Type d’intervention
Prison, travail de groupe

Groupes cibles, niveau de prévention et sous-groupes
Délinquants (potentiels) | Prévention tertiaire | Adultes (21+ ans) | Hommes | Prison, travail de groupe | Anglais

Population cible
Hommes âgés de 18 ans et plus ayant été condamnés pour un délit sexuel avec contact ou des tentatives de contact, qui présentent un risque moyen, élevé ou très élevé de nouvelle condamnation selon un RM2000, dont le QI est compris entre 60 et 80 et qui présentent des déficits de fonctionnement adaptatif. Les hommes doivent avoir suivi le programme Becoming New Me. Ce programme est applicable à la fois en détention et dans la communauté.

Organisme de prestation
National Offender Management Service (Angleterre et Pays de Galles).

Mode et contexte de mise en œuvre
La méthode de traitement est largement cognitivo-comportementale. En d’autres termes, les méthodes visent à intervenir sur le chemin de la délinquance en (1) restructurant les attitudes qui soutiennent ou permettent la délinquance sexuelle et (2) en modifiant les comportements dysfonctionnels antérieurs par l’acquisition de nouvelles compétences et de nouvelles ressources. L’approche thérapeutique a été spécifiquement développée pour répondre aux besoins de ce groupe de clients. Il s’agit d’une approche de traitement en groupe pour huit délinquants sexuels adultes de sexe masculin à la fois, en détention ou dans la communauté.

Le programme Adapted Living as New Me (LNM) est un programme de traitement accrédité. En tant que tel, tous les prestataires du programme LNM sont soumis à des procédures d’audit. L’objectif d’un audit est de s’assurer que les programmes sont mis en œuvre comme prévu, à la fois sur le plan opérationnel et clinique. Sur le plan opérationnel, les audits garantissent que les programmes bénéficient d’un soutien et d’une attention appropriés de la part de la direction, que leur mise en œuvre n’est pas compromise par des ressources insuffisantes, que le personnel bénéficie d’un soutien et que les évaluations et autres documents administratifs sont remplis de manière appropriée et en temps voulu.

Le processus d’assurance clinique permet de s’assurer que la qualité des traitements dispensés est conforme aux attentes. Chaque programme est évalué en fonction de deux critères : (1) la qualité de l’exécution du programme et (2) la qualité de la gestion du traitement. Le processus d’assurance qualité implique l’examen des documents de traitement tels que les « produits » (travaux réalisés par les participants), les journaux et les rapports du personnel du programme (visionnage d’au moins trois enregistrements de sessions et examen des dossiers du superviseur, par exemple les notes d’observation et les dossiers de supervision).

Niveau/nature de l’expertise du personnel requise
Les SOTP sont conçus pour être dispensés par du personnel « paraprofessionnel », par exemple des agents pénitentiaires, des éducateurs et des assistants psychologues. L’aptitude à ce travail est basée sur les compétences et non sur les qualifications ou l’expérience professionnelle. Tous les membres du personnel travaillant sur des programmes pour délinquants sexuels en détention sont soumis à un processus de sélection complet prescrit au niveau national, suivi d’une formation résidentielle au cours de laquelle leur compréhension, leurs compétences et leurs aptitudes seront évaluées. Le personnel doit d’abord être jugé apte à devenir animateur. Pour ce faire, il doit passer diverses évaluations psychométriques et s’entretenir avec des responsables locaux. Ils doivent ensuite passer une évaluation. Les candidats retenus suivent une formation sur les compétences fondamentales associées au travail avec les délinquants sexuels, puis la formation de base spécifique au programme pour les milieux carcéraux et communautaires. Les animateurs expérimentés peuvent postuler pour devenir animateurs de programmes adaptés une fois qu’ils ont fait la preuve de leur efficacité. Ils doivent alors passer un centre d’évaluation spécifique aux programmes adaptés et deux autres formations. Seules les personnes ayant réussi la formation peuvent continuer à dispenser les programmes adaptés. Le personnel qui réussit la formation dispensera le traitement sous la supervision d’un responsable de traitement ou d’un superviseur désigné.

Intensité/étendue de l’engagement avec le(s) groupe(s) cible(s)
Le programme LNM comprend entre 20 et 36 heures de traitement (sur la base d’un groupe de huit hommes). Il s’agit d’un programme continu. Chaque session dure environ deux heures. Le traitement a lieu jusqu’à deux fois par mois.

Description de l’intervention
Il s’agit d’un programme continu qui vise à maintenir les acquis du traitement. Il y a cinq modules qui tournent. Ces modules sont les suivants

  • Gérer mes problèmes
  • Gérer mes pensées sexuelles
  • Gérer mes relations
  • Gérer mes sentiments
  • Conférencier invité d’une agence ou d’un organisme de soutien compétent

Évaluations

Les interventions de maintien ont joué un rôle important dans le maintien des gains obtenus au cours du traitement primaire et dans l’amélioration des effets du traitement (Tolan, Gorman-Smith, & Schoeny, 2009). En fait, certaines études (portant sur des jeunes) ont révélé des effets globaux du traitement uniquement pour les conditions exposées aux séances de rappel (Botvin, 2000 ; Metropolitan Area Child Study Research Group, 2002 ; Tolan et al., 2009).

Malgré les promesses des séances d’entretien, peu d’études ont été menées sur les effets de l’entretien (Eyberg, Edwards, Boggs, & Foote, 1998 ; Tolan et al, 2009). L’étude des effets de l’entretien est rendue difficile par les objectifs conflictuels du traitement, l’absence de mise en œuvre standardisée, le contenu varié de l’intervention et les caractéristiques personnelles de l’individu. En dépit de divers problèmes méthodologiques, plusieurs articles ont fait état d’une réduction de la récidive chez les hommes ayant participé à un programme de maintien. La recherche dans ce domaine se concentre sur les délinquants sexuels ne présentant pas de déficience intellectuelle (aucune étude n’a été rapportée sur les hommes présentant une déficience intellectuelle).

Gordon et Packard (1998) ont constaté que les délinquants sexuels libérés d’un programme de traitement en prison qui ont bénéficié d’un traitement de suivi pour délinquants sexuels ainsi que d’une surveillance correctionnelle dans la communauté ont récidivé à un taux statistiquement significatif inférieur à celui des délinquants qui n’ont bénéficié que d’une surveillance.

McGrath et ses collègues (2003) ont examiné rétrospectivement les taux de récidive de 195 délinquants sexuels qui avaient suivi (n = 56), partiellement (n = 49) ou refusé (n = 90) une composante de maintien. Ils ont constaté que les taux de récidive sexuelle des hommes qui avaient suivi un programme d’entretien (5,4 %) étaient inférieurs à ceux des hommes qui l’avaient refusé (30 %). Les auteurs ont conclu que le suivi communautaire était important et que plus longtemps un individu participait aux services de suivi, moins il était susceptible de récidiver sexuellement.

Ce programme devrait être mis en œuvre à partir de 2014. Une évaluation de l’impact du traitement est prévue conformément aux exigences d’accréditation.

L’association « une vie » qui agit en direction à la fois des enfants et des personnes qui les accompagnent (parents, professionnels), a mis en place le site  Pedohelp qui s’adresse aux personnes attirées par les enfants, pour prévenir les abus sexuels.

Le site Pedohelp est un formidable outil pour accompagner les personnes qui relèvent de ces problématiques.

Pedohelp propose entre autres sa « Charte » à co-construire avec  le bénéficiaire et utilisable dans la prise en charge des AICS:

  • J’éprouve des attirances sexuelles que je n’ai pas choisies et dont je ne suis pas responsable.
  • Je reconnais être responsable de mes choix, de mes propos et de mes actions.
  • Je reconnais que les enfants sont des personnes à part entière, dépendantes des adultes et ayant besoin de leur protection, de soins et de considération.
  • Je reconnais que la sexualité d’un enfant n’est pas la même que la sexualité d’un adulte.
  • Je comprends qu’un enfant n’a pas atteint la maturité physique et psychique lui permettant d’accepter une expérience sexuelle.
  • Je comprends qu’une agression sexuelle a des conséquences durables, douloureuses et handicapantes sur la vie d’un enfant, quel que soit son âge.
  • Aussi, je m’engage dès aujourd’hui et pour le reste de ma vie à ne jamais agresser aucun enfant.
  • Si je me trouve un jour en présence d’un enfant et que je ressens du désir pour lui, je m’engage à m’éloigner de cet enfant ou à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’il ne subisse pas ce désir, de quelque manière que ce soit.
  • Je m’engage à ne jamais embrasser ou caresser un enfant tout en ressentant du désir pour lui.
  • Je m’engage à ne jamais exposer délibérément un enfant à une situation qui pourrait le troubler ou l’exciter sexuellement.
  • Je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ne jamais me retrouver dans une situation où, sous l’emprise d’une substance ou d’un état, mes pulsions sexuelles pourraient prendre le dessus sur cet engagement.
  • Je m’engage solennellement à respecter cet engagement maintenant et pour toujours.

Manuel du programme de traitement pour adolescents ayant commis un crime sexuel Programme PÉTAS (Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre du Québec )

Depuis 1988, le PÉTAS du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec offre des services de psychothérapie aux personnes impliquées dans une situation d’agression sexuelle intrafamiliale. La clientèle du programme touchée par la problématique fait référence à des familles dont un ou des enfants ont été agressés par un parent, un beau-parent, un membre de la fratrie, un membre de la famille élargie (grand-parent, oncle, etc.) ou encore une figure parentale de substitution qui joue un rôle significatif dans la vie de l’enfant. L’agresseur représente le patient identifié et il le demeure tout au long du processus d’intervention individuel, conjugal et familial. Pour plusieurs agresseurs, le traitement est offert sur une base volontaire, une entente étant prise avec l’intervenant au dossier pour diminuer une peine de prison ou accélérer les mesures de transition. Le PÉTAS considère l’agir déviant comme le résultat d’une série d’actes conscients et planifiés, et ce, quoi qu’en disent la plupart des agresseurs au début du traitement. Il comporte une phase d’évaluation (entrevues individuelles et de couple, passation de questionnaires), suivie d’un traitement où la thérapie de groupe constitue la stratégie d’intervention privilégiée. Les rencontres de deux heures, au nombre de 54, s’échelonnent sur deux ans. La psychothérapie en groupe se déroule selon quatre phases successives liées à des cibles d’intervention distinctes : 1) orientation (p. ex., reconnaissance de sa responsabilité et du besoin de traitement) ; 2) sensibilisation voilée (basée sur une technique cognitive-comportementale de type aversif ayant pour but d’associer des stimuli aversifs aux fantaisies déviantes afin de diminuer l’excitation sexuelle associée et d’augmenter le contrôle cognitif des pensées et fantaisies déviantes via la mise à jour des distorsions cognitives ; Abel et Rouleau, 1990 ; Marshall et Barbaree, 1988 ; Priest et Smith, 1992) ; 3) prévention de la récidive (p. ex., détermination des aspects de la motivation ayant favorisé l’agir ou l’excitation sexuelle déviante, des besoins sexuels, affectifs, de contrôle et de pouvoir, ainsi que des difficultés à régler adéquatement les conflits ; reconnaissance des signes précurseurs d’une agression et élaboration d’un plan de prévention de la récidive) ; et 4) communication (p. ex., apprentissage des habiletés de communication conjugale et d’une saine gestion de la sexualité ; développement de relations interpersonnelles significatives avec des adultes et accroissement de l’intimité et de l’interdépendance conjugale ; Wright et Sabourin, 1995). (source: L’agression sexuelle commise sur des mineurs : les victimes, les auteurs)

programmeAAS_7_juin2004.pdf

Si le lien est brisé: PETAS_programmeAAS_7_juin2004