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Eliott LOUAN (AJ Pénal , octobre 2024) Surpopulation en milieu ouvert et charges de travail: tentative de modélisation d’une réduction durable des charges de travail en probation

Dans cet article, Eliott nous propose des pistes d’actions concrètes appelées à résorber cette « surpopulation du milieu ouvert », qui ambolise les services et obère les opportunités d’une prise en charge efficace.

Extrait: 

« Les charges de travail excessives en probation constituent de loin le premier obstacle à l’implantation des pratiques recommandées pour réduire la récidive et favoriser la réhabilitation des personnes condamnées. Malgré de multiples causalités, ce problème de fond semble peu réfléchi ou ne semble l’être qu’à l’intérieur du strict champ de la probation. Après avoir introduit la notion de surpopulation en milieu ouvert, cet article propose un éloignement des débats habituellement centrés sur le nombre idéal de dossiers par agent, pour réfléchir un modèle de réduction durable des charges de travail en probation. Cette modélisation à trois niveaux suggère de (re)penser la collaboration et l’articulation entre les juridictions de jugement, les services d’application des peines (SAP) et les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP), dont les fonctionnements actuels cloisonnés ne permettent pas de réduire les charges de travail.  Cette modélisation propose un cadre d’expérimentation rapide ne nécessitant aucun moyen matériel, financier ou humain supplémentaire ; elle requiert toutefois l’intégration par l’ensemble des acteurs concernés des notions de pratiques fondées sur les données probantes et de dosage. « 

 

La typologie criminelle de Ressler, développée par Robert K. Ressler et ses collègues du FBI dans les années 1970 et 1980, a été influente dans le domaine du profilage criminel. Cependant, son utilisation actuelle est moins répandue qu’auparavant.

Voici quelques points clés à considérer :

  1. Évolution des méthodes : Les techniques de profilage criminel ont considérablement évolué depuis l’époque de Ressler. Des approches plus empiriques et basées sur des données ont gagné en importance.
  2. Critiques : La typologie de Ressler a fait l’objet de critiques concernant sa validité scientifique et son applicabilité universelle.
  3. Utilisation mixte : Bien que certains éléments de la typologie de Ressler puissent encore être utilisés dans certains contextes, elle n’est généralement plus considérée comme l’outil principal dans les enquêtes criminelles modernes.
  4. Nouvelles approches : Des méthodes plus récentes, comme l’analyse comportementale et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’analyse des données criminelles, ont pris de l’importance.
  5. Formation : La typologie peut encore être enseignée dans certains programmes de formation en criminologie ou en psychologie forensique, mais plutôt comme un élément historique du développement du profilage criminel.

Voir sur le sujet : Who invented the classification of organized, disorganized and mixed serial killers?

Qu’est-ce que cette typologie tueurs organisés/désorganisés?

Afin de proposer de nouvelles classifications, le FBI a clairement utilisé la psychiatrie et le DSM-III, puis sa version ultérieure, le DSM-IV. C’est là que se trouve l’origine de sa fameuse classification en tueurs en série organisés / tueurs en série désorganisés / et tueurs en série mixtes, comme l’ont reconnu quatre des premiers agents à l’origine du BSU du FBI (Behavioral Science Unit), à savoir Robert K. Ressler, John Douglas, Roy Hazelwood et Dick Ault.

John E. Douglas M.S.Robert K. Ressler M.S.Ann W. Burgess R.N., D.N.Sc.Carol R. Hartman R.N., (1986) Criminal profiling from crime scene analysis, Behavioral science and the law, Volume4, Issue, Autumn (Fall) 1986

Hazelwood, R. R., & Douglas, J. E. (1980). The Lust Murderer (pp. 18-22). FBI Law Enforcement Bulletin, US Department of Justice.

Burgess, A. W., Hartman, C. R., Ressler, R. K., Douglas, J. E., & McCormack, A. (1986). Sexual homicide: A motivational model. Journal of Interpersonal Violence, 1(3), 251–272

Burgess, Burgess, Douglas, Ressler, Crime Classification Manual, Ed. Jossey-Bass, 1997.

Burgess Ann, Hazelwood Robert, Practical Aspects of Rape Investigation – A Multidisciplinary Approach, Ed. CRC Press, 1995

Cette classification est en réalité une traduction en langage policier et criminologique du DSM-IV, dont ils sont les parents.

« Nous avions besoin d’une terminologie qui ne soit pas basée sur le jargon psychiatrique pour définir les différents types de délinquants et pour que la police et les autres agents chargés de l’application de la loi puissent la comprendre » (Robert K. Ressler) (Robert K. Ressler y Tom Shachtman (1998) I have lived in the Monster, New York, St. Martin’s Press).

« Il ne sert à rien de dire à un agent que ce qu’il recherche est une personnalité psychotique si cet agent n’a pas de formation en psychologie ; nous devions parler aux policiers en des termes qu’ils puissent comprendre et qui les aident dans leur recherche de meurtriers, de violeurs et d’autres criminels violents. Au lieu de dire qu’une scène de crime présentait des preuves d’une personnalité psychopathique, nous avons commencé à dire à l’agent que la scène de crime était ‘organisée’ et que l’auteur possible l’était aussi, alors que dans une autre scène, l’auteur pouvait être ‘désorganisé’, lorsqu’un trouble mental – schizophrénie ou psychose – était présent » (Robert K. Ressler)

La troisième catégorie, celle des tueurs en série mixtes, qui présentent des caractéristiques des deux groupes, comme l’Américain Jeffrey Dahmer, qui a assassiné 17 hommes, ou l’Espagnol Manuel Delgado Villegas, « El Arropiero », est la dernière qu’ils ont créée.

« Nous avions besoin d’une terminologie qui ne soit pas basée sur le jargon psychiatrique pour définir les différents types de criminels et pour que la police et les autres agents chargés de l’application de la loi puissent la comprendre » (Robert K. Ressler)

LE TUEUR EN SÉRIE ORGANISÉ =  PSYCHOPATHE

Dans la classification du FBI, le tueur organisé correspond à la définition du psychopathe, le criminel qui souffre d’un trouble de la personnalité antisociale. Ce type de tueur planifie ses crimes à l’avance et utilise des ruses ou des tromperies pour réduire ses victimes, qui sont généralement des étrangers.

Il efface les empreintes et les traces qu’il a pu laisser et modifie la scène du crime pour désorienter les enquêteurs. C’est un type de tueur qui s’améliore à chaque crime. Ils se perfectionnent avec l’expérience et sont très difficiles à attraper.

Beaucoup d’entre eux transportent, lorsqu’ils partent à la « chasse », ce que l’on appelle la « mallette de l’agresseur ». Il s’agit de cordes, de menottes, de rubans adhésifs ou de tout type d’objet qui sera utilisé plus tard pour immobiliser leur victime.

Ils sont tellement intelligents qu’il est tout à fait normal qu’après leur capture, ils se fassent passer pour fous ou prétendent avoir souffert d’un trouble mental transitoire, ce qui impliquerait, dans les deux cas, que la personne n’était pas maîtresse d’elle-même et ne se rendait pas compte de ce qu’elle faisait.

Le délinquant organisé (Ressler et al. 1988)
(a) Il semble planifier ses meurtres.
(b) Il cible ses victimes.
(c) Il exerce un contrôle sur le lieu du crime.
(d) Il utilise souvent une ruse pour prendre le contrôle d’une victime.
(e) Il est adaptable et mobile, et apprend d’un crime à l’autre.
(f) Il utilise souvent des moyens de contention et des kits de viol.
(g) Il utilise sa propre arme et l’enlève une fois qu’il a terminé, afin d’éviter les empreintes digitales.
(h) Il s’efforce d’effacer les empreintes digitales et le sang de la scène de crime.; parfois, ce besoin d’éviter d’être détecté signifie que le suspect laisse la victime nue ou  décapitée.
(i) Il prélève des « trophées » sur la scène du crime. Ces trophées sont  le reflet des fantasmes du suspect après le crime et la reconnaissance de  ce qu’il a accompli.
(j) Il vivra apparemment une vie normale. Il peut être raisonnablement séduisant et grégaire et se sentir supérieur à presque tout le monde.
(k) Il met en scène le crime pour confondre la police. Il va délibérément tromper la police en laissant de fausses traces sur les lieux du crime.

LE TUEUR EN SÉRIE DÉSORGANISÉ = MALADE MENTAL (souvent)

Le deuxième type de tueur en série est le désorganisé, qui correspond au psychotique, au malade mental, presque toujours de type schizophrène, paranoïaque ou délirant, comme Francisco García Escalero, le « mendigo asesino » (tueur de mendiants), auteur de 10 meurtres à Madrid.

Ressler et al. (1988) soulignent que la désorganisation peut être  le résultat de la jeunesse, du manque de sophistication criminelle, de la consommation de drogues et d’alcool et/ou d’une déficience mentale ».

Ce criminel est souvent animé par des délires et des hallucinations. Il « entend » par exemple des voix qui le poussent au meurtre, est saisi d’une jalousie infondée, interprète des gestes ou des regards provocateurs chez sa victime, se sent persécuté, pense que quelqu’un lui a jeté un sort ou se croit un élu qui doit remplir une mission par mandat divin.

La personne désorganisée ne planifie pas ses crimes et ne choisit pas ses victimes de manière logique. L’emplacement de la scène du crime reflète la confusion et le désordre qui règnent dans son esprit. Les victimes sont souvent gravement blessées en raison de la résistance qu’elles opposent à une attaque par surprise.

Dans de nombreux cas, une telle scène présente des caractéristiques mixtes. Le crime peut avoir commencé comme un meurtre organisé et s’être désorganisé sous l’effet de divers facteurs, comme dans le cas de Manuel Delgado Villegas dans le crime de Garraf ou comme dans le cas d’Edmund Kemper, un « placard » de plus de deux mètres, qui a tué 9 personnes.

« Lust Murder »

« le meurtre de luxure (lust murder) est unique et se distingue de l’homicide sadique par l’implication d’une attaque mutilante. fondamentalement, deux types d’individus commettent des meurtres de luxure : la personnalité non sociale organisée et la personnalité asociale désorganisée. Le type nonsocial organisé éprouve du rejet et de la haine pour la société dans laquelle il vit. son hostilité se manifeste ouvertement et le meurtre de luxure en est l’expression finale. Le type asocial désorganisé éprouve également de la haine pour son monde, mais il est replié sur lui-même, intériorisé, jusqu’à ce qu’il passe à l’acte en commettant le meurtre. Certains facteurs peuvent indiquer le type de personnalité impliqué dans un meurtre de luxure : l’emplacement du corps, les preuves de torture ou de mutilation avant la mort, les traces de sang de la victime, les preuves de viol et la disponibilité de preuves matérielles sur la scène du crime. Le crime est prémédité, mais il s’agit d’un crime d’opportunité dans lequel la victime n’est généralement pas connue du meurtrier. Le recours au profilage psychologique dans ce type de crime peut aider à déterminer le type de personnalité en cause, mais ne doit pas modifier ou remplacer les mesures d’enquête prescrites (Hazelwood & Douglas, 1980)

Burgess (1986) propose quant à lui un compte rendu complet de l’agression sexuelle sadique et propose un modèle motivationnel dans lequel les fantasmes sadiques et les structures cognitives soutenant l’acte de meurtre sexuel, occupent une place centrale. L’hypothèse de cinq phases de développement en interaction est avancée :

(1) des environnements sociaux inefficaces au début de la vie qui altèrent les liens d’attachement ;
(2) des événements traumatiques formateurs, tels que des modèles déviants et l’expérience d’abus, qui génèrent des fantasmes de contrôle et d’agression comme moyens d’adaptation ;
(3) des réponses structurées telles que l’isolement social, l’autoérotisme et la rébellion qui limitent les expériences interpersonnelles correctives, et le développement de structures cognitives favorisant une vision autojustificatrice et antisociale du monde et de soi ;
(4) des actions envers les autres, telles que la cruauté envers les enfants et les animaux, qui renforcent la violence et retardent le développement de l’empathie ;
(5) un filtre de rétroaction qui entretient les schémas de pensée déviants.
(Ce modèle est similaire aux modèles sociocognitifs de la délinquance agressive)

La Behavioral Science Unit (BSU)

La BSU du National Center for the Analysis of  Violent Crime du FBI est un département spécialisé dans l’enquête et la capture de tueurs en série sur l’ensemble du territoire américain. Elle est né en 1972 au siège du FBI à Quantico, en Virginie, mais elle a connu son essor sous les deux mandats du président Ronald Reagan (1981-1989), en réponse aux taux de criminalité élevés qui sévissaient aux États-Unis au début des années 1980.

Un tueur en série pouvait tuer des femmes et des hommes dans plusieurs États – comme c’était le cas – et, en raison de l’absence d’une force de police nationale aux États-Unis, à l’instar de la police nationale ou de la Guardia Civil en Espagne, et du manque de coordination entre les 50 polices d’État, les 3 033 polices de comté et les polices locales, il pouvait parcourir le pays sans même être détecté.

Les importantes ressources humaines et matérielles du FBI et son budget renforcé lui ont permis d’occuper une position de coordination nationale dans le domaine des enquêtes sur les crimes difficiles à élucider, dans lesquels les victimes et les tueurs n’ont aucune relation préalable. Il a également utilisé les moyens informatiques les plus modernes disponibles à l’époque.

Homicide narcisso-sexuel (lust murderer)

Il s’agit du meurtre ou de l’assassinat qui est commis afin d’éprouver une jouissance sexuelle et/ou narcissique.

En l’absence de mobile classique ou apparent (crapuleux, personnel ou affectif), on parlera de motivation narcisso-sexuelle d’ordre pathologique à des degrés divers. L’homicide narcisso-sexuelle n’est pas uniquement une perversion sexuelle.  L’intention du tueur s’exprime tout autant  dans le viol de la victime que dans la toute-puissance qu’il exerce sur elle. Plus le narcissisme prend pied dans la réalité, plus la pathologie du criminel l’emporte sur la raison.

L’homicide narcisso-sexuel est VIOLENT par définition.

Il s’accompagne souvent de :

  • Sadisme (acharnement, mutilation, égorgement décapitation, castration, énucléation, éventration, éviscération, …)
  • Nécrophilie

Mais un simple étranglement ou un empoisonnement peuvent suffire, dès lors que les circonstances du crime témoignent de l’agonie ou de la résistance de la victime.

MOTIVATIONS

Dominante sexuelle: 

  • Agression dans les parties érogènes
  • Corps dénudé, viol objectal, viol symbolique, introduction d’objets dans les orifices du corps…

Dominante narcissique

  • Mutilation, éviscération….
  • Objets fétichistes à côté du corps, messages obscènes …

Absence de mobile apparent :

Le mobile se définit comme l’ensemble des buts rationnels et apparents par lesquels s’explique une infraction.

Pour s’approprier de l’argent, pour jouir sexuellement, pour gagner du pouvoir…

Le mobile est l’élément qui relie l’assassin à sa victime. Or, les motivations du tueur à système  sont suffisamment singulières pour être incomprises A PRIORI.

Le tueur à système n’est donc pas un meurtrier normal, animés par des mobiles affectifs ou crapuleux.

On a, à ce stade, l’impression d’avoir affaire à un pervers qui aime tuer ou un fou en liberté.

La victime est REIFIÉE (DEPERSONNALISÉE)

Cela signifie que le tueur l’a complètement déshumanisée pour assouvir ses fantasmes criminels.

  • Elle est très souvent inconnue du tueur, ou peu connue (
    • Ceci n’est pas incompatible avec une phase d’approche, de séduction ou de manipulation plus ou moins longue.)
  • Le tueur n’éprouve aucun sentiment à l’égard de sa victime
    • Il désire la connaître dans ses habitudes, dans son intimité pour savoir si elle correspond à son fantasme. Cela lui permet de monter son scenario criminel, ce qui lui permettra d’orienter les enquêteurs vers un tiers susceptible de faire un bon suspect.
  • La victime est réduite à un objet de plaisir, sexuel et/ou narcissique
    • Le tueur commet des actes violents qui compliquent ou compromettent l’identification du corps. Il peut la mutiler gravement ou simplement la retourner face contre terre en la retournant. Toute cette ritualisation de la scène de crime fait alors partie de sa signature.
  • On en déduit son extrême narcissisme
    • Certains éléments révèlent un comportement mégalomaniaque ou mythomaniaque (cas d’Albert FISH se prenant pour le Christ)

Nombre de tueurs à système mènent une DOUBLE VIE : celle de l’homme charmant, exemplaire, bon père de famille de surcroît ; et celle du pervers vorace qui  tue par plaisir.

Tueurs à systéme: Trois homicides narcisso-sexuels pour parler de tueur à système

Cette condition est posée par le F.B.I. depuis 1979.

L’idée est que dans l’hypothèse de deux crimes analogues, il s’agirait d’un simple récidiviste. Il faut savoir que sur près de 800 tueurs à système étudiés dans le monde, 98,5 % étaient des violeurs en série ou des agresseurs sexuels.  Par ailleurs, 300 d’entre eux ont été libérés et TOUS ont récidivé à court terme.

Mais les criminels sexuels ne deviennent pas tous des tueurs à système. Pour décider du caractère annonciateur de la série criminelle, on pourrait retenir dans l’homicide narcisso-sexuel, 5 critères majeurs :

  1. Le crime est violent et l’auteur n’en éprouve aucun remords
  2. Le tueur a eu des relations sexuelles avec sa victime, avant, pendant ou après sa mort
  3. La victime a été fortement dépersonnalisée, surtout après la mort
  4. Le criminel a tué pour manipuler le cadavre (transport, mutilation, trophée [tête]…)
  5. Le tueur n’a pas eu de relation sexuelle mais l’homicide présente une connotation sexuelle

Plus l’activité POST MORTEM est importante, plus le tueur est DANGEREUX et susceptible de RECIDIVER.

Une période d’accalmie sépare les passages à l’acte

Un tueur à système n’est pas un tueur de masse, c’est-à-dire un meurtrier qui dans un court laps de temps va  tuer plusieurs personnes souvent sous l’emprise d’un coup de folie.

Ce n’est pas un le père de famille qui tue tous ses proches avant de se suicider.

C’est un chasseur.

Le scenario d’un meurtre sur l’autre est souvent analogue :

Le mode opératoire évolue. La signature psychologique, elle, ne change pas.

Définition du mode opératoire :  le mode opératoire est ce que fait le criminel lorsqu’il commet son crime.

Définition de la signature : la signature est ce que n’était pas obligé de faire le criminel  pour commettre son crime. C’est ce que doit accomplir l’auteur pour se réaliser lui-même.

Le comportement POST mortem du criminel constitue une grande partie de la signature, puisque l’homicide est accompli. C’est donc l’expression la plus visible de son fantasme. C’est ce qui donne un sens à sa vie, ce qui structure son être. Il ne peut donc que le répéter.

Les passages à l’acte présentent des similitudes d’espace-temps

Un tueur à système opère généralement sur  un même territoire de chasse.  Il agit récemment aux abords d‘une ville où il a un point d’attache, temporaire ou non.

Plus il est ORGANISE = plus il contrôle la situation

  • Plus les facteurs ESPACE / TEMPS prennent une importance à ses yeux
  • Les lieux et les dates prennent souvent une dimension symbolique
  • On peut parler alors de scène de crime multiple car le lieu de rencontre est différent du lieu du crime, lui-même différent du lieu de dépôt du corps –sans compter le lieu de séquestration, d’agression, de premier dépôt….

Plus il est INORGANISE = moins il contrôle la situation

  • Il passe brusquement à l’acte. Il ne gère pas son temps et rentre rapidement chez lui ou fuit pour être en sécurité.
  • La manipulation du cadavre est pour lui très importante.
  • Son fantasme le détourne plus ou moins de la réalité et des repères espace-temps.

L’homicide narcisso-sexuel ORGANISE :

Renvoie à un tueur MOBILE qui a un véhicule BIEN ENTRETENU.

  • Mode d’approche : Il capture sa victime suite à une conversation ou une escroquerie au lieu de recourir à la force physique.
  • Choix de la victime: La victime lui est souvent inconnue. Il la sélectionne selon ses critères personnels.
  • Mode opératoire: Il opère des retenues avant le passage à l’acte (séquestration) pour maintenir un contrôle sur elle. Il commet des actes sexuels ante et peri mortem. On parlera de sadisme, sexuel ou non, du vivant de la victime.
  • Scène de crime : reflète son contrôle, en particulier celui du sang
  • Arme: est une arme choisie qu’il porte sur lui
  • Le transport du corps: Le corps est souvent transporté, à partir du lieu du crime, puis dissimulé.
  • Apparence du tueur: Un homme soigné , avenant d’apparence athlétique.

Ted BUNDY: Fils choyé de ses parents qui sont, en réalité, ses grands parents, puisque celle qu’il considérait comme sa sœur était en réalité sa mère. Antécédents psychiatriques : Aucun Comportement pendant l’enfance : Elève ambitieux, réussite scolaire, études de droit. Convivialité. Intégration socio-professionnelle : Très bonne. Fréquentation des mieux intellectuels et politiques. Participe, en tant que volontaire, à des actions sociales. Bénéficie de sympathie générale et de l’admiration des femmes. Ses rêves de réussite se voient couronnés par les fiançailles avec une jeune fille blonde,  issue de la grande bourgeoisie. Malheureusement pour lui, la famille de la fiancée rompt les liens. Bundy accuse le coup avec orgueil et se lie avec une jeune femme qui reste, pendant des années, sa maîtresse attitrée. Quotient intellectuel : au-dessus de la moyenne. Choix des victimes :  Jeune fille blonde. Relation à la victime avant l’acte :   Gentillesse, séduction, comportement rassurant. Mode opératoire : Après avoir convaincu la victime de l’accompagner (parmi les dernières, une fillette de 12 ans qui accepte de l’aider à retrouver une adresse), il l’assomme avec une matraque gardée dans sa manche, la viole et la torture en même temps. Après la mise à mort, il disperse le corps sur le territoire de plusieurs Etats, retourne pour les déterrer et les violer de nouveau. Parfois, il mord et consomme. Sa voiture dispose d’un système de blocage de la porte arrière. Il peut se déguiser en policier pour mieux arriver à ses fins. Comportement après l’acte : Extrêmement organisé, attentif à tous les détails qui empêchent la police de l’identifier. Après son premier interrogatoire en qualité de témoin suspect, il fait semblant d’aider la police. S’estimant plus intelligent que ses poursuivants,  il néglige certains détails lors de ses derniers crimes.  Deux évasions.

L’homicide narcisso-sexuel INORGANISE :

Renvoie à un tueur qui passe à l’acte de manière spontanée, IMPULSIVE et sous le coup de facteurs émotionnels.

  • .Mode d’approche : Il capture sa victime en recourant s’il le faut à la force physique.
  • Choix de la victime: La victime lui est souvent connue, au moins de VUE. Il agit dans sa propre zone géographique. En cas de pluralité de victime, elles ne se ressemblent pas
  • Mode opératoire: Il effectue une attaque-éclair. Le dialogue avec la victime et le temps de séquestration est quasi-nul. Il commet des actes sexuels POST-MORTEM (nécrophilie sexuelle)
  • Scène de crime : Le lieu du crime est choisie au HASARD et laissé en désordre, avec des preuves matérielles et souvent, l’arme du crime.
  • Arme: Il utilise une arme d’OPPORTUNITE qui peut être prise sur place.
  • Le transport du corps: Le corps reste en vue avec de nombreuses traces de sang.
  • Apparence du tueur: Un homme négligé et réservé de type asthénique (longiforme passif).

Otis TOOLE: Jacksonville, Floride. Né en 1947, mort en 1996. Reconnu coupable de 6 meurtres en 1984 alors qu’il en confessait une centaine. (108) Violé depuis son plus jeune âge par son père, puis par son beau-père, poussé à la prostitution par sa sœur Drusilla avant ses 15 ans et initié à la sexualité et à l’ensemble des perversions connues, travesti en femme dès son plus jeune âge par sa mère, initié à des rituels sataniques par sa grand-mère (authentique sorcière qui detterre les cadavres) qui le surnommera « l’enfant du diable ». Souffre-douleur de ses camarades à l’Ecole. A des érections lorsqu’il met le feu dès ses 5 ans. Commet son premier meurtre à 14 ans en écrasant un véhicule sur une personne. QI de 75 (mentalement attardé) Deviendra l’amant de Henry Lee Lucas, autre tueur à système

L’homicide narcisso-sexuel MIXTE :

Renvoie à un tueur qui emprunte des caractéristiques des deux modèles précédents.

Plusieurs cas de figure :

-Il se peut qu’il y ait deux auteurs, l’un organisé, l’autre pas.

– la jeunesse ou la vieillesse du criminel

– la dépendance à des drogues ou à l’alcool

– la survenance d’événements inattendus ou de stresseurs externes

– la résistance imprévue de la victime

– ….

Albert FISH. New York, (1870-1936), 64 ans au moment de son arrestation. Avoue au moins 100 victimes. L’expert qui l’a écouté considère que le nombre d’enfants victimes s’élèverait à 400. Condamné à mort et exécuté sur la chaise électrique dans la prison de Sing Sing en 1936. Il a fallu s’y prendre à 2 reprises car les aiguilles faisaient court-circuit. Fut l’un des plus grands pervers de l’histoire du crime.Albert FISH:  New York, (1870-1936), 64 ans au moment de son arrestation. Avoue au moins 100 victimes. L’expert qui l’a écouté considère que le nombre d’enfants victimes s’élèverait à 400. Condamné à mort et exécuté sur la chaise électrique dans la prison de Sing Sing en 1936. Il a fallu s’y prendre à 2 reprises car les aiguilles faisaient court-circuit. Fut l’un des plus grands pervers de l’histoire du crime.

Situation familiale : Orphelin de père à 5 ans, fratrie de 12 enfants à la charge de la mère. Confié à un orphelinat où il laisse le souvenrir d’un enfant nerveux, instable, fugueur, n’ayant pas le sens de la propreté ou d’une alimentation raisonnable.

Sadique, il torture les animaux (mise à feu de la queue d’un cheval) et accepte avec un plaisir masochiste les punitions corporelles sur son corps nu. Il semble qu’il provoque souvent ces punitions  afin de ressentir du plaisir lors des fessées. Attirance pour le sado-masochisme dès l’âge de 5 ans.  Premières auto-mutilations dès 6 ans.

Marié, il a 6 enfants mais sa femme le quitte après vingt ans de mariage. Resté seul avec ses enfants, il s’en occupe et leur enseigne les pratiques sado-masochistes. Il se remarie 3 fois sans JAMAIS divorcer.  Bisexuel, il entretient des relations avec de jeunes amants.

Travail  de peu de qualité produit toute sa vie.

Antécédents psychiatriques : Plusieurs membres de sa famille sont alcooliques, déséquilibrés ou déments. Lui-même est plusieurs fois interné pour de courte durée.  Adorait s’introduire dans l’anus des boules de coton imbibés d’essence pour ensuite y mettre le feu.  Prend l’habitude de consommer de la chair humaine, de l’urine et des excréments humains.  A très vite entendu des voix , Dieu lui demandant de tuer.

Comportement pendant l’enfance : Cruauté, instabilité, agitation.

Intégration socio-professionnelle : Sous des apparences de bonhomie et de gentillesse, ses tenues d’ouvrier et de fermier lui confèrent un aspect rassurant.  Occupe les fonctions de peintre en bâtiment.

Quotient intellectuel : au-dessus de la moyenne.

Choix des victimes :  Femme, homme  et surtout enfant. Il choisit surtout des  enfants noirs car les autorités ne cherchent pas à élucider leur disparition.

Relation à la victime avant l’acte :   Gentillesse,  comportement rassurant, serviable, caractère effacé en dehors des périodes de « chasse ». Fait inoffensif.

Mode opératoire : Il séduit les enfants en leur offrant des bonbons ou quelques pièces de monnaie.  Il les attache, et les torture pendant plusieurs jours avant de les tuer. Acte de cannibalisme fréquent.

Explications données : Il dira : « il faut que je sacrifie des enfants comme Abraham, son fils Isaac ».

Geert Jan Stams , Daniel Brugman , Maja Dekovic , Lenny van Rosmalen, Peter van der Laan , John C. Gibbs (2006) The Moral Judgment of Juvenile Delinquents: A Meta-Analysis

Une méta-analyse de 50 études a été réalisée pour savoir si les délinquants juvéniles utilisent des niveaux inférieurs de jugement moral que leurs camarades non délinquants et, si c’est le cas, quels sont les facteurs qui peuvent influencer ou modérer le retard de développement. Les résultats montrent un stade inférieur de jugement moral pour les jeunes délinquants (d = .76). Les tailles d’effet sont importantes pour les comparaisons impliquant des délinquants de sexe masculin, des adolescents tardifs, des délinquants peu intelligents et les délinquants incarcérés. Les tailles d’effet les plus importantes ont été trouvées pour la période d’incarcération et les comparaisons impliquant des délinquants juvéniles atteints de troubles psychopathiques.

« Cette méta-analyse complète révèle un niveau de jugement moral significativement plus bas chez les jeunes délinquants que chez les jeunes non-délinquants. A la fin de l’adolescence, la superficialité et l’égocentrisme d’un jugement moral immature peuvent devenir criminogènes. En outre, la présente étude a montré que l’institutionnalisation et la psychopathie avec les résultats d’études que le jugement moral des jeunes délinquants est retardé par rapport à celui des non-délinquants.
Des recherches sur ces deux modérateurs serait un premier pas nécessaire vers une plus grande investigation des processus criminogènes associés au retard du développement du jugement moral chez les délinquants juvéniles.
La psychopathie du délinquant et les effets de l’institutionnalisation peuvent également modérer l’impact des programmes de remédiation du jugement moral (par ex. Potter, Gibbs, & Goldstein, 2001), et devraient donc être pris en compte dans les analyses des résultats du traitement.

 

https://sci-hub.mksa.top/10.1007/s10802-006-9056-5

📚Au Québec, les premiers tribunaux spécialisés en matière de violences sexuelles et conjugales au monde se mettent en place.
👉Objectif : mieux accueillir les victimes de ce type de violences, qui dans la majorité des cas craignent de porter plainte auprès de la police. ✅Accompagnement spécialisé, formation
des intervenants, aménagement d’espaces “sécurisants”… Plus question pour les victimes d’être confrontées au regard et à la présence de leurs agresseurs présumés.

FEDERAL PROBATION JOURNAL (Volume 84 Number 2, sept 2020) Les 10 principes essentiels du leadership en matière de mise en œuvre de nouvelles initiatives dans le champ pénal: Applications réelles de l’acuité du leadership en matière de changement

Comment bénéficier des travaux sur le leadership, sur la « science de la mise en oeuvre » ou stratégies d’implantation, pour acompagner les services de justice à des changements durables « dans la vraie vie »? C’est ce sujet dont traitent ici les auteurs, avec la déclinaison de leurs « 10 principes »  utiles à tous les cadres et leaders institutionnels. 

Auteurs:
Glen A Tapia: En tant que directeur du leadership et de l’intelligence organisationnelle, Glenn se concentre sur le développement du leadership individuel et sur l’avancement organisationnel au sens large. Tout au long de sa carrière, Glenn a appris que même les meilleures stratégies de mise en œuvre peuvent être entravées par une culture organisationnelle inhospitalière ou des stratégies de leadership mal appliquées. En tant qu’auteur initial des 10 principes essentiels du leadership de mise en œuvre™ et du modèle d’intelligence organisationnelle ™, Glenn met intentionnellement l’accent sur le développement et la livraison de contenu qui est aussi accessible intellectuellement que provocateur pour les leaders du changement.

En 2021, Glenn a entamé sa 33e année de service public direct dans le système de justice pénale innovant et en constante évolution du Colorado. Entré dans le service public et le secteur de la justice pénale à l’âge de 18 ans, Glenn a passé la plus grande partie de sa carrière dans des établissements pénitentiaires et des services correctionnels communautaires, avec un fort accent sur le changement organisationnel sain et le travail de mise en œuvre. Au cours de sa carrière, il a passé 22 années consécutives dans l’État du Colorado, dont plus d’une décennie d’expérience en tant que cadre supérieur. Glenn a occupé des postes de direction officiels dans les branches exécutive et judiciaire du gouvernement, en tant que directeur des services correctionnels communautaires et directeur des services de probation, respectivement.

Il est titulaire d’une maîtrise en administration publique (MPA) de l’université du Colorado à Denver et d’une licence en justice pénale et criminologie de la Metropolitan State University de Denver.

Alexandra Walker: Alex a plus de 20 ans d’expérience dans le domaine des services à la personne. De la santé mentale et du traitement de la toxicomanie aux systèmes de réinsertion, elle a mis en œuvre des stratégies innovantes de réforme de la justice dans des organisations de toutes tailles. Tout au long de sa carrière, Alex a été chargée de mettre en œuvre de nombreuses initiatives à l’échelle de l’agence et de l’État afin d’obtenir des résultats significatifs sur le plan social. Elle a dirigé la conception et la mise en œuvre d’un système de niveau et d’un processus de planification des cas dans 32 programmes de maisons de transition pour le département de la sécurité publique du Colorado, division de la justice pénale, et a joué un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de nombreuses initiatives législatives.

Alex est attachée à l’idée que les organisations contrôlent leurs résultats. En d’autres termes, elle pense qu’il y a des raisons pour lesquelles les résultats socialement significatifs ont échappé à de nombreux organismes de justice et elle a consacré sa carrière à aider les organismes à découvrir ces aspects essentiels, mais souvent négligés, de leur travail. En tant que membre fondateur de l’Alliance pour l’innovation dans la justice et la communauté (ACJI) , elle travaille en partenariat avec de nombreuses agences gouvernementales pour relever les défis d’alignement et de mise en œuvre qui entravent la prestation de services. Ce travail se concentre sur l’identification claire des résultats souhaités et la mise en place de systèmes innovants pour soutenir les personnes, les données, la culture et les facteurs de leadership qui soutiennent le travail.

Alex est titulaire d’une maîtrise en justice pénale du John Jay College of Criminal Justice et d’un doctorat en sociologie de la Colorado State University.

Extrait:

DANS LES DOMAINES où se croisent les services à la personne, le changement de comportement, le leadership et le secteur public, le rythme du changement s’accélère. Si les responsables des services à la personne du secteur public ne sont pas étrangers au changement, l’environnement autour et à l’intérieur des organisations devient de plus en plus complexe et fluide. Dans le système de justice pénale, par exemple, les dirigeants d’organisations contemporaines ont assisté à des changements à grande échelle dans les moyens spécifiques mis en œuvre pour atteindre les objectifs flous de la sécurité publique et de la justice. Les organisations fondées à l’origine sur un code moral et exclusif de justice rétributive ont aujourd’hui dépassé la période de justice guidée par la théorique pour entrer dans un environnement où la science guide la pratique. Le mouvement actuel fondé sur des données probantes offre de nouvelles possibilités d’excellence dans l’administration publique, mais aussi une complexité accrue.
Les solutions courantes pour atteindre l’excellence organisationnelle ont principalement consisté en la mise en œuvre sur le terrain de pratiques et de programmes fondés sur des données probantes et d’innovations basées sur la recherche. Les organes législatifs fédéraux, étatiques et locaux ont investi des montants impressionnants de fonds publics dans des projets de mise en œuvre et des méthodes fondées sur des données probantes en vue d’améliorer les résultats. Pourtant, nous constatons des taux d’échec élevés dans le secteur public lorsqu’il s’agit de réussir un changement organisationnel. Globalement, 70 % des initiatives de changement n’atteignent pas le but recherché (Beer & Nohria, 2000). La communauté de la science de la mise en œuvre (implantation de nouvelles pratique) offre des preuves irréfutables que les initiatives traditionnelles de changement et de mise en œuvre ont des taux d’échec encore plus élevés lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des solutions fondées sur des données probantes pour améliorer les résultats de l’organisation. Par conséquent, les dirigeants doivent doter le personnel de leurs organisations de connaissances interdisciplinaires, de compétences complexes et de modèles de pratique, tous fournis avec l’application efficace de la science de la mise en œuvre.

  • Principe 1 : Faire confiance à la vision

La mise en œuvre dans le monde réel est pleine de défis et d’incertitudes, et la façon dont nous pensons et agissons en tant que cadres dans ces situations motive les autres à penser et à agir en conséquence. Les cadres intelligents sur le plan organisationnel pratiquent l’art et la science de partager un état d’esprit adaptatif afin d’influencer celui des autres.

  • Principe 2 : Murphy nous déteste

Le leadership de mise en œuvre nous oblige à planifier nos échecs et, par conséquent, à marginaliser la gravité de l’échec lorsqu’il se produit. Cette approche franche mais authentique permet aux membres de l’organisation d’adopter un état d’esprit beaucoup plus adaptatif. Les cadres intelligents sur le plan organisationnel créent un environnement plus accueillant pour les autres, qui peuvent ainsi commettre des erreurs avec beaucoup de grâce.

  • Principe 3 : Être à l’aise dans l’inconfort

Le leadership de mise en œuvre dans le monde réel est perpétuel et continu, sans véritable début, sans véritable fin et avec très peu de répit dans le chaos. Le leader intelligent sur le plan organisationnel est à l’aise dans l’inconfort et incite les autres à faire de même.

  • Principe 4 : S’adapter ou mourir

Les cadres intelligents sur le plan organisationnel sont capables de discerner entre les symptômes et les problèmes et sont aptes à diagnostiquer les problèmes comme étant soit techniques, soit adaptatifs. Ce sont les cadres qui acceptent la puissance vague et incertaine de leurs solutions adaptatives expérimentales.

  • Principe 5 : Échouer encore, échouer souvent

Si nous craignons l’échec, nous craignons en fin de compte l’apprentissage. Si nous craignons l’apprentissage, nous craignons le changement. Si nous craignons le changement, nous craignons la mise en œuvre. Le véritable changement se produit lorsque l’échec et le changement sont synonymes plutôt que concurrents. Les leaders du changement intelligents sur le plan organisationnel influencent les autres pour qu’ils séparent l’idée que l’expérience de l’échec est très éloignée de celle du changement.

  • Principe 6 : La culture est reine

Les leaders du changement intelligents sur le plan organisationnel possèdent les connaissances, les compétences et les outils nécessaires pour identifier, diagnostiquer, comprendre et modifier leur culture organisationnelle. Ils peuvent lire l’étiquette parce qu’ils peuvent sortir du bocal de leur propre culture grâce à leur sens du leadership de mise en œuvre.

  • Principe 7 : Diriger les cœurs, diriger les esprits

Lorsque nous dirigeons les cœurs et les esprits, la mise en œuvre est plus inspirée et moins imposée. Les dirigeants intelligents sur le plan organisationnel veillent en permanence à l’engagement intellectuel et émotionnel des autres dans le cadre de leur travail de changement.

  • Principe 8 : être intentionnellement infini

L’état d’esprit infini est une manière adaptative de conduire le changement qui correspond bien mieux aux essais réels de mise en œuvre d’innovations fondées sur des données probantes. Les leaders du changement intelligents sur le plan organisationnel sont intentionnellement infinis dans leur façon de penser et ils influencent les autres à faire de même.

  • Principe 9 : Franchir le pas

Les leaders du changement intelligents sur le plan organisationnel savent quand commencer l’analyse et quand la suspendre pour ensuite faire le saut courageux dans l’incertitude.

  • Principe 10 : Savourer le voyage

Savourer le voyage signifie que nous sommes francs, provocateurs et transparents sur la mise en œuvre dans le monde réel et que nous aidons les autres en partageant cette vérité. Il est de loin préférable d’accepter les épreuves du monde réel plutôt que de les camoufler. Les leaders du changement intelligents sur le plan organisationnel ont la conscience nécessaire pour inventorier et partager abondamment leurs expériences afin de capitaliser sur l’apprentissage en tant qu’organisation.

Article (FR) :

Les 10 principes essentiels du leadership en matière de mise en œuvre de nouvelles initiatives dans le champ pénal_Applications réelles de l’acuité du leadership en matière de changement

Article original (ENG): https://www.uscourts.gov/sites/default/files/84_02_02_0.pdf

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